In girum imus nocte ecce et consumimur igni

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Tableau de Mihály Zichy The Triumph of the Genius of Destruction - 1878

In girum imus nocte ecce et consumimur igni est un hexamètre dactylique formant palindrome, attribué par certains à Virgile, mais dont la lourdeur fait plutôt penser à l'époque médiévale friande de ce genre d'exercices de plume[1], faisant référence aux papillons de nuit qui tournent autour de la chandelle avant de s'y brûler[2].

Signification[modifier | modifier le code]

Ce vers signifie : « Nous tournoyons dans la nuit et nous voici consumés par le feu. » Il s'adresse aux ambitieux ou aux curieux qui veulent trop s'approcher des lumières du pouvoir, des richesses ou de la gloire[3].

Ce vers s'en réfère aux papillons de nuit dont la valse nocturne autour de la chandelle entraîne la mort[2]. Pour d'autres il concerne les démons qui tournent sans fin dans le feu et la nuit[4] de l'enfer.

Évocations[modifier | modifier le code]

Palindrome dans sa totalité

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Une forme abrégée de cette sentence (In girum imus nocte et consumimur igni) — qui n'en reste pas moins un palindrome, même s'il perd son rythme hexamétrique — sert de titre à un film français réalisé par Guy Debord (1978), sorti en salles en 1981. Ce film décrit la société contemporaine, où chacun se brûle en tournant autour des biens de consommation[5].

En littérature[modifier | modifier le code]

Le livre de Guy Debord (réédition de Gallimard)

Umberto Eco cite ce palindrome dans son roman Le Nom de la rose (1980), l'intégrant ainsi dans un cadre médiéval.[réf. nécessaire]

À la suite de son film, l'auteur Guy Debord a publié un premier ouvrage dénommé Ordures et décombres déballés à la sortie du film «In Girum Imus Nocte et Consumimur Igni» publié par les éditions Champ Libre en 1982, puis un second dénommé In girum imus nocte et consumimur igni. Édition critique, publié par les éditions Gérard Lebovici en 1990 et réédité par Gallimard en 1999 (ISBN 978-2070756797).

Dans la danse[modifier | modifier le code]

Un spectacle de danse (In girum imus nocte et consumimur igni), au nom là encore abrégé, conçu et mis en scène par Roberto Castello s'est déroulé en 2018 au centre chorégraphique national de Nantes, en référence probable au film de Guy Debord[6].

Dans la musique[modifier | modifier le code]

Igineci est une pièce musicale de techno hardcore composée par Moth (« papillon de nuit » en anglais)[7].

À la télévision[modifier | modifier le code]

Le palindrome incomplet (sans « ecce ») est également énoncé, vers le milieu du deuxième épisode de la série télévisée La Prophétie d'Avignon (2007), par l'un des « frères de Judas », avant qu'il ne se jette dans le vide du haut d'une des tours du palais des papes.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Souvent attribuée de manière fantaisiste à Virgile (on trouve de nombreuses références imaginaires à un vers de l'Énéide sur Internet). Il s'agit plus certainement d'une locution latine tardive (du Ier siècle ?), voire inventée à l'époque moderne (au XVIe siècle ?). Elle fait sans doute référence à des pratiques hermétiques de l'Antiquité dont le sens mystérieux laisse place à l'imagination. Un début de piste : la seule citation vérifiable se trouve à la page 428 du volume 3 de l'Histoire universelle de César Cantú, publiée par Firmin Didot Frères à Paris en 1844. (Une autre piste, incomplète, pour les hispanophones...)
  2. a et b Opuscoli religiosi, letterarj e morali, serie terze, tomo I°, Modena, 1870, p. 212 : "... parole che si prestano ad essere lette da diritta a sinistra, come appunto il verso : In girum imus nocte et consumimur igni, detto delle farfallette notturne che aggirandosi attorno alle fiammelle vi si vasero ad abbruciare".
  3. La spirale du déclassement. Essai sur la société des illusions, , 224 p. (ISBN 978-2021072846, lire en ligne)
  4. César Cantú, Histoire universelle, Paris : Firmin Didot Frères, volume III, 1844 p. 428 : Ce vers concernerait les démons[1]
  5. Pierre-Emmanuel Finzi, « In girum imus nocte et consumimur igni (1978-81) Guy Debord et le deuil de l’engagement », sur larevuedesressources.org, (consulté le 7 mai 2019)
  6. Andrea.pelegri.kristic, « Des corps (un peu trop) frénétiques », sur iogazette.fr, (consulté le 7 mai 2019)
  7. Video youtube de la pièce muscile Igineci par Moth, consulté le 8 mai 2019

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]