Jutsu

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Jutsu (?) est un terme japonais signifiant « art, technique[1] ». Le kanji 術 est notamment utilisé dans les arts de guerre japonais ou bujutsu (bu : « guerre » ; jutsu : « technique ») aussi qualifiés de kobujutsu (ko : « ancien, vieux ») lorsqu'il s'agit d'écoles (ryu, 流派 en japonais) datant d'avant l'ère Meiji (entre 1868 et 1912).

Jutsu et jitsu[modifier | modifier le code]

L'utilisation abusive de jitsu (実) dans jujitsu est liée à une mauvaise romanisation du terme « jutsu » qui s'applique à tous les arts martiaux japonais (jujutsu, 柔術 ; kenjutsu, 刀術 ; koppojutsu ; tantojutsu ; aïkijujutsu ; kyujutsu ; yarijutsu ; iaijutsu ; battojutsu).

Le mot jitsu signifie « vérité, réalité, sincérité[1] » et n'a ni le même sens, ni le même kanji que le mot jutsu.

Jutsu et do[modifier | modifier le code]

L'utilisation de jutsu dans les arts de guerre plutôt que do (do : « voie » au sens spirituel, le kanji japonais est identique à l'idéogramme chinois « tao[2] ») comme dans « judo » signifie que les techniques transmises sont des techniques faites pour le champ de bataille, la survie, le combat véritable et non pour la compétition ou le perfectionnement de soi-même au travers d'une « voie » (même si cette dimension existe aussi dans les bujutsu)[3]. Ainsi, pour illustrer la différence, une projection en judo se fait par le keikogi (vêtement d'entraînement) afin de faire chuter le partenaire sur le dos dans un cadre sportif alors qu'une projection de jūjutsu, sans armure, était souvent précédée d'un coup de tête et se pratiquait en saisissant une oreille, la trachée ou la peau. Avec l'armure, une articulation de l'ennemi était souvent brisée avant ou au cours de la projection (les articulations constituaient les points faibles de l'armure[4]). Dans tous les cas, l'objectif visé était de briser la nuque de l'ennemi ou de l'assommer par une chute en utilisant le sol comme une arme.

Les techniques guerrières jutsu ont donc été modifiées pour la sécurité de tous dans les budō modernes (do : « voie » ; bu : « guerrière, martiale »). Ce sont essentiellement le judo, l'aïkido, le kendo, le karaté-do, etc., qui ont renoncé à l'efficacité martiale pour une voie d'épanouissement personnel ou une pratique sportive.

Exemples d'arts martiaux incluant le mot jutsu[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Jutsu », sur kanji.free.fr (consulté le 19 novembre 2020).
  2. Saiko Fujita et Henri Plée, L'Art sublime et ultime des points vitaux, p. 286-287.
  3. Henri Plée, Chroniques martiales, Budo Éditions. Dans cet ouvrage, le pionnier du karaté français 10e dan nous donne son interprétation de ce que pourrait être la vraie nature du jutsu.
  4. R. G. Grant, Soldats de l'Antiquité à nos jours, p. 98 pour un exemple d'armure de samouraï.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Saiko Fujita et Henri Plée, L'Art sublime et ultime des points vitaux, Budo Éditions, , 366 p. (ISBN 978-2908580815).
  • R. G. Grant, Soldats de l'Antiquité à nos jours, Flammarion, , 360 p. (ISBN 978-2081255005).
  • Henri Plée, Chroniques martiales, Budo Éditions, , 411 p. (ISBN 9782846170185).

Article connexe[modifier | modifier le code]