Requin griset

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Hexanchus griseus

Le requin griset ou requin à maquereaux (Hexanchus griseus) est une espèce de requins de la famille des Hexanchidae.

À ne pas confondre avec le requin perlon qui est parfois également nommé « requin griset ».

Description[modifier | modifier le code]

Requin griset.

Le requin griset est un requin massif, possédant une large tête arrondie ou pointue. Il possède 6 paires de fentes branchiales et une seule nageoire dorsale à l'arrière du corps, caractères souvent décrits comme primitifs dans la littérature[1], ainsi que de petits yeux verts fluorescents et rétractables. La bouche est placée sur la face ventrale et contient 6 rangées de dents en forme de peigne. La queue est courte et trapue[2]. Il ne voit qu'en monochrome.

Hexanchus griseus

Il mesure généralement entre 1,5 et 4,80 m de long[2], mais il peut parfois atteindre la taille impressionnante de 5 ou 6 m de long[3] pour un poids maximum mesuré de 590kg[4]. Un spécimen d'environ 5 m a été observé au large de la Floride[5] le 29 juin 2019. Un spécimen de 8m aurait été rapporté par la littérature mais il s'agirait vraisemblablement d'une erreur[6].

Hexanchus griseus se décline sur des tons gris à bruns foncés sur le dos, et présente un ventre gris argent[7],[3]. Sa cavité buccale est dotée de tâches foncées en une abondance spécifique à cette espèce[3].

Ecologie et comportement[modifier | modifier le code]

Alimentation[modifier | modifier le code]

Le requin griset a un régime carnivore relativement généraliste[2],[3],[7]. Le contenu stomacal de spécimens péchés en mer Méditerranée[3] et en Afrique du sud[7] a révélé un régime alimentaire composé de poissons osseux[7],[2],[3] (mulet, merlu, sardine, etc.), des poissons cartilagineux (raies[2],[3] et petits requins[2],[7],[8]), ainsi que de divers crustacés[3] (homard et crabes), mollusques[3] (seiches et poulpes) et échinodermes. Il peut également se nourrir de mammifères marins (phocidés ou cétacés)[3],[7],[8]. Le régime alimentaire de Hexanchus griseus dépend de sa taille et de son habitat. Sur la plupart de ses aires de répartition, il est peu sujet à la compétition pour la recherche de nourriture puisqu'il est souvent le carnivore chassant les proies occupant les plus hauts niveaux trophiques[1]. Quelques espèces pouvant éventuellement entrer en compétition avec Hexanchus griseus sont recensées dans la littérature, en raison de leurs similarités avec le requin griset (taille, déplacements, etc.)[1]. Cependant les aires de chevauchement d'Hexanchus griseus restent limitées en raison de la diversité des biotopes qu'il exploite. Par ailleurs, il est possible que ces rivaux se contentent de proies plus petites en raison de la taille de leurs mâchoires[7],[1].

Reproduction[modifier | modifier le code]

Le requin griset, à l'instar de nombreuses espèces de requin, est ovovivipare. La femelle donne naissance à des portées composées de nombreux petits (22 à 108)[2],[3],[6]. A la naissance, les petits mesurent une longueur totale comprise entre 60 et 75 cm[2],[8],[6]. Les femelles connaissent une croissance rapide et atteignent la maturité sexuelle quand leur taille dépasse 420 cm[8],[6] ce qui correspond à un âge de 18 à 35 ans[9], alors que des mâles ont été observés matures sexuellement à partir de 310 cm, c'est à dire entre 11 et 14 ans[8]. Les femelles arborent des marques de morsures après accouplement[3] et pratiquent la polyandrie. Une étude datant de 2011 portant sur l'analyse génétique de 71 embryons prélevés dans une femelle en gestation révèle la paternité d'au moins 9 individus mâles sur l'ensemble de la portée ainsi que l’existence de nombreux demi-frères et demi-sœurs au sein de l'échantillon de juvéniles capturés [10].

Habitat et répartition[modifier | modifier le code]

Répartition[modifier | modifier le code]

Le requin griset est l'un des requins les plus largement réparti au monde[10] puisqu'il est présent dans les mers tempérées ou tropicales de l'Atlantique Est et Ouest, du Pacifique Occidental, Central et Oriental, ainsi qu'en Mer Méditerranée[2],[3], bien que ses populations ne soient jamais très abondantes dans les zones d’observation[8].

