Hugues Lethierry

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Hugues Lethierry
Hugues.JPG
Hugues Lethierry au Salon du livre de Paris en 2009
Biographie
Naissance
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Nationalité
Activité

Hugues Lethierry, né le à Paris, est un essayiste, pédagogue et philosophe social français, spécialiste de l'humour. Il a notamment travaillé sur Diogène de Sinope et le cynisme, Vladimir Jankélévitch, Henri Lefebvre.

Biographie[modifier | modifier le code]

Hugues Lethierry a étudié à Paris au lycée Carnot, où il a effectué ses études secondaires. Il a participé au mouvement des Jeunesse étudiante chrétienne pendant quelque temps. Il est admis au lycée Condorcet puis au lycée Lakanal pour des classes préparatoires littéraires[1]. Ensuite, il commence des études universitaires de philosophie à la Sorbonne et à l’université de Nanterre où il s'est inscrit à un D.E.S avec Lefebvre, faisant connaissance ainsi avec sa secrétaire de l'époque Charlotte Delbo. Plus tard, il connaîtra à Nancy l'économiste Bernard Friot et suivra des séminaires à l'université de Toulouse-Jean Jaurès.

Il a enseigné la philosophie et les lettres en France]][2], et en Algérie[3][source insuffisante] où il enseigne, en français, des textes d'auteurs algériens comme Mohamed Dib, Kateb Yacine et Mouloud Feraoun ainsi que des traductions notamment de Ibn Khaldun ou d'Al-Ghazâlî, d'Al Farabi, d'Ibn Sina ou d'Ibn Rochd, Al-Kindi, Ibn Arabi dans la ville d' Oran d'abord, au lycée Ibn Badis[4]. Il rencontre alors le futur historien de la guerre d'Algérie : Omar Carlier. Et aussi à El Hayat ainsi qu'à Mascara où il rencontrera André Gabastou (le traducteur) et surtout le poète Jean Sénac.

Plus tard, Hugues Lethierry sera en relation avec la revue de Bernard Vargaftig[5]. Il a côtoyé des mouvements pédagogiques comme le Groupe français d'éducation nouvelle (GFEN) et anime parfois des ateliers d’écriture et forums. Il a été candidat contre son ministre de l’Éducation de l’époque, René Haby, pour la mairie de Lunéville, aux élections municipales françaises de 1975.

Il a soutenu sa thèse à Paris 8 en 1986 (sous la présidence de George Vigarello, sa publication et réédition en Suisse chez Delval), il sera plusieurs fois qualifié de maitre de conférence par la section de sciences de l'éducation du conseil national des universités. Il a enseigné à l'institut universitaire de formation des maîtres de Lyon I où il a côtoyé Michelle Zancarini-Fournel et travaillé sous la direction de Philippe Meirieu. Il a participé aux universités populaires à Lyon (avec les cours de Philippe Corcuff, de Sophie Wahnich en particulier. Il revient à la philosophie qui avait été un moment écartée dans ses travaux antérieurs. Il est invité à ce titre à Varsovie pour présenter à l'école des beaux arts son premier livre sur Henri Lefebvre en 2010, à Santiago en Espagne, à l'université[Laquelle ?], en 2006, pour traiter de la question de l'humour dans le FLE, et à Sion, en Suisse, en 2015, pour parler de la Philosophie de l'humour à la haute école de pédagogie[réf. nécessaire].

Il a lancé en 2015, aux éditions du Petit Pavé, une nouvelle collection intitulée Cercle des philoUsophes. Il écrit des articles en été sur le festival d'Avignon dans le quotidien La Marseillaise (le scénario d'A. Duprat, construit à partir du livre sur Hipparchia, a été joué, avec C. Stepanof et A. Lejour, au théâtre du vieux balancier à Avignon en 2018 et en 2017 au théâtre du N.O parisien) et le reste de l'année dans le bimestriel Rebelles.

Il participe aux séminaires d'Histoire sociale de l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne dirigé par Claude Pennetier coordinateur du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier.

Recherches[modifier | modifier le code]

L'éducation nouvelle et Écoles normales[modifier | modifier le code]

Il s'intéresse à l'éducation nouvelle. L’École normale d'instituteurs depuis l’An III jusqu’aux Instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM) fait ensuite l’objet de son travail[réf. nécessaire].

La formation actuelle[modifier | modifier le code]

C'est dans le cadre actuel que l’auteur tente de sortir de l’« esprit de sérieux » moqué par son maître Vladimir Jankélévitch[6], qui en a naguère montré les limites. C'est au XXIe siècle que se situent ses dernières analyses "zygomatiques", soucieuses de populariser la philosophie, en recourant notamment à l'actualité dans son dernier pamphlet qui critique l'instrumentalisation de saint Augustin par Gérard Collomb[réf. nécessaire].

