Guillaume Joseph Gabriel de La Landelle

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Guillaume Joseph
Gabriel de La Landelle
Description de cette image, également commentée ci-après
Gabriel de La Landelle
par Nadar
Naissance
Montpellier
Décès (à 73 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Profession
Distinctions

Compléments

  • Il a inventé le mot « Aviation » utilisé pour la première fois dans son livre Aviation ou Navigation aérienne, en 1863

Guillaume Joseph Gabriel de La Landelle, né le à Montpellier, France, et mort le à Paris, est un officier de marine, journaliste et homme de lettres français, romancier de la mer et auteur d'autres ouvrages maritimes. Il figure également parmi les pionniers de l'aéronautique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le marin[modifier | modifier le code]

Guillaume Joseph Gabriel de La Landelle naît à Montpellier, où son père se trouvait en garnison, le à h du matin. Il est le descendant d'une famille de marins bretons, les Coëtnempren[1]. Il fait ses études au collège de Strasbourg et entre à l'âge de seize ans comme élève dans la marine royale. Pendant onze ans, il est en service actif au Brésil, au Portugal et à la Guadeloupe. Devenu capitaine de frégate, il démissionne de la marine en 1839 pour se consacrer au journalisme et à la littérature.

Le littérateur[modifier | modifier le code]

Les femmes à bord, éd. A. Cadot et Degorce, Paris, s.d. (1882).

En 1840, il commence sa carrière littéraire en publiant des articles sur le monde maritime dans Les Français peints par eux-mêmes. Il est, en 1841, un des fondateurs du journal La Flotte, dans lequel il écrit. Il collabore à L'Union catholique, à La Mode, au Commerce et, après la Révolution de 1848, à des journaux politiques contre-révolutionnaires tels que La Liberté, L'Avenir national, Le Pamphlet et Le Lampion[1].

Il publie sous forme de feuilletons une longue série de romans maritimes, appréciés tant pour l'intérêt du récit que pour la vérité des scènes de la vie en mer. Inspirés en particulier des romans de James Fenimore Cooper et de Frederick Marryat, certains d'entre eux serviront à leur tour de source à son ami Jules Verne. Les plus importants sont publiés en librairie. Certains d'entre eux, notamment Une haine à bord, La Couronne navale, Les princes d'Ebène, Nathan le Rouge, Le dernier des filibustiers, Le premier tour du monde et Deux croisières dans l'Amérique du Sud sont traduits en espagnol et publiés en Argentine et au Chili[2]. Il compose aussi d'autres écrits, y compris des poèmes et des chansons, sur différents aspects de la vie maritime. « Le public, écrit Charles Monselet, ne connaît de lui que des romans sauvages et tatoués : Les Princes d'Ébène, Les Îles de glace, L'Homme de feu, etc. Mais ce que nous connaissons, nous, ce sont ses chansons de bord, malheureusement inédites pour la plupart : son vrai talent est là »[3].

Il utilise le nom de plume H. Élie Kopter pour signer « Régates aériennes »[4], une anticipation publiée en 1863, dont l'action se situe en 1983.

Un pionnier de l'aviation[modifier | modifier le code]

Dessin de l'hélicoptère imaginaire, mû par la vapeur, de Gabriel de la Landelle.

En 1861, il construit, avec Gustave Ponton d'Amécourt, un prototype d'hélicoptère à moteur à vapeur. L'hélicoptère du héros de Robur le Conquérant, de Jules Verne (1886), présente de nombreuses similitudes avec celui de la Landelle. Ce dernier fonde ensuite, avec Nadar et Ponton d'Amécourt, en 1863, la « Société d'encouragement pour la locomotion aérienne au moyen d’appareils plus lourds que l'air ». Il publie par ailleurs plusieurs ouvrages sur l'histoire de l'aéronautique, où il retrace notamment les premiers vols de Jean-Marie Le Bris. Dans le livre Le tableau de la mer. La vie navale publié en 1862, il décrit dans le chapitre Inventions et progrès, des remarques sur l'hélice et la portance, l'aéronef de Ponton d'Amécourt, critiquant les propos de de Lalande sur l'impossibilité du vol pour l'homme[5]. C'est dans son livre Aviation, ou Navigation aérienne (sans ballons), publié en 1863, que le mot « aviation » serait apparu pour la première fois[6],[7], avant d'être repris en 1875 par Clément Ader pour désigner ses appareils volants[8]. Le Conservatoire national des Arts et Métiers conserve la correspondance entre Gabriel de La Landelle et Clément Ader entre 1883 et 1884.

