Section atterrissage parachutage

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Wanda et Christiane de Komornicka, membres de la SAP de Vaucluse

La section atterrissage parachutage (SAP) est une organisation de l'armée de l'ombre, pendant la Seconde Guerre mondiale.

Elle rentre dans l'organisation de la Résistance créée par le général de Gaulle en novembre 1942, sous le nom de Service des opérations aériennes et maritimes (SOAM). Au printemps 1943, le groupe dirigeant du SOAM est « grillé ». Londres doit le remplacer au plus vite. Une nouvelle équipe est expédiée et en avril 1943 le SOAM devient Centre d'opérations de parachutage et d'atterrissage (COPA). Après les arrestations de Caluire de juin 1943, par mesure de sécurité, le COPA devient Section des atterrissages et des parachutages (SAP).

Carte de l'organisation territoriale de la Résistance intérieure française
— les 6 régions notées « R » sont en zone sud —

Le rôle de la SAP[n 1] est de veiller à l'acheminement des agents et du courrier, de réceptionner les parachutages d'armes, en zone Sud, tandis que le bureau des opérations aériennes (BOA) fait de même en zone Nord. Le réseau est actif jusqu'à la libération de la France.

Les premières opérations sur la France occupée[modifier | modifier le code]

Dès la première année de l'occupation allemande, fin 1940, quelques agents sont parachutés au cours d'opérations « blind ». En « aveugle », car le saut est effectué au-dessus d'un secteur inhabité, sur un terrain non préparé et sans aucun « comité de réception »

« Ils espéraient d'abord ne pas tomber sur une clôture de champ ou dans un arbre... Arrivés au sol, leur premier soin était de récupérer leur « paquet » […] Ils camouflaient ensuite l'endroit de leur mieux […] Puis, ils partaient à l'aventure »

Les objectifs sont des missions de prises de contacts, de renseignements ou des opérations précises sur une cible ennemie. Neuf missions sont réalisées en 1941. Des petits groupes actifs, premiers éléments de mouvements de résistance, sélectionnent rapidement des terrains pour les parachutages et proposent d'assurer l'assistance : réception, transport, exploitation du matériel. Peu de terrains réunissent les conditions de sécurités satisfaisantes[n 2] et la Royal Air Force refuse la plupart des lieux choisis. Les opérations se soldent souvent par des échecs : le terrain est mal localisé, les coordonnées sont imprécises, les signaux lumineux ou en radio-morse imprécis peuvent faire craindre un piège organisé par l'ennemi. Souvent l'avion repart sans avoir pu mener à bien sa mission.

Les premières tentatives de liaison par voie aérienne entre la Grande-Bretagne et la France occupée, au cours de l'année 1941, sont donc décevantes. Les services anglais n'accepteront de les reprendre qu'après la mise au point d'une véritable organisation, avec des officiers formés : un secrétariat, des moyens de communication radio, des équipes de veille et de réception, des lieux de stockage. Les terrains d'opérations repérés par les résistants locaux devront être homologués par le Bureau central de renseignements et d'action (BCRA) londonien.

En zone Sud : création du SOAM[modifier | modifier le code]

Carte provisoire d'identité d'un membre de la SAP des Basses-Alpes

Les officiers de liaisons mis en place par Jean Moulin auprès des mouvements de résistance, organisent, dès les premiers mois de 1942, de rares parachutages. Le taux de succès est pourtant suffisant pour que la RAF se décide à engager ses avions avec moins de réticence. Raymond Fassin [n 3], « Sif », réussit son premier atterrissage dans la région de Lons-le-Saulnier. La création d'un service spécialisé s'impose vite à Jean Moulin, et en novembre 1942, il crée le SOAM, Service des Opérations Aériennes et Maritimes, au moment ou les organisations Combat, Libération et Franc-tireur s'apprêtent à fusionner au sein des MUR : Mouvements Unis de la Résistance[1].

Missions[modifier | modifier le code]

Le service, une fois mis en place devra assurer le transport de renseignements, de matériels - radiocommunication, armement, papier. Il servira également de moyen de transport d'agents dans le but, soit de les exfiltrer vers les pays alliés, soit d'amener en France des officiers spécifiquement entraînés.

Les premières actions ont pour objectif de repérer les terrains susceptibles d'accueillir les avions alliés.

Recrutement[modifier | modifier le code]

Organisation[modifier | modifier le code]

Opérations[modifier | modifier le code]

Terrains[modifier | modifier le code]

Que ce soit pour les opérations de parachutage ou d'atterrissage, les « terrains » doivent offrir les meilleures chances de réussite dans la meilleure sécurité possible. Les critères de sélection varient en fonction des missions projetées.

Terrains de parachutage[modifier | modifier le code]

Quatre sortes de plateformes sont définies pour des opérations différentes[2] :

  • terrain « Arma » : ne réceptionne que du matériel ;
  • terrain « Homo » : destiné à accueillir des agents parachutés, la qualité de l'environnement doit limiter les risques d'accident (souches d'arbres, clôtures, terrain rocailleux, etc.) ;
  • terrain « Arma-dépôt » : dispose d'une équipe de veille et de moyens simples de radio-navigation. En plus de ses propres opérations, c'est un terrain de déroutement prévu pour recevoir du matériel qui, pour une raison quelconque, n'a pas pu être largué sur un autre objectif initial ;
  • terrain « Homo-dépôt » : rempli le même rôle que l'« arma-dépôt », en accueillant également les agents.
Terrains d'atterrissage[modifier | modifier le code]

Les terrains sélectionnés doivent remplir les conditions nécessaires à l'approche et à l'atterrissage d'appareils comme le Lysander ou le Lockheed Hudson. Dimensions du terrain, état de la surface, orientation par rapport aux vents dominants, absence d'obstacles sur l'axe d'approche, discrétion du lieu, matériel de transport, voies d'accès, lieu d'accueil et de stockage à proximité , etc. sont autant d'éléments à prendre en compte.

Centre des Opérations de Parachutage et d'Atterrissage[modifier | modifier le code]

Lorsque Fassin, dangereusement menacé, est contraint de retourner à Londres début 1943, Jean Moulin réclame un officier breveté pour le remplacer rapidement. Bruno Larat alias « Luc », capitaine au BCRA, prend la suite de « Sif », et réorganise le SOMA pour le transformer en Centre des Opérations de Parachutage et d'Atterrissage (COPA). Larat est arrêté en juin de la même année, à la maison du docteur Dugoujon, et le COPA est renommé en Section des Atterrissages et des Parachutages (SAP).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Comme celui du SOAM et du COPA avant elle.
  2. Les difficultés d'approche ont plusieurs causes : navigation difficile en raison de l'absence de repères visibles par clair de lune (rivières, voies ferrées), zone de défense aérienne allemande ou vichyste rendant le survol dangereux, reliefs géographiques à proximité, etc.
  3. Parachuté avec Jean Moulin et Hervé Monjaret en janvier 1941, officier de liaison auprès du mouvement Combat.

Références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Les réseaux Action de la France Combattante, Amicale des réseaux Action de la France Combattante, Éditions France Empire, (ISBN 2 7048 0509 1). En « édition électronique », sur fondationresistance.org, [PDF], Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Icare, revue de l'aviation française : Aviateurs et résistants ; 2 tomes, numéros 141 et 144. Document utilisé pour la rédaction de l’article

(Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.)

Liens externes[modifier | modifier le code]