Jean-Paul Goux

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Jean-Paul Goux
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Langue d’écriture Français
Genres
Romancier
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Jean-Paul Goux est un écrivain français né en 1948, originaire de Franche-Comté et de Paris. Il a écrit des récits, des romans et des essais. Son premier roman, Le Montreur d'ombres, est publié en 1977 aux éditions Ipomée. Son œuvre compte une quinzaine de livres, dont les deux trilogies romanesques des Champs de fouilles et des Quartiers d'hiver, publiées aux éditions Actes Sud.

Biographie[modifier | modifier le code]

Comme beaucoup d'écrivains de sa génération, il entre en politique en même temps qu'en littérature, et adhère au parti communiste de 1972 à 1978. À cette période appartiennent des œuvres romanesques à l'écriture lyrique, Le Triomphe du temps, La Fable des jours et Lamentations des ténèbres.

Il a été lié à l'avant-garde littéraire des années soixante-dix et quatre-vingt, lecteur de Tel Quel, puis proche de 'Digraphe dont il a été secrétaire de rédaction en 1978.

Ses Mémoires de l'enclave, issues de deux ans d'enquête sur la vie ouvrière dans le bassin de Sochaux-Montbéliard, ont été saluées notamment par François Bon comme "le livre le plus total, le plus fouillé, sur l'usine, au moment où l'histoire bascule" et où s'éloigne le modèle industriel ancien. Cette somme de 600 pages a été rééditée en 2003 chez Actes Sud.

Après cette œuvre de sociologue et d'ethnologue, où un préambule fictionnel (le journal intime de l'enquêteur, un jeune Docteur en Archéologie) introduit une retranscription des voix ouvrières menée avec une rigueur et un respect exemplaires, Jean-Paul Goux séjourne en 1985 et 1987 à la Villa Médicis, à Rome. Cette période marque la transition vers une nouvelle manière romanesque, et vers l'écriture de sa première trilogie, dont le premier volume, Les Jardins de Morgante, met en scène quatre amis réunis dans la fabuleuse propriété d'un écrivain du seizième siècle. Chaunes, l'architecte des jardins, Wilhelm, son ami le bibliothécaire, Maren, la jeune architecte qu'aime Chaunes, et Thubert, le photographe sont là pour dresser l'inventaire des richesses de cette demeure avant sa destruction définitive. Peu à peu ils subiront l'emprise de ce lieu magique jusqu'à un point de non-retour. Le récit de ce qui s'est passé cet hiver-là à Morgante est repris a posteriori par les voix des différents protagonistes, qui cherchent à élucider l'énigme du destin fatal de l'un d'entre eux. Ce roman, comme les suivants, est un "roman de la voix" où les différentes énonciations se mêlent et s'étagent par strates temporelles, sans se confondre.

La seconde trilogie, Les Quartiers d'hiver, est centrée sur deux lieux (l'abbaye de l'Épine à Chenecé et un appartement haussmannien à Paris) plutôt que sur un personnage. Cependant L'Embardée comme Les Hautes falaises mettent en scène Simon, qui évoque, à travers les lettres écrites à des amis, ses relations avec ses parents, la vente d'un appartement de famille ressentie comme une catastrophe, une amputation de son être, et, dans le second titre, son amitié d'enfance et d'adolescence avec Bastien, un fils d'architecte comme lui, qui le rappelle après toute une vie de silence. L'écriture de Jean-Paul Goux entrelace les espaces et le temps d'une façon extrêmement précise et évoque la place que peut tenir dans une vie un lieu à travers lequel on a appris à percevoir le monde, et au contraire la façon cruelle dont quelquefois on en est dépossédé. Une voix, ou plutôt des voix cherchent malaisément à dépasser le silence et la frustration, à retrouver une maîtrise de soi. Le Séjour à Chenecé clôt la trilogie par un récit symbolique, récit d'apprentissage qui s'apparente davantage au conte. Alexis Chauvel, son héros, le "pauvre d'esprit" de la nombreuse tribu Chéronnet, celle de Bastien, passera sa vie comme gardien de la propriété familiale de vacances, abbaye rachetée jadis comme bien national, plantée sur une ancienne île entourée de falaises et délaissée par le recul de la mer.

