Jōsei Toda

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Jōsei Toda
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Biographie
Naissance
Décès
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TokyoVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
戸田城聖Voir et modifier les données sur Wikidata
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Religion

Jōsei Toda (戸田 城聖, Toda Jōsei?, 11 février 1900, préfecture d'Ishikawa – 2 avril 1958 à Tokyo), éducateur, éditeur et disciple de Tsunesaburo Makiguchi, avec qui il fonda la Soka Kyoiku Gakkai. Il est à l’origine de la reconstruction de la Soka Gakkai au Japon après la Seconde Guerre mondiale et de son développement.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né le 11 février 1900 dans la province de Kaga aujourd'hui préfecture d'Ishikawa, il devient éducateur à l'âge de 20 ans et postule en 1920 dans l'école dont Tsunesaburo Makiguchi est le proviseur. Il en devient le disciple (dans la relation maïtre-disciple).

En 1928 tous deux se convertissent au bouddhisme de Nichiren de l'école Fuji dont la Nichiren Shoshu était la principale organisation représentante au Japon.

Soka Kyoiku Gakkai[modifier | modifier le code]

Deux ans plus tard ils fondent, la Soka Kyoiku Gakkai (Société pour la création des valeurs par l'éducation). Dans les années 30 le militarisme prend le pouvoir. Le Japon envahit la Mandchourie. Les militaires veulent étendre leur mainmise sur le pays par la religion et oblige les organisations religieuse à accepter l'amulette shinto, le talisman d'Ise[1]. Ils refusent de le porter et sont tous deux emprisonnés le 6 juillet 1943. Pour le régime militariste c'est un crime de lése-majesté et un refus de l'allégeance à l'empereur et de la religion d'État, le shintoïsme.

Soka GakkaÏ[modifier | modifier le code]

Makiguchi plus âgé meure en prison. Affaibli et en mauvaise santé, Jōsei Toda en sort le 3 juillet 1945, quelques jours avant la reddition du Japon. Il entreprend de reconstruire le mouvement qui s'appellera Soka Gakkaï (Société pour la création des valeurs) élargissant ainsi son combat à la société et l'inscrivant dans la lignée politique de Nichiren Daishonin qui s'était déjà élevé contre les pouvoirs de son époque (Rissho Ankoku Ron Traité Sur l'établissement de l’enseignement correct pour la paix dans le pays, un des textes auquel se réfère le mouvement pour se développer politiquement)

La Soka Gakkai¨a transmis le bouddhisme à 3000 membres mais Joseï Toda en difficultés financières malgré le succès de ses publications, n'en devient le 2ème président que le 3 mai 1951. Dans son discours de cérémonie, il lance une vaste campagne de shakubuku : ".. la plus haute forme de pratique bouddhique. Puisque Shakubuku est destiné au bonheur de tous les êtres humain et constitue la conception bouddhique de sauver.." propos relatés par son disciple le plus proche Daisaku Ikeda dans son roman, la Révolution Humaine, ".. Ceux qui pratiquent shakubuku ne doivent jamais oublier l'esprit de bienveillance; il ne s'agit pas de débat religieux ni de moyen d'étendre notre religion..". Pourtant il s'agit de diffuser et d'enseigner le bouddhisme de Nichiren, de faire accepter le Gohonzon (le mandala de la Nichiren Shoshu) et donc de convertir 750000 familles.

Shakubuku[modifier | modifier le code]

Le 20 mai 1951, Nissho, le soixante-quatrième Grand-patriarche de la Nichiren Shoshu donne un gohonzon à la Soka Gakkai, répondant à la requête de Toda. À cette époque la Soka Gakkai conclut un accord avec la Nichiren Shoshu qui stipulait que 1) tous les membres seront enregistrés auprès d'un temple de la Nichiren Shoshu ; 2) observera strictement toutes les enseignements de la Nichiren Shoshu ; 3) protégera les Trois trésors tels qu'ils sont définis pas la Nichiren Shoshu.

En 1952 il publie l'anthologie des textes de Nichiren Daishonin en un volume sous le titre Nichiren Daishonin Gosho Zenshû (œuvres complètes de Nichiren Daishonin), compilation établie par Nichikô Hori (1867-1957), 59ème grand patriarche de la Nichiren Shoshu entre 1925 et 1927.

En septembre 1957, lors d'un rassemblement de membres de la jeunesse de la Soka Gakkai à Yokohama, il fait une déclaration appelant à l'abolition des armes nucléaires[2] établissant la base des activités pacifistes du mouvement.

