Inhibition latente

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L'inhibition latente, dite aussi effet Lubow (Doré 1984) est un concept de psychologie expérimentale. Il décrit la capacité à filtrer les stimuli, c'est-à-dire prêter moins d'attention à ce à quoi on est habitué.

L'inhibition latente est un processus cognitif inconscient permettant de traiter les stimuli sensoriels.

Un phénomène du même ordre, appelé inhibition rétroactive a été étudié dès la fin du XIXe siècle en psychologie de l'éducation.

Expérimentation[modifier | modifier le code]

Le modèle d'apprentissage développé par la psychologie expérimentale associe un stimulus et une conséquence qui lui est associée. On examine, par exemple, comment un rat peut obtenir de la nourriture en répondant à un stimulus comme une forme peinte.

Lubow et ses collaborateurs ont examiné la différence de comportement de l'animal selon qu'il a été ou non exposé au stimulus avant le début de l'expérience. Dans l'exemple précédent, la différence de comportement entre les rats qui avaient vu, avant l'expérience, la forme peinte, sans aucun rapport avec la nourriture, et ceux pour qui le stimulus a toujours été associé à la récompense.

Ils montrent que l'exposition préalable au stimulus, sans rapport avec sa conséquence, diminue la performance des animaux pour atteindre la récompense ou éviter la punition. Lubow et Moore ont appelé l'effet inhibition, puisque l'exposition préalable au stimulus entrave l'apprentissage, et latente, puisque cette inhibition ne se révèle que lorsque le stimulus est effectivement utilisé dans une nouvelle expérience.

Les psychologues ont proposé plusieurs modèles théoriques pour rendre compte de l'effet. Pour les uns, l'exposition aléatoire au stimulus réduit la capacité de l'associer à un comportement. Cette affaiblissement doit être surmonté pour permettre un nouvel apprentissage[réf. souhaitée]. Pour d'autres, le stimulus se trouve toujours associé, d'abord à rien de particulier, puis à la situation d'apprentissage, et, pendant un temps, le sujet hésite entre les deux associations.

L'inhibition latente apparait chez toutes les espèces de mammifères qui ont été testées et dans de nombreux paradigmes d'apprentissage différents, ce qui laisse supposer certains avantages adaptatifs, tels que la protection de l'organisme d'associer des stimuli non pertinents avec des événements plus importants.

L'effet Lubow est démontré dans les conditions particulières du laboratoire, où le contexte, identique dans les deux phases de l'expérience, n'apporte aucune information supplémentaire au sujet. Si, au contraire, l'environnement change entre l'exposition préalable au stimulus et l'apprentissage, l'inhibition latente est fortement diminuée.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Selon les principes de la psychologie expérimentale, ces expérimentations mettent en évidence un processus de base de l'interaction avec le milieu, qui s'exerce, de façon plus complexe, dans les situations ordinaires, pour transformer certaines sensations, mais pas toutes, en perceptions[réf. nécessaire].

Le mécanisme d’inhibition latente désigne généralement le tri que notre cerveau effectue dans les influx sensoriels et nous rend conscients d'une partie seulement, en enlevant les bruits, images et sensations de fond afin que nous ne soyons pas submergés par toutes ces informations et que nous puissions nous concentrer sur l’essentiel[réf. nécessaire].

La psychologie de l'éducation a constaté un phénomène du même ordre, appelé inhibition rétroactive. C'est la cause qui fait qu'un apprentissage peut perturber l'acquis d'un apprentissage antérieur, ou qu'une nouvelle expérience entraîne une perte de souvenir[1]. La capacité d'inhibition se développe au cours du vieillissement de l'enfant, permettant la concentration et un apprentissage plus rapide[2].

Déficit d'inhibition latente[modifier | modifier le code]

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Certaines personnes souffrent d'un « déficit d'inhibition latente ». Un individu doté d'une inhibition latente moyenne est capable de « mettre de côté » des informations cognitives superflues, tels le tic-tac d'une horloge, une odeur ou encore certains détails visuels. À l'inverse, un déficit d'inhibition latente empêche l'individu de s'habituer à la plupart de ces informations cognitives et l'oblige à prêter attention à de plus nombreux détails, entraînant parfois des phénomènes de « saturation » d'informations.

