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Staraïa Ladoga

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Staraïa Ladoga
(ru) Старая Ладога
Blason de Staraïa Ladoga
Héraldique
Drapeau de Staraïa Ladoga
Drapeau
Staraïa Ladoga
Staraïa Ladoga et sa forteresse vues du ciel.
Administration
Pays Drapeau de la Russie Russie
Région économique Nord-Ouest
District fédéral Nord-Ouest
Sujet fédéral Drapeau de l'oblast de Léningrad Oblast de Léningrad
Raïon Volkhov
Municipalité Staraïa Ladoga
Code OKATO 41209862001
Indicatif +7 81363
Démographie
Population 1 862 hab. (2021)
Géographie
Coordonnées 59° 59′ 30″ nord, 32° 17′ 30″ est
Fuseau horaire UTC+04:00
Cours d'eau Volkhov, Ladojka
Divers
Fondation Au plus tard en 753
Statut Village
Ancien(s) nom(s) Aldeygyuborg, Ladoga
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Russie
Voir sur la carte topographique de Russie
Staraïa Ladoga
Géolocalisation sur la carte : oblast de Léningrad
Voir sur la carte topographique de l'oblast de Léningrad
Staraïa Ladoga

Staraïa Ladoga (russe : Ста́рая Ла́дога, [ˈstarəjə ˈladəɡə], « l'ancienne Ladoga[1] » ; jusqu'en 1703 : Ла́дога, Ladoga ; en vieux-norrois : Aldeigjuborg) est un village russe du Nord russe, dans la commune rurale de Staraïa Ladoga du raïon de Volkhov, dans l'oblast de Léningrad. Sa population s'élevait à 1 862 habitants en 2021.

Au VIIIe et IXe siècles, c'était un lieu important d'échanges commerciaux entre plusieurs ethnies, principalement des Scandinaves appelés « Rus' ». De ce fait, Staraïa Ladoga est souvent qualifiée de « plus ancienne capitale de la Russie ». Le village est aussi célèbre pour son monastère fondé en 1241, le monastère Saint-Nicolas.

Géographie

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Carte de la commune rurale de Staraïa Ladoga dans le raïon de Volkhov.

La localité est située dans l'oblast de Léningrad, un sujet de la Russie européenne, dans le district fédéral du Nord-Ouest. Elle est l'une des 290 localités du raïon de Volkhov[2],[3], un raïon du nord-ouest de l'oblast. Le centre administratif du raïon est la ville de Volkhov. Staraïa est ladoga est le chef-lieu de l'établissement urbain de Staraïa Ladoga, une des quinze entités municipales du raïon[4]. Elle est, comme tout l'oblast de Léningrad, située dans le fuseau horaire MSK (heure de Moscou). Le décalage horaire appliqué par rapport au temps universel coordonné est +03:00[5].

La Volkhov à Staraïa Ladoga.

Staraïa Ladoga se trouve dans le nord-est de l'Europe, dans la région historique et géographie de Carélie (mais non d'un point de vue administratif)[6]. Elle se trouve sur la rive gauche de la Volkhov, qui coule du lac Ilmen au lac Ladoga, au niveau de sa confluence avec la plus petite rivière Ladojka.[7] La Volkhov se trouve dans le bassin de la Neva, et ainsi du golfe de Finlande[8].

Géologiquement, le village se trouve sur le craton d'Europe orientale, un vestige de la croûte continentale précambrienne composée de roches magmatiques et métamorphiques. La zone est couverte par plus de 3 kilomètres d'épaisseur de sédiments datant Proterozoique moyen et tardif. Les roches supérieures sont principalement archéennes ou paléoprotérozoïque, datant jusqu'à 3,4 milliards d'années, comme dans le reste de la Carélie, en raison du bouclier fennoscandien[6]. En raison des glaciactions du Pléistocène, des dépôts moraniques ont été laissés à la surface.

