Julian Taylor

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Julian Taylor
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Naissance
Activités

Julian Taylor est un peintre figuratif anglais né en 1954.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né d’une famille d’artistes, il suit les cours de l’École des beaux-arts en Angleterre qui ne le satisfont pas : « Je n'ai jamais aussi peu peint que dans cette école. C'était l'époque du pop art et je ne rentrais visiblement pas dans le rang. Mais j'y ai appris la photo et la sérigraphie» [1]. En novembre 1975, il décide de venir tenter sa chance à Paris et de se consacrer à la peinture.

Il s'installe à Paris puis St Germain en Laye, Montpellier, Aix et dans le Cotentin avant de se fixer en Dordogne.

Pour se faire connaitre, il commence à exposer régulièrement dans les Salons parisiens (Automne, Artistes Français, Comparaison, S.N.B.A.) ainsi qu’au Salon d’Angers.

Depuis 1984, il confie sa peinture en exclusivité à la Galerie 26 à Paris.

Plusieurs de ses œuvres ont servi à illustrer la couverture de livres d’écrivains de la mer ou d’ouvrages sur la navigation. Julian Taylor a reçu plusieurs récompenses et expose régulièrement au Salon d'automne de Paris.

Style et thématiques[modifier | modifier le code]

Son style peut être décrit comme réaliste dans la description pointilleuse de certains détails, se rapprochant même, par son dessin très précis, de la bande dessinée. Peignant exclusivement à l’acrylique, le peintre lui-même précise : « Je n’aime pas tellement l’huile parce qu’elle sèche trop lentement à mon goût. Au moins, l’acrylique est propre, on peut la tarabistouiller comme on veut, et ça reste vif, clair et net ». Cependant, si le trait constitue bien l'ossature du tableau, la peinture de Julian Taylor offre des plages d'abstraction pure, souvent dissimulées dans les éléments du décor - un mur, un tas de fagots, quelques arbustes - où s'exprime d'abord la couleur.


Installé en France depuis 1975, ses sujets de prédilection en ont été naturellement influencés. Une série de tableaux est notamment consacrée à la campagne française, en particulier le Périgord où il vit. Son amour du détail s’exprime notamment avec vivacité et sensibilité dans la représentation de paysages ruraux, sous la neige ou en plein été, mais toujours sans présence humaine : une fermette à flanc de colline avec sa remise, sur laquelle s’appuie un tas de bois et son vieux tracteur ou bien un passage à niveau le long d’une voie unique de chemin de fer, perdu dans la campagne.

Un autre de ses thèmes favoris réside dans les phares, les navires et les paysages marins, notamment des paysages bretons, irlandais, galiciens, le peintre étant lui-même un grand amateur de voile. Comme pour les paysages de campagne, il privilégie le détail réaliste, la rouille du vieux cargo, l’effet des vagues au pied du phare ou le long de la coque du navire, sans ignorer les paysages industriels des ports.


En 2006, l'artiste se consacre à la ville de Venise. Si l'on peut apercevoir le Grand Canal, l'église de La Salute ou la Douane de Mer dans quelques tableaux, l'intérêt de Julian Taylor se porte davantage vers la ville authentique : celle des ruelles débouchant sur de petits canaux sombres, du linge au fenêtre, des murs où s'accrochent des gouttières tarabiscotées, des fenêtres de guingois ornées de pots de fleurs, des barques chargées de ce qui fait la vie quotidienne, tout ce qui permet au peintre d'exprimer d'abord ses qualités de dessinateur. Mais surtout les tons vifs ou décolorés des parois vénitiennes ou le jeu des reflets de tous les éléments du décor dans les eaux des canaux constituent une source d'inspiration remarquable pour l'excellent coloriste qu'est Julian Taylor.

Expositions[modifier | modifier le code]

En 2007, le château de Vascœuil, en Normandie près de Rouen, lui a consacré son exposition d'été au peintre en réunissant près de 80 tableaux représentatifs de tous les thèmes qui ont traversé son œuvre.

L'exposition 2008 des œuvres de Julian Taylor est consacrée à la Corse. Avec le souci de traduire la luminosité du ciel et des couleurs de l'île, le peintre s'intéresse aux hameaux de Balagne, aux petites routes, aux fermettes en montagne devant lesquelles on peut voir la vieille mobylette ou la 2CV du berger. Il reste également fidèle à deux de ses thèmes favoris : d'abord la mer, avec les paysages du Cap Corse d'où surgissent campaniles ou tours génoises, les vieux quartiers ensuite, avec leurs ruelles et leurs immeubles à balcons parfois vétustes tels que les offre le centre ancien de Bastia, et qui lui donne l'occasion de manifester, non sans humour, son sens du détail.

En 2009, Julian Taylor revient à deux de ses sujets favoris, des paysages de neige et la mer. On retrouve des fermettes périgourdines à flanc de collines, au bout de routes ou de chemins enneigés, situées à l'orée de petits bois. La rigueur descriptive du dessin des maisonnettes s'oppose au fouillis des arbres, qu'il travaille aujourd'hui différemment en y exerçant son sens de l'abstraction colorée. Il montre également des perspectives au bout des chemins enneigés où miroitent les reflets de la poudreuse. Le thème de la mer est surtout illustré par les voiliers, lui donnant l'occasion de prouver sa maîtrise du rendu des vagues et du mouvement du navire sur les flots, dont le plus bel exemple est "La Belle Poule en mer".

En 2010 Julian Taylor célèbre ses trente-cinq années de peinture, ou plus exactement l'anniversaire de sa première exposition à la Maison des Jeunes et de la Culture de Saint-Germain-en-Laye en avril 1975. Comme s'il voulait faire une tentative de récapitulation de son œuvre, il présente une série de tableaux se rattachant à tous ses sujets favoris : la mer, des navires en haute-mer, des voiliers, quelques phares, des bords de mer, des fermettes en hiver ou en été et même deux superbes bords de Seine à Paris, qui lui donnent l'occasion de démontrer l'approfondissement de sa technique et de son art.

