Rite standard d'Écosse

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Le Rite standard d'Écosse (RSE) est un rite maçonnique anglo-saxon pratiqué dès le début du XVIIe siècle dans les premières loges écossaises, telles Mary's Chapel et Kilwinning n°0, fondée avant 1598. Bien qu'issu des prémices de la franc-maçonnerie, le rituel ne sera codifié qu'au XIXe siècle. Le Rite standard d'Écosse se distingue des autres maçonneries anglophones par sa particularité à être travaillé par cœur par l’ensemble des membres d'une loge, tout comme les tailleurs de pierre des cathédrales ont pu employer la transmission orale afin de protéger leurs secrets de métier. Le rite écossais se singularise également par le rapport essentiel qu'il entretient avec le grade complémentaire de la « Maître de la marque ».

Histoire du Rite[modifier | modifier le code]

En Écosse[modifier | modifier le code]

Il s’inscrit directement dans l’héritage maçonnique écossais sans discontinuité depuis les premières traces historiques de la franc-maçonnerie, c’est-à-dire de la loge Kilwinning n°0[1], mère de toutes les loges, de la ville écossaise de Kilwinning, fondée avant 1598. Il est admis généralement que ce rite est la forme la plus opérative de rituel, par conséquent la plus ancienne et la plus proche des « origines », étant le rituel de la plus ancienne loge connue au monde.

Ce rite est de la même famille que le Rite émulation. Quoique écossais, il est très éloigné du REAA et du RER. Le terme standard signifie « commun ». Il ne désigne pas tel rituel plutôt que tel autre : les écossais ont le sentiment de pratiquer un seul et même rituel, le rituel standard.

Le Rite standard d'Écosse, comme la majorité des rites contemporains, a été codifié au XIXe siècle. La version actuelle date de 1969 ( Standard Ritual of Scottish Freemasonery).

En France[modifier | modifier le code]

Tartan "Royal Stuart"

Le Rite standard d'Écosse est désormais accessible pour la maçonnerie française. Il est pratiqué, depuis une dizaine d'années, par la GLNF[2] et depuis le par la GLTSO[3], par la GLAMF depuis sa création et plus récemment en 2015 par la GLTF.

Le rituel pratiqué en France a été traduit de l'anglais en 1986 à partir de la version The « Standard » Ritual of Scottish Freemasonry, Edimbourg, 1969. C'est une compilation des deux textes suivants :

  • The Scottish Workings of Craft Masonry, Londres, 1967.
  • Scottish Craft Ritual, Edimbourg, 1954.

Ils peuvent être considérés comme des variantes d'un seul rite, le rite toujours pratiqué dans les loges d'Écosse.

En Écosse, le tablier indique la loge à laquelle on appartient, il en existe donc une très grande variété. En France, le tablier indique le rituel que l'on pratique. Le tablier standard, tel qu'il a été défini en accord avec les autorités de la GLNF puis « repris tel quel » par la GLTSO, est orné uniquement du tartan « Royal Stuart ». Le tablier se porte sous la veste. En effet, les vestes portées avec les kilts sont plus courtes qu'une veste standard et ouvertes devant pour le « sporan ». Le tablier n'est donc que très peu recouvert par une veste pour kilt.

Particularités du rite[modifier | modifier le code]

Le Rite standard d'Écosse est un rituel travaillé par cœur. La « planche » d'un frère est donc d'apprendre et ensuite de pouvoir restituer sa partie de rituel. Les déambulations étant libres, chaque frère qui retransmet sa partie de rituel a donc tout l'espace à sa disposition. La cérémonie apparaît donc comme une sorte de « théâtre initiatique » qui s'appuie sur l'émotion pour découvrir au-delà de la forme, le fond qu'il est difficile de traduire par des mots. D'où l'importance de la place de la musique qui permet de ponctuer chaque partie de la cérémonie. Chaque tenue a un caractère unique car les rôles et les postes changent chaque année. Lors de la tenue, les questions administratives ne donnent lieu qu'à de très courts échanges car le comité de loge les a traitées auparavant. La tenue est donc centrée sur la cérémonie[4].

Système du rite[modifier | modifier le code]

Le système officiel originel en Écosse est organisé en cinq grades :

  • 1er grade : apprenti
  • 2e grade : compagnon
  • 3e grade : maître
  • 4e grade : marque
  • 5e grade : vénérable

Ce fonctionnement est très proche de celui des maçons de métier ce qui corrobore l'aspect opératif du rite.

À la suite d'une loi sur les sociétés secrètes publiée en 1799 par l'Angleterre, le système est modifié :

  • 1er grade : apprenti
  • 2e grade : compagnon + marque
  • 3e grade : maître

La cérémonie secrète d'installation du vénérable est retiré officiellement des grades et devient une « sous-partie » de la cérémonie de l'installation de la loge.

En France, pour des raisons d'adaptation aux coutumes continentales, le système a été arrangé pour suivre les autres rites :

  • 1er grade : apprenti
  • 2e grade : compagnon
  • 3e grade : maître

Le degré de la marque est considéré en France comme faisant partie des « side degrees ». Il n'y a pas de hauts grades dans le système du standard d'Écosse mais des degrés latéraux ou « side degrees ». La particularité par rapport aux systèmes continentaux est que leur accès se fait via l'approbation du vénérable ou sur invitation

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]