Au-dessus, se trouvent d'importants dépôts marins du Pléistocène supérieur et du début de l'Holocène. Lors de la dernière glaciation, un grand lac endigué par la calotte glaciaire s'est formé au-dessus de la région. À Staraïa Ladoga, la couche de la moraine est d'environ 40 m, tandis que des dépôts de sédiments quaternaires sont présents par-dessus. Leur épaisseur n'exède pas les 5 à 10 m. Enfin, des dépôts fluvioglaciaires se retrouvent dans les sols, avec des épaisseurs maximums de 20 à 25 m, composés de graviers et de galets souvent d'origine locale, avec un loam sableux qui forme la rive gauche de la Volkhov[8].

Localités limitrophes

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Les localités limitrophes sont les suivantes[9] :

Localités limitrophes de Staraïa Ladoga
Ivanovski Ostrov, Velecha, Seltso-Gorka Mejoumochié Akhmatova Gora
Zelionaïa Dolina, Mestovka Staraïa Ladoga Tchernavino
Kniachtchina Izvov, Oboukhovo

Voies de communication et transports

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La route fédérale R21, de Saint-Pétersbourg à Mourmansk, passe à sept kilomètres au nord de la ville. Staraïa Ladoga se situe sur la route régionale 41A-006, qui relie la R21 (en direction de Novaïa Ladoga) au nord à l'oblast de Novgorod au sud-ouest (en direction de la M10 et de Tchoudovo), en passant par Volkhov et Kirichi[9].

Staraïa Ladoga est desservie par des bus locaux la reliant à Volkhov, où des trains et bus vont vers Saint-Pétersbourg[10].

Origines du nom

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Les premiers habitants étaient des Finnois, des Slaves et des Varègues.

À l’époque la ville, la rivière qui la traverse et le lac voisin étaient appelés Ladoga. Jusqu’à peu on ignorait lequel du lac et de la rivière a été baptisé en premier. Ladoga pouvant venir du finnois aaldokas, aallokas (inquiétante) et aalto (vague) si le lac a été nommé en premier, ou du finnois alode-joki’(aval de la rivière) si c’est la rivière. D’après Tatiana Jackson, il est quasiment considéré comme acquis que Ladoga a désigné dans un premier temps la rivière, puis la ville et après le lac. Par conséquent elle retient l’étymologie venant du finnois alode-joki (aval de la rivière), le nom de la rivière aurait été repris par les Normands par le mot ‘’Aldeigja’’ en vieux norrois, puis les Slaves ont converti le nom en Ladoga par métathèse Ald → Lad[11],[12]. Dans la Bandadrápa, texte écrit vers 1010, la ville est mentionnée sous la forme d'« Aldeigju ». Ce n'est qu'en 1190 que la ville est mentionnée pour la première fois sous le nom d'Aldeigjuborg dans la saga d'Olaf Tryggvason, rédigée par Oddr Snorrason[13].

Pour Eugène Helimski, l’étymologie est germanique dès le départ. Le lac aurait été baptisé en vieux norrois Aldauga (qui est semblable à la mer) par les Varègues, après être passé par la forme intermédiaire Aldaugja le mot est transformé en Aldeigja par les Normands, puis repris par les Slaves en Ladoga par métathèse Ald → Lad[14].

Clé représantant Odin, du milieu du VIIIe siècle, retrouvée à Staraïa Ladoga en 1975.

Les études dendrochronologiques suggèrent que Ladoga a été fondée au plus tard en 753. Des restes de céréales, en l’occurrence de l'amidonnier et du blé, ont été excavées à Ladoga, datant des VIIe / VIIIe siècles[15]. Des objets scandinaves, dont nombre du Gotland, suggèrent que le marché de la ville fut établi dès le début du VIIe siècle, faisant de la ville l'un des plus anciens lieux d'échange commercial de la Baltique[16]. Le peuplement se situait alors au sud des fortifications des IXe et Xe siècles. Les fortifications étaient des murs en bois et en pierre, et subirent de nombreuses reconstructions par la suite[17]. Ladoga était habitée par quelques dizaines de Scandinaves, qui, selon Sergueï Kouzmine, ne s'étaient pas installés pour des raisons commerciales, mais plus en raison des mouvements de migration scandinave dans la Baltique orientale au cours des VIe – VIIe siècles. Mais vers 760, la colonie scandinave cesse d'exister, remplacée par une population, y compris slave[18], venant des régions forestières du sud[13].

