Spiruline

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Spiruline
Nom vulgaire ou nom vernaculaire ambigu :
l'appellation « Spiruline » s'applique en français à plusieurs taxons distincts.
Description de cette image, également commentée ci-après
Spiruline cultivée, en cours de séchage

Taxons concernés

Spiruline est un nom vernaculaire ambigu en français, pouvant désigner plusieurs espèces différentes de cyanobactéries filamenteuses originaires des eaux chaudes peu profondes et saumâtres de la ceinture intertropicale. Le plus souvent toutefois, en disant « spiruline » les francophones font référence au complément alimentaire produit majoritairement à base d’Arthrospira platensis (synonyme Spirulina platensis) et d’Arthrospira maxima (syn. Spirulina maxima). Le genre Spirulina existe toujours, mais englobe d'autres cyanobactéries, assez éloignées du point de vue taxinomique et sans valeur alimentaire pour les humains.

Dénominations[modifier | modifier le code]

Par tradition, on appelle encore « spiruline » les préparations alimentaires à base d'espèces classées par la suite dans le genre Arthrospira.

Dans la classification actuelle, le terme « spiruline » peut donc désigner parmi les cyanobactéries les espèces de deux genres distincts :

La confusion entre les deux noms Arthrospira et Spirulina est due à la décision en 1932 d'unifier deux genres, Arthrospira Stizenberger et Spirulina Turpin, sur la base de leurs trichomes en spirale[1]. Néanmoins le genre Spirulina est de nouveau séparé du genre Arthrospira depuis 1994[2].

D'après une publication de Janvier 2019 [3], les espèces de spiruline cultivées commercialement sont suffisamment éloignées, d'un point de vue génétique, des autres espèces du genre Arthrospira, pour bénéficier d'un nom de genre à part entière.

Les auteurs proposent que les espèces qui sont cultivées actuellement soient classées dans un nouveau genre qu'ils baptisent Limnospira[4].

Physiologie, comportement et écologie[modifier | modifier le code]

Les caractéristiques générales des spirulines sont celles des Cyanobacteria - microalgues anciennement appelées cyanophycées ou « algues bleues » - classées dans les genres Arthrospira ou Spirulina, avec des nuances pour chaque espèce : pour plus d'informations sur leur description ou leur biologie, voir les articles concernant ces deux genres et les espèces concernées.

Spirulines alimentaires[modifier | modifier le code]

L'espèce la plus consommée et cultivée est Arthrospira platensis (synonyme Spirulina platensis) et dans une moindre mesure d'Arthrospira maxima (syn. Spirulina maxima)[5]. Les sections suivantes entendent par « spiruline » les spirulines alimentaires de ces espèces.

Alimentation traditionnelle[modifier | modifier le code]

Culture aztèque[modifier | modifier le code]

Une illustration du Codex de Florence semble montrer comment les Aztèques récoltaient la spiruline hors des lacs par écrémage de la surface avec des cordes, suivi par un séchage des algues pour en faire des gâteaux, consommés ensuite comme condiments nutritionnels.

La spiruline a été une source de nourriture pour les Aztèques, voire d'autres Méso-Américains. Son importance dans le régime alimentaire est difficilement estimable mais l'on en retrouve des témoignages abondants de la part des Conquistadors espagnols au XVIe siècle, et notamment de son importance économique[6]. Parmi les plus notables, l'on compte Francisco López de Gómara, qui en parle dans son Historia general de las Indias (1552), relevant que « [les Aztèques] en mangent comme nous mangeons du fromage, et cela a un petit goût salé qui va très bien avec le chilmolli » (Comen esto como nosotros el queso, y así tienen un saborcillo de sal que con chilmolli es sabroso.). L'historien Juan Bautista Pomar le qualifiait à la même époque de « fromage terrestre » (queso de la tierra).

