Maskirovka

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La Maskirovka (en russe : маскировка, littéralement : camouflage) est l'art russe de la désinformation militaire.

Elle ne recouvre aucune pratique spécifiquement russe mais trouve son originalité dans l'appréhension des techniques de désinformation comme un tout, depuis le simple camouflage à l'échelon individuel jusqu'au niveau stratégique.

On parle habituellement de Maskirovka pour un certain nombre de batailles menées pendant la Seconde Guerre mondiale, les plus connues étant Rjev-Vyazma, Stalingrad, Koursk et l'opération Bagration.

Histoire[modifier | modifier le code]

Dans la Bataille de Koulikovo de 1380 le prince Dimitri Ier Donskoï a vaincu les armées de la Horde d'or en effectuant une attaque inattendue du régiment caché dans la forêt. La tactique de cette bataille est toujours citée dans les écoles russes de cadets [1].

Avant la Seconde Guerre mondiale, l'Armée russe avait une école de tromperie fonctionnant en 1904 et dissoute en 1929 [2]. Le règlement de 1929 de l'Armée rouge constatait que : « la surprise exerce un effet stupéfiant sur l'ennemi. Pour cette raison, toutes les opérations menées par les troupes devraient être accomplies avec vitesse et masquage maximaux » [3]. Pour atteindre le masquage, on devait déferrer l'ennemi avec les mouvements, camouflage et profiter du terrain, nuit et brouillard, vitesse, et clandestinité. « Ainsi, dans l'art soviétique militaire au cours des années 1920 la théorie de la maskirovka opérationnelle a été développée comme l'un des moyens les plus importants pour parvenir à un effet de surprise dans les opérations. » [4]

Le journaliste et chercheur Romain Mielcarek évoque la Maskirovka pour parler des opérations militaires d'influence contemporaines, notamment dans le cadre de la guerre en Ukraine. Il écrit : « Pour les Russes, la question de l'influence ne réclame pas plusieurs réponses qui seraient propres à l'armée, à la diplomatie, au pouvoir politique et aux médias. À l'inverse des pays occidentaux qui tendent à distinguer les rôles et les limites, notamment éthiques, des uns et des autres, les Russes ont une approche globale de la question qui rend extrêmement difficile la lecture des organigrammes » [5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lucy Ash, « How Russia outfoxes its enemies », sur https://www.bbc.com, British Broadcasting Corporation, (consulté le )
  2. « Tournament Compensation in the Boardroom », dans Golfonomics, WORLD SCIENTIFIC, (ISBN 978-981-238-677-9, lire en ligne), p. 237–256
  3. Glantz 1989, p. 6.
  4. Meyer D. Glantz, « Cognitive Therapy with the Elderly », dans Comprehensive Handbook of Cognitive Therapy, Springer US, (ISBN 978-1-4757-9781-7, lire en ligne), p. 467–489
  5. « Mielcarek Romain, Militaires, diplomates et médias unis dans la stratégie d'influence », sur www.guerres-influences.com, (consulté le )

Article connexe[modifier | modifier le code]