Jean-Marie Le Bris

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Jean Marie Le Bris

Jean Marie Le Bris (Jean ou John pour sa famille et ses amis, Yann Vari ar Brizh en breton), né à Concarneau le et mort à Douarnenez le est un marin, capitaine au cabotage, armateur de ses propres navires, connu pour avoir été, avant Otto Lilienthal, Clément Ader et les frères Wright, un pionnier de l'aviation. Il a probablement réussi un vol plané à bord d'une « barque ailée » de sa conception aux alentours de 1860.

Contributions à l'aviation[modifier | modifier le code]

La forme du premier planeur qu'il construisit et qu'il nomma lui-même « barque ailée »[1], muni d'ailes mobiles, peut avoir été inspirée de l'albatros, que Le Bris aurait étudié lors de son service militaire dans le Pacifique. L'engin est cependant loin d'atteindre l'allongement de l'oiseau de mer. Grâce à ses nombreux essais, Le Bris avait perçu les phénomènes de portance (qu'il appelait « aspiration »[Où ?]) lors des variations d'incidence des ailes. Il déposa en 1857 un brevet d'invention suggérant le lien entre l'incidence et la portance de l'aile du planeur.

Brevet d'invention de Le Bris, 1857

Il accomplit probablement un vol plané, à une date inconnue située entre 1858 et 1861, et ne pouvant en aucun cas être précisée davantage (certainement pas[réf. nécessaire] en "décembre 1856" comme cela est très souvent écrit ; l'envol, s'il a réellement été effectué, ce qui à ce jour est encore discutable, aurait eu lieu à partir de la montagne de Sainte-Anne-la-Palud, à Plonévez-Porzay, haute de 60 m, face au vent du large). L'anecdote de l'aide soulevé par la corde de traction du planeur qu'il avait négligé de lâcher n'est rapportée que tardivement, dans un article du Petit Journal en 1867[2] puis dans un roman publié après la mort du pionnier, en 1878[3] et reste donc sujette à caution. Aucune source, pas même les témoignages ultérieurs de ses proches, ne rapporte qu'il ait fait un essai à partir d'un terrain plat (une plage par exemple). Plusieurs sources rapportent que cette première série d'essais de décollage à partir d'une charrette se termina, pour l'inventeur, par une jambe cassée[4],[5],[6].

L'engin des essais les plus réussis (et de l'envol s'il a bien eu lieu) était déjà une évolution de celui figurant sur le brevet, puisque celui-ci ne possède pas, entre autres, la queue mobile dont ont parlé plusieurs témoins (notamment ses neveux) et le Petit Journal[2]. Le Bris serait[réf. nécessaire] parvenu à ce résultat grâce à de nombreux essais, tous à partir de points élevés situés autour de la baie de Douarnenez, commencés en 1857 et achevés en 1863. Le Bris a donc renouvelé ce qu'avaient déjà fait avant lui Cayley, Henson (en) et Stringfellow en Angleterre dans les années 1848-49, dont il s'est visiblement inspiré, rejoignant également ce que faisaient à la même époque les frères Louis et Félix du Temple à Brest.

Aidé par la Marine impériale, il a ensuite construit à Brest, entre 1867 et 1868, un autre planeur, l'Albatros (ainsi dénommé dans la presse de l'époque[réf. nécessaire]), d'une envergure comprise entre 15 et 18 m[7], avec lequel il serait parvenu à rééditer l'exploit d'un envol. Cette fois encore, les essais ont eu lieu à partir d'une butte, au Polygone de tir de la Marine près de Brest. Mais une fois encore, il ne put aller au-delà. L'inspiration par l'albatros paraît cette fois plus évidente.

Outre la performance d'avoir fait voler un engin plus lourd que l'air, sa contribution la plus originale est d'avoir proposé un système de contrôle du vol par torsion (gauchissement) des ailes et queue mobile.

Une « réplique » de la barque ailée (inspirée du brevet d'invention) est exposée au Musée de l'air et de l'espace du Bourget. Elle est, sur plusieurs points, discutable. Elle dispose en effet d'un entoilage ultra léger tendu, bien que plusieurs sources parlent d'une toile de coton battant au vent et ne se tendant que sous l'effet du vent [réf. nécessaire]. De même la partie supérieure de l'engin est recouverte comme un kayak, ce qu'aucune source ne permet d'affirmer.

L'image du planeur brestois est arrivée jusqu'à nous grâce au photographe Pépin de Brest qui en réalisa plusieurs clichés, d'angles et de poses un peu modifiés, en position sur sa charrette de lancement. Grâce aux travaux d'Yves Peslin et de Jean Le Goualch (en 1986) nous savons qu'il s'agit de quatre poses différentes.

On a souvent prêté à Nadar l'origine de ces clichés, parce que certaines reproductions sont légendées : « Collection Nadar, Musée Carnavalet ». Mais c'est bien Pépin fils qui les réalisa (Pépin père exerça à Laval), et sur les photographies originales d'un format de 6 x 10,5 cm environ, il est bien indiqué « Pépin, rue de Siam, à Brest ».

Hommage[modifier | modifier le code]

Jean-Marie Le Bris a donné son nom à un établissement scolaire de Bretagne :

L'aéro-club de Quimper porte également le nom de Jean-Marie Le Bris.

Galerie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Sur le dessin accompagnant son brevet : « Plan et description d'une barque ailée à l'aide de laquelle on pourra se conduire dans les aires (sic) », cf. « Le Brevet d'invention de Jean Le Bris, du 9 mars 1857 », sur bretagne-aviation (consulté le 20 mars 2016)
  2. a et b Herald, « L'homme volant », Le Petit journal, no 1694,‎ , p. 3 (lire en ligne)
  3. Guillaume Joseph Gabriel de La Landelle, Les Grandes Amours, Dentu,‎ (présentation en ligne) ; L'Aéronaute, tout en déplorant que l'auteur ait adjoint, à la biographie du capitaine Jean-Marie Le Bris, « tout un roman d'intrigues et d'aventures », en écrit que « la description de l'oiseau artificiel et la relation de l'expérience (...) sont des faits précieux à retenir » cf. « Faits divers », L'Aéronaute, no 3,‎ , p. 86 (lire en ligne)
  4. Guillaume Joseph Gabriel de La Landelle, Dans les airs : aérostation, aviation, F. Louis Vivien,‎ (présentation en ligne), p. 210
  5. J. Lecornu, La navigation aérienne : histoire documentaire et anecdotique, Paris, Librairie Nony & Cie,‎ (lire en ligne), p. 187
  6. « La France et la conquête de l'air », L'Aéro, no 242,‎ , p. 4 (lire en ligne)
  7. « Faits divers », L'Aéronaute,‎ , p. 14 (lire en ligne), citant « Bretagne : intérêts et faits locaux », Courrier de Bretagne, no 23,‎ , p. 2

Annexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]