Les essais littéraires de Jean-Paul Goux, Les Leçons d'Argol, La Fabrique du continu et La Voix sans repos rendent hommage à ses "intercesseurs" en littérature (les tout premiers, ceux de l'adolescence, Lautréamont, Gracq, Claude Simon, puis Flaubert, Chateaubriand, Kleist, Le Tasse...). Ils poussent loin la réflexion sur les enjeux de sa prose romanesque : lier l'espace et le temps, résister à l'émiettement, à la fragmentation, aux déchirures de l'expérience privée de la mémoire et du secours de l'art. Sa phrase, tout comme l'architecture de ses œuvres, recherche une forme d'envoûtement et s'impose par sa puissance poétique et son acuité : "Les trois critères essentiels par lesquels Valéry définissait la spécificité du poétique : la fabrique de la liaison, la fabrique de l'énergie et du mouvement, et la fabrique de la voix, me paraissent tout aussi bien au cœur des exigences littéraires de certaines proses romanesques." ( La Fabrique du continu, Champvallon, 1999, quatrième de couverture.)

L'œuvre toute entière s'ordonne autour d'une réflexion sur les pouvoirs de la parole, meurtrière ou vivifiante, comme l'indique la citation latine placée en épigraphe à La Commémoration : mors et vita in manu linguae (la mort et la vie sont aux mains de la parole).

Jean-Paul Goux a été maître de conférences à l'Université de Tours. Il a participé au comité de rédaction de la revue Le Nouveau Recueil, dirigée par Jean-Michel Maulpoix. Il vit aujourd'hui à Besançon.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

  • Le Montreur d'ombres (roman), Ipomée, 1977.
  • Le Triomphe du temps (roman), Digraphe - Flammarion, 1978.
  • La Fable des jours (roman), Digraphe - Flammarion, 1980.
  • Les Leçons d'Argol (essai sur Julien Gracq), Temps actuels, 1982.
  • Lamentations des ténèbres (roman), Flammarion, 1984.
  • Mémoires de l'enclave (récits d’industrie), Mazarine, 1986. Réédition Actes Sud, collection "Babel", 2003.
  • Les Jardins de Morgante (roman), Payot, 1989. Réédition Actes Sud, collection « Babel », 1999. Champs de fouilles I.
  • La Commémoration (roman), Actes Sud, 1995. Réédition Actes Sud, collection « Babel », 2005. Champs de fouilles II.
  • La Jeune Fille en bleu (récit), Champ Vallon, 1996.
  • La Maison forte (roman), Actes Sud, 1999. Champs de fouilles III.
  • La Fabrique du continu (essai), Champ Vallon, 1999.
  • Les Lampes de Ronchamp, éditions de l'Imprimeur, collection Suite de sites, 2001.
  • La Voix sans repos (essai), éditions du Rocher, 2003.
  • L'Embardée (roman), Actes Sud, 2005. Les Quartiers d’hiver I
  • Les Hautes Falaises (roman), Actes Sud, 2009. Les Quartiers d’hiver II
  • Le Séjour à Chenecé (récit), Actes Sud, 2012. Les Quartiers d’hiver III
  • L’ombre s’allonge (roman), Actes Sud, 2016.

Articles et contributions à des ouvrages collectifs[modifier | modifier le code]

Alain Poirson et Jean-Paul Goux, « Claude Simon : pour en finir avec l’équivoque du réalisme. Entretien.», L’Humanité, 20 mai 1977, p. 8. Repris dans Les Triptyques de Claude Simon, p. 163-167

Alain Poirson et Jean-Paul Goux, "Un homme traversé par le travail. Entretien avec Claude Simon", La Nouvelle critique, no 105, juin-juillet 1977.

« Le Temps de commencer », in Genèses du roman contemporain, C.N.R.S. Éditions, 1993.

