Meconopsis cambrica

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Le Pavot du Pays de Galles ou Pavot jaune (Meconopsis cambrica) parfois appelé Méconopsis du Pays de Galles ou Méconopside du Pays de Galles est une espèce de la famille des Papaveraceae qui pousse souvent (à l'état sauvage) dans les bois et forêts de pente ou des éboulis calcaires[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Selon les données phylogéographiques disponibles, il s'agit d'une plante qui pourrait être une relique de la flore du tertiaire[2].

De nos jours, les populations de Grande-Bretagne, du Massif Central et des Pyrénées centrales et orientales se distinguent encore bien (génétiquement parlant) les unes des autres[2] (hormis au sein des populations introduites[3]). Des preuves génétiques montrent que l'espèce a persisté pendant une longue période avec une distribution très fragmentée et probablement très localisée[2].

A Viallanes en 1882 considérait « cette belle Papavéracée des bois montagneux » comme {{rare, non seulement en France, mais encore dans le reste de l'Europe. Signalée en Angleterre (pays de Galles), en Espagne (Galice, Castille, Asturies), elle paraît manquer dans toute la partie orientale du continent européen, ne se trouve ni en Allemagne, ni en Suisse, ni en Italie. En France, elle est indiquée dans l'Yonne, la Nièvre, le haut Beaujolais, l'Auvergne, l'Hérault, les Pyrènées. La Côte-d'Or est très probablement sa dernière station à l'est de la France}}[4].

Répartition et habitats[modifier | modifier le code]

C'est une espèce atlantique endémique à l'Europe de l'Ouest, qu’on peut encore localement rencontrer dans les régions situées autour du Golfe de Biscaye, du pays de Galles et en Irlande. C'est une espèce plutôt atlantique, mais dont certaines populations se sont adaptées à la moyenne montagne (pré-alpes par exemple[5]) et y compris en forêt parfois[6] et aux versants nord pyrénéens[7]. Pearsall la cite en 1918 dans la flore d'un marais constitué sur d'anciennes moraines près d'un lac aux eaux acides[8].

C'est la seule espèce de ce genre en Europe (les autres sont en Chine et Himalaya). Les analyses génétiques laissent penser que les différentes populations sauvages descendent de populations qui ont survécu dans différents refuges climatiques (Refuges glaciaires lors des glaciations successives[2]).

La génétique de l'espèce pourrait avoir été troublée par des introductions et croisements de populations, délibérés ou accidentels du fait des activités humaines[3].

Ainsi en Grande-Bretagne, l'espèce est devenue rare et considérée comme en déclin pour ce qui concerne les souches autochtones, mais elle devient de plus en plus fréquentes depuis quelques décennies en tant que « évadée de jardin »[3]. Les souches introduites dans les jardins anglais semblent provenir des Pyrénées centrales et orientales plutôt que des sites britanniques indigènes[3] et des flux de gènes et hybridations sont attendus entre ces différentes origines[3].

Statut de protection[modifier | modifier le code]

L'espèce est protégée dans les régions suivantes : Auvergne, Bourgogne, Limousin, Midi-Pyrénées et Rhône-Alpes.

Description[modifier | modifier le code]

  • Plante vivace, haute de 30 à 80 cm centimètres, légèrement velue, exposition mi-ombre, commune dans les Pyrénées
  • suc laiteux (jaunes selon certains auteurs anciens[9]) et éventuellement allergène[10]
  • Feuilles composées, légèrement velues (glauques sur le dessous), radicales profondément découpées, lobées à long pétiole.
    Feuilles supérieures semblables à pétiole plus court
  • Fleurs jaunes, 50 à 70 mm de diamètre à 4 pétales et 2 sépales (assez éphémères).
  • fruits : Capsule glabre de 15 à 25 mm qui s'ouvrent à leur sommet à maturité.

Sciences citoyennes et participatives[modifier | modifier le code]

Tela botanica a lancé une opération de cartographie collaborative de cette espèce en juin et juillet 2015 (Mission Flore 2015) ; « sans récolter d’échantillons ni endommager les plantes ou le milieu »[11].

Cette opération vise à améliorer la connaissance de l'espèce par les botanistes, Conservatoires botaniques et DREALs concernés, ainsi que le SINP (Système d’information sur la nature et les paysages) qui manque d'informations récentes notamment pour le Languedoc Roussillon ;

Il s'agit aussi d'« aider à la préservation des zones naturelles » où vit cette plante et faciliter d'éventuelles mesures de restauration, protection ou gestion de l'espèce.

Taxonomie[modifier | modifier le code]

La dénomination Cambrica Meconopsis est encore discutée. Ainsi Kadereit, Preston & Valtueña ont proposé en 2011, sur la base d'une reconstruction phylogénétique, de redonner son ancien nom (Papaver cambricum L.) à l'espèce [12] alors que la lignée asiatique de Meconopsis devrait être traitée comme un genre indépendant[12].

Fairbairn & Williamson en 1978 ont constaté que Meconopsis cambrica synthétise de l'acide méconique, comme les pavots, alors que les autres Meconopsis n'en produisent pas[13].

