Taijutsu

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Taijutsu (体術)
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Saito Toshimoto et un guerrier dans une lutte sous-marine
Saito Toshimoto et un guerrier dans une lutte sous-marine

Autres noms Koshi no mawari, kumiuchi, jūjutsu, yawara
Domaine Projection : (nage waza) ; grappling : katame waza ; clef articulaire : kansetsu waza ; étranglement : (Shime waza) ; Percussion : atemi waza
Pays d’origine Drapeau du Japon Japon
Fondateur Inconnu (très ancien), redécouvert et codifié par Nagao Kenmotsu
Dérive de Dakentaijutsu, jūtaijutsu, koppōjutsu, koshijutsu
A donné Aïkijutsu, jūjutsu, karatejutsu, kenpō, ninjutsu, ninpō, ninpō taijutsu, budō taijutsu
Pratiquants renommés Ozaki Kiyoshi, Yasushi Kajitsuka, Masaaki Hatsumi, Shoto Tanemura, Unsui Manaka, Stephen K. Hayes, Roland Hernaez, Daniel Dubois
Sport olympique Non

Le taijutsu (体術?) que l'on retrouve aussi sous l'appellation taijitsu, tai-jitsu ou tai jitsu (dans l'appellation de sa version européenne), est un art martial d'origine japonaise. Il s'agit d'une ancienne appellation générique aux méthodes de combat à mains nues, parfois connue sous le nom de koshi no mawari et d'où est ressorti le concept de jūjutsu (littéralement : « art de la souplesse »). Anciennement, le taijutsu tout comme le jujutsu, étaient souvent associés et/ou issus du yawara.

Des appellations variées ont été utilisées pendant les différentes périodes historiques du Japon et changeaient selon les régions géographiques et les différents successeurs. Chacune de ces appellations se référaient à de légères différences liées aux caractéristiques techniques où tout le corps, ou seulement une partie, était utilisé.

Dans les écoles de Sekiguchi-ryū (en) (関口流?), d’Araki-ryū (en) (荒木流?) et de Seigō-ryū (制剛流?), les techniques de taijutsu étaient nommées comme suit : hade (羽手?)[1], hakuda (白打?)[2], jūjutsu[3] (柔術), kenpō[4] (拳法), torite[5] (捕手).

Pour le Takenouchi-ryū (en) (竹内流?) et le Yagyū shingan-ryū (柳生心眼流?) les terminologies utilisées étaient les suivantes : koppō[6] (骨法), gōhō[7] (強法), kogusoku[8] (小具足), yawara jutsu[9] (和術), koshi no mawari[10] (腰之廻), yoroi kumiuchi[11] (鎧組打).

Pour le Tenshin Shōden Katori shintō ryū (天真正伝香取神道流), le Tatsumi-ryū (en) (立身流) et le Shoshō ryū (諸賞流), on utilisait ces termes : kumiuchi[12] (組打), shubaku[13] (手縛), tōde[14] (唐手), torite[5] (捕手 ou 取手) — les deux graphies existent —, wajutsu[15] (和術), yawara jutsu[9] (和術), kowami[16] (剛身).

Les premières références à ces arts de combat à mains nues peuvent être trouvées dans les premiers dossiers historiques du Japon que l'on appelle le Kojiki (Chronique des faits anciens - 古事記) et le Nihon Shoki (Chroniques du Japon - 日本書紀), et qui concernent la création mythologique du pays et la mise en place de la famille impériale.

Le taijutsu est un art de combat très ancien. Identifié comme une variation du kumiuchi, il est reconnu comme étant le précurseur d’autres arts martiaux japonais. Son origine n'est pas connue avec précision, mais il a été redécouvert et codifié autour du XVIIe siècle par un guerrier du nom de Nagao Kenmotsu, un samouraï des écoles Ittō-ryû (en) (一刀流) et Yagyū shinkage-ryū (en) (柳生新陰流) et qui fonda le Nagao ryū (長尾流).

Deux grands courants de taijutsu existent actuellement : le taijitsu (ou nihon taijitsu - 日本体術) moderne européen français (de Roland Hernaez et de Daniel Dubois) et le taijutsu (ou nihon taijutsu - 日本体術) traditionnel japonais issu des koryū bujutsu (古流武術) nommées ci-haut et comprenant le ninpō taijutsu (忍法体術) ou budō taijutsu (武道体術).

Le terme taijutsu[modifier | modifier le code]

Le terme taijutsu est composé de deux kanjis. Selon la méthode de romanisation du japonais la plus répandue, la méthode Hepburn, ces kanji devraient se définir ainsi :

  • Tai (?) : « corps » ;
  • Jutsu (?) : « art », « moyen », « technique ».

