Maria Tănase

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Maria Tănase
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Maria Tănase

Informations générales
Naissance
Bucarest
Décès (à 49 ans)
Bucarest
Activité principale Chanteuse
Années actives 1935 - 1963

Maria Tănase est une chanteuse roumaine de musique populaire née le à Bucarest et décédée le à Bucarest.

La jeunesse et le succès[modifier | modifier le code]

Elle naît à Bucarest, troisième enfant d'Ana Munteanu, originaire de la commune transylvaine de Cârța (Făgăraș) et de Ion Coandă Tănase, du village oltéen de Mierea Bârnicii, dans la vallée de l'Amaradia, un affluent du Jiu. Très tôt, elle se trouve en contact avec la musique, car ses parents aiment beaucoup la chanson populaire et la musique en général.

Elle monte pour la première fois sur scène en 1921 à la Maison de la Culture « Cărămidarii de Jos » de l'avenue Piscului, pour la fête de fin d'année de l'école primaire no 11 de Tăbăcari, et sur la scène du lycée « Ion Heliade Rădulescu », où elle ne fréquente que les petites classes, car elle doit très tôt de quitter l'école pour travailler avec ses parents, fleuristes dans le sud de Bucarest. Plus tard, elle rencontre le journaliste Sandu Eliad lors d'une réunion de jeunes intellectuels, et ses membres lui conseillent de suivre une carrière artistique et de monter sur scène. Elle fait ses débuts au théâtre de Revue de Constantin Tănase. Son nom apparaît pour la première fois dans la presse le 2 juin 1934, dans la revue Cărăbuș-Express, sous le pseudonyme de Mary Atanasiu, que lui avait suggéré Constantin Tănase.

En 1938, avec d'autres artistes roumains comme Constantin Brâncuși, Maria Tănase représente la Roumanie lors de l'Exposition mondiale de Paris, où on la surnomme « la Piaf roumaine » ; elle devient célèbre en enregistrant ses premières chansons pour la Société roumaine de radiodiffusion.

Ses démêlés avec la Garde de fer[modifier | modifier le code]

En 1940, à l'avènement de la Garde de fer (mouvement d'extrême-droite dit « légionnaire ») au pouvoir, un « deuil national » est décrété par le nouveau gouvernement fasciste, surnommé « le régime des pompes funèbres ». La musique populaire de fêtes est interdite à la diffusion sur les terrasses de cafés, les jardins, etc. Contrairement à une idée répandue après-guerre, la société roumaine populaire ne partage pas les vues d'extrême-droite (avant 1940, pendant la dictature carliste, la gendarmerie avait reçu l'ordre de tirer sans sommation sur tout rassemblement « légionnaire ») et de nombreux diffuseurs ne respectant pas l'interdiction. La violence se déchaîne : d'importants enregistrements sont détruits par des « légionnaires » fanatiques. Sur leurs ordres, les disques de Maria Tănase sont transformés en peignes par les artisans tsiganes qui les vendent dans les rues, et les matrices de la maison de disques « Columbia », sur l'avenue de la Victoire, sont cassées. La Société roumaine de radiodiffusion, accusée de déformer le folklore roumain, sera elle-même dissoute, et Maria Tănase se voit interdire de chanter.

La violence du régime fasciste contre Maria et sa musique peut s'expliquer de deux manières : d'une part ses chansons (comme celles d'Edith Piaf en France) évoquaient crûment la vie du peuple, ses souffrances et ses superstitions, ce qui allait à l'encontre de l'« héroïsation » raciste du peuple par l'idéologie « légionnaire », et d'autre part elle comptait dans le cercle de ses amis des intellectuels juifs tels l'ethnologue Harry Brauner (le frère du peintre Victor Brauner) et le journaliste Ștefan Roll. Elle-même est vilipendée et insultée dans les média. Ce qui ne l'empêche pas, après une tournée en Turquie, d'organiser des spectacles pour les soldats blessés sur le front, à côté d'autres noms importants de la culture roumaine comme George Enescu, George Vraca ou Constantin Tănase.

Ses dernières années[modifier | modifier le code]

Après la guerre, les persécutions fascistes lui valent la mansuétude des communistes, même si ceux-ci aussi pratiquent une « héroïsation » du peuple, prolétarienne celle-là. Elle pourra reprendre ses enregistrements et ses tournées en mettant seulement en sourdine les thèmes évoquant la religion ou la sexualité.

En 1955, elle reçoit le Prix de l'État et en 1957 le titre d'Artiste émérite.

Elle meurt d'un cancer en 1963 et elle est, depuis, vénérée comme l'Édith Piaf roumaine : ses enregistrements continuent à bien se vendre plus d'un demi-siècle après sa disparition.

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