La Roulotte (cabaret)

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La Roulotte est un cabaret parisien situé dans le quartier parisien de Pigalle, au no 62 rue Jean-Baptiste-Pigalle.

Historique[modifier | modifier le code]

Ce cabaret date de la fin du XIXe siècle et se situait à l'origine au no 42 rue de Douai à Paris. Son directeur en était Georges Charton[1].

À la fin de 1943, Django Reinhardt réalise un vieux rêve, avoir sa propre boîte de jazz, en devenant propriétaire de La Roulotte, où il est déjà passé. L'endroit est rebaptisé « Chez Django Reinhardt » au printemps de 1944. « Cette boîte appartenait à Lulu de Montmartre, une lesbienne, mère maquerelle qui chapeautait les putes de la rue Pigalle, qui avait racheté cet établissement[2] » et l'a fait décorer par Rigal. Il est ouvert de 16 heures à l'aube.

Pendant l'Occupation, c'est la seule boîte de Paris à avoir le privilège exceptionnel de pouvoir fermer à 4 heures du matin. Il faut, pour tenir un établissement comme celui-ci, être protégé par la pègre ou par les Allemands[3], et « l'on y rencontre une faune bruyante et parfois inquiétante[4] ». Les clients sont des officiers allemands, des Français, des espions britanniques aussi bien que des membres de la Gestapo, et l'orchestre y joue aussi bien God save the King ou Bébert de Maurice Chevalier, ou Lily Marlène, air à la mode à travers toute l'Europe[5].

Django Reinhardt s'y produit avec son frère Joseph, le batteur Armand Molinetti et le clarinettiste Gérard Lévêque[6].

Spectacles[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Roussard, Dictionnaire des lieux de Montmartre, Paris, éditions André Roussard, 2001, 350. pages.
  • New Grove Dictionnary of Jazz

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Affiche d'Auguste Roedel, 1895.
  2. « Geo Daly », interwiew donné à Jazz Hot, p. 26 (texte en ligne).
  3. Pierre Guingamp, Michel Warlop (1911-1947), génie du violon swing, L'Harnattan, 2011, p. 170.
  4. Hervé Le Boterf, La vie parisienne sous l'Occupation.
  5. Jacques Chesnel, Le jazz en quarantaine.
  6. Circulaire du Hot Club de France, mai 1944.[source insuffisante]