Steve Heimbecker

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Steve Heimbecker
SHeimbecker TSM-SonicJello2015 hs1.jpg
Steve Heimbecker écoute depuis le «sweet spot» du centre de sa matrice de turbulence sonore 64 canaux (2008), à Sonic Jello, Agora-Hydro Québec / Hexagram-UQAM, 03 septembre 2015, Montréal, QC. Photo prise par: Laurie Dezainde-Dubuc.
Naissance
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Springwater, Saskatchewan (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Formation
Alberta University of the Arts (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web

Steve Heimbecker est un artiste pionnier de l'art sonore au Canada[1]. Ses œuvres font partie de la collection du Musée national des beaux-arts du Québec[2], de l'Alberta Foundation for the Arts[3] et ont été exposées à travers le Canada, aux États-Unis, au Pérou et en Europe.

Biographie[modifier | modifier le code]

Steve Heimbecker est né à Springwater en Saskatchewan en 1959 et a étudié les beaux arts au Alberta College of Art + Design (ACAD)[4]. Il a vécu et travaillé à Calgary en Alberta, en Saskatchewan, puis à Montréal. Il vit et travaille dans la région de l'Estrie au Québec.

Il est récipiendaire de deux mentions honorifiques du Prix Ars Electronica, une première en 2005 dans la catégorie "Art interactif" pour son oeuvre POD: Wind Array Cascade Machine[5] et une seconde en 2009, dans la catégorie "Musique numérique et art sonore", pour The Turbulence Sound Matrix: Signe[6].

Démarche[modifier | modifier le code]

Depuis les années 1980 les deux principaux axes de recherche et de création de Steve Heimbecker sont l'acousmatique (expérience spatiale du son) et la sculpture et l'installation sonore (expérience sonore d'un objet situé dans un lieu). Il cherche ainsi à étudier notre rapport à l'environnement sonore et l'influence des technologies sur celui-ci, dans la foulée des travaux de R. Murray Schafer[7]. L'artiste utilise l'expression "sound pool" pour décrire sa pratique en art sonore. Il adopte notamment l'expression pour intituler un projet qu'il réalise en 1996, Soundpool: The Manufacturing of Silence[8].

Œuvres notables[modifier | modifier le code]

The Turbulence Sound Matrix: Signe (2008)[modifier | modifier le code]

The Turbulence Sound Matrix (TMS) est une installation composée d'un réseau de haut-parleurs de 64 canaux formant un environnement sonore immersif. Signe est une composition d'art sonore conçue spécifiquement pour TMS et formée de trois couches de son : vent, machine à écrire et piano à queue[6].

POD: Wind Array Cascade Machine (2003)[modifier | modifier le code]

L'installation POD: Wind Array Cascade Machine est composée de deux modules. Soixante-quatre tiges métalliques équipées de capteurs de mouvement sont installées sur un toit et enregistrent les fluctuations du vent. Ce premier module est connecté au second, montré dans une salle d'exposition et formé de soixante-quatre autres pôles sur lesquelles sont intégrées 2880 diodes électroluminescentes, qui s'allument et s'éteignent au rythme du vent capté par le premier module extérieur. Les données captées par l'oeuvre sont retransmises en direct sur internet. Les composantes électroniques et logicielles de l'installation sont développées avec l'équipe du centre d'artiste Avatar[9].

L'oeuvre est montrée à la coopérative Méduse à Québec en 2003 dans le cadre de l'événement Mois Multi 2, à la fondation Langlois et à Oboro à Montréal, puis au Musée d'art contemporain Kiasma à Helsinki, en Finlande, dans le cadre de l'International Symposium on Electronic Art (ISEA) en 2004[1]. Elle intègre la collection d'art actuel du Musée national des beaux-arts du Québec en 2013[10].

The Enormouslessness of Cloud Machines (1999)[modifier | modifier le code]

The Enormouslessness of Cloud Machines est une anthologie publiée dans le catalogue Ohm-Avatar. L'album double réunit huit œuvres de l'artiste réalisées entre 1992 et 1998[7] : Engine: An Octaphonic Movement (1992), Drip Doodle #1 (1995), Tic  Talk #1, Feathers and Flies #1 (1998), Elevator Music, The Forum for the Alienation of Art, SpinCycle, Untitled [7],[11].