Peu après, aux alentours de 780, est ouverte la route commerciale de la Volga, ce qui s'illustre par la plus vieille pièce de monnaie arabe trouvée en Europe qui provient de Ladoga[19], datée de 786. À cette époque se retrouve des objets d'art oriental, comme ceux en verre construits sur des modèles orientaux et des perles de cornaline. Ladoga servait aussi probablement dès la moitié du VIIIe siècle av. J.-C. de chantier naval[1]. Au début du IXe siècle, la zone de peuplement s'étendit largement, et une partie du peuplement s'implanta sur la rive droite de la rivière Ladojka. De cette époque ont été mises au jour des traces de métallurgie et de production de verre[17]. Jusqu'en 840, si des liens subsistent avec le monde scandinave, ils ne sont plus majeurs pour Ladoga, remplacés par les échanges venus du sud[13]. Des VIIIe et IXe siècle ont été retrouvées huit modèles de chaussures à Ladoga, avec certaines ayant des semblables en Europe occidentale, telles qu'à York, Birka et Middelbourg[20]. Entre 800 et 900, la ville était le plus important centre commercial en Europe de l'Est[16].

C'est à Ladoga, légendairement, selon la saga de Hervor et du roi Heidrekr, qu'en attendant le combat qui devait les opposer qu'Angantyr demanda la main de la fille du Jarl Bjartmar, et les noces eurent lieu peu après[21].

Sous la Rus' de Kiev et influence scandinave

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Peinture de Viktor Vasnetsov, de Riourik et ses frères qui arrivent au bord du lac Ladoga, avec des Slaves qui les accueillent.
Arrivée de Riourik à Ladoga, Viktor Vasnetsov (1848-1926).
Ancienne amulette retrouvée à Ladoga, inscription runique scandinave, datant au plus tard de la fin du Xe siècle.

En 840, un incendie détruit Ladoga, ce qui mène à l'installation de Scandinaves à Ladoga, bien que les peuples de la région constituent toujours une partie importante de la population. En effet, les régions du nord de la Russie actuelle à la fin du IXe siècle étaient peuplées de nombreuses ethnies, dont des Slaves[13]. C'est dans ce contexte que selon la Chronique d'Ipatiev, compilée vers possiblement la fin du XIIIe siècle, le chef légendaire Riourik arriva à Ladoga en 862 à la suite de l'appel des Varègues[17],[22]. Selon cette même chronique, Riourik s'installa à Ladoga (d'autres chroniques disent Novgorod), tandis que ses frères s'installèrent à Izborsk et Belozersk[23]. Au même moment, un incendie dans les années 860 a lieu à Ladoga, possiblement en lien avec les évènements violents racontés par la Chronique des temps passés, qui aboutissent à un bannissement temporaire des Scandinaves et à des luttes entre tribus. S'ensuit une cohabitation entre Slaves, Finno-ougriens et Scandinaves, qui s'illustre par la diversité archéologique dans le cimetière de Plakoun[12].

Au cours des années qui s'ensuivirent, Ladoga devint un port important sur la Baltique, avec une densification de l'habitat et une partie réservée aux Scandinaves. Ladoga n'était ni un centre artisanal ou commercial spécialisé, et n'avait pas de fortifications destinées à contrôler la Volkhov[12]. Du Xe siècle ont été retrouvées, en excellente préservation, de grandes quantités de glumes de millet, montrant la culture de ce céréale dans la région[24]. Ladoga fut aussi un centre majeur de poterie, avec les récipients de Ladoga, type dominant de récipient sous la Rus' dans la région de Novgorod. Les céramiques de Ladoga, trouvées en larges quantités, datent principalement du IXe au XIe siècle[25].