La « géloformation » ou l’humour « démo-critique »[modifier | modifier le code]

Un outil[modifier | modifier le code]

Hugues Lethierry pose l'humour « démocritique », s'inspirant du philosophe Démocrite[7] qui riait de l'absence de sagesse de ses contemporains permettrait, du fait du clinamen, afin de penser sa vie avec recul, distance et sourire. Dans différents continents, des stages ont eu lieu : notamment au Japon au sein des Rencontres internationales des éducateurs Freinet de 1998. On nous encourage ici à « écrire, jouer, dessiner, communiquer, dans l'humour »[8]. Il propose des stratégies pour utiliser consciemment l'humour, dans les démarches didactiques au lieu de le subir passivement. Par exemple dans le domaine des lettres et des sciences. Mais il convient également de parler du dessin d'humour lié à l'actualité, des blagues et de leur traduction. Il insiste aussi sur la littérature enfantine, les ressources pour CP, CE.

Depuis Diogène de Sinope[modifier | modifier le code]

Ses ouvrages tendent à le montrer ; il faut partir des cyniques grecs[9][source insuffisante]. On[Qui ?] insiste sur la figure d'Hipparchia, une des seules femmes philosophes, qui refusait d'être assignée au rouet, faisait l'amour en public et, contre l'avis de ses parents, épousa Cratès (bossu de son état, et dont le disciple Zenon fut l'un des fondateurs du stoïcisme) pour suivre ce « clochard céleste » qui n'est point soluble dans la norme dominante, crache ses mots à la face des puissants et refuse les faire-semblants sociaux. Elle pose la question du genre. On passera par Rabelais contre les agélastes (ceux qui ignorent le rire) jusqu’à Vladimir Jankélévitch ou Gilles Deleuze eux-mêmes proches d’Henri Bergson et, pour le premier de Søren Kierkegaard : les explications de nature théoriques sur l’essence du rire et du comique sont nombreuses. On évoquera aussi Cioran.[pas clair]

Jusqu'en 2020[modifier | modifier le code]

Hugues Lethierry tente de faire place à l’humour dans la résolution des conflits et la pédagogie scolaire[10][source insuffisante]. Dans les langues et lettres, comme aussi les sciences[11][source insuffisante].

Ainsi le rire peut-il s’intégrer à l’étude des « rixes du métier ». Il est omniprésent aussi, comme levier pour la réflexion, dans le spectacle vivant (au Festival d'Avignon par exemple)[12]. Enfin l'humour, depuis les attentats de 2015 s'impose comme thérapie dans différents colloques auxquels l'auteur participe [13][source insuffisante]. Il faut noter que le rire et l'humour font depuis peu en France, l'objet de réels travaux scientifiques, avec la création du R.I.R.H (réseau interdisciplinaire de recherches sur l'humour) auquel l'auteur participe (d'autres centres de recherche existent aussi, notamment en Italie, en Israël, au Canada)[réf. nécessaire].

Ses derniers travaux insistent sur le « confinement » des « agélastes »(ennemis du rire) qui portent un masque pour ne pas s'exposer au monde et réduire au minimum leur contact avec les autres[réf. nécessaire].

Études lefebvriennes et « jankelevitchiennes »[modifier | modifier le code]

Militantisme[modifier | modifier le code]

C'est sans doute l’influence au lycée de Jean Bouvier, historien de l’économie, qui peut en partie expliquer l’évolution de l’auteur aujourd’hui ainsi que celle (également ancienne) du philosophe « fouriériste » René Schérer, le frère du cinéaste Éric Rohmer qui expliquent le choix d'auteurs militants

Hugues Lethierry s'amuse à parler de militant"isthme", sans doute pour montrer les « passages » qui peuvent naître d'une praxis[14] et des interactions qui lui sont liées[15]. Lethierry définit ainsi le militant : « Celui qui perpétue la mémoire comme celui qui transmet connaissances informelles, intuition, Métis (au sens grec de « savoir ruse ») dans les fêtes et les manifestations, les grèves, les négociations, les luttes, les « universités populaires » recrée il y a 10 ans par Michel Onfray »[16] et stages pratiques qui aident à réfléchir (sur) ce qu’on a fait afin de rectifier le tir, solitairement ou en restant solidaire et en se construisant dans l’expérience[17][réf. nécessaire].