Son exploitation à partir du lac Texcoco et la vente de gâteaux sont décrites avec précision au XVIe siècle[6] mais le drainage des lacs du pourtour de l'ancienne capitale aztèque de Mexico-Tenochtitlan par les Espagnols après la Conquista et le dépeuplement massif de l'empire aztèque ont entraîné un déclin majeur de l'utilisation de spiruline[7]. Le prêtre jésuite Francisco Javier Clavijero en remarquait toutefois encore l'utilisation en 1780 [8] : « Ils ne mangeaient pas seulement des choses vivantes mais aussi une substance vaseuse qui surnageait sur le lac, qu'ils récoltaient, séchaient un peu au soleil et en faisaient des galettes qu'ils séchaient à nouveau et conservaient pour l'utiliser comme fromage, dont le goût s'en rapproche. » (Comían no solamente de las cosas vivientes, sino aun de cierta substancia limosa que sobrenadaba en el lago, la cual recogían, secaban un poco al sol y hacían de ella unas tortas que volvían a secar y guardaban para que les sirviese de queso, cuyo sabor remeda. Daban a esta substancia el nombre de tecluitlatl.).

Les Aztèques appelaient ce produit tecuitlatl (en langue nahuatl classique), étymologiquement interprété comme signifiant « excrément du rocher » (Simeon, 1988:453) ou « excrescence/résidu de pierres » (Karttunen, 1992:73). Robelo (1941:245) remarque toutefois que le mot cuitlatl habituellement traduit par l'idée d'« excrément » pouvait en réalité prendre en nahuatl une connotation extrêmement positive, comme c'est apparent dans le cas des mots pour « or » (costicleocuitla – littéralement, « excrément jaune des dieux ») et « argent » (iztacteoclIitlak – littéralement, « excrément blanc des dieux »). Il note par ailleurs qu'il y a un doute sur le suffixe exact utilisé dans le mot tecuitlatl : il pourrait s'agir non pas de tetl (« pierre » ou « rocher »), mais plutôt de teotl (« sacré, merveilleux, étrange, surprenant ») – Robelo propose donc également comme traduction, « excrément sacré »[6].

Le lexicologue Rémi Siméon mentionnait encore l'utilisation de tecuitlatl en 1885, mais l'usage quotidien avait alors quasiment disparu bien que la spiruline, de l'espèce Arthrospira maxima, ait été trouvée en abondance au bord du lac Texcoco dans les années 1960 et exploitée commercialement dans les années 1970.

Culture Kanem (Tchad actuel)[modifier | modifier le code]

Il est possible que la spiruline ait une origine encore plus ancienne dans les frontières du Tchad actuel, où elle serait connue dès le IXe siècle sous l’Empire du Kanem. Récoltée à partir de petits lacs et dans des étangs autour du lac Tchad, mise à sécher sur le sable, elle est identifiée en 1967[9]. Elle est encore consommée quotidiennement sous la forme de gâteaux secs appelés « Dihé », qui sont utilisés pour faire des bouillons pour les repas, et elle est également vendue sur les marchés. Au début des années 2000, les Kanembou en consomment environ 40 grammes par personne et par jour, répondant à une partie significative de leurs besoins nutritionnels[10].

À noter que la spiruline alimentaire utilisée dans le Kanem provient du même genre que celle qui était utilisée par les Aztèques, mais d'une espèce différente : Arthrospira platensis.

Complément alimentaire[modifier | modifier le code]

Spiruline en poudre

Le complément alimentaire appelé « spiruline » est produit à partir d'espèces du genre Arthrospira. Les souches mises en culture sont principalement issues de l'espèce Arthrospira platensis et dans une moindre mesure d'Arthrospira maxima (syn. Spirulina maxima).

Arthrospira platensis est cultivée industriellement sous le terme de spiruline en raison de sa valeur nutritionnelle[11].

Systèmes de support spatiaux[modifier | modifier le code]

Le projet MELiSSA [12] (Micro-Ecological Life Support System Alternative) de l'ESA, la considère comme un organisme viable pour satisfaire leur objectif : recréer un écosystème ayant pour modèle l'écosystème terrestre susceptible d'accompagner des astronautes dans l'espace lors de voyages habités de longue durée. La spiruline serait alors un aliment indispensable à la survie des hommes à bord. Elle produirait également une grande quantité d'oxygène.

La NASA travaille également depuis la fin des années 1980 sur la spiruline avec la même optique de la culture dans le cadre de missions de longue durée [13],[14]

Production[modifier | modifier le code]

Milieu naturel[modifier | modifier le code]

Les lacs saturés de matières organiques et de soude de la ceinture intertropicale sont le milieu naturel de la spiruline alimentaire (espèces du genre Arthrospira). Cette microalgue, de couleur bleu-vert, est celle qui domine principalement dans cet environnement chimique extrêmement contraignant. Elle se multiplie à une très grande vitesse dès que la température dépasse les 30 degrés.

