Trichome (botanique)

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Bourgeon et tige d’un Stylidium sp, montrant des trichomes qui peuvent attraper et tuer des insectes.

Les trichomes (du grec τρίχωμα - trikhoma qui signifie « croissance de poil ») sont de fines excroissances ou appendices chez les plantes et certains protistes. Leurs fonctions et leur structure diffèrent. On peut citer comme exemple les poils, les poils glandulaires et les écailles.

Trichomes chez les algues[modifier | modifier le code]

Certaines algues, en particulier les filamenteuses, ont la cellule terminale en forme de structure allongée (comme un poil), appelée trichome. Le même terme s’emploie pour de telles structures chez certaines cyanobactéries.

Trichomes chez les plantes[modifier | modifier le code]

Poils aériens de surface[modifier | modifier le code]

Trichomes sur du cannabis, riches en cannabinoïdes.
Épiderme d’Arabidopsis thaliana avec des trichomes.
Bouton de fleur de Capsicum pubescens, avec des trichomes.

Les trichomes chez les plantes sont des excroissances épidermiques de types variés. Les termes émergences et épines font référence aux excroissances qui concernent plus que l’épiderme. Cette distinction n’est pas toujours évidente. Il y a aussi des cellules épidermiques « nontrichomateuses » qui font saillie à la surface.

Le type classique de trichome est le poil. Chez les plantes, les poils peuvent être unicellulaires ou multicellulaires, ramifiés ou non. Les poils multicellulaires peuvent avoir une ou plusieurs couches de cellules. Les poils ramifiés peuvent être dendritiques (arborescents), étoilés ou en touffes.

Un type habituel de trichome est l’écaille ou poil pelté : un groupe en forme de bouclier ou de plaque attaché directement à la surface ou né sur une tige quelconque.

Chacun des nombreux types de poil peut être glandulaire.

Pour décrire l’apparence de la surface d’organes de plantes, tels les bourgeons ou les feuilles, plusieurs termes sont employés en référence à la présence, à la forme et à l’apparence de trichomes. Le terme employé le plus basique est glabre (absence de poils) et pubescent (poilus). Il existe de nombreux termes offrant plus de détails :

  • glabre : absence de pilosité ou de trichomes ; surface lisse
  • hirsute : grossièrement poilu
  • hispide : ayant des poils hérissés
  • duveteux : ayant une couverture de long poils d’aspect laineux
  • pubescent : portant des poils ou des trichomes de toute sorte
  • velu : pubescent avec des poils longs, droits, doux, étalés ou dressés
  • pubérulent : finement pubescent, ayant des poils en général fins, courts et bouclés
  • strigueux : ayant des poils raides, pointant tous dans la même direction comme le long d’une marge ou d’une nervure
  • strigillosé : finement strigueux
  • tomenteux : couvert de poils denses, mats et laineux
  • tomentellé : finement tomenteux
  • villeux : ayant de longs poils doux, souvent courbés, mais non feutrés
  • villoselé : finement villeux

Il y a de très grandes variations inter- et intraspécifiques quant à la forme, la fonction, la répartition et la densité des trichomes. Cependant il est possible de lister plusieurs fonctions ou avantages à posséder des poils en surface. Il est probable que dans plusieurs cas, les poils interfèrent dans la nutrition d’au moins quelques petits herbivores et, en fonction de la rigidité et l’irritabilité au palais, quelques grands herbivores aussi. Les poils chez les plantes en croissance dans des zones sujettes au gel permettent de garder le gel hors des cellules vivantes. Quant aux zones sujettes au vent, les poils permettent de réduire le flux d’air à la surface des plantes, réduisant ainsi l’évaporation. Un revêtement dense de poils réfléchit les rayons du soleil et protège les tissus les plus sensibles dans des habitats ouverts, chauds et secs. Dans les endroits où la majorité de l’humidité disponible provient des précipitations, les poils semblent améliorer ce processus en emprisonnant l'eau.

Poils absorbants[modifier | modifier le code]

Les poils absorbants, les rhizoïdes de plusieurs plantes vasculaires, sont des excroissances tubulaires de trichoblastes, les cellules initiatrices des poils dans l’épiderme des racines des plantes. Les poils absorbants sont l’extension latérale d’une seule cellule chacun et ont très rarement des embranchements. Juste avant le développement des poils absorbants, il y a un point d’activité phosphorylase élevé.

Les poils racinaires varient entre 5 et 17 micromètres en diamètre, et de 80 à 1500 micromètres en longueur (Dittmar, cited in Esau, 1965).

Les poils racinaires ont une durée de vie comprise entre 2 et 3 semaines : passé ce délai, ils meurent. En même temps, de nouveaux poils racinaires sont continuellement en formation à l’apex racinaire. De cette manière, la couverture des poils racinaires est constante.

Il est donc compréhensible que le rempotage doive se faire avec soin, parce que les poils absorbants sont arrachés pour la majeure partie. Ce qui explique que le repiquage puisse causer des flétrissements.

Importance pour la paléontologie[modifier | modifier le code]

Bien que les trichomes soient rarement préservés chez les fossiles, des bases de trichome sont régulièrement trouvées et dans certains cas l’accès à leur structure cellulaire est un important diagnostic du point de vue de la systématique.

Source[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  • Esau, K. 1965. Plant Anatomy, 2nd Edition. John Wiley & Sons. 767 pp.