Shabrang

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Siyāvash passant à travers le feu sur son cheval Shabrang pour prouver son innocence.

Shabrang, de son nom complet Shabrang Behzād (persan : شبرنگ بهزاد littéralement « nuit colorée pure-née »[1]), est, dans la mythologie perse, le cheval du héros Siyāvash. Son histoire est connue essentiellement par le Shâh Nâmeh de Ferdowsî.

Histoire[modifier | modifier le code]

Shabrang apparaît dans le troisième volume du Shâh Nâmeh. Il est la monture de Siyāvash[2]. Par son nom, Siyāvash est lié à son cheval, puisque ce dernier signifie « quelqu’un avec un cheval noir ».

Injustement accusé par Sudabeh la femme du roi, Siyâvash passe au travers d'un grand feu en chevauchant son étalon Shabrang et en disant le nom de Dieu, afin de prouver son innocence[3].

Shabrang intervient à nouveau dans l'épisode où Afrasiab a prévu de tuer Siyâvash. Ce dernier connaît son destin, et se rend auprès de son cheval avant son exécution. Il dit à Shabrang de s'enfuir dans les plaines et de ne jamais se montrer à quiconque[4], jusqu'à ce que son fils Kai Khosro devienne le souverain de la Perse, afin qu'il soit sa fidèle monture et l'aide à combattre Afrasiab et les ennemis de l'Iran. Shabrang comprend ce qui lui est dit, et disparaît[2].

Bien plus tard, quand Giv vient en Iran pour préparer Kai Khosro à devenir roi, il lui parle du cheval de son père et lui montre un lac dans lequel l'animal s'abreuve. Il lui conseille de s'approcher précautionneusement et de lui montrer sa selle et sa bride afin qu'il les reconnaisse. Kai Khosro suit ces conseils, Shabrang le renifle, et il parvient à le toucher[2].

Description[modifier | modifier le code]

Shabrang est un cheval noir, décrit comme particulièrement précieux[1], très intelligent, fort, agile, et digne de louange par les héros[2]. Siyāvash le monte lors de ses batailles[5] et s'entraîne avec lui à divers jeux[2]. Shabrang a la particularité de comprendre le langage humain[2].

Analyse[modifier | modifier le code]

De manière générale, les chevaux sont dépeints de manière très positive dans la mythologie perse, la littérature et les croyances associées. Les poètes persans insistent sur leur vivacité, leur puissance, leur noblesse, leur force et leur loyauté envers leur cavalier. À ce titre, Shabrang partage des traits communs avec d'autres chevaux comme Rakhsh, Golgun et Shabdiz[6], des animaux toujours prêts à venir en aide à leurs maîtres[7].

Le moment où Siyāvash relâche Shabrang constitue un point de tension important dans le récit, celui où il l'accepte son destin[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Bane 2016, p. 287.
  2. a b c d e et f Adelzadeh 2013, p. 145.
  3. (en) Abū al-Faz̤l Muḥammad ibn Ḥusayn Bayhaqī et Siavush Danish, An anthology of Persian prose, from Beihaqui [and others], Vahid Pub. Co., , p. 55.
  4. a et b M. Omidsalar, Poetics and Politics of Iran’s National Epic, the Shâhnâmeh, Springer, coll. « Literatures and Cultures of the Islamic World », , 254 p. (ISBN 1137001283 et 9781137001283), p. 4.
  5. Ferdowsî 2006.
  6. Adelzadeh 2013, p. 142.
  7. Adelzadeh 2013, p. 146.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • [Adelzadeh 2013] (en) Parvaneh Adelzadeh, « Horse as the symbol of nobility in persian prose and verse and religious texts », International Journal of Current Life Sciences, Tabriz, Iran, Department of Persian literature and foreign languages, Tabriz Branch, Islamic Azad University, vol. 3, no 11,‎ , p. 142-147 (lire en ligne)
  • [Bane 2016] (en) Theresa Bane, Encyclopedia of Beasts and Monsters in Myth, Legend and Folklore, McFarland, , 428 p. (ISBN 0786495057 et 9780786495054)
  • [Ferdowsi 2006] (en) Abolqasem Ferdowsî (trad. Dick Davis), Shahnameh: The Persian Book of Kings, Penguin, , 928 p. (ISBN 1440649669 et 9781440649660)