Second Summer of Love

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Le Second Summer of Love désigne les étés 1988 et 1989 au Royaume-Uni qui ont vu l'apparition de l'acid house et des rave parties[1]. L'expression originelle renvoie au Summer of Love de 1967 à San Francisco, qui fit connaître le mouvement Hippie[2].

Les origines[modifier | modifier le code]

La musique[modifier | modifier le code]

Ce phénomène a pour origine la musique électronique qui est née dans deux villes des États-Unis en 1986 : Chicago et Détroit. Chronologiquement, la house de Chicago précède la scène techno de Detroit. À Chicago, les sonorités sont plutôt douces comme le titre Can you feel it de Mr Fingers et « acides » à l'instar de The Juice du même auteur, alors qu'à Detroit le son est plus soutenu avec des artistes comme Juan Atkins, Derrick May, ou Kevin Saunderson. Le titre Clear du duo Cybotron dont fait partie Juan Atkins donne une idée du son qui se produisait à Detroit. À la fois plus expérimental dans la veine du groupe allemand Kraftwerk mais aussi d' inspiration « soul », provenant directement des productions de la Motown.

Ibiza[modifier | modifier le code]

Cette île des Baléares, connue pour ses nuits animées depuis l'arrivée des hippies[3],[4], diffusait déjà cette musique électronique naissante dès le milieu des années 1980. Elle a ainsi servi de catalyseur pour une poignée de djs anglais en vacances qui l'ont popularisée à leur retour au pays[5],[1],[6].

L'arrivée en Angleterre de la musique électronique[modifier | modifier le code]

Une Angleterre en crise[modifier | modifier le code]

Le contexte dans lequel arrive cette musique est assez particulier car l’Angleterre, gouvernée par Margaret Thatcher, qui fait fermer des mines, avait atteint à l'époque le plus fort taux de chômage. La nouvelle génération de l'époque ne croit plus beaucoup en l'avenir et c'est un des facteurs qui va contribuer au Second Summer of Love. Un autre facteur est l'arrivée d'une nouvelle drogue, l'ecstasy, qui se répand en même temps que les raves parties. C'est dans ce contexte explosif, issu de ces différentes causes, que naît le Second Summer of Love.

L'Hacienda à Manchester fut la première discothèque anglaise à jouer de la musique électronique, créant un grand choc à l'époque.

Les Raves Parties[modifier | modifier le code]

Le rôle des raves parties est essentiel, car elles sont au cœur du Second Summer of Love. À cette époque, les jeunes ne pouvaient pas danser tard, car les discothèques anglaises ouvraient à h et fermaient à h. C'est dans l'objectif de continuer à danser plus tard que furent inventées les raves parties, inaugurant par là-même le Second Summer of Love.

Pour les premiers ravers tout était amour et paix, l'objectif initial était uniquement de danser et de profiter de la musique de manière pacifique. C'est la liberté : liberté de danser, liberté de s'amuser, liberté de prendre ce que l'on veut, liberté de venir comme on veut. Quand ils allaient dans les raves, ils pénétraient dans un autre monde là où ils oublient tous leurs problèmes, et où tout devient paix et amour.

Une bonne rave devait se tenir dans des endroits insolites, avec une sono (sound system) très puissante. L'emplacement était tenu secret par les organisateurs, et trouver la rave était un véritable jeu de piste. Seul le départ du chemin était communiqué aux intéressés. Les raves ont été très vite montrées du doigt comme étant des « marchés de la drogue », et ont acquis une réputation de moins en moins bonne auprès du grand public, même si l'idée initiale était principalement basée sur la liberté et le respect de l'autre.

En 1989, le gouvernement de Margaret Thatcher prit des décisions contre les raves parties.

La fin du Second Summer of Love[modifier | modifier le code]

La répression et le grand départ[modifier | modifier le code]

Margaret Thatcher avait interdit les raves et tout rassemblement de plus de 10 personnes autour de la « musique répétitive »[7]. Il y eut de violentes altercations entre les ravers et la police et les annulations de raves se faisaient de plus en plus fréquentes, à mesure que la répression devenait de plus en plus forte[8]. Ceci incita les ravers à partir à l'étranger pour organiser des raves-parties. C'est ainsi qu'il y eut des raves partout en Europe, du début des années 1990 jusqu’à 1995.

Certains organisateurs continuèrent en Angleterre, prétextant une vieille loi sur le fait que l’État avait donné des terres pour que le peuple puisse se réunir et faire la fête ensemble, mais cela n'a pas fonctionné et ils durent arrêter.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Luke Bainbridge, « A second summer of love: 20th anniversary of acid house », sur the Guardian, (consulté le 27 janvier 2018)
  2. (en) Mireille Silcott, Rave America, ECW Press, (ISBN 1-55022-383-6), p. 31
  3. (en-US) « Peace & Love, Hippies in Ibiza | All about Balearic Islands | Motor | Parties | Ritmocars.co.uk Blog », sur www.ritmocars.co.uk (consulté le 27 janvier 2018)
  4. (en) Will Coldwell, « 'The hippie dream is still alive': how Ibiza went from techno to boho », sur the Guardian, (consulté le 27 janvier 2018)
  5. (en) Emma Warren, « The birth of rave », sur the Guardian, (consulté le 27 janvier 2018)
  6. Bill Brewster, « Summer of Love : 30 ans après, la révolution rave continue d'inspirer », sur mixmag.fr,
  7. (en) « Criminal Justice and Public Order Act 1994 », sur www.legislation.gov.uk (consulté le 27 janvier 2018)
  8. (en-GB) « It should have been the mother of all free music festivals - and one », The Independent,‎ (lire en ligne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Wayne Anthony, Class of 88, London, Virgin Books, (ISBN 0-7535-0240-2)
  • (en) Jane Bussmann, Once in a Lifetime: The Crazy Days of Acid House and Afterwards, London, Virgin Books, (ISBN 0753502607)
  • (en) Matthew Collin, Altered States: The Story of Ecstasy and Acid House, London,
  • (en) Sheryl Garratt, Adventures In Wonderland: A Decade Of Club Culture, Headline,
  • (en) Simon Reynolds, Generation Ecstasy: into the world of techno and rave culture, New York, Little, Brown and Company, (ISBN 0-316-74111-6)

Vidéographie[modifier | modifier le code]

  • Bienvenue au club, film de Dimitrie Pailhe diffusé sur Arte
  • Techno Story, diffusé sur la chaîne Histoire