Études lefebvriennes[modifier | modifier le code]

Ce chemin menait tout droit à l'étude d'Henri Lefebvre. Lethierry cite des livres parfois oubliés comme: Pignon (1956), Musset (1955), Denis Diderot (1949). Il nous rappelle que Lefebvre fut ami un temps d'Edgar Morin, d'Alain Touraine. Il note aussi qu'il fut disciple de Friedrich Wilhelm Joseph Von Schelling[18] et de Karl Marx et que, parti du surréalisme, du militantisme et de la critique du quotidien, il fut suspendu en 1958 du Parti communiste français</ref>. Henri Lefebvre enrichit le marxisme:les quatre livres écrit ou coordonnés par l'auteur en témoignent avec d'autres [19].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Publications personnelles[modifier | modifier le code]

  • Se (re)former dans l'humour : pour un rire déconfiné !, Petit Pavé, 2020
  • Vivre ou philosopher ? Les ciseaux d'Anastasie, Petit Pavé, 2019
  • Écrire, publier, diffuser, L'Harmattan (coll Vivre et l'écrire), 2013
  • Penser avec Jankélévitch, Chronique sociale (préface Françoise Schwab), 2012, 176 p. (avec P. Verdeau et A. Peres)
  • Penser avec Henri Lefebvre, Chronique sociale (préface Rémi Hess, avant-propos André Tosel), 2009,(314 p.)
  • Apprentissages militants Chronique sociale (préface René Mouriaux, avant-propos L.Weber)[20], 2009, (334 p.)
  • Des conflits à l'école. Les rixes du métier, Chronique sociale, 2006, (173 p.)
  • Écrire la correspondance. Éloge de la lettre. Couverture de Michel Butor, Chronique sociale, (203 p.)
  • Écrire pour rire – Oui mais comment ? (préface Jean L'Anselme, avant-propos Michel Tozzi éd. L’Harmattan (150 p.)
  • Sauve qui peut les morales. Management à l'école (préface de Jean-Pierre Obin), Aléas, 2001, (200 p.)
  • Se former dans l’humour. Murir de rire (préface Jean Houssaye, Chronique sociale, Lyon, 1998, (190 p.), 2e édition, Chronique sociale, Lyon, 2001, 185 p.
  • Éducation nouvelle, quelle histoire ! 1re édition, Subervie, 1986. 2e édition, (préface de Albert Jacquard), Delval, Fribourg, 1987, 245 p.

Directions d'ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Le "camarade Collomb", la loi asile et...Saint Augustin, Préface Yvon Quiniou, postface Pierre Cours Saliés, Thot, 2019
  • Du cynisme!(Populariser la philo:théâtre, image, polar...), Preface de E. Helmer, A.P S. Husson, 204 p), Petit pavé, 2018
  • Rire en philo et ailleurs ( yes we ricane!), Preface de gérard Mordillat, 194 p., Petit pavé, 2017
  • Penser l'humour(Preface d'Y.Cusset) Petit pavé (212 p), 2016
  • Hipparchia mon amour(AP d'I.Pereira, Preface de R. Pfefferkorn), Petit pavé, 194 p., 2015
  • Humour et discipline(s) (Murir de rire tome 1), Preface de A.M Houdebine), E.P.U, 175 p., 2015
  • L'humour outil éducatif (Murir de irire tome 2 ), Preface de G. Roux, 145 p.
  • Agir avec Henri Lefebvre, préface de Thierry Paquot, postface de Jean-Pierre Garnier, Chronique sociale, 2015, 180 p.
  • Diogène nom d'un chien, préface de Jean-Paul Jouary avant-propos de Yann Marchand, Petit pavé, 2013, 144 p., 2e ed. 2016
  • Agir avec Jankélévitch, préface d'Alexis Philonenko, avant-propos de P.Trotignon) chronique sociale, 2013, 176 p.
  • Sauve qui peut la ville, préface de A. Merrifield, avant-propos A. Bihr, l'Harmattan, 2011, 160 p.
  • La mort n'est pas au programme. L'éducateur et les questions sensibles (préface de Marcel Conche), L'Harmattan, 2005, (277 p.)
  • Parler de la mort et de la vie — Un tabou dans l'éducation (préface De François Dagognet, avant-propos B. Poucet) Nathan , 2004 (217 p.)
  • Potentialités de l’humour. Vers la « géloformation » (préface Gaston Mialaret), L’Harmattan, 2002, 135 p.
  • Rire en toutes lettres, (préface de Patrick Boumard), Septentrion, Lille, 2001, 185 p.
  • Savoir(s) en rire (3 tomes), De Boëck, Louvain, 1996 :
  • Un gai savoir. Vérité et sévérité (t. 1), préface de Philippe Meirieu) (225 p.),
  • L’humour maître. Didactique et zygomatique (t. 2) (préface de André Giordan, avant-propos Robert Escarpit), (260 p.).
  • Rire à l’école. Expériences tout terrain (t. 3), préface de André de Peretti), (245 p.).
  • Feu les écoles normales (et les IUFM ?), préface de Francine Best), L’Harmattan, Paris, 1994, 450 p.