Atteint de la tuberculose en 1883, Guillaume de la Landelle meurt le 19 janvier 1886. Il était officier de la Légion d'honneur[1].

Publications[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Rééd. : 2e quarts de jour : Les Épaulettes d'amiral, éd. De Vresse, 1856.
  • La Couronne navale, éd. Micolci, 9 vol., 1848.
Rééd. Locart-Davy, Paris, 4 vol., in 8°.
  • Hermine et Gabrielle, ou Les Îles de glace, 4 vol., 1849-1850.
  • Le Docteur Esturgeot, 2 vol., 1850.
  • Le Roi des rapaces, 4 vol., 1851.
  • Le Toréador, 2 vol., 1851.
  • Une Déesse. Le Tableau de la mer, des pilotes et du pilotage, 1851.
  • Les Coureurs d'aventures, 1852, tome 1 [lire en ligne], tome 2 [lire en ligne], tome 3 [lire en ligne].
  • Le Morne aux serpents, 2 vol., 1852.
  • Les Princes d'Ébène, 10 vol., in 8°, 1852 tome 1 [lire en ligne], tome 2 [lire en ligne], tome 3 [lire en ligne], tome 4 [lire en ligne], tome 5 [lire en ligne].
  • Falkar le rouge, 5 vol., 1852.
  • Le Tableau de la mer. Batailles et combats, 1852.
  • La Vie du marin, poème, 1852.
  • La Vie du marin, symphonie dramatique, dédiée au peintre de la mer Théodore Gudin par les auteurs Alexandre Malibran et Gabriel de La Landelle, 1852.
  • Le Château de Noirac, éd. Imprimerie de Schiller, 1853.
  • L'Usurier sentimental, 3 vol., 1853.
  • L'honneur de la famille, 1854.
  • Les Géants de la mer. I : Bureau du siècle, 1854.
  • L'Eau et le feu, 2 vol., 1856.
  • La Meilleure Part, 1856 [lire en ligne].
  • Les deux routes de la vie, 1856.
  • Le Dernier des flibustiers, 5 vol., 1857 [lire en ligne] [PDF].
  • Contes d'un marin : Don Graviel d'Alferez. Nicolas Compian. Thomas Coquille. Les Mains blanches, 1857 [lire en ligne].
Rééd. Nabu Press, 1er mars 2010.
  • Le Club des damnés, 3 vol., 1858.
  • Le Mouton enragé, 1858.
  • Le Fils d'un ennemi, 2 vol., 1859.
  • Sans-Peur le corsaire, 3 vol., 1859 [lire en ligne] [PDF].
Rééditions :
Éd. maritimes et d'outre-mer, 2001.
Ed. Livres Généraux, 1er avril 2010.
  • Le Langage des marins, recherches historiques et critiques sur le vocabulaire maritime, expressions figurées en usage parmi les marins, recueil de locutions techniques et pittoresques, 1859 [lire en ligne].
Rééd. Kessinger Pub Co, 1er février 2010.
Rééd. Nabu Press, 2010.
  • L'Âme et l'ombre d'un navire, 5 vol., 1861, tome 1 [lire en ligne], tome 2 [lire en ligne], tome 3 [lire en ligne], tome 4 [lire en ligne], tome5 [lire en ligne].
  • Les Enfants de la mer, 1861.
  • Poèmes et chants marins, 1861.
  • Les Grelots, contes fantastiques, nouvelles, bluettes, fantaisies, 1861.
  • Le Gaillard d'avant, chansons maritimes, recueil de chants de marins, 1862.
  • Le Tableau de la mer. La Vie navale, 1862 [lire en ligne].
  • Le Tableau de la mer. Les Marins, 1862.
  • Pare-à-virer ! tableau maritime en 1 acte, Paris, Théâtre des Champs-Élysées, 19 avril 1862.
  • Aviation, ou Navigation aérienne (sans ballons), 1863 [lire en ligne].
Rééd. 1883.
  • La Frégate l'Introuvable, 1864.
  • Les Cousins de l'Introuvable, 1864.
