Mathos

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Vue d'artiste de Mathos (à droite) accompagné de Spendios (à gauche), illustrant le roman Salammbô de Gustave Flaubert. Gravure de Poirson pour une réédition en 1890.

Mathos ou Mathos (en grec ancien Μάθως, date de naissance inconnue, mort en 237 av. J.-C.) est un mercenaire libyen antique. Il est connu pour son rôle durant la guerre des Mercenaires qui oppose la cité nord-africaine de Carthage aux mercenaires révoltés qui réclament le paiement de leurs services rendus durant la première guerre punique.

Biographie[modifier | modifier le code]

La seule source antique détaillée sur la vie de Mathos est le livre I des Histoires, ouvrage de l'historien grec Polybe, qui relate la guerre des Mercenaires. Le chef libyen y est appelé d'un nom grec, Mathos. Certains savants spécialisés dans la civilisation carthaginoise supposent que son nom pourrait avoir été Mattan[1].

Originaire de Libye (nom antique de l'Afrique du Nord), Mathos combattit en Sicile durant la première guerre punique. Orateur puissant et influent, il se fit le principal chef de guerre des mercenaires lors de la guerre opposant ceux-ci à Carthage. Selon Polybe, il incita au supplice de Giscon, chargé de la médiation des parties. Dès l’insurrection, Mathos chercha à se concilier les villes africaines de l’intérieur, ce qui, grâce à ses origines libyennes, réussit en partie : des milliers d’Africains rejoignirent la cause des mercenaires. Il décida ensuite d’assiéger Hippo Acra après s’être emparé de Tunis, et celle-ci fit rapidement alliance avec eux (-239). Il partit ensuite bloquer la cité de Carthage elle-même et installa son poste de commandement à Tunis. C’est là en -238, qu’il fut bientôt assiégé par Hamilcar Barca. Audacieux, il brisa le siège en défaisant le corps auxiliaire du général Hannibal, exécuta celui-ci en le faisant crucifier[2] et s’enfuit de la ville avec ses troupes. En -237, après une guérilla sanguinaire qui épuisait peu à peu ses hommes, sans aucune aide extérieure désormais, Mathos se résolut à en finir en -237 lors d’une bataille rangée vers Leptis Parva : il fut finalement vaincu grâce à l'aide apportée par un prince Numide, Naravas. Il fut capturé par les Puniques après la bataille et mourut dans les pires tourments à Carthage la même année[3].

Postérité après l'Antiquité[modifier | modifier le code]

Mathos est l'un des principaux personnages du roman historique Salammbô de l'écrivain français Gustave Flaubert, paru en 1862, qui est une version romancée de la guerre des Mercenaires. Le nom du chef libyen y est modifié légèrement pour devenir « Mathô ». Mathô rencontre Salammbô, personnage imaginaire fille du suffète Hamilcar Barca, et il en tombe désespérément amoureux. Cette intrigue amoureuse est entrecroisée avec les exploits guerriers de Mathô. Le roman de Flaubert a lui-même connu une abondante postérité et plusieurs adaptations sur des supports variés.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hédi Dridi, Carthage et le monde punique, Paris, Belles Lettres, 2009, p. 43.
  • Edward Lipinski [sous la dir. de], Dictionnaire de la civilisation phénicienne et punique, éd. Brepols, Turnhout, 1992, p. 199.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lipinski (dir., 1992), p. 199.
  2. Diodore de Sicile, Bibliothèque historique, XXV, fragment (Excerpt. Vatican., p. 55, 56). Selon ce fragment, Mathos fait crucifier Hannibal pour venger l'exécution de Spendios par crucifixion ordonnée par Hamilcar.
  3. Dridi (2009), p. 43-44.