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Nil (mythologie)

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Nil
Dieu fleuve de la mythologie grecque
Nilos, le potamos du Nil, représenté sur une tapisserie copte, IVe siècle après J.-C.
Nilos, le potamos du Nil, représenté sur une tapisserie copte, IVe siècle après J.-C.
Caractéristiques
Nom latin Nilus
Fonction principale Dieu du fleuve Nil
Représentation Homme barbu
Métamorphose(s) Taureau
Résidence fleuve Nil en Égypte
Groupe divin Les Dieux fleuves
Parèdre Euthénia
Équivalent(s) Hâpy
Famille
Père Océan
Mère Téthys
Fratrie
Premier conjoint Euthénia
• Enfant(s) aucun
Deuxième conjoint Callirrhoé
• Enfant(s) Chioné
Troisième conjoint Memphis
• Enfant(s) Égyptos
Quatrième conjoint non mentionnée(s)
• Enfant(s)
Symboles
Attribut(s) Corne d'abondance
Animal Crocodiles du Nil

Dans la mythologie grecque, Nil, Nilos, Neilos ou Nilus (en grec ancien Νεῖλος / Neîlos, en latin Nilus) est le dieu fleuve associé au Nil. Il était initialement le dieu du Nil, mais il s'est ultérieurement confondu avec le mythe d'Io[1].

Homère le mentionne à deux reprises sous le nom d’Égyptos[2] (Αἴγυπτος / Aigyptos), et parle des « eaux d'Égyptos qui nous viennent des dieux[3] » (Αἰγύπτοιο, διιπετέος ποταμοῖο / Aigýptoio, diipetéos potamoîo).

Chez les Égyptiens, le dieu du Nil est Hâpy.

La tradition hésiodique en fait le fils d'Océan et de Téthys[4], comme tous les dieux fleuves, néanmoins il est chez Pindare fils de Cronos[5].

Descendance

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À l'époque ptolémaïque, Euthénia, déesse grecque de la prospérité et une des jeunes Charites, est donnée à Nilos pour épouse[6],[7] mais aucune descendance ne lui est spécifiquement attribuée avec elle.

Par l'Océanide Callirrhoé, il est le père de la naïde Chioné[8].

Dans une version mineure de l'origine d'Égyptos, roi africain, ce dernier est conçu par Nil avec Memphis, alors donnée comme fille d'Uchorée (roi fondateur de la cité de Memphis dans cette version) et non de Nil[9].

On lui donne également de nombreux autres enfants dont les mères ne sont pas précisées :

Constellation de l'Éridan et vue aérienne de la partie du Nil au-dessus de Dendérah en Égypte.

La constellation de l'Éridan, constellation de l'hémisphère austral, doit son nom à un fleuve de la mythologie grecque. On dit parfois qu'il s'agirait du ou du Rhône mais pour certains auteurs, comme Hygin, l'Éridan représenterait le Nil[24].

Le Nil dans l'art

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Le Nil est généralement représenté avec une corne d'abondance, symbole de sa fertilité. D'autres symboles, représentant l'Égypte, sont souvent à ses cotés : Sphinx, crocodiles, palmiers ou roseaux.

À l'époque moderne, le Nil est souvent utilisé par synecdoque pour représenter son continent, l'Afrique.

Dans l'antiquité

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Une statue magistrale du dieu Nil en marbre de la Rome antique, probablement hellénistique et datant du IIe ou IIIe siècle apr. J.-C., se trouve à Naples, sur la Piazzetta Nilo, probablement été érigée dans la ville portuaire romaine de l'époque par des marchands d'Alexandrie. Une version de meilleure qualité du même sujet, également d'époque romaine, est conservée aux musées du Vatican à Rome[25]. Les statues sont des copies d'un original d'Alexandrie, en Égypte.

Les nombreuses autres variantes trouvées témoignent du succès de ce sujet dans l'art antique, en particulier pour le décor de fontaines, elles aussi prenant souvent modèle sur la statue d'Alexandrie.

À l'époque moderne

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Le Nil est l'un des quatre fleuves personnifiés de la fontaine des Quatre-Fleuves à Rome, représenté le visage voilé car on ne connaissait pas sa source. La fontaine fut construite de 1648 à 1651, les sculptures étant l’œuvre du Bernin[26]. Les quatre fleuves que la fontaine représente symbolisent également chacun un continent, le Nil symbolisant l'Afrique.

Reconnaissable au crocodile sous son pied, Nil fait partie des nombreuses figures qui décorent le musée du Louvre, apparaissant auprès de Minerve sur la façade ouest de la cour carrée, cette façade datant de 1636.