  • Les Nouveaux Quarts de nuit : Parrain et filleul, récits maritimes, 1864.
  • Un corsaire sous la Terreur, 1865 [lire en ligne] [PDF].
Rééd. E. Dentu, 1877.
  • Troisièmes Quarts de nuit : Thomas Coquille, contes d'un marin, 1866.
  • Le Tableau de la mer. Mœurs maritimes, 1866 [lire en ligne].
  • Le Tableau de la mer. Naufrages et sauvetages, 1867 [lire en ligne].
  • Contes de matelots, 1867.
  • Études marines. Jean Bart et Charles Keyser, éd. P. Brunet, Paris, 449 p., 1868 [lire en ligne].
Rééd. Nabu Press, 1er mars 2010.
  • Pigeon vole, aventures en l'air, aviation, éd. P. Brunet, Paris, 1868 [lire en ligne]. Réédition Nabu Press, 2010 [présentation en ligne].
  • L'Homme de feu, 1868.
  • Les Géants de la mer. I : Falcar le Rouge [lire en ligne], II : Grandes aventures [lire en ligne], III : Mission secrète [lire en ligne], IV : La Cote des esclaves [lire en ligne], 4 vol. 1869.
  • Quatrièmes Quarts de nuit. Tablettes navales, 1868.
  • Phylon Binôme et le jeu de la fortune, 1869.
  • Les Quarts de jour. L'Orient et l'Occident, 1870.
  • Cinquièmes Quarts de nuit. Aventures de Madurec, 1870.
  • La Semaine des bonnes gens, nouvelles et causeries, 1870.
  • Sixièmes et derniers Quarts de nuit. Les enfants de la mer, 1873.
  • L'École de la vie, 1875.
  • Les Cinquièmes Quarts de jour. Le premier tour du monde, 1876.
  • La plus heureuse des femmes, 1876.
  • Pauvres et mendiants, roman des questions sociales, 1877.
  • Deux Croisières, histoire d'une légende navale, 1877 [lire en ligne] [PDF].
  • Les Grandes amours, 1878.
  • Légendes de la mer, 1880 [lire en ligne].
  • Alphabet phonétique universel, analyse, méthode, pratique, 1881.
  • Rose printemps, 1881 [lire en ligne].
  • Rouget et Noiraud, 1882.
  • Les Femmes à bord, coll. Un franc le volume, éd. A. Cadot et Degorce, Paris, in 12, broché, 286 p., 1882 [lire en ligne].
  • Dettes de cœur. La Semaine des bonnes gens, 1882 [lire en ligne] [PDF].
  • Le Mobilier anecdotique. Histoire d'une lettre confidentielle, 1883.
  • Aventures et embuscades, histoire d'une colonisation au Brésil, 1883 [lire en ligne] [PDF].
  • Le Dernier des flibustiers, 1884, Texte sur Wikisource.
  • Après le naufrage, éd. Librairie Hachette, Paris, 1884.
  • Histoires maritimes. Fleur-de-Misère. Les Neveux de Jean Bart. Le Château du Taureau, 1884 [lire en ligne].
  • Dans les airs, histoire élémentaire de l'aéronautique, 1884 [lire en ligne].
Rééd. Kessinger Pub Co, 1er novembre 2009, 1er février et 1er septembre 2010.
  • Robert Surcouf, 1884.
  • A vinganca do sargento: romance maritimo versao, éd. Joao Romano Torres, 1890.
  • La Barque Ailée De Jean-Marie Le Bris, L'ardent Rêveur, éd. Paupières de Terre, 2002.
  • , 2 vol., Nabu Press, 1er avril 2010.
  • Réponse à la note (du prince de Joinville) sur l'état des forces navales de la France.
  • Salon de 1841, marine - La France Maritime.
  • Études marines : Pierre de la Barbinais.
  • 3e quarts de jour : Galère et Caravanes.
  • 4e quarts de jour : L'Esclave de luxe.
