L'Enseignement de Las Vegas

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L'Enseignement de Las Vegas (Learning From La Vegas) est un essai des architectes Robert Venturi, Denise Scott Brown et Steven Izenour (en) paru en 1972 aux États-Unis chez MIT Press[1]. Il a été traduit en 18 langues et a eu une influence majeure sur l'émergence du Postmodernisme en architecture[2]. Il a été publié pour la première fois en français chez l'éditeur belge Pierre Mardaga en 1978 et réédité en 2008.

Origine[modifier | modifier le code]

La genèse de ce manifeste est liée à un questionnement sur le style international dans le milieu architectural américain. Une architecture formaliste en perte de dimension sociale qui fait l'avènement face à l'émergence du Postmodernisme. Les auteurs, enseignants à L’École d'Art et d'Architecture de l'Université de Yale ont donc mené une recherche en atelier avec 9 de leurs étudiants, 2 de Graphisme, et 2 de planning sur la forme urbaine de la "non-ville" de Las Vegas et plus particulièrement son "strip", l'axe principal où se jouxte hôtels casinos, bars, et églises. Référencée et illustrée, l'étude a porté essentiellement sur les différents aspects de la ville, son symbolisme, son éclairage, le style et l'illusion de celui-ci. L'image primant sur la forme architecturale. Une fois publiée, les contestations publics ont été nombreuses et se traduisent par divers articles mentionnés dans la revue Architectural Forum. Après la parution de l'édition luxueuse chez MIT Press, et sa traduction en 18 langues, les ventes explosent et continuent de nos jours. Ceci s'explique par le bouleversement que provoque Learning From Las Vegas en fonction des rapports ambigus qu'entretiennent les architectes avec le réel. Les Venturi n'hésitent pas à se référer à des artistes comme James Joyce ou Andy Warhol, qui empruntent au passé les formes et leurs significations pour créer dans le présent. Faire de la réalité une utopie en étudiant le paysage, tel est le propos de ce livre en deux parties, l'une sur une étude précise de la rue, l'autre à partir des constats faits en fonction de la recherche sur la représentation de la ville de Las Vegas. Une position rétroactive vu par la profession comme une impasse. En quatre jours passés à Los Angeles et dix à Las Vegas, ils ont analysé et rassemblé leur vision dans cet essai.

L'architecture urbaine et ses signes[modifier | modifier le code]

Le Strip de Las Vegas de nuit (2013).

L'architecture doit donc dépasser l'espace traditionnel, clos et enchevêtré comme le paysage italien classique le représente. L'étalement spatial doit prendre toute son importance comme sur la Route 66 ou à Los Angeles. Le Strip est présenté avant tout comme un phénomène de communication régi par des symboles. Les enseignes des casinos en sont les principaux signes et deviennent l'architecture du paysage. La communication domine alors l'espace. Le parking du supermarché en est une preuve, le dessin des lignes de stationnement donne l'orientation au client. A Las Vegas, ville créé dans le désert, si on enlève les grandes enseignes et les petits bâtiments, il n'y a pas de lieu et seulement une route.

Cette première étude pointe ces éléments en comparaison avec l'histoire et notamment des villes comme Versailles et Rome. La piazza est comparée au strip, et cette comparaison démontre la réciprocité de styles de communication malgré leur différence. Les églises ont été ouverte sur la rue pour faciliter la déambulation des pèlerins, tout comme les casinos sont placés le long du strip pour aider les joueurs à y entrer, mais il y a aussi un élément fondamental soulignée par les auteurs. Phénomène unique des villes américaines, la plupart des entrées des bâtiments sont ouvertes aux promeneurs. Le visuel en rapport avec l'éclairage des enseignes aux néons colorés et des lampadaires décorés est évidemment pris en compte dans l'analyse.

Un nouvel "Etablishment", l'architecture proprement dite[modifier | modifier le code]

L'ornementation du bâtiment fait aussi partie intégrante de l'étude. Le style soit héroïque et original, ou laid et ordinaire se disputent l'image avec des formes de sculptures représentatives.

L'enseigne du Flamingo de nuit (2007).

L'architecture des hôtels casinos en est un exemple avec les mini-mégastructures en forme décorative accompagnants l'édifice. La création du symbolisme dans l'architecture se met en place avec différents codes, tels que le pouvoir iconique des objets devenant des modèles typologiques. Géométrie simple, référence à d'autres type d'architecture, le style des casinos du strip est remplie de bâtiments liés à d'autres cultures. Telles que le note les chercheurs avec la comparaison du casino le Flamingo avec son enseigne décorative ressemblant aux ailes d'un cygne. Un parallèle là aussi est fait avec l'histoire, les formes plastiques indigènes des villes de méditerranée à espace médiévale et piétonne. La relation à d'autres architecte moderne est aussi mise en avant, Le Corbusier est ainsi cité pour l'inspiration du Silo à grain, de même que Walter Gropius et son architecture du Bauhaus à Dessau en Allemagne.

L'objectif de cette étude est de pointer les différents symboles que la ville de Las Vegas reprend et non pas de reproduire cette version mais de faire réfléchir la vision de l'architecture au sens plus large pour faire vivre la société et lui apporter un environnement communicatif et dynamique. Un point de vue de la part des auteurs se voulant révolutionnaire à l'époque.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]