Campagne du Coquelicot

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Un coquelicot en papier, porté en Angleterre de fin octobre jusqu'au 11 novembre.

La Campagne du Coquelicot[1] (en anglais Poppy Appeal) est un appel aux dons lancé chaque année par la Royal British Legion en Grande-Bretagne et dans certains pays du Commonwealth, et visant à soutenir les familles des soldats morts ou blessés au combat. Dans les pays du Commonwealth, la campagne se traduit par le port d'un coquelicot en papier, moyennant un don pour venir en aide aux vétérans et à leur famille.

Éléments historiques[modifier | modifier le code]

Origine de la tradition[modifier | modifier le code]

Moina Michael, la «Poppy Lady» qui inventa la tradition.

Le coquelicot a été associé au XXe siècle, en particulier dans les pays du Commonwealth (Royaume-Uni, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande…) au souvenir des combattants, et tout spécialement des soldats tombés lors de la Première Guerre mondiale, à l’instar du Bleuet de France.

Cette allégorie du coquelicot découle d'un poème datant du printemps 1915, écrit par le lieutenant-colonel John McCrae, un médecin du Corps de santé royal canadien qui fut témoin de la terrible seconde bataille d'Ypres. Il s'intitule In Flanders Fields (Au champ d'honneur). En fait, les coquelicots fleurissaient dans les pires champs de Somme et des Flandres, et leur couleur rouge était un symbole approprié pour le bain de sang de la guerre de tranchées.

Une Française, Anna Guérin[2], proposa à l'époque au maréchal britannique Douglas Haig que les femmes et les enfants des régions dévastées de France produisent des coquelicots afin de recueillir des fonds pour rétablir les régions dévastées en Europe. En novembre 1921, les premiers coquelicots furent distribués. La tradition se poursuit depuis.

De nos jours[modifier | modifier le code]

Abbaye de Westminster. Lest we forget

Chaque année, des coquelicots en papier, destinés à être apposés sur les vêtements, sont vendus aux passants par des bénévoles en échange d'une donation. Ces coquelicots sont fabriqués par des personnes handicapées, dans une usine qui se trouve à Richmond à Londres[3]. L'idée de vendre des coquelicots pour récolter de l'argent date de la fin de la Première Guerre mondiale et fut inspirée par le poème In Flanders Fields (Dans les champs de Flandre)[4].

Les coquelicots sont vendus dès la fin octobre et se portent jusqu'au 11 novembre, jour de l'Armistice, en souvenir de la fin de la Première Guerre mondiale et implicitement, de la fin des autres guerres. La date à partir de laquelle on doit commencer à porter un coquelicot fait traditionnellement l'objet d'un débat dans la population. Certains recommandent de le porter dès la fin octobre, d'autres du 1er au 11 novembre, et d'autres enfin ne le portent que la semaine qui précède le « Remembrance Sunday », le dimanche de commémoration[5].

Certains recommandent parfois aux hommes de porter le coquelicot sur le côté gauche de leur poitrine et aux femmes de le porter sur le côté droit, cette tradition étant calquée sur celle des broches et des badges. Une grande partie de la population, tous sexes confondus, le porte néanmoins sur le côté gauche de la poitrine qui se situe symboliquement sur le cœur, là où l'on accroche par ailleurs les médailles et les décorations. Interrogé sur la question, le porte-parole de la Royal British Legion affirme qu'il n'y a pas de mauvais côté pour porter le coquelicot, l'essentiel étant de le porter « fièrement »[5]

Cet appel aux dons a eu sans aucun doute plus de succès qu'aucune autre collecte de fonds au Royaume-Uni ; ces coquelicots étant en effet portés par une grande partie de la population. Les hommes et femmes politiques de tout bord et l'ensemble des personnalités en général, comme les présentateurs télé, s'affichent volontiers avec un coquelicot à la boutonnière[5]. Certains, cependant, refusent de se plier à cette tradition pour diverses raisons, comme le célèbre présentateur de Channel 4 Jon Snow qui fit scandale en condamnant le « fascisme » du coquelicot[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La Légion royale canadienne, Honneur & mémoire : La Campagne du Coquelicot, consulté le 4 novembre 2016
  2. « Le symbole du Coquelicot », sur Alsace1418.fr
  3. (en) « Royal British Legion Poppy Factory - Industrial Heritage - Richmond », sur Visit Richmond (consulté le 15 avril 2015)
  4. (en) « In Flanders Fields », sur The Great War (consulté le 5 novembre 2009)
  5. a, b et c (en) « Dos and don'ts of poppy etiquette », sur BBC News,‎ (consulté le 5 novembre 2009)
  6. (en) « I won't surrender to 'poppy fascism': C4 News host Jon Snow refuses to bow to viewer demand to wear the emblem », sur Daily Mail,‎ (consulté le 11 novembre 2011)

Article connexe[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]