Ladoga était l’un des ports commerciaux les plus importants d’Europe du nord-est. Les navires marchands naviguaient de la mer Baltique jusqu’à Novgorod par le biais du lac Ladoga puis continuaient jusqu’à Constantinople ou la mer Caspienne. Cette route commerciale est connue sous le nom de route commerciale des Varègues aux Grecs. Une autre route existait en descendant la Volga jusqu’aux Khazars, puis en rejoignant les rives méridionales de la mer Caspienne, pour ensuite atteindre le monde arabe[26] et Bagdad[17]. Ainsi, il est estimé que 90% des dirhams arabes trouvés en Scandinavie ont transité par Ladoga[17]. Ladoga était aussi connectée à une voie commerciale vers l'Onega, et plus loin par portage vers le pays de la Dvina[27]. Selon l'Historia Norwegiæ, Olaf Tryggvason, futur roi de Norvège et servant de Vladimir Ier, lança depuis Ladoga des raids sur les côtes de la Baltique[26].

La ville était entre le IXe siècle et le début ou le milieu du XIe siècle à son apogée[28]. Elle était à cette époque une plaque tournantes des communications, avec de grands navires vikings s'y arrêtant, puisque la ville était la plus proche de la Baltique. Des bateaux plus petits, similaires au bateau de Gokstad, étaient utilisés pour les rivières et fleuves de la région[26]. Elle accueillait notamment un important commerce de perles, qui étaient triées et divisées en petits lots pour ensuite être exportées vers les villages[29].

Ladoga était une ville convoitée pendant l'époque viking, très probablement en raison de ses richesses, comme en témoignent les mentions dans les sagas de dignitaires vikings dans la ville. Elle était à la croisée des routes commerciales, et pouvait assurer le tribut de la région, ainsi qu'un éventuel avant-poste pour qui voudrait attaquer Novgorod[30]. À la fin des années 990 (après 995, lorsqu'Éric Håkonsson fut contraint de quitter la Norvège en raison du retour d'Olaf Tryggvason, date par ailleurs aussi située par les restes de l'incendie dans les couches archéologiques[31]), selon le Heimskringla et d'autres sagas scandinaves, le roi norvégien Éric Håkonsson fit un raid sur la côte, pilla la ville puis l'embrasa[32]. C'est alors que fut mentionné la possad pour la première fois autour de la forteresse[33]. En 1019, lors du mariage entre Ingigerd de Suède et le grand-prince de Kiev Iaroslav le Sage, Iaroslavl céda Ladoga à sa femme, qui nomma le cousin de son père Ragnvald Ulfsson pour gouverner la ville[19], un choix stratégique pour la reine suédoise[34]. Ainsi à partir de 1019, une principauté russo-normande contrôlait le bassin inférieur de la Volkhov, et Ladoga gagna en influence[35]. Elle dominait les Tchoudes du Ladoga, les Lop et les Ijoriens, qui fournissaient Ladoga en fourrures et en d'autres marchandises, tout en payant un tribut[33].

La ville recevait des visites de nobles scandinaves, dont des rois, qui naviguaient sur de grands navires vikings. Des fouilles archéologiques ont permis d'excaver des rivets de bateaux dès le milieu du VIIIe siècle. Selon la saga de Saint Olaf, des dignitaires scandinaves désirant s'entretenir avec Magnus Óláfsson afin de le proposer de reprendre son trône (il était en exil auprès de Iaroslav le Sage) furent bloqués à Ladoga, en attendant le consentement de Iaroslavl pour que le message soit transmis. La ville servait donc de première étape pour rentrer dans la Rus' à partir de la Baltique. Selon la Orkneyinga saga, Magnus Óláfsson[36], Magnus prépara très certainement son retour en Norvège en y amarrant des villes, et selon l'Óláfs saga Tryggvasonar en mesta, toute personne ayant un sang royal devait avoir l'autorisation du Grand-prince de Kiev pour séjourner à Ladoga[37].

En 1114, selon la Chronique des temps passés, une nouvelle citadelle, en pierre, fut construite par le possadnik Pavel de la ville. Elle fut construite par les Russes afin de sécuriser leur frontière et de permettre l'avancée des Novgorodiens vers le nord, en particulier dans ses campagnes contre les Tchoudes et dans ses missions de conversions vers les tribus finnoises[38].

République de Novgorod

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Carte de la république de Novgorod en 1237.