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pautz F, Dardaine P & MULLER S (1997) Les pelouses calcaires du plateau de Malzéville (France, 54): Présentation du site et des groupements végétaux.
  2. a, b, c et d Valtueña, F. J., Preston, C. D., & Kadereit, J. W. (2012). Phylogeography of a Tertiary relict plant, Meconopsis cambrica (Papaveraceae), implies the existence of northern refugia for a temperate herb. Molecular ecology, 21(6), 1423-1437 (résumé)
  3. a, b, c, d et e Valtuena, F. J., Preston, C. D., & Kadereit, J. W. (2011). Evolutionary significance of the invasion of introduced populations into the native range of Meconopsis cambrica. Molecular ecology, 20(20), 4318-4331 (résumé)
  4. Viallanes M.A (1882) Notice Sur Toussaint Pignant.—Notes Sur Le Meconopsis Cambrica Et Le Cyclamen Europæum, Végétant Dans Le Département De La Cote-D'Or. Bulletin de la Société Botanique de France, 29(10), LVII-LXI.
  5. Lenoble M.F (1918) Découverte d'une station de Meconopsis cambrica Vig. dans les Préalpes de la Drôme (Dauphiné). Bulletin de la Société Botanique de France, 65(1-9), 10-10 (résumé).
  6. Berghen C.V (1969) Les forêts de la haute Soule (Basses-Pyrénées). Bulletin de la Société Royale de Botanique de Belgique/Bulletin van de Koninklijke Belgische Botanische Vereniging, 107-132.
  7. Dupias, G. (1988). L'extension de la flore atlantique au versant Nord des Pyrénées. In Homenaje a Pedro Montserrat (pp. 529-534). Instituto de Estudios Altoaragoneses.
  8. Pearsall, W. H. (1918). The aquatic and marsh vegetation of Esthwaite Water. The Journal of Ecology, 53-74 ; DOI:10.2307/2255505
  9. Bourdette, M. (1886). Sur L'Odeur De L'Orchis Coriophora L. Et Le Suc Du Meconopsis Cambrica Vig. Bulletin de la Société Botanique de France, 33(4), 239-240. voir p 3/4
  10. Paulsen, E., & Strauss, G. I. (2010). Contact dermatitis from Welsh poppy [Meconopsis cambrica (L.) Vig.]. Contact dermatitis, 62(3), 184-186 (résumé).
  11. Samantha BAZAN (2015), Mission Flore 2015 : Aidez nous à observer Meconopsis cambrica (L.) Vig. ! Mis en ligne jeudi 11 juin 2015
  12. a et b Kadereit J.W, Preston C.D & Valtueña F.J (2011) Is Welsh Poppy, Meconopsis cambrica (L.) Vig.(Papaveraceae), truly a Meconopsis ?. New Journal of Botany, 1(2), 80-88. (résumé)
  13. Fairbairn J.W & Williamson E.M (1978) Meconic acid as a chemotaxonomic marker in the Papaveraceae. Phytochemistry, 17(12), 2087-2089.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bourdette, M. (1886). Sur L'Odeur De L'Orchis Coriophora L. Et Le Suc Du Meconopsis Cambrica Vig. Bulletin de la Société Botanique de France, 33(4), 239-240.
  • Hemingway S.R, Phillipson J.D & Verpoorte R (1981) Meconopsis cambrica alkaloids. Journal of Natural Products, 44(1), 67-74 (résumé).
  • Hemingway, S. R., & Phillipson, J. D. (1975). Proceedings: Alkaloids of Meconopsis cambrica. The Journal of pharmacy and pharmacology, 27, 84P.
  • Gerber M.L.C (1907) La présure des Papavéracées. Bulletin de la Société Botanique de France, 54(9), VII-XVI.
  • Jork, K. B., & Kadereit, J. W. (1995). Molecular phylogeny of the Old World representatives of Papaveraceae subfamily Papaveroideae with special emphasis on the genus Meconopsis. In Systematics and evolution of the Ranunculiflorae (pp. 171-180). Springer Vienna (résumé).
  • Kadereit J.W, Schwarzbach A.E & Jork K.B (1997) The phylogeny ofPapaver sl (Papaveraceae): Polyphyly or monophyly?. Plant Systematics and Evolution, 204(1-2), 75-98 5 (Résumé).
  • Preston C.D, Valtueña F.J & Kadereit J.W (2012) The intriguing case of the Welsh poppy Meconopsis cambrica. British Wildlife, 24(1), 16-20.
  • Roux G (1955) Contribution à l'étude d'une papaveracée: Meconopsis cambrica Vig: recherches botaniques, effets physiologiques (Doctoral dissertation, Imprimerie parisienne).
  • Slavík J & Slavíková L (1996) Alkaloids of Meconopsis cambrica (L.) VIG. and M. robusta HOOK. f. et THOMS. Collection of Czechoslovak chemical communications, 61(12), 1815-1822 (résumé).
  • Slavik, J., & Slavikova, L. (1963). der mohngewächse (Papaveraceae) XXI. Über die alkaloide aus Meconopsis cambrica (L.) VIG. Collection of Czechoslovak Chemical Communications, 28(7), 1720-1727.
  • Sulmont, G. (1965). Contribution à l'étude des transformations de l'ovule en graine chez les méconopsis cambrica vig (Doctoral dissertation).