Taijutsu se traduit donc par « art du corps » ou « technique de corps ».

On retrouve assez souvent « l'art du corps » écrit d'une manière erronée, soit : taijitsu ou encore tai-jitsu. Cette erreur est souvent due à une mauvaise prononciation du japonais par les Occidentaux. Elle est même commise par de grands experts hauts gradés dans ces mêmes arts de combats, ce qui n'enlève en rien à la compétence de ces experts.

Toujours selon la méthode Hepburn, la traduction de taijitsu se définirait ainsi :

  • Tai (?) : « corps » ;
  • Jitsu (?) : « vérité », « réalité », « sincérité ».

On remarque ici que l'écriture du kanji jutsu (?) est très différente de l'écriture du kanji jitsu (?). Le taijitsu serait donc traduit de la manière suivante : « vérité du corps », « réalité du corps » ou « sincérité du corps ». Ce qui est très loin de la méthode de combat qu'est le taijutsu. La confusion et la mauvaise prononciation entre jutsu et jitsu remonte aux premiers échanges des Occidentaux avec les Nippons vers la fin du XIXe siècle. Pour toutes sortes de raisons, souvent politiques, la correction à la romanisation n'a jamais été apportée. Par contre, tous utilisent les bons kanjis à l'écriture japonaise du taijutsu : 体術.

Techniques[modifier | modifier le code]

Les techniques se répartissent principalement en deux grands groupes principaux :

  • Dakentaijutsu : techniques à base de blocages (uke waza) et de coups frappés (atemi waza) sur les points vitaux du corps humain, osseux (koppōjutsu), musculaires (koshijutsu) ou internes/nerveux (kyusho).
(Note : Les techniques utilisées en dakentaijutsu possèdent un très grand nombre de similarités avec celles utilisées en kenpō.)
(Note : Les techniques utilisées en jūtaijutsu possèdent un très grand nombre de similarités avec celles utilisées en jūjutsu.)

Ces deux groupes principaux sont complétés et liés entre eux par l’ajout d’un élément technique complémentaire : le taihenjutsu.

Écoles traditionnelles (ryūha)[modifier | modifier le code]

Les origines du taijutsu japonais remontent aux écoles traditionnelles ou ryūha[17] des arts martiaux anciens (koryū bujutsu)[18]. La majorité de ces écoles ancestrales ont aujourd’hui disparu ou ont été assimilées par d’autres. Cependant, certaines d’entre elles subsistent encore de nos jours et les gardiens de la tradition, ses maîtres, perpétuent leur enseignement encore aujourd’hui.

Voici ces écoles de la tradition toujours vivantes et qui sont associées au taijutsu traditionnel mais aussi à d’autres arts martiaux, notamment le jūjutsu[19], qui possède des racines communes avec le taijutsu via le yawara[20], le koshi no mawari, le torite kogusoku, yoroi kumiuchi, etc. :