Une plume de flamant nain flottant sur un bloom de spiruline sur les berges du lac Chitu en Éthiopie

Dans la ceinture de lacs de la Vallée du Grand Rift, le flamant nain s'en nourrit, fournissant indirectement par ses déjections de l'azote à la spiruline. Cet azote organique est cependant d'abord rendu assimilable par la spiruline par l'intervention d'autres micro-organismes puisque la spiruline étant un organisme autotrophe, elle ne se nourrit que de minéraux disponibles dans le milieu aqueux dans lequel elle vit. Cette relation écosystémique entre le genre Arthrospira et les flamants nains existe notamment dans les lacs Natron de Tanzanie, Bogoria au Kenya, ou encore Abijatta et Chitu en Éthiopie.

D'autres plans d'eaux sont naturellement riches en spiruline du genre Arthrospira, mais sans cette relation symbiotique avec le flamant rose. C'est le cas de certains wadis du Tchad, ainsi que dans le lac Ye Kharr en Birmanie. Dans le passé, le lac Texcoco au Mexique, lac Paracas au Pérou et le lac Lonar en Inde étaient également des lacs où poussaient naturellement des spirulines du genre Arthrospira, mais la spiruline y a essentiellement disparu à la fin du XXe siècle sous l'impact d'activités humaines.

Principes et méthodes de production en algoculture[modifier | modifier le code]

La culture (algoculture) de la spiruline alimentaire se pratique principalement en milieu ouvert, en bassins aquatiques de quelques décimètres de profondeur, couverts ou non, et exposés à la lumière du soleil, dans une eau alcaline (pH proche de 10) et maintenue à une température comprise entre 30 et 35 °C. Elle peut également se pratiquer en photobioréacteurs, c'est-à-dire en systèmes fermés. En conditions réelles, la productivité de bassins ouverts de type raceway (en hippodrome), tourne généralement autour de 6 g m−2 j−1 (équivalent sec)[15]. Après filtration, égouttage, lavage, éventuellement extrusion, puis séchage, on obtient un produit déshydraté, qui peut se présenter sous différentes formes et notamment une fine poudre verte (après séchage par atomisation ou une étape supplémentaire de concassage et de broyage).

La culture est facilitée par le fait que cette espèce est extrêmophile et qu'il est possible de trouver une fenêtre de culture où le milieu est suffisamment basique et salin pour que la spiruline s'y trouve seule à se développer, débouchant sur une situation de monoculture[15]. Le risque de contamination des cultures par d'autres espèces d'algues ou de cyanophycées est alors considérablement réduit.

La spiruline permet de produire une grande quantité d'éléments nutritifs essentiels sur un espace très réduit. Dans une ferme, le rendement annuel est en effet de 9 tonnes de protéines à l'hectare, contre 1 tonne pour le blé ou le soja[16].[source insuffisante]

1970: les débuts de l'algoculture à grande échelle de la spiruline[modifier | modifier le code]

La première exploitation industrielle de spiruline alimentaire voit le jour au Mexique en 1970, initiée par l'ingénieur Hubert Durand-Chastel sur la base de travaux de l'Institut français du pétrole. L'unité de production de spiruline lancée par la société de production de carbonate de sodium Sosa Texcoco débute avec une capacité de production de 100 kg équivalent sec par jour d'Arthrospira maxima à fins alimentaires, passant à 1 tonne par jour en 1973[17]

L'exploitation de la Sosa Texcoco est néanmoins basée sur un milieu naturel existant. Les premières cultures hors-sol à grande échelle émergent peu après avec la Siam Algae Company à proximité de Bangkok en Thaïlande en 1979, Earthrise dans le désert de Sonora en Californie et Cyanotech à Hawaï aux États-Unis en 1983.

La création d'exploitations de taille modeste, souvent qualifiées par les producteurs d'« artisanales » ou de « paysannes », émerge plus tardivement mais se diffuse à travers le monde en commençant par l'Inde, où un institut privé, le MCRC, promeut le lancement de micro-exploitations de spiruline dans le Tamil Nadu peu après le lancement de sa première ferme, en 1984. L'essaimage se fait graduellement et de nombreuses micro-exploitations sont lancées au cours des années 1980 et 1990 sur un modèle d'entrepreneuriat social et solidaire avec un milieu artificiel simplifié, réunissant une base (généralement grâce à un apport de bicarbonate de soude), une source de salinité (sel marin/chlorure de sodium), ainsi que des intrants azotés (par exemple de l'urée), phosphatés (acide phosphorique), potassiques, ou mixtes (nitrate de potassium).