Soundpool: The Manufacturing of Silence (1996)[modifier | modifier le code]

Soundpool est une proposition artistique jouant avec humour sur le principe d'isolation acoustique qui vise à annuler le bruit par la superposition d'une couche d'ondes sonores dont la phase est inverse[11]. L'installation comprend huit peintures de grand format disposées au centre d'une salle et activées comme des haut-parleurs par huit moteurs[12]. Elle est d'abord présentée à la Galerie Illingworth Kerr à Calgary en 1996. Au cours de la même année, l'artiste poursuit le développement de l'oeuvre dans le cadre d'une résidence au centre d'artistes Avatar à Québec. Elle est également présentée à Québec (1996), Edmonton (1996) et Montréal (2001)[12].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « De Visu - Champ de diodes », sur Le Devoir (consulté le 2 mars 2020).
  2. « Heimbecker, Steve », sur Collections | MNBAQ (consulté le 2 mars 2020)
  3. (en) « AFA Virtual Museum », Collection of the Alberta Foundation for the Arts
  4. (en) Paul Woodrow, Soundpool : the manufacturing of silence, Calgary, Illingworth Kerr Gallery, Alberta College of Art & Design, (ISBN 1-895086-42-6 et 978-1-895086-42-3, OCLC 38746950, lire en ligne)
  5. « Ars Electronica Archiv », sur archive.aec.at (consulté le 24 mars 2020)
  6. a et b « Ars Electronica Archiv », sur archive.aec.at (consulté le 24 mars 2020)
  7. a b et c « Audio », Inter : art actuel, no 87,‎ , p. 83–84 (ISSN 0825-8708 et 1923-2764, lire en ligne, consulté le 2 mars 2020)
  8. (en) Paul Woodrow, Steven R. Heimbecker : Soundpool : The Manufacturing of Silence, The Illingworth Kerr Gallery, Alberta College of Art, (ISBN 978-1-895086-42-3, lire en ligne)
  9. « Wind Array Cascade Machine », sur avatarquebec.org (consulté le 3 mars 2020).
  10. « POD : Wind Array Cascade Machine - Heimbecker, Steve », sur Collections | MNBAQ (consulté le 2 mars 2020).
  11. a et b « Soundpool », sur avatarquebec.org (consulté le 3 mars 2020)
  12. a et b « Steve Heimbecker (biographie) », sur www.fondation-langlois.org (consulté le 30 avril 2020).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sabine Breitsameter, Claudia Soller-Eckert, The Global Composition: Conference on Sound, Media, and the Environment, Proceedings, Media Campus Dieburg / Hochschule Darmstadt, 2012 (ISBN 978-3-00-038817-0).
  • Steven Connor. « Air: Next to Nothing », TATE ETC., 12, Tate Media / Tate Gallery, Londres, 2008 (ISSN 1743-8853).
  • Anna Friz. « Steve Heimbecker at Work and Play in the Soundpool », Musicworks, no 94, 2006.
  • Nicole Gingras. Le son dans l'art contemporain canadien, Éditions Artextes, 2003 (ISBN 2-9802870-9-1 et 978-2-9802870-9-1), (OCLC 53792563).
  • Groupe de Recherche en Sociologie des Œuvres, et Conseil des arts de Montréal. « Les arts numériques à Montréal. Création/innovation/diffusion ». Ministère des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire, 2011.
  • Dominique Moulon. Art Contemporain Nouveaux Médias - Sentiers d'art, Nouvelles Editions Scala, Paris, 2011 (ISBN 978-2-35988-038-0).
  • A. M. Richard, C. Robertson. Performance au-in Canada, Éditions Intervention / Coach House Press, Québec, 1991 (ISBN 2-920500-04-X).
  • Bernard Schütze, « Earth, Wind and a Banana », ETC, no 85, 2009, p. 11–14 (ISSN 0835-7641 et 1923-3205).
  • Stephen Wilson. Art + Science Now, A visual survey of artists working at the frontiers of science and technology, Thames & Hudson, 2010 (ISBN 9780500238684).
  • « Pedigree », Art le Sabord, no 83, 2009 (ISSN 1485-8800).

Liens externes[modifier | modifier le code]