Microkinésithérapie

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La microkinésithérapie, élaborée dans les années 1980 en France par les kinésithérapeutes Patrice Benini et Daniel Grosjean, est une technique manuelle alléguée de bilan et de soin qui viserait à trouver, dans l'organisme du patient, les « traces » d'événements traumatiques somatisés, et à stimuler les zones concernées pour déclencher les mécanismes naturels d'auto-correction aptes à les éliminer.

Historique[modifier | modifier le code]

Le premier ouvrage traitant de microkinésithérapie semble être le Traité pratique de micro-kinésithérapie, dont le premier tome date de 1996[1]. Il a été écrit par Daniel Grosjean et Patrice Bénini, présentés sur le site internet de la microkinésithérapie comme étant les fondateurs de cette technique depuis les années 1980[2].

Principe théorique[modifier | modifier le code]

Des « rythmes tissulaires » pourraient être modifiés par des chocs émotionnels ou physiques et nécessiteraient d'être rééquilibrés pour recouvrer la santé[3].

La microkinésithérapie est une technique de soins effectuée avec les mains, qui consiste à contrôler et à restaurer la vitalité de tous les tissus corporels.

Le contrôle s'effectue par une micropalpation qui permet de retrouver facilement les tissus en dysfonctionnement, c'est-à-dire ceux qui sont porteurs d'une séquelle pathologique qui s'est inscrite à la suite d'une agression non rejetée.

En effet toute agression subie met automatiquement en route des mécanismes auto-correcteurs chargés de lutter et de supprimer les conséquences de cette agression (cicatrisation après plaie, consolidation après fracture, anticorps après antigènes, etc.) Dans certains cas, ces mécanismes n'ont pas fonctionné ou n'ont pas réussi à supprimer les conséquences de l'agression. Les tissus vont alors porter la marque de ces séquelles pathologiques et présenter un dysfonctionnement.

C'est sur ces tissus que la microkinésithérapie va agir en reproduisant selon les données homéopathiques, c'est-à-dire d'une manière semblable et minime, l'agression primitive pour remettre en route les mécanismes d'auto-correction défectueux qui n'avaient pas fonctionné et ceci même des dizaines d'années plus tard. Cette remise en route des mécanismes auto-correcteurs permet d'obtenir une normalisation rapide des tissus qui facilite grandement une bonne rééducation des fonctions.

L'étude se fait à partir des lésions traumatiques qui sont les plus faciles à trouver, à corriger et aussi à reproduire expérimentalement, ce qui facilite beaucoup l'apprentissage de leur recherche. Ces corrections permettent de résoudre bon nombre de séquelles douloureuses.

Les lésions inscrites dans les circuits nerveux sont ensuite abordées avec des corrections similaires. Les agressions infectieuses, toxiques et carentielles sont étudiées lors des perfectionnements ainsi que les lésions dites "de mémoires" qui permettent de contrôler et de supprimer autant les séquelles des toxines que des émotions conscientes ou inconscientes subies et produites.

Le fil directeur de cette lecture est la loi d'évolution telle qu'elle se présente dans l'embryologie, la phylogenèse ou la biogenèse.

Évaluation scientifique[modifier | modifier le code]

Une étude du CHU de Grenoble a été publiée et référencée en 2016 sur l'efficacité clinique de la microkinésithérapie dans les cervicalgies post-traumatiques[4].

Les résultats d'une expérimentation en double aveugle ont été publiés dans une revue de référence internationale et indexés sur Medline en mars 2017[5].

Un article intitulé "Une thérapie complémentaire : la microkinésithérapie" est paru dans la revue HEGEL, revue scientifique francophone indexée à comité de lecture en juin 2017[6]. Cet article présente succinctement les bases de la microkinésithérapie ainsi que sa place et son utilité dans les approches complémentaires.

L'International Journal Of Science & Research Methodology a publié un article en novembre 2017 : "A new approach to manual therapy for the immune system: an experimental study". Cette évaluation de la microkinésithérapie cette fois-ci en laboratoire donne les résultats obtenus sur des rats avec groupe témoin, groupe placebo et groupe traité, soit 45 rats au total par lots de 15 dans ces 3 groupes. Les évaluations ont été effectuées sur les cytokines obtenues par des prises de sang et analysées par des appareils homologués selon des protocoles fixés. Les cytokines retenues : interleukine 2, 4 et le Tumor Necrosis Factor ont été retenues puisqu’ils sont reconnues comme des facteurs objectifs indiquant les réponses immunologiques d’un organisme après un stress. Les résultats montrent que ces marqueurs continuent d’augmenter au 3°, 7° et 21° jours dans les groupes témoin et placebo alors qu’ils ont pratiquement disparu dans le groupe traité avec une séance de microkinésithérapie au 3°, 7° et 21° jour.[7]

En France, dans un avis du 21 mars 2013, le Conseil national de l’ordre des masseurs-kinésithérapeutes indique sa réserve quant à la pratique de la microkinésithérapie, ni éprouvée ni conventionnelle, par un kinésithérapeute[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Grosjean et Bénini 1996
  2. Fondateurs de la microkinésithérapie
  3. Monvoisin et Pinsault 2014, p. 112-113
  4. Editora Cubo, « MTPRehabJournal Article :: Evaluation of the clinical effectiveness of microkinesitherapy in post-traumatic cervicalgia. A randomized, double-blinded clinical trial. », sur MTP&RehabJournal (DOI 10.17784/mtprehabjournal.2016.14.385, consulté le 14 mai 2017)
  5. Daniel Grosjean, Patrice Benini et Pierre Carayon, « Managing irritable bowel syndrome: The impact of micro-physiotherapy », Journal of Complementary & Integrative Medicine,‎ (ISSN 1553-3840, PMID 28306531, DOI 10.1515/jcim-2015-0044, lire en ligne)
  6. Daniel Grosjean, « Une thérapie manuelle complémentaire : la « microkinésithérapie » », HEGEL - HEpato-GastroEntérologie Libérale, no 2,‎ (ISSN 2115-452X, DOI 10.4267/2042/62288, lire en ligne)
  7. (en) GROSJEAN, D. ; SALGADO, A. S. I. ; PARREIRA, R. B. ; CECI, L. A. ; Carraro, Emerson ; HOSNI, A. P. ; MIRI, A. L. ; GOMES, J. C. ; KERPPERS, I. I., « A New Approach to Manual Therapy for the Immune System: an Experimental Study. », International Journal of Science and Research Methodology,‎ , v. 8, p. 1-12, 2017 (ISSN 2454-2008, lire en ligne)
  8. « Avis du Conseil national de l'Ordre du 20 et 21 mars 2013 relatif à la “microkinésithérapie” » [PDF], sur rhone.ordremk.fr, (consulté le 21 janvier 2015)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Daniel Grosjean et Patrice Bénini, Traité pratique de microkinésithérapie, Pont-à-Mousson, Centre de formation de la microkinésithérapie, (OCLC 717889280) (ASIN B0014SHRR6) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Richard Monvoisin et Nicolas Pinsault, Tout ce que vous n’avez jamais voulu savoir sur les thérapies manuelles, Saint-Martin-d'Hères (Isère), Presses universitaires de Grenoble (PUG), coll. « Points de vue et débats scientifiques », , 380 p. (ISBN 978-2-7061-1858-6, OCLC 880268020) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Lien externe[modifier | modifier le code]