En 2001, les équipes de recherches de Harvard et de Toronto, conduites par Shelley Carson et Daniel Higgins ont publié une étude liant le déficit d'inhibition latente et la créativité, mais aussi la schizophrénie[3]. Selon cette étude, quand le QI est élevé, une faible inhibition latente profite à la créativité. À l’inverse, un QI inférieur associé à un déficit d'inhibition latente peut conduire à la schizophrénie, lae personne n’étant pas en mesure de traiter toutes ses sensations.

Un faible niveau inhibition latente permet d'observer plus de détails, de petites choses qui peuvent échapper à des gens ayant un niveau moyen d'inhibition latente. Cela leur permet d'avoir un regard plus complet sur les choses, de gérer de nombreuses idées simultanément (on parle poétiquement d'imagination). Il a parallèlement été démontré qu'une minorité (souvent les HQI[Quoi ?]) pouvait présenter une mémoire eidétique tandis que certains souffrent eux de cas particulièrement extrêmes d'hypermnésie.

Les personnes atteintes d'un bas niveau d'inhibition latente peuvent présenter les symptômes suivants : Syndrome général d'adaptation (stress), migraines ophtalmiques (scotome) suivie de céphalées très douloureuses, des crises d'hypotension, des phénomènes de confusion voire de schizophrénie[réf. nécessaire].

Certaines drogues agissent sur l’inhibition latente et peuvent la mettre à un « bas niveau » et ainsi provoquer un raz de marée d’informations chez des personnes ne pouvant les traiter, ce qui peut les rendre malades voir mener à une forme de psychose.[réf. nécessaire]

Lors d'une situation donnant lieu à un niveau de stress conséquent, les personnes atteintes de ce déficit verront leur niveau d'inhibition latente baisser de manière fulgurante, atteignant un seuil hors du commun, encore plus bas qu'à l'ordinaire. Sensibles aux moindres sons, bruits, lumières, variations de l'environnement proches, elles peuvent être saisies de crises de tremblements incontrôlables. Ce sont le plus souvent les hauts QI qui sont atteints par ce genre de phénomènes en situation de stress, néanmoins, ils demeurent en pleine possession de leurs moyens, et développent une activité cérébrale "accrue", leur permettant de traiter encore plus d'informations qu'à l'ordinaire.[réf. nécessaire]

Causes du déficit d'inhibition latente[modifier | modifier le code]

Un déficit d'inhibition latente peut survenir suite à un choc post-traumatique ou psychologique (tel un accident ou une forte dépression), cela peut aussi se produire "naturellement" (comme la perte de la vue, de l'ouïe...) et ce, à n'importe quel âge, mais aussi tout simplement être naturel (dès la naissance).[réf. nécessaire]

On dénombre 35, 8 % de la population mondiale présentant des troubles d'inhibition latente (pathologique, psychiatrique, avérée...)[réf. nécessaire]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Robert E. Lubow et A. U. Moore, « Latent Inhibition : The Effect of Nonreinforced Pre-Exposure to the Conditional Stimulus », Journal of Comparative and Physiological Psychology, vol. 52, no 4,‎ , p. 415-419 (ISSN 0021-9940)
  • François Y. Doré, « Préexposition à la réponse, effet Lubow et masquage dans un apprentissage d'évitement bidirectionnel », L'année psychologique, vol. 84, no 1,‎ , p. 21-42 (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ruí Carrington da Costa, « L'inhibition rétroactive dans l'apprentissage et dans la vie », Enfance, vol. 14, no 3,‎ (lire en ligne).
  2. Valérie Pennequin, R. Fontaine, T Plaie et S. Maupoux, « Le développement de la catégorisation : l'échec tardif à l'inclusion de classes peut-il s'expliquer par un déficit d'inhibition ? », L'année psychologique, vol. 102, no 1,‎ , p. 9-29 ; « Mémoire épisodique et déficit d'inhibition au cours du vieillissement cognitif : un examen de l'hypothèse frontale », L'année psychologique, vol. 105, no 2,‎ , p. 323-357 (lire en ligne).
  3. (en) « Low Latent Inhibition Plus High Intelligence Leads To High Creativity? » ; « La parenté entre psychose et créativité serait démontrée ».