Papier d'Arménie

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Carnet de papier d’Arménie et lamelle se consumant
Carnet et lamelle de papier d’Arménie

Le papier d’Arménie est un papier parfumé à la résine de benjoin du Laos (Styrax benzoin)[1]. Il est généralement présenté sous la forme d'un carnet composé de trente-six lamelles prédécoupées, soit douze feuilles de trois divisions de papier sur lesquelles sont imprimés la marque, la mention triple et la signature de A. Ponsot.

Histoire[modifier | modifier le code]

À la fin du XIXe siècle, Auguste Ponsot, chimiste, découvre lors d'un voyage que les Arméniens font brûler du benjoin pour parfumer et désinfecter leurs maisons[2]. Auguste va adapter cette pratique en France avec Henri Rivier, pharmacien. D'abord le benjoin est macéré dans de l'éthanol, des feuilles de papier buvard passent dans les bacs d'eau salée (pour retarder la combustion[3]) puis sont séchées avant d'être trempées dans le benjoin et placées en étuve[2]. Le procédé permet au produit final de se consumer sans flamme.

L'« alchimie » qu'a réalisée Henri Rivier va se révéler très lucrative : le papier d’Arménie est couronné de succès pendant l’Exposition d’hygiène de 1888 et l’Exposition universelle de 1889[4].

Il est produit à Montrouge, en France, depuis 1885[2] et est médaillé lors de multiples salons internationaux[4]. Sa formule reste inchangée depuis sa création.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Le papier d’Arménie s’utilise en brûlant une lamelle détachable à la fois, préalablement pliée en accordéon, et déposée dans un support résistant à la chaleur. Le papier ne doit pas s’enflammer, mais rester incandescent. La lamelle consumée lentement dégage une odeur de benjoin et de vanille caractéristique. Cette odeur avait la réputation de purifier et d'assainir l'air[5], réputation fondée en partie sur le fait qu’un morceau de viande conservé sous une cloche où l’on avait fait brûler du papier d’Arménie n’avait pas pourri au bout d’une semaine, alors qu'un autre placé sous une cloche normale était en décomposition[4].

Aujourd’hui, ce produit est présenté comme un parfum d’intérieur ou parfum d’ambiance (« désodorisant naturel »), sans gaz propulseur. C’est également un anti-mites, et son parfum est assez fort pour couvrir les odeurs de cuisine (notamment de friture), de fumée de cigarette, ou d’animaux. Moins toxique que les encens, son utilisation reste nocive pour la santé s'il est utilisé à trop hautes doses ou sans aération, en raison de la combustion incomplète du papier. Des résidus (formaldéhyde et benzène) et du monoxyde de carbone s'en dégagent. Il peut donner la migraine aux personnes sensibles et il est fortement déconseillé aux asthmatiques, aux allergiques ou aux personnes souffrant de troubles respiratoires.

En 2004[6] puis en septembre 2008, le magazine Que choisir publie des études portant sur les désodorisants d’intérieurs. Ces deux études détectent des présences quantifiées de benzène et de formaldéhyde[7],[6]. Dans l'étude de 2008, sur 72 produits testés, le papier d'Arménie était néanmoins celui avec les taux les plus faibles[8].

Culture[modifier | modifier le code]

Serge Gainsbourg cite le papier d'Arménie dans sa chanson Les p'tits papiers, popularisée par la chanteuse Régine :

« Laissez brûler les p'tits papiers
Papier de riz
Ou d'Arménie [...] »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La fabrication du Papier d'Arménie : Le benjoin du Laos - Site officiel
  2. a, b et c Le Papier d'Arménie, un secret made in Montrouge - Louis Morice, L'Obs, 12 juillet 2015
  3. La fabrication du Papier d'Arménie : Des composants naturels - Site officiel
  4. a, b et c L'aventure du Papier d'Arménie : Un développement exceptionnel - Site officiel
  5. Cécile Raynal, Thierry Lefebvre, « Un siècle de service médical rendu : De quelques spécialités pharmaceutiques françaises centenaires », Revue d'histoire de la pharmacie, vol. 88, no 325,‎ 2000, p. 13 (lire en ligne)
  6. a et b Risques chimiques au quotidien : éthers de glycol et polluants de l'air intérieur. Quelle expertise pour notre santé ? Conclusions du rapporteur (tome 1) - Marie-Christine Blandin, Sénat, 23 janvier 2008
  7. Un parfum de poison - Cécile Dumas, Sciences et Avenir, 22 novembre 2004
  8. Yann Cohignac, « Le papier d’Arménie : parfumer et assainir son intérieur », Développementdurable.com,‎

Annexes[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]