  • 6e quarts de jour : Fortunes de terre et de mer.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c René Moniot Beaumont, Histoire de la littérature maritime, 411 p., 2008.
  2. (en) Guillaume Joseph Gabriel de La Landelle - The Virtualology Project
  3. Charles Monselet, La Lorgnette littéraire. Dictionnaire des grands et des petits auteurs de mon temps, Poulet-Malassis et de Broise, Paris, 1857, p. 134.
  4. Collectif, Défi de l’air (De Icare, fils de Dédale, à l’an 2364), Bibliogs, (ISBN 979-10-94282-33-5)
  5. Inventions et progrès, dans Le tableau de la mer. La vie navale, p. 399-449 (lire en ligne)
  6. Il explique l'origine du mot dans la note préliminaire du livre : « Aviation (d' avis, oiseau, actio, action) - action d'imiter l'oiseau dans son vol, est un mot nécessaire pour traduire clairement et brièvement : -navigation aérienne, - aéronavigation, locomotion ou auto-locomotion aérienne, -ascension, propulsion et direction d'une nef voyageant dans l'air, -etc, etc. Le latin actio a engendré la désinence française ation». Par analogie, il a créé avec Ponton d'Amécourt « le verbe avier, synonyme de voler dans les airs, et ses dérivés aviation, -aviateur, -aviable, -aviablement, ef ou ave, qu'on n'emploiera guère mais qui nous fournit les diminutifs avicelle et avicule (Gabriel de La Landelle, Aviation ou navigation aérienne, p. 7)
  7. L'aviation est la possibilité pour l'homme de se déplacer dans l'air, avec ou sans chargement, à l'aide d'une machine plus lourde que l'air et en contrôlant sa trajectoire. Avant l'aviation, il y a eu l'aérostation que La Landelle, méprisant, appelait l'aérostagnation (Sous la direction de Gérald Antoine et Robert Martin, Le vocabulaire de l'aviation, dans Histoire de la langue française 1880-1914, CNRS Éditions, 1999, p. 168-173.
  8. Thierry Le Roy, « L'Hélicoptère : une invention prometteuse au XIXe siècle », dans Pour la Science, n° 31, mai-juillet 2007. Voir aussi Le Nouvel Économiste : « Le Transport par avion ».
  9. Ce roman a été présenté et analysé par Jules Lermina dans son Dictionnaire universel illustré, biographique et bibliographique, de la France contemporaine, 1885, p. 744.
  10. « La Landelle de, Guillaume Joseph Gabriel », base Léonore, ministère français de la Culture

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Encyclopédie Brockhaus et Efron, 1890-1907.
  • Charles-Yves Peslin, « Le Premier Apôtre de l'aviation, Gabriel de la Landelle » dans La Nouvelle Revue de Bretagne, no 4, juillet-août 1948
  • Jean le Marchant de Trigon, Poètes d'Océan : La Landelle, Édouard et Tristan Corbière, Émile-Paul, Paris, 1958.
  • Thierry Le Roy, Les Bretons et l’aéronautique des origines à 1939, Presses universitaires de Rennes, Rennes, 2002.
  • Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des contemporains, vol. II, 1858, p. 1014-1015
  • Jacques Payen, Clément Ader et Gabriel de La Landelle (1883-1884), dans Revue d'histoire des sciences et de leurs applications, 1965, volume 18, no 3, p. 249-264 (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]