Ligue de Prizren

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Ouverture de la Ligue de Prizren présidée par le général ottoman Ali Pacha de Gusinje (assis à gauche)
Carte du vilayet d'Albanie réclamé par la Ligue de Prizren
Abdyl Frashëri
Pashko Vasa

En 1877, les grandes puissances reconnaissent l'autonomie aux nationalités de l'Empire ottoman à l'exception des Albanais (Protocole de Londres). Ceux-ci, à la différence de leurs voisins, n'ont pas de langue littéraire bien définie, parlent des dialectes différents et utilisent plusieurs écritures (arabo-turque, grecque et latine). En outre, la plupart d'entre eux sont musulmans et les chrétiens sont partagés entre catholiques et orthodoxes : ils n'ont donc pas le statut de millet (« nation ») reconnu dans l'Empire ottoman aux communautés dotées d'une Église nationale.

En 1878, à l'issue de la guerre russo-turque, le traité de San Stefano (3 mars 1878) cède aux nouveaux États balkaniques, Grèce, Monténégro, Serbie, Bulgarie, une grande partie des terres à majorité ou forte minorité albanaise.

Le sultan Abdülhamid II autorise alors la tenue d'un congrès à Prizren, dans le vilayet du Kosovo, que les autorités ottomanes envisagent comme une réunion des musulmans des Balkans pour défendre leurs droits face aux nations chrétiennes. La réunion s'ouvre le 10 juin 1878 à la veille des négociations de Berlin. La séance est présidée par Ali Pacha de Gusinje (en), général ottoman d'origine bosniaque. Les débats sont d'abord dominés par les ulémas et chefs traditionnels attachés au pouvoir ottoman, y compris des délégués de la Bosnie-Herzégovine (musulmans slaves non albanais) dont la province vient de passer sous administration autrichienne. Mais l'arrivée de délégués non musulmans ou d'intellectuels étrangers au milieu des notables réoriente la discussion vers l'idée d'une principauté autonome d'Albanie : cette résolution est votée le 10 juillet 1878.

Abdyl Frashëri (en) et Pashko Vasa, qui représentent la cause albanaise au congrès de Berlin, tentent vainement d'y faire entendre leurs demandes. Le Traité de Berlin, signé le 13 juillet 1878, revient en partie sur les dispositions de San Stefano, mais les grandes puissances refusent de reconnaître l'Albanie qui est seulement, pour le chancelier allemand Otto von Bismarck, une « expression géographique ».

Les fondateurs de la Ligue de Prizren sont, à l'origine, très attachés au maintien de l'Empire ottoman où ils ne réclament qu'un statut d'autonomie ; mais le refus du sultan d'écouter leurs demandes provoque une série de révoltes rapidement étouffées par l'armée ottomane. Certains participants de la Ligue sont punis comme Abdyl Frashëri, condamné à la prison à vie, alors que d'autres se rallient au pouvoir ottoman comme Pashko Vasa, nommé gouverneur du Mont-Liban[1],[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. .Gabriel Jandot, L'Albanie d'Enver Hoxha (1944-1985), Editions L'Harmattan, , p. 53
  2. Serge Métais, Histoire des Albanais, Fayard, 2006, p. 23 à 27

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Serge Métais, Histoire des Albanais, Fayard, 2006