Le premier pilote de production significatif (3 000 m2) est lancé en Chine populaire en 1986, mais l'actuel premier producteur mondial ne connaît une accélération du développement de ses exploitations qu'au courant des années 1990.[18] La Chine, qui fournit 50 %[réf. nécessaire] des 5 000 tonnes de spiruline sèche produites dans le monde en 2013[réf. nécessaire], l’a déclarée aliment d’intérêt national[réf. nécessaire].

Développement de la culture de spiruline en France[modifier | modifier le code]

Bassins de spiruline dans une ferme aquacole, en Normandie (France)

Malgré un nombre important de projets pilotes dans les années 1960 et 1970, la première ferme commerciale de spiruline de France n'est lancée qu'en 1998. Le concept essaime avec une divergence entre trois approches principales :

  • des microexploitations low-tech revendiquant l'appellation de « spiruline paysanne » et s'inscrivant dans une logique de circuit court et de vente directe ;
  • des exploitations de taille intermédiaire, souvent plus techniques et en capacité de vendre sur des circuits de distribution traditionnels ;
  • des start-ups mettant en avant des modes de production ou de consommation plus ou moins novateurs : culture en photobioréacteurs, culture en milieu urbain, etc.

Micro-exploitations / spiruline paysanne[modifier | modifier le code]

En 1998, une première exploitation de spiruline de 100 m2 est lancée à La Capitelle, dans le Lodévois, par Philippe et Estella Calamand, à une époque où le statut d'agriculteur n'est pas reconnu aux cultivateurs de spiruline[réf. souhaitée]. C'est la première d'une longue série de petites fermes d'une capacité de production ne dépassant généralement pas 1 t par an de spiruline sèche, des productions « paysannes » qui sont caractérisées par une plus grande proportion de spiruline vendue sous des formats alimentaires (brindilles/paillettes), une moindre importance relative des formes galéniques (comprimés, gélules) et des ventes réalisées essentiellement en vente directe.

En 2001, sous l'initiative de l'association humanitaire Technap, le Centre de formation professionnelle et de promotion agricole de Hyères, centre départemental du Ministère de l'Agriculture et de la Pêche, commence à travailler à la mise en place d'une formation à la culture à la spiruline.[19] En 2003, un certificat professionnel à la « Production artisanale de spiruline à vocation humanitaire » se matérialise. Si l'objectif initial était de créer une filière solidaire internationale de production de la spiruline[20], cette formation sert d'accélérateur à la formation de spiruliniers en France et la création de petites fermes s'accélère dans le pays.

En 2009, la filière des petits producteurs français se dote d'une fédération, la Fédération des Spiruliniers de France (FSF). Celle-ci compte initialement 30 membres, puis 150 adhérents en 2016 et 180 en 2019 (producteurs ou porteurs de projet). La fédération représente une partie des producteurs français dans une logique de filière paysanne, à l'exclusion donc de producteurs dont l'activité de commerce serait trop importante ou produisant à plus grande échelle ou avec une logique plus industrielle, ou tout simplement ne souhaitant pas y adhérer. Ainsi, en 2017 la fédération comptait 161 adhérents sur 216 recensés en France, dont 85 producteurs[21].

En 2014, la Fédération nationale des paniers de la mer lance un programme collaboratif (ADRIA, Valorial, Algosource Technologie), soutenus par des fondations mécènes, en vue de développer sa culture dans des structures d'insertion par l'activité économique et sa distribution dans les réseaux nationaux d'aide alimentaire[réf. souhaitée].

À partir de 2016, la Fédération des Spiruliniers de France porte un projet «  Spiruline paysanne française » et dépose en avril 2016 un projet de guide de bonnes pratiques et d’hygiène pour la production de spiruline paysanne à la Direction générale de l’Alimentation, service du ministère de l’Agriculture. L'objectif est de participer au renforcement de la filière nationale par un travail sur la la qualité nutritionnelle et sanitaire de la production, ainsi que son impact environnemental, dans un contexte où 80 % de la spiruline consommée dans l'Union Européenne est une spiruline d'importation extra-communautaire[22].