Après 1125, la ville est annexée à la principauté de Novgorod (qui devient la république de Novgorod en 1136), bien qu'elle garde une large autonomie[38]. Cela s'expliqua en partie par Ladoga qui prenait plus facilement part aux conflits internes au cours des années précédentes, en raison du déclin du commerce eurasiatique[33]. Grâce à son statut et son importance, six églises en pierre furent construites entre 1150 et 1170[38], dont deux sont encore debout : l'église de l'Assomption-de-la-Vierge et celle de Saint-Georges-le-Victorieux. Elles furent peintes par des maîtres grecques et russes[39]. À la fin du XIIe siècle, Ladoga fut divise en six quartiers, à l'instar de ceux de Novgorod, avec pour chaque quartier une église[40].

En 1164, selon la Première chronique de Novgorod, une flotte suédoise de 55 vaisseaux s'approcha de Ladoga, mais fut défaite sur la Voronaï, avec la plupart des bateaux capturés par Novgorod[41],[42]. La possad à cette époque occupait quatorze ou quinze hectares, et était la ville et port le plus au nord de la Russie[43].

Moscovie, tsarat et empire russe

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La position stratégique de Ladoga, permettant de défendre les voies navigables de la Neva et du Ladoga, fut consolidée lorsque Ladoga fut annexée à la Moscovie en même temps que Novgorod en 1479. La forteresse du XIIe siècle, en raison des menaces d'attaques suédoises, fut reconstruite, qui a partiellement survécu jusqu'à nos jours. En 1584-1585, trois bastions furent construits au sud de la citadelle en pierre, appelés communément la « ville en terre »[43]. L'ancienne forteresse elle-même fut aussi rénovée à ce moment-là. En 1586, d'après les livres de comptes moscovites, Ladoga était peuplée de 1 100 habitants dans 126 foyers, sur 8 hectares[44].

En 1610, pendant le Temps des troubles et au cours de la guerre d'Ingrie, des mercenaires français combattant aux côtés des Suédois envahirent Ladoga et sa région, suivis par de mercenaires suédois. Ladoga fut ensuite sous le contrôle d'une administration russo-suédoise jusqu'au traité de Stolbovo de 1617. Par l'établissement de la nouvelle frontière entre la Russie et la Suède, à peine à quarante kilomètres de la ville, elle devint une ville frontière. Elle comptait en 1617 la maison du Voïvode, 27 foyers des habitants de la ville, et ses 20 églises, certaines en pierres et d'autres en bois, tombaient en ruines ou étaient des ruines. Ce n'est qu'après le départ des Suédois qu'une église en bois fut construite sur les ruines de celle de Saint-Clément[44]. En 1646 fut mentionnée pour la première fois l'église Saint-Démétrios de Thessalonique dans l'enceinte de la forteresse[44]. L'église de Saint-Jean-le-Précurseur fut construite en 1695 de l'autre côté de la ville, dans le monastère de Saint-Jean[45].

Un incendie désastreux toucha la ville le 24 avril 1702 ( dans le calendrier grégorien), alors que la Russie était en guerre contre la Suède. Comme Pierre Ier le Grand planifiait une nouvelle campagne sur Nöteborg, il rassembla plus de 16 000 hommes à Ladoga en [46]. En 1704, Pierre Ier décida par décret que le chef-lieu de l'ouïezd de Ladoga devait être transféré à Staraïa Ladoga, nouvelle ville à l'embouchure de la Volkhov. Ainsi, Staraïa Ladoga fut dépourvue de son statut de ville, et fut rebaptisée Staraïa Ladoga[1]. Dix ans plus tard, le village perdit sa garnison[45]. En 1718, la première épouse de Pierre Ier le Grand, Eudoxie Lopoukhine, fut bannie au monastère de la Dormition de Staraïa Ladoga, où elle resta jusqu'à son transfert au couvent de Novodievitchi en 1725[47].

Période soviétique

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Le , le Conseil des ministres de la RSFSR ordonna la création d'un musée fédéral[48], en incorporant le musée régional fondé en 1971[49].

Fédération de Russie

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En 2003, la ville a fêté son 1250e anniversaire. Le village est devenu membre de l'association des Plus Beaux Villages de Russie en [50].

