Quai Lezay-Marnésia

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Quai Lezay-Marnésia
Image illustrative de l’article Quai Lezay-Marnésia
Depuis le quai Lezay-Marnésia, vue sur la passerelle des Juifs franchissant le canal du Faux-Rempart.
Situation
Coordonnées 48° 17′ 06″ nord, 7° 45′ 17″ est
Pays France
Ville Strasbourg
Début place du Petit-Broglie
Fin rue de la Courtine
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Quai Lezay-Marnésia
Géolocalisation sur la carte : Strasbourg
(Voir situation sur carte : Strasbourg)
Quai Lezay-Marnésia

La quai Lezay-Marnésia (en alsacien : Lezay-Marnesia Stade) est un quai de Strasbourg rattaché administrativement au quartier Centre. Situé entre le quai Schoepflin et le quai Sainte-Attale (ancien quai Saint-Étienne), il longe le canal du Faux-Rempart, de la place du Petit-Broglie à la rue de la Courtine. Du nord au sud, plusieurs ouvrages d'art partent du quai pour franchir le canal : pont du Théâtre, passerelle des Juifs, pont de la Poste, pont Saint-Étienne.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Plaque partiellement bilingue.

La voie a successivement porté les noms suivants : quai Joseph (1805), quai Saint-Joseph (1820, 1833, 1840), quai Kléber (1823), quai de la Comédie (1833), quai Lezay-Marnésia (1858, 1928), Lezay-Marnesiastaden (1872), Attalastaden (1940), et, à nouveau, quai Lezay-Marnésia à partir de 1945[1].

Le nom « Lezay-Marnésia » est adopté en 1858, après l'érection sur le quai, devant l'hôtel de Klinglin, de la statue du préfet Adrien de Lezay-Marnésia, sculptée par Philippe Grass et inaugurée le 27 août 1857[2].

Des plaques de rues bilingues, à la fois en français et en alsacien, ont été mises en place par la municipalité à partir de 1995[3]. C'est le cas du Lezay-Marnesia Stade.

Histoire[modifier | modifier le code]

Frise romaine du IVe siècle (Musée archéologique de Strasbourg).
Le quai, avec le pont Saint-Étienne et le lycée de jeunes filles à l'arrière-plan (Ludwig Bremer, 1919).

Dès 1775, Jean André Silbermann relate la découverte, au XVIIIe siècle, d'un trésor comprenant environ 200 monnaies datant de Probus, Dioclétien et Maximien (vers 305[4]).
Des fouilles archéologiques sont menées au quai Lezay-Marnésia à partir de 1969, notamment par Jean-Jacques Hatt.
Celles effectuées en 1971 lors de la construction de nouveaux immeubles en bordure du quai, face au lycée international des Pontonniers, mettent au jour un grand tronçon de l’enceinte romaine, reprise ensuite en sous-œuvre à l’époque médiévale. On découvre notamment de grands blocs en grès à bossages, portant des marques de tailleurs de pierre. Ces éléments témoignent que l'enceinte romaine a constitué un élément de la défense de la ville jusqu'au Moyen Âge[5].

Monument de Lezay-Marnésia en 1868.

Au début du XIXe siècle, notamment sous le mandat du maire Jean-Frédéric Hermann, de nombreux travaux d'urbanisme sont entrepris. On construit de nouveaux ponts, le faux-rempart est entièrement démoli, remplacé par des quais[6]. Après plusieurs changements de noms, de tout ou partie des voies, le quai Lezay-Marnésia existe en tant que tel à partir de 1858[1].

Lors du siège de Strasbourg, en 1870, les abords du quai sont lourdement touchés : la préfecture, le théâtre, la statue du préfet[7], comme en témoignent, outre les récits, une abondante iconographie. En particulier, le photographe allemand Georg Maria Eckert réalise une importante série de clichés. L'imprimeur-lithographe français Auguste Munch met aussi en scène les destructions[8].

Bâtiments remarquables[modifier | modifier le code]

La plupart des édifices ont été construits ou reconstruits au cours du XXe siècle.

no 1
À l'angle de la rue des Récollets se trouvait l'ancien couvent des Récollets, édifié entre 1746 et 1749 par Gaspard Théodore Rabaliatti[9] et Charles Hiski[10]. Il a été réhabilité en 1974 pour abriter le siège de la Fondation européenne de la science[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Maurice Moszberger (dir.), « Lezay-Marnésia (quai) », in Dictionnaire historique des rues de Strasbourg, Le Verger, Barr, 2012 (nouvelle éd. révisée), p. 59 (ISBN 9782845741393)
  2. Lucie Maechel, Léon Daul, Strasbourg insolite et secret, éd. Jean-Paul Gisserot, 1999, p. 58 (ISBN 9782877474283)
  3. « L'alsacien a droit de rue à Strasbourg », Libération, 31 mars 1995, [lire en ligne]
  4. (de) Jean André Silbermann, Lokalgeschichte der Stadt Strassburg, Strasbourg, Lorenz, 1775, p. 9
  5. « À la découverte du camp romain d'Argentorate », Un parcours dans la ville. Musée archéologique de Strasbourg, 2015, p. 19 [1]
  6. Jean-Frédéric Hermann, « Démolition entière du faux-rempart et son remplacement par des quais », Notices historiques, statistiques et littéraires sur la ville de Strasbourg, volume 1, Levrault, 1817, p. 337-346
  7. Strasbourg, journal août-novembre 1870: siège et bombardement, avec correspondances, pièces officielles, documents français et étrangers, Sandoz et Fischbacher, 1874, p. 214
  8. Dictionnaire des imprimeurs-lithographes du XIXe siècle, École nationale des Chartes [2]
  9. Théodore Rieger, « Rabaliatti, Gaspard Théodore », Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 30, p. 3071
  10. Collectif, Strasbourg 1900. Naissance d'une capitale, Somogy, 2000, p. 207 (ISBN 978-2850563874)
  11. « Fondation Européenne pour la Science (Strasbourg) », ArchiWiki [3]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Maurice Moszberger (dir.), « Lezay-Marnésia (quai) », in Dictionnaire historique des rues de Strasbourg, Le Verger, Barr, 2012 (nouvelle éd. révisée), p. 59 (ISBN 9782845741393)
  • (de) Adolphe Seyboth, « Lezay-Marnesiastaden. Quai Lezai-Marnésia », in Das alte Strassburg, vom 13. Jahrhundert bis zum Jahre 1870 ; geschichtliche Topographie nach den Urkunden und Chroniken, Strasbourg, 1890, p. 250-251

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]