À l'été 2011, Julian Taylor s'est embarqué sur l'Express Côtier qui remonte les côtes de Norvège depuis Bergen jusqu'à Kirkenes et l'ensemble de sa production présentée en janvier 2012 est issue des observations et des croquis levés pendant ce voyage, puis transcendés dans son atelier. Sont présentés aussi bien des paysages côtiers à la belle saison que des vues d'hiver. Se succèdent ainsi notamment des petites maisons de pêcheurs ou de simples hangars devant des pontons en bois, se reflétant dans les eaux de la mer du Nord, des bateaux en bois ou des ketchs sur des eaux agitées, des vues des archipels dans la brume, le phare de Kjeungskjaer vu de l'Express Côtier mais également des paysages enneigés ainsi transformés par l'imagination du peintre. L'artiste s'est notamment attaché au rendu des reflets des rives et des maisons de pêcheurs dans les eaux scandinaves ainsi que des effets de brume et des jeux de lumière particuliers à la côte norvégienne, ainsi que l'ont relevé la Gazette de l'Hôtel Drouot ou le Figaro Magazine dans leurs articles consacrés à l'exposition.

Six ans après une première visite, Julian Taylor est retourné à Venise en 2012. Si le dessin est évidemment toujours présent et donne corps à l'œuvre, aussi bien dans sa structure générale que dans le détail, l'artiste semble s'être passionné, cette fois-ci encore plus que les années précédentes, dans l'expression picturale et le travail du flou, comme si le peintre abandonnait le réalisme pour se diriger vers l'impressionnisme. Venise est l'endroit privilégié pour cette recherche puisque les canaux constituent un miroir permanent où l'eau absorbe puis dissout la ville réelle, ainsi que le note la critique d'art Lydia Harambourg dans son article sur l'exposition de janvier 2013 où elle évoque des « séductions picturales ». Julian Taylor présente certes des vues connues de la ville comme San Giorgio Maggiore, la Douane de mer ou l'église de la Salute, mais ces monuments servent de prétexte pour mettre en avant un vaporetto, un remorqueur, une vedette, révélant l'intérêt constant de l'artiste pour le maritime. Toutefois, sa recherche du fondu des couleurs s'exprime pleinement dans les vues intimes de la ville, là où le reflet des façades et des bateaux dans les eaux des canaux prend quasiment le pas sur le dessin.

Trois thèmes dominent la saison 2014 : les traditionnelles fermettes du Périgord, les ruelles de Chefchaouen et de Meknès au Maroc et l'hiver dans la vallée de l'Ubaye. Certes, le blanc domine les autres couleurs mais ce blanc reflète une lumière spécifique, qu'il soit marié au bleu des façades des maisons marocaines ou qu'il réfléchisse les ombres bleutées issues du jeu du soleil sur le relief en montagne. La Gazette Drouot appelle avec justesse l'attention sur "la vérité du réel que la peinture transfigure sans la trahir, qui nous en révèle la part secrète et intime d'un moment dans un temps donné, d'une impression de lumière, d'un accord entre ce qui se donne et ce qui en est perçu...La palette retrouve les éclairages subtils et quasi abstraits pour raconter la féerie de l'hiver"[2].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Julian Taylor - Texte de Marc Hérissé - Editions Gevaert / Galerie 26
  • Julian Taylor, de métamorphose en métamorphose - préface de Jean Dutourd – Editions Galerie 26 - 2001
  • Julian Taylor – Cabotages - textes de Dominique Le Brun – Omnibus – 2005 (ISBN 2-02-020475-4)
  • Magazine Pratique des Arts : article de 8 pages sur Julian Taylor dans le n° 42 (janvier à mars 2002)
  • Magazine Pratique des Arts : article de 8 pages sur Julian Taylor dans le n° 69 (juillet à septembre 2006)
  • Catalogue de l'exposition consacrée à Julian Taylor "Portraits de Paysage" par le Centre d'art et d'histoire - Chateau de Vascœuil - préface de Lydia Harambourg - La Forestière, mai 2007
  • Magazine Pratique des Arts : article de 4 pages sur Julian Taylor dans le Hors-Série n°21 Paysages de France (octobre 2009)
  • Julian Taylor, catalogue de l'exposition du 8 janvier au 8 mars 2010 à la Galerie 26 - Préface de Jean-Louis Roux - Editions Galerie 26 - novembre 2009.
  • Julian Taylor - Présenté par Dominique Le Brun - Editions Le Télégramme 2010 - (ISBN 978-2-84833-253-6) Tour d'horizon du travail de Julian Taylor en 136 pages et 9 chapitres : Du motif à l'atelier, les navires, les phares, les mouillages, les ports d'échouage, la Corse, Venise, le Périgord en été, neige du Causse et d'ailleurs, suivis de repères biographiques, de l'œuvre de Julian Taylor et d'une bibliographie.
  • Julian Taylor, la magie du réel - Texte de Lydia Harambourg - Editions des Falaises - Septembre 2014 - (ISBN 978-2-84811-228-2). L'œuvre de Julian Taylor au cours des saisons 2012 à 2014 avec notamment la Norvège à bord de l'Express Côtier, Venise, Chefchaouen et la vallée de l'Ubaye.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Stéphanie Portal in En Dordogne avec Julian Taylor in Pratique des Arts HS n°18 Paysages de France, octobre 2009.
  2. Lydia Harambourg in La Gazette Drouot n° 2 du 17 janvier 2014

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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