Monaldo Leopardi

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Monaldo Leopardi
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Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 70 ans)
RecanatiVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Famille
Leopardi (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Adelaide Antici Leopardi (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Giacomo Leopardi
Paolina Leopardi (d)
Carlo Leopardi (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Religion
Mouvement
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Blason

Monaldo Leopardi (1776-1847) est un écrivain et homme politique italien. Il est le père du poète Giacomo Leopardi.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il était né le 16 août 1776 du comte Giacomo Leopardi et de la marquise Virginia Mosca, de Pesaro. Il n'avait que quatre ans quand son père mourut. Il eut pour précepteur le P. José Matías de Torres, un Jésuite qui avait été recueilli chez les Leopardi quand la Compagnie avait été expulsée d'Espagne en 1767. Entré en possession de ses biens à dix-huit ans, il dilapida bientôt son patrimoine et tomba entre les mains des usuriers. Monaldo fut obligé d'abandonner à sa femme la conduite de la maison[1].

Après la bataille de Faenza, la ville de Recanati fut occupée par l'armée française. Monaldo refusa d'assister au défilé des troupes dans les rues de sa ville natale, le général Buonaparte en tête : spectacle - dit-il dans ses Mémoires - « indigne d'un Italien ». En juin 1799, une véritable insurrection éclate. Des bandes d'insurgés parviennent à s'emparer de la ville et le comte Monaldo connu pour ses opinions conservatrices fut investi par ses concitoyens révoltés de la fonction de « gouverneur provisoire ». À la reprise de Recanati par les Français, il fut arrêté, sommé de payer une forte rançon, condamné néanmoins à la peine capitale, ensuite grâcié et déporté comme otage à Ancône.[2] Réduit à l'inactivité, après la deuxième Restauration (1814), Monaldo exerça de nombreuses responsabilités dans la ville de Recanati. En 1812, il ouvrit sa bibliothèque de 16 000 volumes à ses concitoyens. Il mourut à Recanati en 1847.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Monaldo Leopardi fut un écrivain à succès. Défenseur de l'absolutisme de droit divin fondé sur la monarchie héréditaire, il définissait la souveraineté comme “le pouvoir de contraindre les individus pour le bien de la société” : elle ne pouvait donc appartenir qu'à Dieu[3]. Adversaire acharné de la révolution de 1830, il aida de sa plume la réaction autrichienne et pontificale de 1831 et fit paraître, à la fin de cette même année, ses Dialogues sur les matières courantes pendant l'année 1831. Ces petits dialogues, qui contenaient la quintessence des idées conservatrices de Monaldo, obtinrent beaucoup de succès. Les trois premières éditions s'enlevèrent en 26 jours ; sept autres suivirent toutes de plusieurs milliers d'exemplaires[4]. Ils furent traduits en allemand, en hollandais et en français, et ils furent réfutés par La Mennais dans un article intitulé De l’Absolutisme et de la Liberté, qui parut dans la Revue des Deux Mondes[5]. Après avoir collaboré à la Voix de la vérité, feuille ultra-conservatrice publiée à Modène, il fut pendant quatre ans (de 1832 à 1835) le rédacteur en chef d’un journal catholique la Voce della ragione, destinée à défendre les idées théocratiques et monarchiques et à combattre le libéralisme[6].

Ses écrits sont caractéristiques d'une certaine littérature italienne du XIXe siècle : contre-révolutionnaire, polémique et passionnée. Au-delà des causes et thèses dépassées qu'il défendait on reconnait aujourd'hui une certaine valeur à son style vivace, non dénué d'humour et caustique.[6]

Œuvres traduites en français[modifier | modifier le code]

