Langue contrôlée

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En linguistique, une langue contrôlée (LC) est généralement définie comme sous-ensemble d'une langue naturelle, dont la grammaire et le vocabulaire ont été restreints afin de réduire l'ambigüité et la complexité des textes.

Concept[modifier | modifier le code]

On distingue traditionnellement deux groupes de langues contrôlées[1] :

  • les LC pour les humains, qui visent à améliorer la lisibilité des documents et à en faciliter la compréhension.
  • les LC pour les machines, qui visent à faciliter le traitement automatique de textes.

Parmi les règles les plus fréquemment rencontrées dans ces langues contrôlées, on peut citer[2] :

  • des règles lexicales : respecter le lexique préconisé ; ne pas utiliser de synonymes ;
  • des règles syntaxiques : éviter l'emploi de pronoms personnels ; utiliser la voix active uniquement ;
  • l'organisation textuelle et documentaire : rédiger des phrases concises ; respecter l'ordre chronologique.

Intérêt pratique et aspects économiques[modifier | modifier le code]

Apparues dans les années 1970, les langues contrôlées sont généralement conçues pour répondre à des besoins :

  • économiques : diminuer les coûts liés à la production, à l'actualisation et/ou à la traduction (automatique ou humaine) de documents techniques[3],[4] ;
  • de sécurité : limiter les risques d'erreur d'interprétation et de compréhension[5] ;
  • de productivité : limiter les pertes de temps dues aux erreurs de compréhension[6].

Nombre de langues contrôlées ont ainsi été créées et utilisées, mais le plus souvent confinées au sein de grands groupes industriels, car conçues d'abord pour les besoins internes de ceux-ci.

En France[modifier | modifier le code]

La plupart des expériences ont été menées en anglais, ce qui explique que le concept soit encore peu répandu en France.

Le Centre de Recherche Lucien Tesnière, laboratoire de traitement automatique des langues de l'université de Franche-Comté a contribué à développer et à valider l'usage pratique des langues contrôlées en français, avec deux projets successifs de ANR : Lise[7] et SensUnique[8].

La jeune pousse Prolipsia, créée par une chercheuse de ce laboratoire, s'était donnée pour but l'exploitation commerciale des langues contrôlées en français[9],[10]. Elle a cessé ces activités en 2016.

Exemples de langue contrôlée[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Schwitter (2010). Controlled Natural Languages for Knowledge Representation, Proceedings of CODING, 2010.
  2. (en) Sharon O'Brien, Controlling Controlled English - An Analysis of Several Controlled Language Rule Sets, Proceedings of EAMT-CLAW, 2003.
  3. (en) Muegge, Controlled Language – Does my company need it?, TCWorld, April 2009.
  4. Ryan, Les langues contrôlées sont-elles l’avenir de la traduction ?, Tribune Internationale des Langues Vivantes : La Traductologie de plein champ, volume II, n°45, 2008.
  5. Renahy, La langue contrôlée et l’informatisation de son utilisation au service de la qualité des textes médicaux et de la sécurité dans le domaine de la santé, Systèmes d’information pour l’amélioration de la qualité en santé, Informatique et Santé, Volume I, 2011.
  6. Emorine, Contrôle de cohérence d'un lexique rationalisé, Langues et linguistique, n°21, 1995.
  7. LiSe
  8. SensUnique.
  9. Prolipsia ne joue pas avec les mots, Traces Écrites, mars 2012.
  10. Un Langage sans double sens, L'Est Républicain, 15 septembre 2011.

Liens Externes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]