John LaFarge (jésuite)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Lafarge.
John LaFarge
Description de cette image, également commentée ci-après

Le père John LaFarge, jésuite

Naissance
Newport (Rhode Island) Drapeau des États-Unis États-Unis
Décès (à 83 ans)
New York
Nationalité américaine
Pays de résidence États-Unis
Profession
Activité principale
Journaliste, écrivain
Autres activités
Engagement social anti-raciste
Formation
Lettres, philosophie et théologie

Compléments

LaFarge est le fondateur de la Conférence nationale catholique pour la justice interraciale


John LaFarge, né le 13 février 1880 à Newport, dans le Rhode Island (États-Unis) et mort le 24 novembre 1963 à New York, est un prêtre jésuite américain, qui fut écrivain et un journaliste très engagé dans les campagnes antiracistes de l’Entre-deux-guerres. Il est le fondateur de la Conférence nationale catholique pour la justice interraciale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et premières années[modifier | modifier le code]

Troisième fils (des neuf enfants) du célèbre artiste homonyme, John LaFarge, son éducation primaire et secondaire se fait en privé. Pour ses études universitaires, John s’inscrit à l’université de Harvard en 1897. Il en reçoit son diplôme en 1901. Se sentant appelé au service sacerdotal, il poursuit des études de théologie à Innsbruck (Autriche) où il est ordonné prêtre le 26 juin 1905.

Cinq mois plus tard (2 novembre 1905), LaFarge entre au noviciat de la Compagnie de Jésus à Poughkeepsie (New-York). Sa formation spirituelle et intellectuelle se poursuit par quelques années d’enseignement à Canisius College (Buffalo) et Loyola College (Baltimore) et deux années d’études au scolasticat jésuite de Woodstock. Il y obtient la licence en philosophie.

Ministère sacerdotal[modifier | modifier le code]

En 1911, John LaFarge est vicaire dans la paroisse St Inigo (Saint-Ignace), du Maryland. Il y passe une quinzaine d’années y organisant entre autres de nombreuses missions dans les paroisses rurales de la partie sud de l'État du Maryland : des années fécondes, écrira-t-il, car c’est là qu’il découvre la condition pitoyable des anciens esclaves noirs et ce qu’il est convenu d’appeler le « problème racial ». C’est le point de départ de ses groupes interraciaux catholiques. Il fonde l’Institut Cardinal Gibbons, une école technique pour étudiants noirs du Maryland méridional.

En août 1926,le Père LaFarge est nommé sous-éditeur de la revue hebdomadaire des jésuites américains America. Il habite dès lors à New York. Il restera toute sa vie membre du conseil éditorial de la revue, à laquelle son nom reste encore aujourd’hui intimement lié. Pendant quatre ans, il en sera le rédacteur en chef: de 1944 à 1948.

Lutte pour la justice interraciale[modifier | modifier le code]

À partir de 1926, le Père LaFarge est de plus en plus engagé dans la lutte pour une vraie justice interraciale, aussi bien par ses articles dans la revue America, que donnant des conférences et surtout organisant et multipliant les groupes interraciaux catholiques, avec leur revue Interracial Review. Lié d’amitié avec Catherine Drexel, il collabore à la fondation de sa congrégation religieuse pour Indiens et Noirs.

Il avait, des années auparavant, fondé une Union de laïcs catholiques noirs comme groupe de formation spirituelle et d’études des relations interraciales. En 1934, cette union se développe en conseil interracial catholique. En 1958, quarante de ces conseils formeront ensemble l’influente Conférence nationale catholique pour la justice interraciale. La conférence devient une vigoureuse voix exprimant la position catholique dans les débats pour les droits civiques des noirs.

Excellent journaliste et brillant intellectuel, il écrit d’innombrables articles pour promouvoir la cause de la justice et dénoncer les idéologies racistes qui gagnent du terrain durant l’entre-deux-guerres. Ces articles sont publiés dans toutes les revues jésuites importantes, Étvdes (France), Civiltà Cattolica (Rome), Streven (Belgique), Stimmen der Zeit (Allemagne) et d’autres.

Il est auteur de plusieurs livres également. L'un, Interracial Justice, attire l’attention du pape Pie XI qui fait venir LaFarge à Rome (1938) et le charge de préparer avec deux autres jésuites un mandement pontifical condamnant les idéologies racistes et antisémites[1].

Membre de plusieurs académies et récipiendaire de nombreuses distinctions dont l’American liberties medallion of the American Jewish committee, le Père LaFarge s’éteint à la résidence jésuite de New York, le 24 novembre 1963.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Outre de très nombreux articles publiés dans la revue America et d'autres revues influentes d'Europe, LaFarge est l'auteur des livres suivants :

  • The Jesuits in Modern Times, New York, 1928.
  • Interracial Justice, New York, 1937.
  • A Catholic Interracial Programme, New York, 1939.
  • The Race Question and The Negro: a Study of the Catholic Doctrine on Interracial Justice, New York, 1943.
  • Un livre autobiographique : The Manner is Ordinary, New York, 1954.
  • The Catholic Viewpoint on Race Relations, New York, 1956.
  • Reflection on Growing Old, New York, 1963.
  • Une sélection d'articles de LaFarge furent publiés par T.N.Davis et J.Small (eds): A John LaFarge Reader, New-York, 1956.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le texte pontifical restera à l’état de brouillon, le pape Pie XI mourant le 10 février 1939, sans l’avoir signé. Ce texte est connu sous le nom de Humani generis unitas.