En , le gouvernement de l'oblast de Léningrad a dévoilé un plan pour le renouveau de la ville. Il contient la restauration complète de la forteresse et des monastères et la construction complète d'un centre d'exposition. L'oblast a aussi déclaré être en préparation d'une candidature de Staraïa Ladoga pour un classement UNESCO[51].

Population et société

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Démographie

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Recensements (*) et estimations de la population[52],[53],[54],[55],[4]:

Évolution démographique
1862 1920 1926* 1939* 1989*
3676087177172 305
1997 2002 * 2007 2010* 2017
2 457282 1832 0121 954
2021* - - - -
1 862----

En 2021, sur les 1 862 habitants, il y avait 94 % de Russes[56].

Le village dispose d'un centre médical et d'un centre de sport pour jeunes[57].

Navire de croisère fluviale à Staraïa Ladoga.

Staraïa Ladoga dépend principalement du tourisme pour son économie. En moyenne, elle accueille 140 000 touristes par an, et depuis 2022, en raison de la fermeture des frontières, le tourisme a été stimulé dans le village[57].

Culture et patrimoine

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Lieux et monuments

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Staraïa Ladoga est l'un des villages le splus riches de sa région, rassemblant un patrimoine s'étendant de l'âge du fer à l'époque contemporaine. La forteresse de Ladoga fut construit aux XVIe et au XVIIe siècle, et a été depuis rénovée, faisant d'elle aujourd'hui la principale attraction touristique de la ville. Le muséum de Staraïa Ladoga a été fondé en 1971[49], et se situe près du fort. Il rassemble de nombreuses découvertes archéologiques faites ici[58]. Le village compte deux églises médiévales en pierre du XIIe siècle ainsi que plusieurs sites archéologiques[49].

Dans la peinture

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La maison de la créativité de Staraïa Ladoga a commencé à fonctionner de manière permanente au début des années 1960, après la fin de sa restauration. Elle a été un important centre de la vie artistique russe pendant 30 ans. Des artistes tels que Evseï Moïsseïenko, Alexandre Nikolaïevitch Samokhvalov, Boris Ougarov, Viatcheslav Zagonek et Gleb Savinov entre autres y résidèrent. Entre 1970 et 1980, la Maison de la Créativité s'agrandit et de nouveaux bâtiments furent construits. Ils y restèrent toute l'année. Un séjour d'un à deux mois était gratuit pour les artistes. L'hébergement, la restauration et les déplacements étaient pris en charge par la Fondation d'art de la république socialiste fédérative soviétique de Russie. Les peintures créées y furent exposées lors d'expositions de premier plan. La maison complétait les collections des principaux musées d'Union soviétique et de nombreuses collections privées russes et étrangères. Elle devint également le siège de la vaste collection de peintures, d'images et de sculptures du musée « Staraïa Ladoga »[59],[60].

Staraïa Ladoga est maintes fois représentée dans la peinture, et a inspiré de nombreuses œuvres. En 1899, Nicolas Roerich séjourna dans le village, et s'inspira de ses paysages pour peindre plusieurs tableaux, parmi lesquels Des visiteurs d'outre-mer[48].

