Saint Néventer

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Saint Néventer est un saint breton plus ou moins mythique de l'Armorique, non reconnu officiellement par l'Église catholique romaine. Sa fête est le 7 mai.

Hagiographie[modifier | modifier le code]

Très peu de détails sur sa vie sont connus. Selon Albert Le Grand[1], Néventer et Derrien étaient deux chevaliers originaires de l'île de Bretagne (Grande-Bretagne actuelle) qui, au VIe siècle, rentrant de Terre sainte en bateau via le détroit de Gibraltar, Nantes, Vannes et qui, toujours en bateau, en remontant le fleuve dénommé alors Dour Doun (ce fleuve côtier a pris par la suite le nom d'Élorn), entre La Roche-Maurice et Pont-Christ, virent le comte Élorn, désespéré par les actes de cruauté du dragon qui dévorait hommes et bêtes dans le pays, se jeter dans le fleuve, car le sort avait désigné son fils Riok, alors âgé de deux ans, pour en être la prochaine victime. Ils le secoururent.

Néventer et Derrien promirent au comte Élorn de délivrer le pays du dragon, à condition qu'il acceptât d'abandonner le paganisme et de se convertir au catholicisme et d'élever son fils Riok dans cette religion. Les deux chevaliers se rendent alors à l'antre du dragon, lui intiment l'ordre de reconduire Riok au château de son père, puis emmènent le dragon à Tolente où ils lui intiment l'ordre de se jeter à la mer, ce que fit le dragon du côté de Pontusval (Brignogan).

Après avoir un temps persisté dans la pratique du paganisme, le comte Élorn finit, sous l'insistance de sa femme et de son fils Riok[2], par se convertir effectivement et construisit une église dans le bois du Barguet, qui est à l'origine du bourg de Plounéventer. D'après la tradition, c'est le cheval de Néventer qui aurait marqué une pierre de son empreinte à cet endroit, la dite pierre étant toujours visible près de la grotte Notre-Dame-de-Lourdes dans cette commune[3].

Par la suite, saint Derrien et saint Néventer seraient retournés dans l'île de Bretagne terminer leur vie.

Ses traces et son culte dans la Bretagne actuelle[modifier | modifier le code]

  • Plounéventer : le nom de cette paroisse, désormais commune, vient de plou (« paroisse ») et de saint Néventer à l'origine, avec son cheval, de la création de l'église du lieu, consacrée à saint Néventer[4].
  • Plaintel : commune des Côtes-d'Armor connue au moyen-âge sous le nom Pleneveniter et toujours désignée en breton sous le nom de Pleneventer[5],[6].

La gwerz de saint Néventer[modifier | modifier le code]

Une gwerz (chanson traditionnelle en langue bretonne) encore chantée à Plounéventer dit (traduction française)[7] :

Voyant qu'il me fallait donner
Mon fils à dévorer
Si grand a été mon désespoir
Que je me suis jeté dans la rivière

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Albert Le Grand, "Vie des saints de la Bretagne Armorique", livre écrit au XVIIe siècle. L'auteur aurait puisé ses informations dans un livre disparu écrit par un de ses grands-oncles : "Mémoires et Recherches de l'Evêché de Léon par noble et discret messire Le Grand, chanoine de Saint-Pol, premier Conseiller du Duc François II et recteur de Plounéventer en 1412", conservé alors en l'église de Plouéventer
  2. Riok se serait par la suite retiré près de Camaret où il aurait vécu en ermite pendant 41 ans
  3. http://www.grandterrier.net/wiki/index.php?title=Sant_Neventer
  4. http://fr.topic-topos.com/eglise-saint-neventer-plouneventer
  5. Jean-Yves Le Moing, Noms de lieux de Bretagne : plus de 1 200 noms expliqués, Christine Bonneton Éditeur, , 231 p. (ISBN 2-86253-283-5), p. 59
  6. (br)Voir l'entrée « Plaintel » dans la base Kerofis de l'office public de la langue bretonne
  7. Le texte complet en langue bretonne est disponible http://www.grandterrier.net/wiki/index.php?title=Sant_Neventer