En 2019, 80 % des producteurs adhérents de la Fédération des Spiruliniers de France exploitent une surface de moins de 650 m2 et 61 % produisent moins de 500 kg par an (entre 20 et 500 kg) – à titre de comparaison, les plus grosses exploitations mondiales produisent plus de 300 t par an et la plus grande exploitation française, de l'ordre de 20 à 30 t par an.[réf. souhaitée]

Pour les exploitations de petite taille, la production de spiruline en France est généralement une activité saisonnière, avec un hivernage prononcé. Pour pallier cela certaines exploitations valorisent des sources alternatives de calories, par exemple issues du biogaz[23], tandis que d'autres travaillent avec des produits de contre-saison : spiruline importée de fermes équivalentes en Afrique ou produits enrichis à la spiruline[réf. souhaitée].

Exploitations de taille intermédiaire[modifier | modifier le code]

La production de la spiruline permettant d'importantes économies d'échelle, des exploitations plus importantes apparaissent dès 2003, avec la mise en place d'Algosud, société basée à Lunel, en petite Camargue, et qui exploite en 2017 4 000 m2 pour 3 à 4 t par an[24].

En 2015, une nouvelle échelle est atteinte avec le lancement de Cyane, qui exploite 2 ha de serres à Plougastel-Daoulas, dans le Finistère, avec une capacité de production de 30 t par an en 2019, ce qui en fait la plus grande exploitation de spiruline d'Europe.[25] C'est également la première et unique ferme labellisée Agriculture biologique en France depuis 2018 grâce à l'adjonction de purins végétaux[26].

Développement de la filière alimentaire[modifier | modifier le code]

Différents groupes de recherche[Qui ?] sont répartis sur le territoire français. À titre d'exemple, le consortium de recherche PLAISIR associant l'entreprise Alg&You (leader du consortium), le Groupe SEB, les laboratoires Prayon, le laboratoire TBI, le laboratoire IFREMER et l’association la Voie bleue, engagée dans le développement des microalgues comme aliments pour tous, travaille à sa valorisation auprès du grand public et des collectivités locales ; le projet est primé au « concours mondial de l’innovation 2030 » lancé par le gouvernement en 2013[réf. souhaitée].

Soutiens institutionnels[modifier | modifier le code]

Institutions internationales et associations d'intérêt général[modifier | modifier le code]

Journalistes et promoteurs de la spiruline mettent souvent en avant différents soutiens institutionnels de la spiruline dans le but de crédibiliser l'utilité de la spiruline, mentionnant en particulier une déclaration onusienne de 1974 qui en appelerait à développer la spiruline, qualifiée de « nourriture du futur » – affirmation courante, mais sans source tangible. Différents rapports commandités à des prestataires extérieurs et communications internes sont parfois citées, ainsi qu'un avant-projet de résolution en date du 8 novembre 2005, mais qui n'a pas été soumis devant la 60e session de l'Assemblée générale des Nations Unies et ne marque donc aucunement une quelconque position officielle de l'ONU ou d'une de ses institutions spécialisées. Il n'a jamais à ce jour existé de « stratégie spiruline » onusienne. Pour autant, certaines institutions spécialisées de l'ONU, et à premier titre la FAO, s'y intéressent de près.

L'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture travaille en effet conjointement avec l'Union européenne depuis 2010 sur l'amélioration de la filière traditionnelle de spiruline au Tchad[27] et expérimente la promotion de la culture de spiruline en Angola depuis 2017[28],[29].

Le travail de la FAO sur la spiruline s'assimile à celui d'une multitude d'organisations de taille beaucoup plus modeste, et le plus souvent à une échelle uniquement locale, lesquelles promeuvent ou utilisent la spiruline dans un cadre humanitaire, que ce soit par un recours direct à la spiruline ou en participant à des unités de productions de spiruline dans le cadre de thématiques d'intervention ayant trait à la nutrition. C'est notamment le cas de La Chaîne de l'espoir (Inde, Togo) ou encore du Groupe de recherche et d'échange technologique (GRET). Du fait de ce foisonnement d'initiatives, on compte en 2019 plusieurs dizaines de microfermes à Madagascar ou au Burkina Faso par exemple[réf. souhaitée].

