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Le Jardin des Finzi-Contini

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Le Jardin des Finzi-Contini
Auteur Giorgio Bassani
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Genre Roman
Version originale
Langue Italien
Titre Il Giardino dei Finzi-Contini
Éditeur Einaudi
Lieu de parution Turin
Date de parution 1962
Version française
Traducteur Michel Arnaud
Éditeur Gallimard
Date de parution 1964
Nombre de pages 301

Le Jardin des Finzi-Contini (titre original : Il giardino dei Finzi-Contini) est un roman italien de Giorgio Bassani, paru en 1962 et qui a reçu le prix Viareggio la même année.

Dans un bref prologue, le narrateur, Giorgio, Juif italien issu de la bourgeoisie de Ferrare, raconte sa visite en 1957 d’une nécropole étrusque le long de la via Aurelia. Ce lieu lui rappelle le mausolée de la famille Finzi-Contini au cimetière juif de Ferrare.

Le récit revient alors sur les années 1930 à Ferrare, à travers la chronique des relations entre des jeunes gens de la bourgeoisie juive de Ferrare dans les années 1930, à une époque où le régime fasciste, au pouvoir depuis 1924, évolue vers l'antisémitisme (notamment par la loi sur la race de 1938), à l'exemple de l'Allemagne nazie, puis entre dans la guerre au côté de celle-ci.

Le roman Le Jardin des Finzi-Contini est dès lors centré sur une famille juive aisée de Ferrare, les Finzi-Contini, et leur propriété entourée de hauts murs. Le récit se déroule principalement dans le jardin clos de cette très aisée famille, perçu comme un espace hors du temps. Les enfants y sont instruits à domicile, et la famille ne fréquente la synagogue que deux fois par an, entretenant peu de relations avec les autres membres de la communauté juive locale.

Le jeune narrateur, fasciné par l’isolement et le mystère de cette famille, accède à leur monde après la promulgation des lois raciales de 1938. À la suite de l’exclusion des Juifs du club de tennis, les Finzi-Contini ouvrent leur court de tennis aux jeunes de la région. Ces rencontres donnent lieu à des discussions sur le quotidien et l’avenir, bien que le lecteur soit, dès le prologue, informé du destin tragique qui attend ces personnages.

Le jardin et la maison deviennent un lieu d’étude et de sociabilité : le narrateur peut utiliser la bibliothèque familiale pour ses travaux universitaires, écoute de la musique avec Alberto Finzi-Contini, et participe à des débats avec Giampi Malnate, un militant communiste qui n'est pas Juif et est un ami d'Alberto. Micòl Finzi-Contini, fille de la famille, joue un rôle central. Le narrateur se sent attiré par elle, espérant qu’une relation se construira avec le temps. Micòl, cependant, manifeste un attachement au passé et au présent, laissant entrevoir une conscience du destin funeste qui les attend.

La famille Finzi-Contini, à l’exception d’Alberto mort prématurément d’un lymphogranulome, est déportée en 1943 et meurt dans les camps de concentration. Malnate meurt au front.

Le roman peut aussi être interprété comme un récit d’apprentissage. Le narrateur, en proie au doute, met fin à ses relations avec les Finzi-Contini, s'étant convaincu que Micòl entretient une liaison avec Malnate. Il prend ses distances, se réconcilie avec son père, et décide de devenir écrivain. Bien que le narrateur soit à la première personne, son identité n’est jamais explicitement révélée ; il est généralement associé à l’auteur lui-même.

Le style du roman, marqué par une narration sobre et dépourvue de dramatisation, s’inscrit dans une esthétique néoréaliste, illustrant la condition des Juifs italiens à la veille de la Shoah.

Interprétations

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Ce roman est en partie autobiographique : Giorgio Bassani est issu d'une famille de la bourgeoisie juive de Ferrare.

À travers ce roman, il analyse l'aveuglement des Juifs italiens face à l'évolution antisémite du régime fasciste, qui au départ n'était pas marqué par cette idéologie[1].

Certains critiques[Qui ?] ont aussi vu dans ce roman une critique de l'aveuglement des classes bourgeoises libérales européennes face à la montée des totalitarismes.

Adaptation au cinéma

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Ce film remporte l'Ours d'Or du Festival de Berlin en 1971 et l'Oscar du meilleur film étranger l'année suivante. En particulier, les interprétations de Fabio Testi et de Lino Capolicchio sont unanimement saluées par la critique à la sortie du film.

Cependant, Giorgio Bassani a publiquement désavoué le film et s'estimait trahi ("Le jardin trahi", fulmina le romancier) par le cinéaste, notamment en raison de certaines libertés prises dans l'adaptation, en particulier le traitement du personnage de Micol. Dans le roman, "l'infidélité" de celle-ci envers le narrateur est suggérée comme un fantasme tandis que dans le film, elle est représentée comme une réalité, ce qui a profondément déplu à Giorgio Bassani[2].

Références

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  1. Un certain nombre de Juifs italiens avaient même participé au mouvement fasciste dans les années 1920 et au début des années 1930, comme l'indique aussi le roman. Par ailleurs, il est à noter également que l'armée italienne d'occupation en France n'appliquait pas les mesures antisémites de la zone allemande d'occupation, pour le Juifs italiens essentiellement, mais pas pour les Juifs étrangers, et il s'agissait plutôt d'une série de décisions locales, parfois motivées par le désordre administratif ou le pragmatisme [1].
  2. Voyez le lien [2].

Articles connexes

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Liens externes

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