Décembre 1957 la soka gakkaï dénombre 765000 familles. Il meurt le quelques mois après avoir réalisé son vœu.

Daisaku Ikeda[modifier | modifier le code]

Le 14 août 1947 lors d'une réunion de discussion où Joseï Toda est venu parler, il rencontre un jeune homme de 19 ans Daisaku Ikeda qui devient son disciple. Le , deux ans après la mort de Toda, Daisaku Ikeda devient le troisième président de la Sōka Gakkai et commence, la même année selon de voeux de son maître, une série de voyages en Amérique, en Asie et en Europe pour faire connaître le bouddhisme de Nichiren hors du Japon [3]. Suite à l’accroissement du nombre de membres de la Soka Gakkai hors du Japon, il fonde sur l’île de Guam (États-Unis) le , avec des représentants de la Sōka Gakkai de 51 pays, la Sōka Gakkai internationale (SGI)[4].

En 1996, l'Institut Toda pour la paix et une politique prospective est créé par Daisaku Ikeda en hommage à son maître. Il est dirigé par l'universitaire d'origine iranienne Majid Téhranian[5] et est reconnu comme Organisation Non Gouvernementale par le Département des relations publiques des Nations unies (UNDPI).

Controverse[modifier | modifier le code]

Kosen-rufu est une expression du Sutra du Lotus qui signifie « annoncer et diffuser largement [le Dharma] ». Toda a déclaré : « Certains pensent que kosen rufu sera achevé si l'empereur accepte un gohonzon et lui témoigne le respect. C'est une idée totalement absurde. Kosen rufu aujourd'hui peut être atteint seulement si chacun de vous se charge des religions erronées et convertit toutes les personnes dans ce pays, leur faisant accepter le gohonzon de Nichiren. C'est le seul moyen pour nous d'établir le Honmon no Kaidan »[6]

« Lorsque kosen rufu sera achevé ou sur le point de l'être, tous les hommes, qu'ils soient hommes d'affaires, journalistes, cinéastes, gouvernants, qu'ils soient au sommet de la hiérarchie ou simples portiers, tous auront compris la valeur du gohonzon. Il y aura des membres de la Diète parmi ces personnes et ils présenteront une pétition pour la construction du Honmon no Kaidan qui sera approuvé par la Diète. Alors l'empereur comprendra le grand bienfait divin du gohonzon. Et alors kosen rufu sera achevé. »[7]

Toda organisa ses divisions des Jeunes gens et des Jeunes filles comme des unités militaires et les envoya convertir les autres et mener des débats religieux avec les responsables des autres religions, avec éventuellement l'exigence d'excuses écrites de la part des perdants de ces débats {ref?}. Le 31 octobre 1954, se tint au Taisekiji une réunion massive de milliers de jeunes de la Soka Gakkai. Toda, tel un général passant en revue ses "troupes" à cheval, leur adressa les paroles suivantes[8] :

« Dans notre combat pour Kōsen rufu nous n'avons pas d'alliés. Nous devons considérer toutes les religions comme nos ennemies et nous devons les détruire. Mesdames et messieurs, il est évident que la route devant nous est pleine d'obstacles. C'est pourquoi vous devez vénérer votre vie (Gohonzon), garder l'esprit de la création de valeur (Soka) dans votre cœur et développer vos jeunes forces. Je m'attends à ce que vous vous leviez pour relever les nombreux défis qui se dressent devant vous. »

Cette version des faits ne correspond pas à celle diffusée par Daisaku Ikeda dans La révolution humaine et par la Soka Gakkaï qui appuie sur l'aspect humaniste de la propagation du bouddhisme.

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.nichiren-etudes.net/articles/lineage/gakkai.htm
  2. (en) La déclaration de 1957 appelant à l'abolition des armes nucléaires
  3. Karel Dobbelaere, La Soka Gakkai, Elledici, 2001, p. 12
  4. Source SGI : (en) [1]
  5. (en) Majid Téhranian, directeur de l'Institut Toda
  6. (Murata, p. 104) Japan's New Buddhism : An Objective Account of Soka Gakkai. New York : Walker/Weatherhill, 1969.
  7. (Murata, p. 113) Japan's New Buddhism : An Objective Account of Soka Gakkai. New York : Walker/Weatherhill, 1969.
  8. (Murata, p. 100) Japan's New Buddhism : An Objective Account of Soka Gakkai. New York : alker/Weatherhill, 1969.

Liens externes[modifier | modifier le code]