Les Très Belles Heures du duc de Berry

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Les Très Belles Heures de Jean de France, duc de Berry
14th-century painters - Très Belles Heures of the Duc the Berry - WGA15874.jpg

Vierge à l'enfant, f.11
(contient les armes du duc de Berry)

Artiste
Jacquemart de Hesdin, André Beauneveu et autres artistes anonymes
Date
achevé avant 1402
Technique
Manuscrit relié - peinture sur vélin
Dimensions (H × L)
27.4 × 18.8 cm
Localisation
Numéro d’inventaire
Ms. 11060-61

Les Très Belles Heures du duc de Berry, appelée aussi Heures de Bruxelles, est un livre d'heures commandé par Jean de Berry actuellement conservé à la Bibliothèque royale de Belgique à Bruxelles sous la cote Ms. 11060-61.

Histoire du manuscrit[modifier | modifier le code]

L'inventaire du duc de Berry datant de 1402 contient la mention : « unes très belles heures, très richement enluminées et ystoriées de la main Jaquemart de Odin ». Cette mention est rattachée à ce manuscrit et donne sans doute la date de son achèvement. Cette attribution est cependant contestée par certains historiens de l'art[1]. Le manuscrit de Bruxelles a de manière assurée été commandée par Jean de Berry, son portrait y apparaissant par deux fois ainsi que ses armes sur de nombreuses pages. Il a sans doute été donné à un duc de Bourgogne, peut-être Jean sans Peur, à une date indéterminée. Il est mentionné dans l'inventaire de Marguerite de Bavière en 1424. L'ouvrage n'est plus signalé ensuite avant 1842 mais reste sans doute dans la bibliothèque des ducs.

On peut distinguer trois artistes ayant participé à la réalisation des enluminures. La miniature en grisaille La Vierge à l'enfant et son pendant, le Portrait du duc de Berry en prière ont été attribuées par Léopold Delisle à André Beauneveu qui a déjà réalisé un psautier pour Jean de Berry, puis à Jacquemart de Hesdin lui-même ou encore à Jean d'Orléans, alias le maître du Parement de Narbonne[2].

Les 18 autres grandes peintures du manuscrit, qui illustrent les heures de la Vierge et de la Passion ainsi que l'office des morts, sont elles aussi attribuées diversement par les historiens de l'art. Paul Durrieu y a vu la main du Maître de Boucicaut[3], pour Millard Meiss, il s'agit de Jacquemard de Hesdin ou encore le beau-frère de ce dernier, Jean Petit alias le Pseudo-Jacquemart pour Albert Châtelet[2].

Un troisième enlumineur a réalisé les initiales historiées situées en face des grandes miniatures : il est ainsi appelé Maître des Initiales de Bruxelles. Sa main se retrouve dans d'autres manuscrits parisiens de l'époque. Il serait probablement d'origine italienne.

Description du manuscrit[modifier | modifier le code]

Le manuscrit est composé de 138 folios, soit 276 pages, et comprend vingt miniatures pleine page ainsi que dix-sept lettrines enluminées.

Il contient les chapitres :

  • Heures de la Vierge à l'usage de Paris (p. 18-126)
  • Les sept psaumes de la pénitence (p. 130-148)
  • Les litanies (p. 148-162)
  • Les petites Heures de la Croix (p. 164-201)
  • L'office des morts à l'usage de Paris (p. 202-266)

Le calendrier a sans doute disparu.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Les Heures de Bruxelles, facsimilé du manuscrit, Fasimile Verlag, Luzern, 1996, 276+293 p. [présentation en ligne]
  • (en) Anne Korteweg, « The Form and Content of Jean de Berry's Books of Hours », dans Rob Dückers et Pieter Roelofs, The Limbourg Brothers : Nijmegen Masters at the French Court 1400-1416, Anvers, Ludion, , 447 p. (ISBN 90-5544-596-7), p. 135-139
  • Elisabeth Taburet-Delahaye (dir.), Paris 1400 : Les arts sous Charles VI, Fayard/RMN, , 413 p. (ISBN 2213620229), p. 109-111
  • Léopold Delisle, « Les Livres d'Heures de Jean de Berry », Gazette des beaux-arts, vol. XXIX, no 2, 4 et 5,‎ , p. 97-110, 281-292 et 391-405 (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. G. Schmidt, « La décoration du manuscrit », Fac-similé du manuscrit, 1996, p. 219-287
  2. a et b Albert Châtelet, L'Âge d'or du manuscrit à peintures en France au temps de Charles VI et les Heures du maréchal Boucicaut, éditions Faton, 2000
  3. Paul Durrieu, « Le Maître des Heures du maréchal Boucicaut », Revue de l'art ancien et moderne, t.19, 1906, p. 401-415 [lire en ligne]