(Note : Le taijutsu, tout comme le jūjutsu, sont deux appellations étant actuellement employées indifféremment pour couvrir les systèmes génériques de combat sans armes.)
Tenshin Shōden Katori shintō ryū
École d’arts martiaux traditionnels, fondée par Iizasa Choisai Ienao au début de la période Muromachi en 1447, où l’on enseigne un système de kenjutsu (odachi, kodachi, ryoto) ; iaijutsu (odachi) ; bojutsu (rokushaku bo) ; naginatajutsu (onaginata) ; sojutsu (su yari) ; jūjutsu ; shurikenjutsu ; ninjutsu ; chikujojutsu ; gunbaiho ; in yo kigaku. Situé à Chiba, le représentant actuel de cette école est Iizasa Yoshisada, 20e grand maître (sōke).
Tatsumi-ryū (en)
École d’arts martiaux traditionnels, fondée par Tatsumi Sankyo pendant l'ère Eisho (1504-1521), où l’on enseigne un système de yawara ; kenjutsu (odachi, kodachi, nito, fukuro shinai) ; iai (odachi) ; sojutsu ; bojutsu (rokushakubo, hanbo) ; shurikenjutsu ; hojojutsu ; shudan sentoho ; monomi. Situé dans la préfecture de Chiba, le représentant actuel de cette école est Kato Hiroshi, 22e grand maître (sōke).
Takenouchi-ryū (en)
École d’arts martiaux traditionnels, fondée par Takenouchi Chunagon Daijo Hisamori à la fin de la période Muromachi en 1532, où l’on enseigne un système de jūjutsu (connu également sous l’appellation de koshi no mawari, torite, kogusoku ou hade). En plus du jūjutsu, on y dispense l’enseignement des disciplines suivantes : bojutsu (rokushaku bo, jo) ; kenjutsu (odachi, kodachi, tanto, aikuchi/kaiken) ; iaijutsu (odachi, kodachi, tanto, aikuchi/kaiken) ; hojojutsu (hobaku) ; naginatajutsu ; tessenjutsu ; sakkatsuho. Les représentants actuels de cette école sont Takenouchi Toichiro Hisamune, 14e grand maître (sōke) et Takenouchi Tojuro Hisatake, 13e grand maître (sōdenke). Ils sont principalement situés dans la préfecture d’Okayama.
Gyokushin-ryū Ninpō (en)[21]
École d’arts martiaux traditionnels, fondée sur les bases du Gyokko ryū par Sasaki Goemon Teruyoshi à la fin de la période Muromachi vers les années 1550, où l’on enseigne un système de taijutsu (koppōjutsu, jūtaijutsu) ; ninjutsu, complété par l’enseignement du kusarifundo jutsu ; kenjutsu ; iaijutsu. Situé dans la préfecture de Chiba, le représentant actuel de cette école est Yoshiaki Masaaki Hatsumi, 21e grand maître (sōke).
Araki-ryū (en)
École d’arts martiaux traditionnels, fondée par Araki Mujinsai Minamoto no Hidenawa à la fin de la période Muromachi en 1573, où l’on enseigne un système de torite kogusoku ; tojutsu (odachi, kodachi, tanto, bokken) ; bojutsu ; naginatajutsu (nagamaki) ; kusarigamajutsu ; chigirikijutsu ; ryofundojutsu. Situés dans la préfecture de Gunma et de Saitama, les représentants actuels de cette école sont Kikuchi Kunimitsu, 17e maître (shihan), Arakawa Seishin, 18e maître (shihan) et Suzuki Nobuo, 17e Maître (shihan).
Asayama Ichiden-ryū (en)[22]
École d’arts martiaux traditionnels, fondée par Asayama Ichidensai Shigetatsu pendant l'ère Tensho (1573-1592) ou Keicho (1596-1615), où l’on enseigne un système de taijutsu, complété par l’enseignement du kenjutsu ; iaijutsu ; kamajutsu ; bojutsu. Situé dans la préfecture de Kanagawa, le représentant actuel de cette école est Ozaki Kiyoshi.
Yagyū shingan ryū[23]
École d’arts martiaux traditionnels, fondée par Araki Mataemon (1584-1637) au début de la période d’Edo en 1600, où l’on enseigne un système de taijutsu (jūjutsu), complété par l’enseignement du kenjutsu ; bojutsu ; naginatajutsu ; taijutsu. Situé dans la préfecture de Kanagawa, le représentant actuel de cette école est Yasushi Kajitsuka, 11e grand maître (sōke).
Sōsuishi-ryū (en)
École d’arts martiaux traditionnels, fondée par Futagami Hannosuke au début de la période d’Edo en 1650, où l’on enseigne un système de jūjutsu (connu également sous l’appellation de koshi no mawari ou kogusoku) ; iaijutsu. Situé à Fukuoka, le représentant actuel de cette école est Shitama Manzo.
Hontai Yōshin-ryū
École d’arts martiaux traditionnels, fondée par Takagi Oriemon Shigetoshi au début de la période d’Edo en 1660, où l’on enseigne un système de jūjutsu. En plus du jūjutsu, l’on y dispense l’enseignement des disciplines suivantes : bojutsu (rokushaku bo, hanbo) ; kenjutsu (odachi, kodachi). Situé dans la préfecture de Hyogo, le représentant actuel de cette école est Inoue Kyoichi Munenori, 19e grand maître (sōke).
Tenjin Shinyō-ryū (en)
École d’arts martiaux traditionnels, fondée par Iso Mataemo Minamoto No Masatari à la fin de la période Tokugawa en 1830, où l’on enseigne un système de jūjutsu. Situé à Tokyo, le représentant actuel de cette école est Shihanke Kubota Toshihiro.
Shindō Yōshin-ryū
École d’arts martiaux traditionnels, fondée par Matsuoka Katsunosuke à la fin de la période Tokugawa en 1864, où l’on enseigne un système de jūjutsu (connu également sous l’appellation de kogusoku ou kacchu) ; kenjutsu (dai, sho) ; tantojutsu ; tetsubo ; kogai ; torinawa. Situé aux États-Unis dans l'État du Colorado, le représentant actuel de cette école est Toby Threadgill (menkyo kaiden).
Daitō ryū[24]
École d’arts martiaux traditionnels, fondée par Sōkaku Takeda au milieu de la période Meiji en 1890, où l’on enseigne un système de jūjutsu (aikijūjutsu) et des notions de kenjutsu. Situé dans la préfecture d'Hokkaidō et à Tōkyō, l'un des représentants actuels de cette école est l'honbu cho, Katsuyuki Kondo (menkyo kaiden).
Ninpō taijutsu ryūha
Certaines de ces écoles sont spécifiques et exclusives au ninpō taijutsu, les méthodes de combat associées aux guerriers ninjas. Voici la liste de ces écoles traditionnelles dont l'enseignement se perpétue encore aujourd'hui :

