Méthode Photolangage

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La méthode Photolangage cherche à favoriser les processus associatifs, c’est-à-dire la mise en marche de l’activité de liaison et de symbolisation. La référence théorique unique de cette méthode est la théorie psychanalytique. À partir de cette perspective théorique, on peut dire qu'un défaut de symbolisation est un défaut de liaison par la pensée entre l’éprouvé corporel et la mise en mot. La symbolisation résulte de la capacité à transformer l’affect en sentiment par la parole. D'après les tenant de cette méthode, elle serait particulièrement indiquée pour les individus qui ont des difficultés à associer[réf. nécessaire].

Selon René Kaës : « Le Photolangage n’est pas une méthode fondée sur la projection mais sur l’induction : elle trace le chemin qui conduit de l’image à la parole[1]. »

Historique[modifier | modifier le code]

Le dispositif[modifier | modifier le code]

  • Dans le domaine du soin, 5 à 8 patients forment un groupe hebdomadaire à jour, lieu et heure fixes. La durée des séances est d’une heure à une heure et demie et les séances sont encadrées par 2 ou 3 animateurs (psychologues, psychiatres, infirmiers) qui sont toujours les mêmes, assurant ainsi la continuité du travail.
  • Chaque séance débute par une question posée par un animateur au groupe et le choix de cette question est un point crucial du dispositif.
  • La méthode Photolangage est composée d’un ensemble précis de consignes et de dossiers de 48 photos en noir et blanc qui sont regroupées par thèmes (e.g. Corps et Communication, Des choix personnels aux choix professionnels ou encore Santé et Prévention).

Déroulement d'une séance[modifier | modifier le code]

Une séance Photolangage se déroule en deux temps :

  • 1er temps : Le choix des photos.

Après l’énoncé de la question par un des animateurs (e.g. « A l’aide de deux photos, dites ce qu’est pour vous se séparer, se retrouver »), les photos sont disposées sur des tables. Chaque membre du groupe va choisir individuellement une photo, celle qui lui « parle » le plus. Ce choix se fait dans le silence, par le regard et sans limite de temps. Une des singularités de la méthode réside dans le fait que l’animateur aussi choisit une photo. Cette singularité a deux raisons : d’une part, les participants ont ainsi la perception que la méthode ne les met pas en danger ; d’autre part, cela favorise l’identification aux soignants.

  • 2e temps : Les échanges en groupe.

Chaque participant va maintenant parler au groupe de sa photo. La qualité de l’écoute est ici primordiale. Puis, il va écouter ce que les autres participants, ceux qui ont envie de s’exprimer, ont à dire sur sa photo.
Une des particularités de la méthode Photolangage est qu’elle est source de plaisir : plaisir à échanger, plaisir d’être en groupe.

La spécificité de la méthode Photolangage et les processus psychiques[modifier | modifier le code]

Le fait que le sujet réponde à la question posée à l’aide d’une photo va permettre la mise en place d’un espace de jeu entre mobilisation de la pensée en images et mobilisation de la pensée en idées.
La photo, objet médiateur, va inviter l’imaginaire dans cet espace transitionnel qu’est le préconscient. Cet imaginaire qui se déploie va changer, se transformer en s’échangeant.
N’oublions pas que l’objet médiateur, ici, la photo, a une double polarité : un pôle réalité et un pôle représentativité. Il est ainsi entre sujet et objet, entre le dedans et le dehors.
Le temps du choix individuel va solliciter l’individu dans son vécu, dans son « être », la photo exprimant une partie de lui. C’est cette partie de lui, consciente ou non, que le sujet va partager avec le groupe.
Durant les échanges en groupe, certains vont venir étayer l’imaginaire présenté, d’autres vont exprimer un imaginaire différent. « Cette phase est le théâtre de toutes les violences imaginaires…Les images apportées par chacun s’entrecroisent, s’entrechoquent, se renforcent, se cumulent, au point de conforter le sujet dans sa perception ou de le décaler de sa vision initiale. » (C.Vacheret)[réf. nécessaire].
La photo va avoir un rôle transformateur mais aussi intégrateur.
Ce travail de groupe et en groupe cherche à aider le sujet à une prise de conscience de la subjectivité de ses représentations et une appropriation de certains aspects de soi.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Claudine Vacheret, Photo, groupe et soin psychique 2000, préface

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claudine Vacheret, « Photo, groupe et soin psychique », Presses Universitaires de Lyon, 2000.
  • Claudine Vacheret, « Pratiquer les médiations en groupes thérapeutiques », Dunod, 2002.
  • Cathy Lemer et Pierre Delvaux, « Photolangage pour Accompagnement Collectif et Individuel », Delta-CP, 2013.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]