  • Mémoires (trad. Monique Baccelli), Laurence Teper, (ISBN 2952044260). Leopardi rédigea cette autobiographie à 48 ans. Dan ses Mémoires, il raconte avec élégance et humour son enfance, sa jeunesse, sa formation intellectuelle, ses débuts dans la vie, son mariage et ses interrogations sur l'éducation, la religion, la famille et la patrie. Il consacre également une part importante aux événements historiques, et en particulier à l'invasion française par les troupes de Napoléon, dont il fut un témoin actif et engagé. Monaldo Leopardi se juge lui-même avec objectivité et ne dissimule ni ses défauts ni ses erreurs, dont certaines ont entraîné sa famille et son fils Giacomo dans de grandes difficultés.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • F.-R. de Lamennais, « De l'absolutisme et de la liberté. Dialoghetti », Œuvres complètes, Bruxelles, vol. II,‎ , p. 657-667 ;
  • Giuseppe Piergili, « Monaldo Leopardi », Nuova Antologia,‎ , p. 585-604 ;
  • Rosina Ferrajoli, Monaldo Leopardi, Recanati,  ;
  • Francesco Moroncini, Monaldo Leopardi politico, Recanati,  ;
  • Giuseppe Cavazzuti, « Monaldo Leopardi e i redattori della "Voce della verità" », Atti e memorie della R. Accademia di scienze, lettere e arti di Modena, vol. II,‎ , p. 203-340 ;
  • Michele Angelastri, Monaldo Leopardi nel primo centenario della morte, Milan,  ;
  • Romeo Vuoli, Monaldo Leopardi di fronte alla letteratura, Ancône,  ;
  • Romeo Vuoli, Monaldo Leopardi di fronte alla storia, Ancône,  ;
  • Paolo Treves, « Un conservatore : Monaldo Leopardi », Rivista storica italiana, vol. LXVIII,‎ , p. 365-389 ;
  • Marino Parenti, « La tardiva prudenza del 1150 », Ancora Ottocento sconosciuto, Florence,‎ , p. 131-135 ;
  • Franco Boiardi, « Il sanfedismo del conte Monaldo Leopardi », Il Ponte, vol. XVIII,‎ , p. 804-822 ;
  • Francesco Zerella, Monaldo Leopardi giornalista, Rome,  ;
  • Romano Del Corona, Antirisorgimento. Un protagonista, Monaldo Leopardi, Florence,  ;
  • Nicola Del Corno, Gli "scritti sani". Dottrina e propaganda della reazione italiana dalla Restaurazione all'Unità, Milan, , p. 106-125 ;
  • Franco Foschi, Monaldo Leopardi e gli "Annali di Recanati, Loreto e Portorecanati", Recanati,  ;
  • Donatella Donati, La gioventù di Monaldo : vita e avventure di Monaldo Leopardi ultimo spadifero d'Italia, Ancône,  ;
  • Alfredo Panzini, Vita, carattere e opinioni del nobil'uomo Monaldo Leopardi, Bologne, M. Boni, (ISBN 978-8876224676) ;
  • Marco Meriggi, « Monaldo Leopardi cattolico radicale », Proposte e ricerche, vol. XXI,‎ , p. 39-54 ;
  • Nicola Storti, « Tredici lettere inedite di Monaldo Leopardi nell'Archivio segreto Vaticano », Il Casanostra, no 100,‎ , p. 25-63 ;
  • Sandra Covino, Giacomo e Monaldo Leopardi falsari trecenteschi : contraffazione dell'antico, cultura e storia linguistica nell'Ottocento italiano, Florence, Leo S. Olschki, , 391 p., 2 vol. ; 24 cm (ISBN 978-8-82225-734-5, OCLC 501973966).

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Nicolas Serban, Leopardi et la France : essai de littérature comparée, E. Champion, , p. 16.
  2. Eugenio Anagnine, Le drame de Leopardi, Rome-Paris, Scuola Tipografica Italo-Orientale, , p. 2-3.
  3. Monaldo Leopardi, Catechismo filosofico per uso delle scuole inferiori proposto dai redattori della Voce della Ragione, Naples, tipografia Nobili, , p. 29.
  4. Norbert Jonard, Giacomo Leopardi : essai de biographie intellectuelle, Les Belles Lettres, , p. 325.
  5. F.-R. de Lamennais, « De l'absolutisme et de la liberté. Dialoghetti », Revue des Deux Mondes, 3e série, vol. 3, no 3,‎ , p. 298-322 (JSTOR 44688464).
  6. a et b (it) Nicola Del Corno, « Leopardi, Monaldo in "Dizionario Biografico" », sur treccani.it, (consulté le ).

Liens externes[modifier | modifier le code]