À noter par contre que l'IIMSAM (Institut intergouvernemental pour l’utilisation des micro-algues spiruline contre la malnutrition), fondé en 2003 et souvent présenté comme une institution émanant de l'ONU est en réalité un organisme indépendant aux activités opaques qui s'est dans le passé abusivement revendiquée comme étant une institution onusienne officielle et qui a notamment été impliquée dans un scandale de faux laissez-passers onusiens en 2013[30],[31].

Soutien public à des filières de production nationales ou régionales[modifier | modifier le code]

Des initiatives de promotion de filières industrielles existent en République populaire de Chine[32] : au niveau de la province du Yunnan avec le 18 Bio-Project de soutien aux filières susceptibles de rapporter plus de 10 milliards de yuan (soit 1,3 milliards d'euros) de recettes fiscales par an ; de Hainan, où la spiruline a été identifiée comme « secteur industriel clé » par le gouvernement provincial ; et en Mongolie-Intérieure.

On retrouve également à une échelle plus modeste, une implication de l'État sur la filière spiruline alimentaire en France, tant via des pôles de compétitivité (Trimatec, Pôle Mer Bretagne Atlantique...) que via le soutien financier accordé par le Ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation pour favoriser l'émergence d'une filière agricole « paysanne » portée par la Fédération des Spiruliniers de France.

Curiosités[modifier | modifier le code]

  • Une avenue de la Spiruline (/Spirulinalaan) existe à Woluwe-Saint-Lambert, l'une des 19 communes de la Région de Bruxelles-Capitale. Elle a été inaugurée en septembre 2010 pour rendre hommage au botaniste belge Jean Léonard, professeur émérite de l'ULB et ancien échevin de la commune, qui a joué un rôle important dans la révélation des propriétés nutritionnelles de la spiruline et de son intérêt pour la lutte contre la malnutrition dans les pays tropicaux dans les années 1960[33],[34].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Geitler L. (1932) Cyanophyceae. In : Rabenhorst’s Kryptogamenflora von Deutschland, Sterreich und der Schweiz, Leipzig, Akad. Verslagsges. 1932. Reprinted 1971, New York, Johnson, p. 1-1196.
  2. Nelissen, B., Wilmotte, A., Neefs, J.M. & De Wachter, R. (1994) Phylogenetic relationships among filamentous helical cyanobacteria investigated on the basis of 16S ribosomal RNA gene sequence analysis. In : Systematic and Applied Microbiology, vol 17, p. 206-210.
  3. Nowicka-Krawczyk, P., Mühlsteinová, R. & Hauer, T. Detailed characterization of the Arthrospira type species separating commercially grown taxa into the new genus Limnospira (Cyanobacteria). Sci Rep 9, 694 (2019) doi:10.1038/s41598-018-36831-0
  4. https://umamiz-spiruline.fr/la-science-etudie-la-spiruline.p17
  5. (en) Claudio Sili, Giuseppe Torzillo et Avigad Vonshak, « Arthrospira (Spirulina) », dans Ecology of Cyanobacteria II, Springer Netherlands, (ISBN 9789400738546, DOI 10.1007/978-94-007-3855-3_25, lire en ligne), p. 677–705
  6. a b et c José Luis Godínez et Martha M. Ortega, « Traditional Knowledge of Mexican Continenant Algae », Journal of Ethnobiology, vol. 21, no 1,‎ , p. 57–88 (lire en ligne)
  7. Raymond Sokolov, Why We Eat What We Eat: How Columbus Changed the Way the World Eats, Simon and Schuster, , 34, 35 p. (ISBN 9780671797911)
  8. Francisco Javier Clavijero, Storia antica del Messico,
  9. Pierre Compère et Jean Léonard, « Spirulina platensis (Gom.) Geitl., algue bleue de grande valeur alimentaire par sa richesse en protéines », Bulletin du Jardin Botanique National de Belgique, vol. 31, no 1, suppl.,‎ , p. 23.
  10. Abdulqader, G., Barsanti, L., Tredici, M. M., « Harvest of Arthrospira platensis from Lake Kossorom (Chad) and its household usage among the Kanembu », in Journal of Applied Phycology. 12: 493-498. 2000.
  11. Simpore J, Kabore F, Fox R, Villard C, Zongo F, Dansou D, Bere A, Pignatelli S, Biondi DM, Ruberto G, Musumeci S. Nutrition rehabilitation of undernourished children utilizing Spiruline and Misola. Nutr J. 2006 Jan 23;5:3
  12. (en) « Advance life support - European Space Agency », sur Projet MELiSSA (consulté le 15 mai 2015)
  13. (en) Dao-lun Feng et Zu-cheng Wu, « Culture of Spirulina platensis in human urine for biomass production and O2 evolution », Journal of Zhejiang University SCIENCE B, vol. 7, no 1,‎ , p. 34-37 (ISSN 1673-1581 et 1862-1783, PMID 16365923, PMCID PMC1361757, DOI 10.1631/jzus.2006.b0034, lire en ligne, consulté le 7 juin 2018).
  14. (en) M. G. Tadros et R. D. MacElroy, « Characterization of Spriulina Biomass for 501 CELSS Diet Potential », NASA Contractor NCC 2-501, vol. NASA-CR-185329,‎ , p. 502.
  15. a et b Jean-Paul Jourdan, « Manuel de culture artisanale de spiruline (révision du 20 février 2018) »,
  16. « Planetoscope - Statistiques : Production mondiale de spiruline », sur www.planetoscope.com (consulté le 17 janvier 2019)
  17. Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI), « Rapport technique : Conditions de culture et de récolte des algues spirulina maxima à Sosa Texcoco, S.A. – Programme pour le développement de la production de protéines d'origine végétale DP/MEX/72/002 MEXICO » (consulté le 6 novembre 2019)
  18. « History of Spirulina Industry in China: Interview with Hong-Jun Hu », sur Algae World News, (consulté le 6 novembre 2019)
  19. « Formation à la production artisanale de spiruline à vocation humanitaire (Document CFPPA-Var / ISP) » (consulté le 19 novembre 2019)
  20. « Plaquette de la formation « Production artisanale de spiruline à vocation humanitaire » » (consulté le 19 novembre 2019)
  21. « Spiruline : une filière paysanne française en développement », (consulté le 19 novembre 2019)
  22. Sylvie Richard, « Microalgues : la spiruline superstar », Revue de l'Industrie Agroalimentaire,‎  :