"Argol et Maldoror, quelques propriétés des objets aimés", revue Théodore Balmoral, 1er février 1997. http://remue.net/spip.php?article849

"La scène fantasmée dans Rimbaud le fils", in Pierre Michon, l'écriture absolue, Actes publiés par les Presses universitaires de Saint-Etienne, 2001

"De l'allure", Semen, revue de sémio-linguistique des textes et des discours, in "Rythme de la prose", 16-2003, URL : http://semen.revues.org/2664.

"La question", in "Le souci de la beauté", Le Nouveau Recueil n°80, avril-mai 2006.

"Le style de vie Bergougnioux", note de lecture, Le Nouveau Recueil n°80, avril-mai 2006.

"Si la beauté..." in Cahiers Claude Simon n°2, presses universitaires de Perpignan, décembre 2006.

Mireille Fulpius, textes de Sylvie Bourcy, Jean-Paul Goux, Pierre Paliard, Myriam Poiatti, Paris : Cercle d’art, 2013, 223p. ill. en noir et en coul. 30 x 26cm. Catalogue d'exposition.

Jean-Paul Goux, "Pastiches et mélanges. Un inédit : Le Carnet de Syntaxe de Proust", in "D'après Proust", La Nouvelle Revue Française, no 603, mars 2013, dir. Philippe Forest et Stéphane Audeguy.

Bibliographie critique[modifier | modifier le code]

  • Jean Pfeiffer, La Fable des jours par Jean-Paul Goux, La Nouvelle Revue Française, no 348, janvier 1982, pages 222-223.
  • Jean Pfeiffer, Lamentations des ténèbres par Jean-Paul Goux, La Nouvelle Revue Française, n° 384, janvier 1985, pages 94-96.
  • Annie Clément-Perrier, Postface aux Jardins de Morgante, Actes Sud 1989 reprise en 1999.
  • François Bon, "Outrageusement littéraire", revue Recueil, 1994, repris sur son site remue.net le 30 mars 1997.
  • Annie Clément-Perrier, "L'art du continu", entretien avec Jean-Paul Goux, Europe, no 854-855, juin-juillet 2000.
  • Richard Blin, "La Voix sans repos par Jean-Paul Goux", Le Matricule des anges, no 43, mars-mai 2003.
  • Annie Clément-Perrier, "L'Embardée par Jean-Paul Goux", Europe, no 914-915, juin-juillet 2005.
  • Richard Blin, L'Embardée par Jean-Paul Goux, Le Matricule des anges, no 62, avril 2005.
  • Laurent Demanze, "Jean-Paul Goux : une histoire sans voix", Roman 20-50, no 40, décembre 2005, pages 109-117.
  • André Chauvin, "Voix ouvrières dans Mémoires de l'enclave (Jean-Paul Goux) et Daewoo (François Bon)", Les Voix du peuple dans la littérature des XIXe et XXe siècles, Presses universitaires de Strasbourg, 2006.
  • Corinne Grenouillet, "Une Histoire de l’âge industriel : Les Mémoires de l’enclave de Jean-Paul Goux (1986)", Les Formes du temps : Rythme, histoire, temporalité, Presses Universitaires de Strasbourg, 2007, p. 341-351
  • Jérôme Goude, "Les Hautes falaises par Jean-Paul Goux, le chant des ornières", Le Matricule des anges, no 101, mars 2009.
  • Annie Clément-Perrier, "Jean-Paul Goux, Les Hautes Falaises", Europe n° 961, mai 2009, p. 347-349.
  • Sylvain Dreyer, "Voix ouvrières en Franche-Comté, Maurice Clavel (Les Paroissiens de Palente, 1974) et Jean-Paul Goux (Mémoires de l'Enclave, 1986)", in "Dire le travail", La Licorne n° 108, Presses universitaires de Rennes, déc. 2012.
  • Dominique Viart, Anthologie de la littérature contemporaine française, Armand Colin/CNDP, 2013, p. 134-135.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]