Petit-Gentilly

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Le Petit-Gentilly était un village situé au sud de Paris, qui fait aujourd'hui partie du 13e arrondissement de Paris. On y accédait par le chemin dit "de la Glacière", qui devint la rue de la Glacière.

Situation[modifier | modifier le code]

Le Petit-Gentilly (ou « Gentilli ») comprenait environ quinze maisons, avec une rue du Pot au Lait et en 1790 une croix dite « La Fontaine au Clair » et dépendait du Grand-Gentilly[1]. On appelait le hameau du Petit-Gentilly « Glacière », car la Bièvre, qui avait là ses deux bras, étangs et marais, gelait l'hiver : on y patinait volontiers, et on y récoltait de la glace, qu'on entreposait ensuite non loin de là à Montsouris. Avant l'annexion de Gentilly par Paris, puis la fondation de la Société des Glacières de Paris, nombre de petites industries vivaient de ce commerce.

La Butte-aux-Cailles et ses moulins à vent dépendaient du Petit-Gentilly. Les frères Montgolfier y firent atterrir des montgolfières en novembre 1753.

Ce joli village résidentiel, célèbre depuis l'Ancien Régime[2] pour ses cabarets, ne se composait plus alors que de guinguettes : il dépendait depuis la Révolution du Faubourg Saint-Marcel de Paris et les parisiens affluaient les dimanches et fêtes : « Mais, quand Vaugirard est plein, son peuple reflue au Petit-Gentilly, aux Porcherons et à la Courtille : on voit le lendemain, devant les boutiques des marchands de vin, les tonneaux vides et par douzaines ». Le Petit Gentilly, contigu aux murs de Paris, renfermait en effet un grand nombre de restaurants et de marchands de vins.

Louis-Sébastien Mercier écrit dans Les Tableaux de Paris en 1781: « D'ailleurs, à quel point précis bornera-t-on la circonférence de la capitale ? Le Gros-Caillou, Chaillot, la Nouvelle-France, la Courtille, le Petit-Gentilly, Vaugirard, etc. n'appartiennent-ils pas incontestablement à la grande ville, puisque les maisons se touchent, & qu'il n'y a plus d'interruption ? »

Le Petit-Gentilly, ancienne Banlieue de Paris, est, en 1859, rattaché à la ville par la Butte-aux-Cailles, incluse dans le 13e arrondissement de Paris.

Sciences naturelles[modifier | modifier le code]

On y trouvait le Notoxe d'Helwig, Notoxus Helwigii, un petit coléoptère ressemblant à une fourmi[3].

Un peu au-dessus du hameau étaient exploitées des carrières de pierre qui furent étudiées par Georges Cuvier :

« Dans les deux carrières, au lieu dit la Croix penchée, près du Petit-Gentilly, on trouve les premiers lits de calcaire marin coquillier, dès qu'on a traversé environ un mètre de terre meuble, mélangée de pierrailles calcaires et siliceuses. Les couches de marne qui précèdent ordinairement le calcaire coquillier ne se voient point ici. Il y a 15 à 17 mètres de masse ; mais les couches inférieures, composées de calcaire sablonneux et formant environ trois mètres, ne sont pas exploitées. C'est une règle qui n'a pas encore présenté de véritables exceptions »[4]

Joseph Pitton de Tournefort, herborisant près de Bicêtre, y trouva le Sium arvensis .

Industrie[modifier | modifier le code]

Gentilly était alimentée par la Bièvre : aussi, blanchisseries et teintureries y abondaient. Guillaume-Antoine Olivier écrivit : « On trouve au Petit-Gentilly une manufacture de teinture de toiles de coton, tant des Indes qu’étrangères et nationales (...) La rivière de Bièvre sert à cette manufacture pour le lavage des toiles et les prairies qui sont sur les bords servent à les étendre pour les blanchir ».

En 1817, en plus de huit mégisseries, qui s'alimentaient en eau à Bicêtre, s'installe au bord de la Bièvre une blanchisserie d'étoffes hollandaise (M. Dolmann et M. Durup de Baleine) qui blanchissait 200 calicots par jour, et presque toute la population était occupée au blanchissage. Il y avait aussi un lavoir de laines et deux filatures, une fabrique de calicots de 14 ouvriers et une fabrique d'amadou de 15 ouvriers ; une d'acides minéraux et une fabrique de toiles peintes (Marc Costel et Cie) de 5 ouvriers ; et en 1826 deux tissages s'y installent aussi[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Source CAIRN Les carrières parisiennes aux frontières de la ville et de la campagne Ania Guini-Skliar
  2. La BNF conserve « une Sentence de police de la prevôté de Gentilly qui condamne le nommé Quiot, cabaretier au Petit-Gentilly en 45 livres d'amende et sa boutique murée pendant 6 mois, pour avoir été trouvé chez lui le 8 août 1752 plus de 30 personnes à boire à une heure du matin et s'être révolté contre le procureur fiscal »
  3. [1] Histoire naturelle des insectes, composée d'après Réaumur ..., volumes 3-4, par F. Martin Grostête T. de Tigny, Georges Louis Leclerc Buffon (comte de)
  4. Description géologique des environs de Paris par Georges Cuvier (baron), Alexandre Brongniart Pages 269-272 détail et étude géologique des carrières de Gentilly on y trouvait la féramine : « Les ouvriers qui exploitent les glaisières de Passy et du Petit-Gentilly, aux environs de Paris, donnent ce nom au fer sulfuré qui s'y rencontre en petites masses dans l'argile »
  5. La Croissance de la banlieue parisienne, par Jean Bastié page 93

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Iconographie[modifier | modifier le code]