Magasin (caméra)

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Un magasin est un accessoire de la caméra de cinéma, dédié au stockage de la pellicule vierge pour assurer les prises de vues et la protéger de toute exposition accidentelle à la lumière. Le magasin des caméras de poing (portables à la main) est une partie constitutive du corps de la caméra. Les magasins des caméras de studio sont des pièces amovibles que l’on change dès que la pellicule vierge a été impressionnée sur toute sa longueur.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les appareils de prise de vues des débuts du cinéma se trouvaient dans les deux cas : en 1891, le Kinétographe de Thomas Edison et William Kennedy Laurie Dickson, la première caméra du cinéma, contenait la pellicule à l’intérieur même du boîtier du mécanisme. En 1895, le Cinématographe des frères Lumière utilise le même principe, mais comme il est portable car peu encombrant, léger et fonctionnant avec une simple manivelle — le Kinétographe est au contraire encombrant, lourd et nécessite un branchement sur le secteur électrique — les opérateurs ont pour mission d’aller enregistrer des images dans le monde entier et la caméra possède alors plusieurs petits magasins amovibles chargés dans le noir total en pellicule vierge. La longueur de chaque bobineau est variable, de 15 à 20 mètres au maximum.

Caméra Bell & Howell modèle 2709 (tournage de Filling His Own Shoes 1917)

Une fois impressionnée, celle-ci est recueillie dans un sac noir étanche à la lumière, l’opérateur la développe le soir même car dans son bagage, il n’a pas oublié d’emporter avec lui des bombonnes de révélateur et de fixateur. En effet, il lui faut au plus vite arrêter le processus photochimique en cours qui irait jusqu’au noircissement total de la pellicule.
Par la suite, les caméras contiennent en général la pellicule à l’intérieur de leur boîtier, mais on en vient rapidement à leur adjoindre des magasins extérieurs carrés ou ronds, qui facilitent leur chargement, comme en 1905 la caméra Pathé qui rencontre un franc succès, y compris outre atlantique, supplantée en 1909 par la célèbre Bell & Howell modèle 2709, qui annonce par sa forme familière toutes les caméras futures du cinéma muet et du cinéma sonore, et fonctionne toujours avec une manivelle.

L'Eyemo 16 mm au poing d'un soldat US pendant la guerre (1941-1945).

En 1925, Bell & Howell « met sur le marché une petite caméra portable, l’Eyemo, actionnée par un moteur à ressort, qui contient une minute, une minute et demi de pellicule 35mm à 24 ou 16 images par seconde. Elle équipera bientôt les actualités filmées et sera adoptée par les réalisateurs de documentaires. C’est la caméra — dans sa version 16 mm — dont Michael Powell munit le personnage du tueur en série dans son film Le Voyeur[1]. »

Technologie actuelle[modifier | modifier le code]

La version Fuji de la cartouche insérable

Le principe général des magasins de caméra est d’activer (pas ou peu, suivant son poids) le déroulement de la galette de pellicule vierge, et d’enrouler fermement (sans la casser) la pellicule une fois qu’elle a été impressionnée. La pellicule conditionnée en 15 mètres ou 30 mètres est enroulée dans des bobines à joues. Passée cette limite de longueur, la pellicule se présente sous forme de galettes nues enroulées sur un noyau central.
Certains magasins au format 8 mm destinés aux amateurs américains, commercialisés dans les années 1950 pour les caméras baptisées « ciné-magazine », pouvaient être installés facilement sur la caméra et en pleine lumière, sous la forme d’une cartouche (cartridge) que l’on enclenchait sur le boîtier. Cette cartouche contenait une pellicule installée par le fabricant même. Le but recherché était aussi de fidéliser le possesseur de ces caméras à un seul fournisseur de pellicule. Les professionnels français ont bénéficié de ce type de commodités avec une caméra très particulière, le Caméflex de chez Éclair, dont le magasin se fixe instantanément d’une simple poussée presque sans manipulation de la pellicule. L’ingéniosité de cet appareil fut saluée par les Américains dans les années 1950 et participa par sa commodité d’utilisation à maints tournages de la Nouvelle Vague, dont À bout de souffle, cadré par Raoul Coutard.
La plupart des autres caméras comportent des magasins aussi faciles à enclencher mais plus complexes dans la manipulation suivante qui consiste à faire passer le film dans le mécanisme du boîtier.
Les magasins se présentent de deux façons (cliquer sur la photo pour l'élargir) :

  • les magasins coplanaires (les deux bobines sont sur un même plan) :
  • les magasins jumeaux (les deux bobines sont côte à côte) :
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Références[modifier | modifier le code]

  1. Marie-France Briselance et Jean-Claude Morin, Grammaire du cinéma, Paris, Nouveau Monde, , 588 p. (ISBN 978-2-84736-458-3), p. 470