Notes et références

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  1. a b et c Humbert 2015, p. 244.
  2. (ru) Gouvernement de l'oblast de Léningrad, Décret de l'administration de l'oblast de Léningrad du 8 avril 2008 N 121 « Sur le registre de la structure administrative-territoriale de la oblast » (tel que modifié le 5 juillet 2021), Veliki Léningrad, (lire en ligne)
  3. (ru) Douma de l'oblast de Léningrad, Loi de l'oblast de Léningrad du 11 novembre 2005 N 559-OZ « Sur la structure administrative-territoriale de l'oblast de Léningrad » (tel que modifié le 15 décembre 2023), Veliki Léningrad, (lire en ligne)
  4. a et b (ru) L.V. Bourak, N.V. Chimanova et V. G. Kojevnikov, Административно-территориальное деление Ленинградской области 2017 г [« Division administrative-territoriale de l'oblast de Léningrad »], Saint-Pétersbourg,‎ (lire en ligne)
  5. (ru) Gouvernement de la fédération de Russie, Loi fédérale du 3 juin 2011 no 107-FZ (telle que modifiée le 14 avril 2023) « Sur le calcul du temps », Moscou, (lire en ligne)
  6. a et b Grigoreva et Douglas 2009, p. 11.
  7. Carlsson et Selin 2012, p. 37.
  8. a et b Grigoreva et Douglas 2009, p. 12.
  9. a et b (ru) « Carte du centre scientifique et technique fédéral pour la géodésie, la cartographie et l'infrastructure des données spatiales », sur fsgs.cgkipd.ru (consulté le )
  10. Carlsson et Selin 2012, p. 45.
  11. (ru) Джаксон Т. Н. Альдейгья. Археология и топонимика // Памятники средневековой культуры: Открытия и версии. Saint-Pétersbourg, 1994, pp. 77-79.
  12. a b et c Humbert 2015, p. 243.
  13. a b c et d Humbert 2015, p. 242.
  14. Helimski, Eugen. Ladoga and Perm revisited
  15. Brisbane, Makarov et Nosov 2012, p. 309.
  16. a et b Carlsson et Selin 2012, p. 39.
  17. a b c d et e Grigoreva et Douglas 2009, p. 2.
  18. Brisbane, Makarov et Nosov 2012, p. 155.
  19. a et b Grigoreva et Douglas 2009, p. 3.
  20. Brisbane, Makarov et Nosov 2012, p. 398.
  21. Humbert 2015, p. 309-310.
  22. Humbert 2015, p. 33.
  23. Humbert 2015, p. 40.
  24. Brisbane, Makarov et Nosov 2012, p. 349.
  25. Brisbane, Makarov et Nosov 2012, p. 426.
  26. a b et c Sorokin 2021, p. 376.
  27. Humbert 2015, p. 68.
  28. Brisbane, Makarov et Nosov 2012, p. 138.
  29. Brisbane, Makarov et Nosov 2012, p. 135.
  30. Humbert 2015, p. 245.
  31. Humbert 2015, p. 241.
  32. Humbert 2015, p. 317.
  33. a b et c Kirpichnikov et Gubchevskaya 2002, p. 23.
  34. Humbert 2015, p. 313.
  35. Kirpichnikov et Gubchevskaya 2002, p. 22.
  36. Sorokin 2021, p. 375-376.
  37. Humbert 2015, p. 305.
  38. a b et c Kirpichnikov et Gubchevskaya 2002, p. 27.
  39. Kirpichnikov et Gubchevskaya 2002, p. 28-29.
  40. Kirpichnikov et Gubchevskaya 2002, p. 31.
  41. (ru) Alexeï Shkvarov, Россия и Швеция. История военных конфликтов 1142-1809, Saint-Pétersbourg, RME Group,‎ , 576 p. (ISBN 978-5-91419-754-1), p. 15
  42. (en) Robert University of California Libraries, A. A. Shakhmaton, Nevill Forbes et C. Raymond (Charles Raymond) Beazley, The chronicle of Novgorod, 1016-1471, London, Offices of the society, (lire en ligne), p. 237
  43. a et b Kirpichnikov et Gubchevskaya 2002, p. 37.
  44. a b et c Kirpichnikov et Gubchevskaya 2002, p. 39.
  45. a et b Kirpichnikov et Gubchevskaya 2002, p. 40.
  46. Kirpichnikov et Gubchevskaya 2002, p. 44.
  47. Kirpichnikov et Gubchevskaya 2002, p. 45.
  48. a et b Kirpichnikov et Gubchevskaya 2002, p. 50.
  49. a b et c Carlsson et Selin 2012, p. 44.
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Articles connexes

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Bibliographie

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  • (ru + en) Anatoly N. Kirpichnikov et Ludmila A. Gubchevskaya (avec le soutien de l'Institut d’histoire de la culture matérielle, Académie des sciences de Russie et le Musée historique, architectural et archéologique et réserve de Staraïa Ladoga), STARAYA LADOGA HISTORY AND LANDMARKS, Славия,‎ (ISBN 5-9501-0005-0, lire en ligne)