Dans l'Antiquité

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Peu de peintures de l'Antiquité subsistent. Nil apparait cependant sur une des peintures de l'Ekklesiasterion du temple d'Isis de Pompéi, aujourd'hui conservée au musée archéologique de Naples[27]. Cette peinture représente un instant bien précis du mythe d'Io intégrant Isis et son fils Harpocrate : après la destruction d'Argos, Io, tourmentée par un taon envoyé par Héra, après avoir fui à travers d'innombrables régions de la Méditerranée, atteint finalement l'Égypte où, accueillie par Isis dans son sanctuaire de Canope, sur le Delta, elle retrouve son aspect humain et engendre Épaphos (le produit de son union avec Zeus), fondateur des lignées royales d'Égypte et d'Argolide. La fresque montre le moment où Io, transportée par le Nil, est accueillie par une Isis matrone, assise, un cobra enroulé sur son bras gauche et les pieds posés sur un crocodile, symbolisant sa domination sur l'Égypte. À côté d'elle se trouve son jeune fils Harpocrate, et derrière lui deux figures, un homme et une femme, peut-être des prêtres, agitant des sistres.

À l'époque moderne

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Le Nil apparait également dans des peintures à l'époque moderne.

Sur Les Quatre Continents (1645) de Rubens, Le Nil est la figure représentée de dos, accompagné d'une nymphe à la peau noire symbolisant l'Afrique ou la source du fleuve[28].

Notes et références

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  1. Grand Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine, Jean-Claude Belfiore, 2010, éditions Larousse.
  2. Homère, Odyssée [détail des éditions] [lire en ligne], IV, 477 et 581.
  3. Idid. Traduction de Victor Bérard, 1931.
  4. Hésiode, Théogonie [détail des éditions] [lire en ligne], 334. Comp. Hygin, Fables [détail des éditions] [(la) lire en ligne], Préface, VI.
  5. Pindare, Odes [détail des éditions] (lire en ligne), Pythiques, IV, 90.
  6. « Curtis Chapter I », sur www.coinsofromanegypt.org (consulté le ).
  7. László Kákosy, « The Nile, Euthenia, and the Nymphs », The Journal of Egyptian Archaeology, vol. 68, , p. 290–298 (ISSN 0307-5133, DOI 10.2307/3821647, JSTOR 3821647).
  8. Servius, Commentaire à l'Énéide [détail des éditions] [(la) lire en ligne], IV, 250.
  9. Diodore de Sicile, Bibliothèque historique [détail des éditions] [lire en ligne], I, 51.
  10. Pseudo-Apollodore, Bibliothèque [détail des éditions] [lire en ligne], II, 1, 4.
  11. Plutarque, Œuvres morales [détail des éditions] [lire en ligne], Parallèles d'histoires grecques et romaines, 38.
  12. Jean-Claude Carrière et Bertrand Massonie, « La Bibliothèque d'Apollodore », Collection de l'Institut des Sciences et Techniques de l'Antiquité, , p. 56 (lire en ligne)
  13. 1 2 Tzétzès, Chiliades 7.37 p. 370-371
  14. Pseudo-Apollodore, Bibliothèque [détail des éditions] [lire en ligne], 2.1.5.
  15. Tzétzès citant Hippostrate (en), Chiliades 7.37 p. 368-369
  16. Grant & Hazel 1955, p. 137
  17. Edith Hamilton (trad. Abeth de Beughem), La Mythologie, éd. Marabout, (BNF 34637453), p. 200. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  18. Ernst Bernert : article Polyxo 2 dans le Realencyclopädie der classischen Altertumswissenschaft (RE). Livre XXI,2, Stuttgart 1952, page 1860
  19. Pseudo-Apollodore, Bibliothèque [détail des éditions] [lire en ligne], II, 1, 5.
  20. Gantz, p. 208; Phérécyde, fr. 21 Fowler (2001), p. 289 = FGrHist 3 F 21 = Scholie sur Apollonios de Rhodes, 3.1186; Scholie sur Les Phéniciennes d'Euripide 5
  21. Hygin, Fabulae 6 & 178
  22. Nonnos, 4.304, 5.86 & 41.270
  23. Scholie sur l'Iliade d'Homère, 9.383
  24. Astronomie [détail des éditions] [(la) lire en ligne], II, 32.
  25. River Nile God statue in Braccio Nuovo of Vatican Museums.
  26. Les édifices antiques de Rome, Antoine Babuty Desgodets, Coignard, 1682.
  27. musée archéologique de Naples, numéro d'inventaire 9558, cat. 1.63
  28. Gender, Politics, and Allegory in the Art of Rubens, p. 250

Articles connexes

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