Massacre de Milan

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Massacre de Milan
Description de cette image, également commentée ci-après
Photo des émeutiers conduits en prison, par Luca Comerio, 1898.
Informations
Date 9 mai 1898
Localisation Milan
Caractéristiques
Revendications protestations contre la hausse des prix alimentaires
Types de manifestations émeute avec érection de barricades
Bilan humain
Morts entre 118 et 400
Blessés entre 450 et 2000

Le massacre de Milan ou massacre de Bava-Beccaris est une tuerie au canon de manifestants protestant contre la cherté des produits alimentaires, en mai 1898, à Milan en Italie.

Contexte[modifier | modifier le code]

En avril et mai 1898, la hausse des prix alimentaires agite toute l'Italie (protesta dello stomaco).

Le massacre[modifier | modifier le code]

Le 5 mai, les ouvriers organisent une grève pour protester contre le gouvernement d'Antonio Starrabba di Rudinì, le rendant responsable de la hausse des prix et de la famine qui touche le pays. Le premier sang est versé à Pavie, quand le fils du maire de Milan est tué en essayant d'arrêter les soldats qui marchaient sur la foule. La garnison était commandée par le général Fiorenzo Bava-Beccaris, vétéran des guerres d'indépendance ayant unifié l'Italie.

Le lendemain, des manifestations ont lieu à Milan. La grève générale est décrétée et la foule se rend maîtresse de plusieurs quartiers de la ville[1]. Le gouvernement de Rudinì décrète l'état de siège dans la ville. L'infanterie, la cavalerie et l'artillerie sont envoyées dans la ville sous les ordres du général Bava-Beccaris, qui donne l'ordre d'ouvrir le feu sur les manifestants et de démolir les barricades au canon. S'ensuivent une série d'affrontements autour de la ville entre soldats et manifestants armés de pierres et de bâtons. Le 9 mai, l'armée utilise à nouveau l'artillerie pour ouvrir une brèche dans les murs d'un monastère proche de la Porta Monforte, où on ne trouve qu'un groupe de mendiants recueillis par les frères.

Bilan et suites[modifier | modifier le code]

Photo des barricades des émeutiers et intervention des bersaglieri, par Luca Comerio, Milan, 1898.

Selon le gouvernement, il y eut 118 morts et 450 blessés. L'opposition décompte 400 morts et plus de 2000 blessés.

Le premier ministre Antonio di Rudinì est forcé de démissionner en juillet, mais le général Bava-Beccaris est fait grand-croix de l'ordre militaire de Savoie dans l'année : le roi le remercie d'avoir rendu « un grand service au roi et à l'Italie ».

Le 29 juillet 1900, le roi Humbert Ier est assassiné par l'anarchiste Gaetano Bresci (revenu d'immigration des États-Unis après l'annonce du massacre). Il proclama qu'il est revenu directement d'Amérique pour venger les victimes de la répression, et l'affront constitué par la remise d'une décoration au général Bava-Beccaris. Le général est mort 26 ans plus tard, à 93 ans.

Le peintre Quinto Cenni réalise une série de 34 peintures de scènes dont il fut témoin, représentant des épisodes variés des troubles ayant eu lieu dans la ville et les actions visant à y mettre fin. Il adopte généralement le point de vue du gouvernement, montrant les soldats victimes de provocations et bien accueillis par des habitants ordinaires.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Milza, Pie XII, Paris, Fayard, 2014, p. 34

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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