Ouvrage en collaboration[modifier | modifier le code]

  • Maintenant Henri Lefebvre : renaissance de la pensée critique (L. Bazinek, A. Ajzenberg), l'Harmattan, 2011 (214 p), préface de Michael Löwy,

Collaborations, articles et Avant-Propos (A.P)[modifier | modifier le code]

  • A.P a J.Y Martin pour "Mobilisations populaires au Brésil", Petit pavé, 2016
  • A.P a E.Moulron pour "Petit traité de savoir rire en attendant la mort" Petit pavé, 2017

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dans son ouvrage Savoirs en rire (tome 3) ainsi que dans Penser avec Henri Lefebvre, il décrit et nomme les professeurs qu'il a eus. Il y a notamment eu Jacques Derrida, Maurice de Gandillac, Jean-Claude Passeron, Jean-François Lyotard, Juliette Favez-Boutonier, Jean Wahl, Raymond Aron, René Rémond, Yvon Belaval, Gilbert Simondon, Paul Ricœur, Suzanne Bachelard, Alexis Philonenko, Jean Guitton, Jean Cazeneuve, Étienne Souriau, Daniel Lagache et Louis Poirier. Il critique dans ses livres les pratiques pédagogiques de Juliette Lemperiere en psychopathologie.
  2. Pendant cette période, il fait la rencontre d'Étienne Borne au lycée Rosa Parks de Montgeron, alors inspecteur général, qui rédigea en 1943, sous l'égide du MNCR (ancêtre du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples) Le Mensonge raciste avec Daniel Faucher et Vladimir Jankélévitch à partir d'une idée de Sylvain Barsony de l'Union des juifs pour la résistance et l'entraide. Ses travaux l’inspireront plus tard dans ses publications. L'amitié de son collègue de Chelles Ludovic Janvier l'encouragera à se lancer dans l'écriture.[réf. nécessaire]
  3. « Savoir(s) en rire (Hugues LETHIERRY) », sur cooperation-en-algerie.hautetfort.com, (consulté le 19 octobre 2013)
  4. Avec Louis Weber et d'autres qui sont evoqués dans le livre d'Aissa Kadri intitulé Instituteurs et enseignants en Algérie (1945-1975) publié en 1975
  5. Listes de qualification aux fonctions de maître de conférences arrêtées en 1999 et 2003 par les sections du Conseil national des universités
  6. Ce philosophe est souvent cité par Hugues Lethierry (dès avant Penser avec Jankélévitchet "Agir avec Jankelevitch") dans Savoir en rire, Penser avec Henri Lefebvre, Sauve qui peut les morales
  7. Une fable de Jean de La Fontaine met en scène Démocrite et les Abderitains.
  8. Cf. l'article de C. Catsaros dans Le Monde de l'éducation de juin 2003
  9. On sent ici l’influence du dernier Foucault : on se référera au séminaire sur « Le courage de la vérité », publié en 2010 chez Gallimard et qui s’est déroulé en 1984, quelques mois avant sa mort. Sur ce sujet, on se reportera à son intervention de 2013 à : http://www.citephilo.org
  10. Site de la Mission Laïque Française.
  11. Voir les interventions sur artheque.ens-cachan.fr et le lien avec la ressource:hdl=10670/l-k7hvld
  12. ou encore, dans la formation, sous la forme du "théâtre de l'opprimé" puisque l'auteur a travaillé avec Augusto Boal. On s'en convaincra en lisant la rubrique qu'il tient en été dans le quotidien "La Marseillaise
  13. Ainsi celui de "psypropos" en novembre 2015 et aussi son intervention à la "haute école supérieure de pédagogie" de Sion (Suisse) en juin 2015
  14. Pour employer le terme grec utilisé par Aristote et par certains « marxiens »
  15. http://www.istravail.com/articles469.html
  16. Savoir/agir, No 13, septembre 2010 , « L’ère Onfray des Universités populaires ».
  17. archives
  18. Lefebvre commenta ce philosophe traduit par son ami Georges Politzer dans son premier livre sur "la liberté"
  19. Le best seller de Lefebvre restant Le Marxisme Que sais-je ?, 1948 (22 rééditions): on lira avec fruit , de A. Merrifield, Henri Lefebvre , a critical introduction, Rootledge , 2006
  20. Alors président de l'Institut de Recherche de la Fédération syndicale unitaire