Pávlos Fýssas

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Pavlos Fyssas
Παύλος Φύσσας 2011.jpeg
Pávlos Fýssas en 2011.
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 34 ans)
AthènesVoir et modifier les données sur Wikidata
Période d'activité
Pseudonyme
Killah PVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Autres informations
Genre artistique

Pávlos Fýssas (grec moderne : Παύλος Φύσσας) est un rappeur et antifasciste grec, né le et assassiné le à Keratsíni, une banlieue d'Athènes. Il est aussi connu sous le nom de scène Killah P[1].

Son assassinat est le fait d'un membre du parti grec d'extrême droite Aube dorée.

Biographie[modifier | modifier le code]

Killah P est actif sur la scène hip-hop athénienne depuis 1997, organisant des concerts antifascistes[2] et s'impliquant dans différentes actions sociales[3].

Assassinat[modifier | modifier le code]

Militant antifasciste proche de la coalition de partis anticapitalistes Antarsya, Fýssas est poignardé dans la nuit du 17 au 18 septembre 2013 par un militant du parti néonazi Aube dorée, Yorgós Roupakiás[4]. Il décède peu après à l'hôpital Tzanio du Pirée[1].

Conséquences[modifier | modifier le code]

Manifestation en soirée, avec des banderoles antifscites et anti-nazis.
Manifestation antifasciste devant les bureaux d'Aube dorée à Athènes, le .

Roupakiás est arrêté le soir même et ses liens étroits avec Aube dorée sont rapidement mis à jour. Le militant néonazi est en effet employé, tout comme sa femme et sa fille, par la section locale du parti.

L'enquête policière s'oriente rapidement vers le parti néonazi Aube dorée, dont les locaux sont perquisitionnés dès le lendemain de l'assassinat. Le même jour, 5000 personnes, militants d'extrême-gauche pour la plupart, manifestent dans les rues de Keratsíni[2].

Les obsèques de Fýssas, célébrées le , rassemblent près de 2000 personnes[5].

Au cours de la semaine suivante, les manifestations antifascistes se multiplient tandis que l'enquête policière se poursuit. Le 27 septembre, les députés d'Aube dorée menacent de démissionner pour protester contre la mise en cause de leur parti dans la mort de Fýssas. Le samedi 28 septembre, le chef historique d'Aube dorée, Nikólaos Michaloliákos, quatre autres députés et douze membres du parti sont arrêtés[6].

Graffiti représentant Pávlos Fýssas avec un foulard.
Graffiti en hommage à Pávlos Fýssas.

Le , deux membres d'Aube dorée sont assassinés devant un local du parti à Athènes. Le double meurtre est revendiqué le 16 novembre par un groupe d'extrême gauche jusqu'alors inconnu, en représailles de l'assassinat de Pávlos Fýssas[7].

Le procès de 69 membres d'Aube dorée, dont le chef Nikólaos Michaloliákos et Chrístos Pappás, qui devait se tenir à la prison de Korydállos, est suspendu dès le premier jour, le , et reporté pour des raisons de procédure au 7 mai. Les accusés sont soupçonnés d'être aux commandes d'une organisation criminelle. Parmi les accusés figurent les auteurs présumés du meurtre de Fýssas et de deux autres agressions : la tentative de meurtre de quatre pêcheurs égyptiens en juin 2012 et l'attaque de syndicalistes communistes en septembre 2013[8].

Le 17 septembre 2015, Nikólaos Michaloliákos admet au nom d'Aube dorée « la responsabilité politique » de l'assassinat[9].

L'avocate de la famille de Pavlos Fyssas est agressée en 2018 par une dizaine de militants d’extrême droite munis de barres de fer[10].

Hommages[modifier | modifier le code]

En , la rue Panagi-Tsaldari où s'est déroulé l'assassinat est renommée en rue Pávlos-Fýssa. Un monument en son honneur y est également érigé. La cérémonie d'inauguration de la plaque de rue est suivie par plusieurs concerts de hip-hop[11].

Références[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]