Les différents courants[modifier | modifier le code]

Actuellement, plusieurs courants de taijutsu existent :

  1. Le taijitsu ou « karaté juste » et le taijitsu classique : en France, affiliée auprès de la FFKDA (Fédération française de karaté et disciplines associées, anciennement FFKAMA). Les deux chefs de file en sont Michel Vignon et Bruno Hoffer, quels que soient les changements de responsables administratifs au sein de la fédération de tutelle. Cette affiliation à la Fédération de karaté s'est accompagnée d'une modification du corpus technique du tai-jitsu, l'orientant plus vers l'autodéfense pragmatique en intégrant un plus grand nombre de techniques issues du karaté. Ce style est également parfois appelé karaté jutsu. Une conception plus classique du taijitsu subsiste cependant à côté de cette déviation vers le karaté : il est à noter que cette orientation vers le karaté serait plus récente et nombres de discours d'enseignants insistent pourtant sur un taijitsu central et originel, dans lequel trois grands principes biomécaniques et techniques s'entretiennent sans qu’il y ait de propension de l'un sur l'autre : ai ou wa (« concordance »), ju (« souplesse »), ken (« percussion »). Selon cette conception, nous aurions donc un taijitsu plus classique, issu de l’enseignement des maîtres Mochizuki, Alcheik, Hernaez et un taijitsu orienté vers le karaté (karaté jutsu).
  2. Le nihon taijitsu[25] : style du maître Roland Hernaez, 9e dan (cofondateur du tai-jitsu moderne en France au début des années 1970), ce style est aussi affilié auprès de la FFKDA.
  3. Le taijitsu do : style fondé par Daniel Dubois, 7e dan (cofondateur du tai-jitsu moderne en France au début des années 1970), cette discipline est affiliée auprès de la FEKAMT (Fédération européenne de karaté et arts martiaux traditionnels). Le taijitsu do entend retrouver l'esprit originel de l'art.
  4. En Suisse, le chef de file du tai-jitsu est M. Jean-Pierre Clément. Formé notamment à l'école de base du Judo, du tai-jitsu de Daniel Dubois et du deikido de Maxime Mazaltarim, il fonde à la fin des années 1980 son école de tai-jitsu/seiki-jitsu sur les bords du lac Léman. Dès les années 1990, il enseignera à Moudon (VD). Décédé en 2013, M. Clément passe le flambeau à M. Alexandre Boulgak, l'un de ses plus anciens élèves.
  5. Il existe une section de taijutsu au Motobu-ryu (en)[26]. Créé en 1961 par Seikichi Uehara, 10e dan, en l'honneur de Motobu Chōyū (en) et de sa famille. Le taijutsu du karaté Motobu ryū était une méthode de combat jalousement gardée secrète par la famille royale des Îles Ryūkyū, les Motobu. Cette méthode est incluse dans un style de Ryūkyū kenpō[27], anciennement connu sous le nom d'udun ti[28] (ou undudi) et qui porte aujourd'hui le nom de Motobu ryū. C'est un genre de combat très complet qui porte une partie de son enseignement sur le taijutsu et qui est complété par un programme technique de kobujutsu (« maniement d'armes ») comme le bo, le tanto, le sai, le kama, le yari, le nunchaku, etc.
  6. Le taijutsu est également la principale méthode de combat à mains nues que l'on retrouve dans le ninjutsu (ninpō). Les écoles suivantes enseignent cette méthode de combat : le Bujinkan de Masaaki Hatsumi, le Genbukan de Shōtō Tanemura et le Jinenkan d'Unsui Manaka. Le taijutsu enseigné dans ces écoles se subdivise en dakentaijutsu (comprenant le kosshijutsu et le koppōjutsu) et en jūtaijutsu (très similaire au jūjutsu). Puisque ces écoles enseignent un taijutsu aux racines typiquement japonaises, il n'est pas faux d'y référer en tant que nihon taijutsu (taijutsu japonais), mais on le retrouve plus souvent sous l'appellation générique de ninpō taijutsu. C'est probablement ces écoles qui conservent les racines les plus anciennes du taijutsu encore enseignées aujourd'hui.
  7. L'enseignement du taijutsu traditionnel japonais (nihon taijutsu) se perpétue dans plusieurs petits dojos indépendants au Japon. Certaines de ces écoles dispensent un enseignement traditionnel provenant de la lignée des koryū bujutsu comme le Yagyū shingan ryū[29], fondé par Araki Mataemon (1584-1637) au début de la période d’Edo en 1600 et dont l'enseignement est dispensé aujourd'hui par Yasushi Kajitsuka, 11e grand maître (sōke). Certaines autres écoles, d'origines plus modernes, dispensent un enseignement traditionnel mais plus contemporain ; telle l'école du Fuji ryū taijutsu[30],[31] fondée en 1952 par sensei Fujito Koga (1908-1996) et dont l'enseignement se poursuit aujourd’hui au Japon avec sensei Ryūtaro Oshima, 3e grand maître, et l'école qui en dérive, la Hiko ryū taijutsu, fondée en 2008 par sensei Koshiro Tanaka.

