Joseph-Zoël Cyr-Miquelon

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Joseph-Zoël Cyr-Miquelon
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Naissance
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Nationalité
Activité

Joseph-Zoël Cyr-Miquelon (Saint-Félix-de-Kingsey, - Wetaskiwin, ), arpenteur et poète, est un des fondateurs de la municipalité de canton de Saint-Camille.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Pierre Miquelon et de Marie-Anne Painchaud, Joseph-Zoël Cyr-Miquelon naquit le 11 février 1834 à Saint-Félix-de-Kingsey. Colon à seize ans, il fut l'un des premiers arrivants sur le territoire qui deviendrait plus tard le canton de Saint-Camille.

Il épousa Nancy Durning à Wotton en 1856, avec qui il eut huit enfants.

Très actif dans la communauté, Zoël Miquelon fut directeur des travaux des chemins de colonisation qui s'ouvrirent dans la région. Il participe aussi activement à la mise en place des principales institutions de la paroisse de Saint-Camille: secrétaire-trésorier du premier conseil municipal en 1860, secrétaire-trésorier du premier conseil d'administration de la naissante Commission scolaire en 1861 et membre fondateur et secrétaire-trésorier de la Société d'agriculture no 2 du comté de Wolfe en 1866. Le 18 février 1874, Zoël Miquelon fut nommé garde forestier et en eut la charge jusqu'à son départ pour l'Ouest canadien en juin 1883[1].

Lors de son décès survenu le 9 août 1899, M. Miquelon habitait la petite ville de Wetaskawin, en Alberta, dont il fut l'un des pionniers. Son service et sa sépulture eurent lieu le 11 août à Saint-Albert.

Son œuvre[modifier | modifier le code]

Les souvenirs et les œuvres de Zoël Miquelon sont conservés par la famille Crépeau. Ses écrits ont accompagné les gens de sa communauté sans avoir fait l'objet de publications.

Dans La paroisse de Saint-Camille, l'abbé L.-A. Lévesque cite un article rendant hommage à Zoël Miquelon avant son départ vers l'ouest canadien et paru dans l'Album des familles en 1883 :

M. J.-Z.-C. Miquelon, de Saint-Camille de Wotton, avantageusement connu dans cette partie du pays, vient de publier une poésie, pleine de sentiments, à l'occasion de son départ pour le Nord-Ouest. Pour n'avoir reçu qu'une éducation élémentaire, dit le Sorelois, M. Miquelon n'en possède pas moins une somme considérable de connaissances qu'il a acquises à force de travail. Il s'est toujours distingué pour la facilité avec laquelle il tourne ses vers et on peut dire de lui qu'il est un véritable chansonnier vivant. Âme sensible et charitable, ami sincère et dévoué comme on en rencontre rarement, M. Miquelon sera sincèrement regretté par ses nombreux amis de la province de Québec.[2]

Malgré la distance, Zoël Miquelon resta toujours attaché à son village comme en témoigne un de ses poèmes intitulé Mon Village.

Mon Village
Le cinq du mois d'août dix-huit cent cinquante-deux
À Wotton je passais, marchant vers la frontière.
Ma route était boueuse et le ciel nuageux,
Quand deux heures après j'arrivai à l'Équerre,
Nom équivalent à détour à angle droit.
De la route en ce lieu presque à l'état sauvage
Le voyageur avait devant lui la forêt
Et deux pauvres huttes; c'était tout le village.
-
Le bois, l'épais fourré, cet étrange plateau,
Sur le déclin du jour ne portait pas envie.
Aucun bruit, aucun son, pas un petit ruisseau,
Pas un murmure pour chasser ma rêverie.
Pour moins me rassurer le tonnerre grondait
Au-dessus de ma tête annonçant un orage.
De l'endroit qui, ce jour, m'a paru sans attrait,
Heureux de l'avouer j'en ai fait mon village.
-
Ces fiers géants qui couvraient ce canton,
Propriété de l'ours à l'épaisse fourrure,
Ont cédé au travail du vaillant bûcheron
Pour être remplacés par des champs en culture.
Sur le bord de la voie ou plutôt du sentier
Où je m'étais assis fatigué du voyage,
S'élance dans les airs un superbe clocher.
C'est sur ce même sol qu'est assis mon village.
-
Pendant trente ans et plus, j'en fus l'humble habitant;
Il est de par bon droit berceau de ma famille.
J'ai plus ou moins pris part à son gouvernement,
À tout ce qui pouvait aider à Saint-Camille.
Le lecteur m'a compris, c'est ce groupe coquet
De maisons recevant l'ombre d'un vert bocage
Grâce aux nobles efforts faits par l'abbé Charest
Qui peut avec orgueil le nommer son Village.
-
Combien de souvenirs resteront attachés
Au bourg où s'est joué le drame de ma vie!
C'est là que mes enfants sont dans le monde entrés,
C'est là qu'aux champs des morts ma fille est endormie.
Tous nous avons reçu d'un pouvoir surhumain
Des dons et des talents formant notre apanage.
Si Dieu m'avait doué de celui d'écrivain
Mon premier parchemin serait pour mon Village.
-
Voilà neuf ans enfuis, emportés par le temps,
Depuis que je chéris une autre résidence.
Je supporte le poids de cinquante printemps
Qui fait plier mon corps, rebel à l'évidence.
J'ai quitté pour moi-même et plus pour mes enfants
Cet endroit si aimé; en cela je fus sage.
Mais c'est avec plaisir qu'à tout propos j'entends
Ma femme en soupirant le nommer «son Village»

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Jacques, Ils ont osé... Les maires de Saint-Camille, Saint-Camille, Éditions du Bélier Ardent, , 314 p. (ISBN 978-2-9814803-0-9), p. 19
  2. L'abbé Luc-Alphonse Lévêque, La paroisse de Saint-Camille, Montréal, Imprimerie du messager, , 122 p., p. 27-28