Présentéisme

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Le présentéisme, au sens le plus strict et par opposition à l'absentéisme, est le fait d’être présent.

Dans un sens plus courant, le présentéisme est un mot-valise à connotation négative qui fait écho à différentes acceptions :

  • le présentéisme contemplatif ou absentéisme moral consiste à être présent au travail mais à faire autre chose que travailler pour son employeur ;
  • le présentéisme stratégique consiste à rester tard le soir pour se faire bien voir en montrant sa motivation au travail ;
  • le surprésentéisme (sickness presenteeism) consiste à travailler même quand son état de santé est dégradé et exigerait un arrêt maladie[1] ;
  • le surprésentéisme désigne aussi parfois le fait de faire des heures supplémentaires sans être payé. En 2006 en France il concernerait plus de 50 % des salariés[2].

Taux de présentéisme[modifier | modifier le code]

Dans sa définition classique, le taux de présentéisme représente le nombre de présents effectifs rapporté au nombre de présents attendu. Ce taux est le complémentaire à 100 % du taux d’absentéisme (c’est-à-dire que la somme de ces deux taux vaut 100 %).

Présentéisme et productivité[modifier | modifier le code]

Une autre signification venue d’Amérique du Nord, désigne le fait d’être physiquement présent au travail sans avoir la productivité attendue, que ce soit dû au salarié ou à l'organisation (sous-occupation)[3]. La baisse de productivité du salarié peut avoir de multiples raisons :

  • personnelle : maladie aigüe ou chronique, problèmes personnels extérieurs à l'entreprise ;
  • en relation avec le travail : démotivation ou fatigue due à une surcharge de travail, un manque de reconnaissance, des relations conflictuelles dans le travail…

La présence du salarié malgré une maladie, ou malgré une sous-occupation, peut-être favorisée par des mesures de l'entreprise (prime d'assiduité, heures supplémentaires, etc.).

En Europe du Nord : « rester aussi longtemps (de 7 à 20 H) est synonyme d'inefficacité. Ça veut dire qu'on ne sait pas s'organiser. »[4].

Santé et historique[modifier | modifier le code]

En 2004, en France, un médecin du SNPST (Syndicat national des professionnels de la santé au travail) signale dans l'industrie un « présentéisme » des salariés, « Des gens malades, malades du travail, viennent travailler. Ce phénomène nouveau s'accentue considérablement depuis dix ou quinze ans, avec la mise en place du flux tendu dans les entreprises (...) »[5]

En 2008 en France, dans un dossier intitulé « Le stress, maladie du « travailler plus » » paru dans L'Humanité, qui informe que « Un quart des arrêts de travail de 2 à 4 mois sont dus à des facteurs psycho-sociaux », un consultant de chez Khaler Communication France, société de conseil qui intervient dans la prévention du stress, estime que « pour une absence, il existe en moyenne quatre cas de présentéisme. Les gens sont là physiquement, mais leur tête est ailleurs. »[6]

Plus rarement, le mot présentéisme peut être utilisé de façon par un employeur, par exemple en 2010 en France, concernant la direction de Toyota automobiles : « Au bout de cinq arrêts (maladie) dans l’année, l’ouvrier reçoit un courrier type lui reprochant son manque d’efforts en matière de « présentéisme » et la désorganisation de la production. S’il est de nouveau arrêté plusieurs fois, deuxième courrier, avec menace de procéder à son remplacement définitif. La troisième étape est le licenciement. »[7]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Denis Monneuse, Le surprésentéisme : travailler malgré la maladie, De Boeck, 2013
  2. L'Express, no 2889, p. 142, 2006.
  3. http://www.scribd.com/doc/18682278/Absenteisme-et-presenteisme
  4. (fr) Céline Wagnez (intervieweuse), Marie Thaeron (interviewée), « Présentéisme: "Un [[salarié]] qui part toujours à l'heure du travail sera moins bien évalué" », L'Express,‎ (consulté le 19 septembre 2012).
  5. F. D., « Des salariés malades viennent travailler », L'Humanité, 26 octobre 2004.
  6. Paule Masson, « Le stress, maladie du « travailler plus » », L'Humanité, 3 juin 2008.
  7. Toyota. Pressions sur les malades, L'Humanité, 30 mars 2010.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]