Saison d'alpinisme 1996 sur l'Everest

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La face nord de l'Everest en 2006.

La saison d'alpinisme 1996 sur l'Everest est une saison qui a été marquée par la mort de huit personnes les 10 et 11 mai 1996. Durant l'année 1996, quatre-vingt-quinze personnes atteignent le sommet et quinze personnes meurent dans leur tentative d'ascension[1]. Ces événements ont généré une polémique sur la commercialisation de l'ascension de l'Everest. De nombreux livres, dont celui de Jon Krakauer, Tragédie à l'Everest qui a été adapté en téléfilm, Mort sur le toit du monde, ont été écrits sur les événements des 10 et 11 mai. Le film Everest est adapté des mémoires du docteur Beck Weathers.

Ascensions avant la mousson[modifier | modifier le code]

Durant le mois de mai 1996, environ 300 personnes côté Sud et 200 personnes côté Nord feront une tentative avant la mousson[2]. 84 personnes atteignent le sommet de l'Everest[3] parmi lesquels 33 Népalais, 11 Américains, 7 Japonais, 6 Indiens, 4 Britanniques, 3 Russes, 3 Norvégiens. Durant ce printemps, 6 femmes atteignent le sommet[3]. La saison est marquée par huit morts dans une tempête le 10 et 11 mai. Côté nord, par l'ascension et la descente en un temps record de Hans Kammerlander, première descente à ski, ainsi que l'ascension de Göran Kropp qui a fait l'aller-retour depuis la Suède à vélo.

Le est la journée la plus noire de l'histoire de l'ascension de l'Everest, jusqu'à l'avalanche de 2014. Des alpinistes amateurs entament la montée avec des guides chevronnés, Scott Fischer et Rob Hall, tous deux travaillant pour des agences différentes mais choisissant de faire l'ascension ensemble. Ils négligent les conditions météorologiques qui se dégradent[4] et parviennent au sommet entre 13 h 0[5] et 15 h 45. Ce retard est imputable à l'amateurisme des « touristes »[6]. Au sommet, une violente tempête de neige s'abat. Un des clients de Rob Hall s'écroule et le guide reste avec lui. L'alpiniste meurt rapidement et, isolé, Rob Hall ne peut résister au froid et s'engourdit : disposant d'une radio, il communiquera avec son épouse enceinte, jusqu'à sa mort. Scott Fischer succombe pendant la descente, en proie à un sévère mal aigu des montagnes entraînant un œdème cérébral ; aucun de ses compagnons, trop épuisés, n'a pu lui porter secours. Les touristes sont éparpillés dans la nuit sans pouvoir trouver les tentes, pourtant à quelques mètres d'eux. Un alpiniste kazakh chevronné, Anatoli Boukreev, s'élance dans l'obscurité malgré les températures avoisinant −40 °C et ramène un à un les égarés, sauf deux agonisants[Note 1], la Japonaise Yasuko Namba, sans doute déjà morte, et l'Américain Beck Weathers, inconscient et en difficulté respiratoire. La surprise est pourtant grande quand le lendemain arrive au camp Beck Weathers, réveillé de son coma, membres et visage gelés. Toutefois, huit personnes périssent ce jour-là, toutes expéditions confondues, portant le bilan à quinze victimes pour l'année 1996[7].

Une analyse scientifique rendue publique dans New Scientist en a révélé que des conditions météorologiques particulières ont pu provoquer une chute du taux d'oxygène dans l'air de 6 % qui se traduit pour l'organisme par 14 % d'oxygène en moins dans le sang[8].

Documentaires radios et télévisés[modifier | modifier le code]

Films et téléfilms[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Jon Krakauer a écrit Into thin Air, traduit en français sous le titre Tragédie à l'Everest. Certains aspects du récit de Krakauer ont engendré de nombreuses critiques de la part de participants à certaines de ces expéditions ou de la part d'alpinistes célèbres comme Galen Rowell. La plupart de ces critiques sont centrées sur le récit des actions d'Anatoli Boukreev, un guide de l'expédition de Scott Fischer. Jon Krakauer lui reproche d'être descendu avant ses clients sans se soucier de leur sécurité et de ne pas avoir utilisé de bouteille d'oxygène. Anatoli Boukreev, dans son livre The Climb, répond qu'il est redescendu pour se préparer aux secours et qu'il a effectué plusieurs sauvetages en solo, ce qui a permis de sauver plusieurs vies.

Galen Rowell critiqua le récit de Krakauer et y trouva beaucoup d'incohérences. Il déclara que pendant que Krakauer dormait dans sa tente, Boukreev sauvait d'autres grimpeurs. Boukreev remonta à deux reprises vers le sommet, en pleine tempête, et parvint à sauver trois alpinistes qui s'étaient perdus, au péril de sa vie[10],[11]. Galen Rowell declara que les actions de Boukreev étaient héroïques et qu'il a fait preuve d'intuition « [Boukreev] foresaw problems with clients nearing camp, noted five other guides on the peak Everest, and positioned himself to be rested and hydrated enough to respond to an emergency. His heroism was not a fluke. »

Ce livre a été aussi critiqué pour ne pas avoir informé les lecteurs que l'équipe avait des rapports météorologiques quotidiens et qu'ils connaissaient l'arrivée de la tempête avant que celle-ci ne se produise[12].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Summits and Deaths by year sur EverestHistory.com
  2. (en) Nepal 1996 dans l'Alpine Journal
  3. a et b Everest Ascent sur 8000ers.com
  4. (en) Makalu Gau, « The untold story of the 1996 Everest Tragedy ».
  5. (en) Anatoli Boukreev, « Everest Revelation: A Clarification », .
  6. (en) Lopsang Jangbu Sherpa, « Everest Revelation: A Clarification », .
  7. (en) Everest fatalities.
  8. (en) Ramesh Chandra Bisht, International Encyclopaedia Of Himalayas (5 Vols. Set), Mittal Productions, 281 p., p. 49.
  9. (fr) Podcast Affaires Sensibles sur franceinter.fr
  10. Obituary: Anatoli Boukreev
  11. Anatoli Boukreev
  12. Ratcliffe 2011

Article connexe[modifier | modifier le code]

  • Green Boots, cadavre non identifié d'un alpiniste mort probablement pendant la tempête


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