Biotopes[modifier | modifier le code]

Grâce à son régime alimentaire varié, Hexanchus griseus est capable d'exploiter une grande variété d'habitats. Il est réparti dans l'ensemble des océans du globe et dans de nombreux étages marins. Les lieux d'habitation du requin griset varient au cours de la vie et vraisemblablement en fonction du sexe de l'individu[7],[6]. Les juvéniles sont souvent observés près des côtes, sur les plateaux continentaux ou dans les eaux peu profondes des baies et des estuaires[7],[6]. Ils migrent peu au cours des premiers stades de leur vie et restent fidèles à leur lieu de naissance[10]. Les mâles ayant atteint une taille supérieure à 1,20m migrent vers des eaux plus profondes[7], entre -300 et -2 500 mètres[11], comme en atteste la modification de leur régime alimentaire dont témoignent les restes alimentaires des contenus stomacaux de spécimens étudiés[7]. Il est cependant possible d'en rencontrer dans des eaux de surface (<90m) où il remonte la nuit pour se nourrir [2],[3]. Les femelles vivent dans des eaux moins profondes[6].

Hexanchus griseus et l'homme[modifier | modifier le code]

Le requin griset est inoffensif et ne représente pas de danger pour l'homme[3],[2]. Il lui arrive d'être pris par accident dans les filets de pêche. En raison de sa taille, il représente une source de nourriture importante mais peu valorisée[3]. Cependant, dans certaines régions de la Méditerranée, il représente un substitut aux stocks de poissons décroissants et fait l'objet d'une pêche plus importante[3]. Il est consommé, frais, séché, salé ou congelé, ou dans des préparations à base de poisson ainsi que sous forme d'huile[2]. Son attitude passive en fait un requin facile à pêcher à l'age adulte[2]. Contrairement à de nombreux requins dont les cycles de reproduction sont lents et les portées peu nombreuses, la descendance des requins grisets est abondante et contribue à maintenir les populations[3].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d (en) A. Barnett, J. M. Braccini, C. A. Awruch et D. A. Ebert, « An overview on the role of Hexanchiformes in marine ecosystems: biology, ecology and conservation status of a primitive order of modern sharks », Journal of Fish Biology, vol. 80, no 5,‎ , p. 966–990 (DOI 10.1111/j.1095-8649.2012.03242.x, lire en ligne, consulté le 2 août 2019)
  2. a b c d e f g h i j k l et m (en) Compagno, Leonard J. V., Sharks of the world : an annotated and illustrated catalogue of shark species known to date, United Nations Development Programme, 1984- (ISBN 9251013845, 9789251013847 et 9251013837, OCLC 12214754, lire en ligne), p. 19-20
  3. a b c d e f g h i j k l m n o p q et r (en) Antonio Celona, « BLUNTNOSE SIXGILL SHARK, HEXANCHUS GRISEUS (BONNATERRE, 1788), IN THE EASTERN NORTH SICILIAN WATERS », Boll. Mus. civ. St. nat.,‎ , p. 15 (lire en ligne)
  4. Lamb, Andrew, 1947-, Coastal fishes of the Pacific Northwest, Harbour Pub, (ISBN 0920080758 et 9780920080757, OCLC 15205785, lire en ligne)
  5. https://la1ere.francetvinfo.fr/polynesie/images-epoustouflantes-requin-ere-prehistorique-732220.html
  6. a b c d e f et g Ebert, DA; Ocean Research Consulting Association, P.O. Box 281, Moss Landing, CA 95039, USA, Some observations on the reproductive biology of the sixgill shark Hexanchus griseus (Bonnaterre, 1788) from South African waters, NISC, (OCLC 738125675, lire en ligne), p. 359-363
  7. a b c d e f g h i j et k (en) D. A. Ebert, « Diet of the sixgill shark Hexanchus griseus off southern Africa », South African Journal of Marine Science, vol. 14, no 1,‎ , p. 213–218 (ISSN 0257-7615, DOI 10.2989/025776194784287030, lire en ligne, consulté le 2 août 2019)
  8. a b c d e et f David A. Ebert, « Biological Aspects of the Sixgill Shark, Hexanchus griseus », Copeia, vol. 1986, no 1,‎ , p. 131 (ISSN 0045-8511, DOI 10.2307/1444898, lire en ligne, consulté le 2 août 2019)
  9. DUMAS Jacques, ADER Denis, MALIET Vincent, SITTLER Alain-Pierre, « Hexanchus griseus (Bonnaterre, 1788) », sur https://doris.ffessm.fr, Doris, (consulté le 3 août 2019)
  10. a b et c (en) Shawn Larson, Jeff Christiansen, Denise Griffing et Jimiane Ashe, « Relatedness and polyandry of sixgill sharks, Hexanchus griseus, in an urban estuary », Conservation Genetics, vol. 12, no 3,‎ , p. 679–690 (ISSN 1572-9737, DOI 10.1007/s10592-010-0174-9, lire en ligne, consulté le 2 août 2019)
  11. Last, Peter R. (Peter Robert), Swainston, Roger, 1960-, Davis, Georgina. et CSIRO Publishing., Sharks and rays of Australia, CSIRO Publishing, (ISBN 9780643094574 et 0643094571, OCLC 316790631, lire en ligne)