Trame de fond[modifier | modifier le code]

Pour le néophyte, on peut comparer le taijutsu (ou taijitsu ou tai-jitsu) à une forme originelle de jūjutsu. Il est pourtant difficile de définir précisément cet art martial très ouvert et souvent évolutif dans sa version contemporaine moderne. En effet, méthode d'autodéfense japonaise par excellence, ces techniques se sont laissé influencer au fil des années par ses pratiquants.

Le taijitsu pratiqué en France se distingue de celui travaillé en Suisse. Par exemple, en Suisse, il n'existe pas de compétitions et le taijitsu se pratique sans règles, à l'instar de techniques de combat de rue comme le krav-maga. D'autre part, en Suisse toujours, il n'y a pas de fédération de taijitsu suisse reconnue.

Il est important de différencier le taijutsu du taihojutsu. Ce sont deux arts martiaux totalement différents l'un de l'autre et ne reposant pas sur les mêmes bases, ni sur les mêmes origines. Le taihojutsu est une méthode d'intervention créée à partir d'une synthèse d'arts martiaux, en vue de combler les besoins spécifiques de la police japonaise et du kidotai (escouade anti-émeute).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Hade, signifie littéralement « main ailée » ou « main de plumes ». Ce système est spécialisé dans l'attaque des points vitaux du corps. Les Takenouchi ryū et Seigō ryū l’utilisent.
  2. Hakuda était un autre nom pour désigner la partie atemi waza du taijutsu (jūjutsu). Haku signifie « frappe » ; da était une prononciation alternative pour le terme uchi (« frapper »). Hakuda signifiait « arrêter la frappe », une ancienne terminologie pour le kenpō.
  3. Jūjutsu est « la science de la souplesse ». Ces techniques de combat ont été élaborées par les bushi au cours de la période Kamakura (1185-1333) au Japon. Ces méthodes de combat indigènes ont été combinées avec les mouvements et les contre-prises des méthodes de combat chinoises, les guerriers désarmés utilisant ces techniques contre des opposants armés. Ces techniques ont été développées à partir du kumiuchi. Le jūjutsu ne devint un art martial à part entière qu’à partir de la période d'Edo (1603-1668), lorsque le Japon était en paix. Pendant cette période, les rōnin ont développé plus de 300 écoles d’arts martiaux. Ces écoles ont été codifiées au début de période Meiji (1868-1912), à l'époque où les samouraïs n’étaient plus autorisés à porter leurs épées. Une forme spécialisée de jūjutsu est l’oshikiuchi, qui signifie « sous le seuil honorable ». Il s'agissait d'une forme de combat spécialisée et particulière d’autodéfense utilisée dans le palais impérial par les samouraïs de la classe supérieure. On dit de l’oshikiuchi qu’il est le précurseur du Daitō ryū. Ce sont également ces techniques de combat, avec ou sans armes, qui ont été élaborées par le clan Takeda, selon le système de l'aiki in yoho. Il a également été appelé odome.
  4. Kenpō est un autre nom pour tebaku. Kenpō est la prononciation japonaise du terme chinois chun fa (« méthodes de poing »). Il a été utilisé par les systèmes de jūjutsu qui mettent l'accent sur l’atemi waza. Il inclut notamment l’hakuda, le kenpō et le shubaku. L’hadako a été l’un de ces systèmes originaires de Chine. Chen Tsu U (Chen Genpin) l’introduisit au Japon en 1627. Tebaku était un autre nom de la forme de pugilat enseigné par Chen Tsu U (Chen Genpin).
  5. a et b Torite ou toride, qui signifie littéralement « prendre la main », était une forme de combat à mains nues par prises, sans armure, utilisée par les samouraïs sur le champ de bataille. Son principal objectif était la capture et la retenue de l'adversaire.
  6. Koppō signifie littéralement « méthodes pour broyer les os ». C'est un système qui utilise le kakushi buki (armes cachés pour effectuer des atemi).
  7. Gōhō signifie « méthode dure ». Ce système regroupe les techniques de défense ou de frappe : blocages, coups de poing ou coups de pied, appuyés par une connaissance approfondie des points vulnérables du corps humain (kyusho), et de la maîtrise à la fois de la distance (maai), de la cadence (hyoshi), de la perception (yomi) et de l'initiative (sen).