    « P34–36 Un projet intitulé Spiruline paysanne est initié depuis 2016, pour se terminer en 2019. Son premier objectif est de mieux caractériser et d'optimiser les systèmes de production de la spiruline, et notamment les procédés de croissance, de récolte et de transformation, afin d'aboutir... »

  23. Article sur Metha Ternois, par bio-énergie
  24. « Algosud, le premier producteur français de spiruline », #114, Pays de Lunel, le mag', (consulté le 19 novembre 2019), p. 4
  25. « Spiruline. Le plus gros site de production est à Plougastel-Daoulas », Le Télégramme, (consulté le 19 novembre 2019)
  26. « A Plougastel-Daoulas, Tam veut atteindre les 20 tonnes de spiruline par an », Bretagne Économique, (consulté le 19 novembre 2019)
  27. FAO, « Des algues du Tchad riches en nutriments, une aide contre la malnutrition », (consulté le 5 novembre 2019)
  28. (en) FAO, « Des algues du Tchad riches en nutriments, une aide contre la malnutrition », (consulté en 191105)
  29. Agência Angola Press, « Cuanza Norte: La spiruline, le plus grand investissement du Gouvernement », (consulté en 191105)
  30. (en) « Mystery organization with UN ties issues diplomatic IDs -- except they aren’t », sur Fox News, (consulté le 5 novembre 2019)
  31. (en) « Was the U.N. Protecting Phony Treaties? », sur Fox News, (consulté le 5 novembre 2019)
  32. (en) « Commercial Production of Spirulina A New Industry in China », sur Asia Biotech News (consulté le 5 novembre 2019)
  33. « Woluwe-Saint-Lambert rend hommage au botaniste Jean Léonard », sur La Capitale (consulté le 20 novembre 2019)
  34. « Inauguration de l'avenue de la Spiruline – Mise à l’honneur d’un botaniste de Woluwe-Saint-Lambert », sur Commune de Woluwe-Saint-LambertCommune de Woluwe-Saint-Lambert (consulté le 20 novembre 2019)

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Liens externes[modifier | modifier le code]