  8. Kogusoku, signifie littéralement « saisir le bras » ou « arrêter la technique ». Ce fut un début de système de jūjutsu, mettant l'accent sur l'utilisation des épées courtes et des couteaux. Le kogusoku était une armure minimale, composée d’un sune-ate (protège-tibias), kote (manchon blindé), nodowa (hausse-col ou gorgerin) et wakidate (essentiellement, une cuirasse qui protège également les côtés). Créé par Takenouchi Hisamori en 1532, il est également connu comme torite kogusoku. Gojutsu était un autre nom pour kogusoku.
  9. a et b Yawara est une autre prononciation du de jūjutsu. Apparaissant de lui-même, le yawara doit être lu comme « yawara » et non comme «  ». En tant que mot composé, il serait prononcé comme ou wa (jūjutsu ou wajutsu). Yawaragi, signifiant « techniques douces », étaient les techniques enseignées dans ce style. Le yawara a été utilisé au cours de la période Edo (1603-1868). Le mot yawara aurait supposément été inventé par Sekiguchi Jushin Minamoto Hachiroemon no Sonechika, le fondateur du Sekiguchi ryū. Shomin yawara, également connu sous le nom ippan yawara et goshinjutsu, était une méthode de jūjutsu mis au point pour et par le peuple. Il possédait un champ d’application plus limité et portait principalement sur les combats non-armés. Il a été, pour la plupart, de nature plutôt défensive.
  10. Koshi no mawari signifie « autour des reins », parce que les combattants étaient ceints d'une corde qui retenait une épée courte. Ce fut un autre nom pour le kogusoku.
  11. Yoroi kumiuchi, aussi connu sous le terme kassen kumiuchi et kacchu kumiuchi, réfère aux prises de luttes en armure complète en utilisant des techniques de sumo. L’atemi waza était d'une utilité limitée avec des guerriers en armure. Le yoroi kumiuchi n'était pas nécessairement une forme de combat sans armes : il était brutal et sans aucune restriction. Tout était autorisé pour battre l'ennemi, qui était jeté par terre et décapité. Senjo kumiuchi était un autre nom pour yoroi kumiuchi et signifie « luttes », « prises » de champs de batailles ; senjo signifie champ de bataille.
  12. Kumiuchi était une forme de combat rapproché sans armes et sans armure, basé sur les pratiques de sumo. Ce fut le fondement du taijutsu (jūjutsu), du judo et de l'aïkido. La technique consiste à saisir les vêtements de l'adversaire en combat au corps à corps. Ce fut plus tard la base du kumi kata ou temoto.
  13. Shubaku ou shuhaku était un autre nom pour le jūjutsu et signifiait « main médicinale », se référant à des techniques enseignées par Chen Tsu U (Chen Genpin). Ce fut un autre nom pour le tebaku.
  14. Tode, écrit avec différents caractères, pourrait être prononcée torite, ce qui signifie « arrêter » ou « capturer la main ». Plus tard, écrit avec d’autres caractères mais conservant la même prononciation, il été traduit en tant que « main des Tang » ou « main de Chine », telle que présentée par Gichin Tominakoshi Funakoshi. C’est de cette manière qu’il a été introduit dans l’archipel des Ryūkyū à Okinawa vers 1372. Combiné avec le chuan fa, il a ensuite été développé pour évoluer vers le karaté.
  15. Wajutsu signifie « art doux » ou « art de la non-résistance ». L’Oguri ryū enseigne cette forme de jūjutsu qui a été dérivé du yoroi kumiuchi. Oguri Niemon a fondé l’Oguri ryū en 1616. Il a adapté les méthodes de lutte en armure, en méthodes de combat dans des vêtements ordinaires. Jacques Quero réinventa la roue en créant un autre wajutsu en 1983, par la synthèse du judo, du karaté et de l'aïkido. Avec les techniques, il a ajouté des aspects de nature ésotérique et philosophique puisés dans le zen.
  16. Kowami signifie « force du corps », était un moyen de prises non armées basées sur la force pure. C’était une méthode de « lutte dure » et d’exercices intensifs.
  17. (en) What is a Ryu?
  18. (en) Koryū budo, kobudo, kobujutsu, koryū bujutsu: what's the difference?
  19. (en) Jujutsu & Kogusoku, a Koryu.com Guide
  20. (en) Jujutsu and Taijutsu
  21. (fr) Certaines techniques du Gyokushin ryū furent également enseignées par sensei Sanjuro Oshima à Minoru Mochizuki du Yoseikan, duquel il reçut le grade shoden kirishi mokuroku. C'est en partie du Gyokushin ryū (style mentionné par Minoru Mochizuki dans une entrevue réalisée au Yoseikan le 22 novembre 1982 par Stanay A. Pranin, auteur du livre Les Maîtres de l’aïkido [1995]) que proviennent les fameux sutemi du yoseikan ainsi que le taijutsu enseigné par Minoru Mochizuki à Jim Alcheik et qui donna lieu à la création du nihon taijitsu de Roland Hernaez.
  22. (fr) L’Asayama Ichiden ryū est une école bien établie qui a été fondée au XVIe siècle par Asayama Ichidensai Shigetatsu et est devenue l'un des ryūha principaux du Mito Domain (en) pendant l’époque d’Edo. Plus tard, ce style eut un impact significatif sur les arts martiaux modernes : Sōkaku Takeda aurait apparemment réarrangé le curriculum du Daitō ryū pendant l'ère Meiji dans un format plus global et complet, fondé sur l’Asayama Ichiden ryū. Le Keishi ryū, qui a été créé par les écoles de police japonaises, a adopté la technique de mae goshi de l’Asayama Ichiden ryū, comme une de leurs cinq techniques de base. Jigoro Kano, le fondateur du judo, citait l’Asayama Ichiden ryū dans ses livres comme un ryūha significatif et important. Masaaki Hatsumi, fondateur du dojo Bujinkan, a reçu la certification menkyo kaiden (« transmission complète ») pour l’Asayama Ichiden ryū, et a par la suite incorporé le style de cette école dans son curriculum du Bujinkan. Aujourd'hui, il existe plusieurs branches de l’Asayama Ichiden ryū où sont enseignés en tous ou en partie des éléments de kenjutsu, de iaijutsu, de taijutsu, de jūjutsu, de bojutsu, de kamajutsu, d’hojojutsu et de shinobijutsu. Les waza (« techniques ») de ce ryūha sont organisés en trois sections principales, selon les branches : le ten no maki (kenjutsu), le jin no maki (bōjutsu) et le chi no maki (taijutsu) ; le tout comprenant le techniques de jūjutsu incluant les techniques de suwari waza (« techniques agenouillées ») et de muto dori (« technique de défense à mains nues contre épée ») et se répartissant en partie comme suit : omote (6 waza et 6 henka), urate (12 waza), chidori (9 waza), gokuhi (6 waza), hiryū (16 waza) et menkyo. (Voir bibliographie, Iwaki Hideo, Asayama Ichiden ryū taijutsu.)
  23. (fr) Les techniques du curriculum du Yagyū shingan ryū se répartissent en partie comme suit : omote (7 waza), chugoku (7 waza), otoshi (7 waza), kiri (7 waza), toppanashi-tokkaeshi (14 waza), idori (7 waza), torite (7 waza), kogusoku (7 waza), kote gaeshi (14 waza). (Voir bibliographie, Kenji Shimazu, Kacchu yawara yagyū shingan ryū.)
  24. Oshikiuchi (en) (御式内), signifie « sous le seuil honorable », est une forme spécialisée de jūjutsu (aiki jūjutsu ou aikijutsu). Il s'agissait d'une forme de combat spécialisée et particulière d’autodéfense, utilisée dans le palais de l'empereur par les samouraïs de la classe supérieure. On dit de l’oshikiuchi qu’il est le précurseur du Daitō ryū. Ce sont également ces techniques de combat, avec ou sans armes, qui ont été élaborées par le clan Takeda, selon le système de l'aiki in yoho. Il fut également appelé odome. Sōkaku Takeda aurait apparemment réarrangé le curriculum du daitō ryū pendant l'ère Meiji dans un format plus global et plus complet, fondé sur l’Asayama Ichiden ryū. Fujito Koga (1908-1996), fut l'élève de Sōkaku Takeda (1860-1943) au même titre que Noriaki Inoue (en) (1902-1994) et Morihei Ueshiba (1883-1969). Il fonda en 1952 son école et l'appela Fuji ryū taijutsu (The History of Hiko ryū Taijutsu).
  25. (fr) Nihon taijitsu de Roland Hernaez.
  26. (en) Nihon denryū heiho Motobu kenpo/motobu udundi
  27. (en) About Nihon Denryū Heiho Motobu Kenpo
  28. (en) About Motobu Udundi Kobujutsu Kyokai
  29. (en) Yagyū shingan ryū taijutsu
  30. (ja) Fuji ryū taijutsu.
  31. (en) SFMAI - Fuji ryū taijutsu

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (ja) Masaaki Hatsumi, Togakure Ninpō ryū , 1975.
  • (ja) Ryūchi Matsuda, Hiden Nihon Jūjutsu ,1978 (ASIN B001WXC2YG).
  • (ja) Kenji Shimazu, Kacchu Yawara Yagyū Shingan ryū, Éditions Nitto Shoin, 1979.
  • (ja) Masaaki Hatsumi, Togakure ryū Ninpō taijutsu, 1983.
  • (ja) Iwaki Hideo, Asayama Ichiden ryū taijutsu Densho, 1996.
  • (ja) Hoshi Kunio et Shimazu Kenji, Shoden Yagyū Shingan ryū Heihojutsu, Éditions Nihon Bujutsu Shiryokan, 1998.
  • (en) Donn F. Draeger, Classical Budō Éditions Weatherhill, 1996 (ISBN 978-0-8348-0234-6).
  • (en) Diane Skoss, Koryū Bujutsu : Classical Warrior Traditions of Japan, volume 1, Éditions Koryu Books, 2000 (ISBN 1-89053-604-0).
  • (en) Diane Skoss, Sword & Spirit : Classical Warrior Traditions of Japan, volume 2, Éditions Koryu Books, 2000 (ISBN 1-89053-605-9).
  • (en) Serge Mol et les grands maîtres Tanaka Fumon et Nakashima Atsumi, Classical Fighting Arts of Japan: A Complete Guide to Koryū Jujūtsu, 2001 (ISBN 4-77002-619-6).
  • (en) Diane Skoss, Keiko Shokon : Classical Warrior Traditions of Japan, volume 3, Éditions Koryu Books, 2002 (ISBN 1-89053-606-7).
  • (en) Iwaki Hideo, Asayama Ichiden Ryu taijutsu, Éditiond Buyu Books & Publishing, 2003 (ISBN 4-90161-904-7).
  • (en) Otake Risuke, Katori shintō ryū: Warrior Tradition, Éditions Koryu Books, 2007 (ISBN 978-1-890536-20-6).
  • (en) Grand maître Shoto Tanemura, Genbukan Ninpō Bugei Fundamental taijutsu .
  • (en) Grand maître Shoto Tanemura, Gyokko ryū Tanemura Ha Densho.
  • (en) Grand maître Shoto Tanemura, Shinden Fudo ryū Dakentaijutsu Tanemura Ha Densho.
  • (en) Grand maître Shoto Tanemura, Shinden Tatara ryū taijutsu Shoden Gata Densho.
  • (en) Grand maître Shoto Tanemura, Kotō ryū Koppōjutsu Shoden Densho.
  • (en) Maître Gaku Homma, Structure of Aikido Kenjutsu & Taijutsu, Éditions Frog Books, 1997 (ISBN 1-88331-955-2).
  • (fr) Grand maître Masaaki Hatsumi, L'Essence du ninjutsu. Les neuf traditions, Éditions Budo, 2003 (ISBN 2-90858-093-4).
  • (fr) Louis Frédéric, Dictionnaire des arts martiaux, Éditions du Félin, 1992 (ISBN 2-86645-039-6).
  • (fr) Gabrielle et Roland Habersetzer, Encyclopédie des arts martiaux de l'Extrême-Orient, Éditions Amphora, 2000 (ISBN 2-85180-556-8).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]