Hurricane (chanson de Bob Dylan)

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne la chanson de Bob Dylan. Pour la chanson de Thirty Seconds to Mars, voir Hurricane.
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Hurricane

Chanson de Bob Dylan
extrait de l'album Desire
Sortie novembre 1975
Durée 8:33
Genre folk rock
Auteur Bob Dylan
Compositeur Bob Dylan, Jacques Levy

Pistes de Desire

Hurricane est une protest song de Bob Dylan au sujet de l'emprisonnement de Rubin "Hurricane" Carter. Elle résume les prétendus actes de racisme envers Carter, que Dylan décrit comme la principale raison de la condamnation dans ce qu'il considère comme un faux procès. Cette chanson fut l'une des quelques protest songs qu'écrivit Dylan dans les années 1970, et ce fut l'un de ses singles ayant eu le plus de succès de cette décennie, atteignant le 31e rang du Billboard.

Origine[modifier | modifier le code]

L'album de Bob Dylan Desire s'ouvre avec le titre Hurricane, dénomination inspirée du surnom de Rubin Carter et dépeignant l’histoire de ce boxeur noir américain, ancien prétendant au titre des poids moyens, accusé du meurtre de trois personnes en 1966.

Dylan eut envie d’écrire cette chanson après avoir lu l’autobiographie de Carter Le Seizième Round (The Sixteenth Round), que celui-ci lui avait envoyée « à cause de ses engagements antérieurs dans le combat pour les droits civiques »[1].

Dans son autobiographie, Carter continuait à clamer son innocence et son histoire poussa Dylan à aller lui rendre visite à la prison d'État de Rahway à Woodbridge (New Jersey). Dylan avait écrit des ballades d'actualité auparavant, par exemple The Lonesome Death of Hattie Carroll ou Emmett Till, mais selon Jacques Levy, il « n'était pas sûr de pouvoir écrire une chanson... il était juste rempli de tous ces sentiments envers Hurricane. Il n'arrivait pas à commencer. Je pense que la première étape fut d'écrire la chanson dans un mode purement narratif. Je ne me rappelle plus qui a eu l'idée de faire ça. Mais honnêtement, le début de la chanson est comme une didascalie, comme ce que vous liriez dans un script : Des coups de feu résonnent dans un bar de nuit... Voici l'histoire de Hurricane. Boum ! C'est le titre. Vous savez, Bob aime le cinéma, et il peut écrire ces films de 8 à 10 minutes, qui semblent pourtant aussi longs ou plus que les films habituels. »[2].

Polémique[modifier | modifier le code]

Dylan doit ré-enregistrer la chanson en modifiant les paroles relatives à Alfred Bello et Arthur Dexter Bradley qui « ont dépouillé les corps » ("robbed the bodies"). Les avocats de la Columbia l'ont prévenu qu'il risque un procès pour diffamation. Ni Bello, ni Bradley n'ont jamais été accusés de tels actes. Parce qu'il y a trop de perte sur les multipistes pour donner un effet « accusateur », Dylan décide de ré-enregistrer entièrement la chanson. À cette époque, il est déjà en pleine répétition pour sa prochaine tournée, et les musiciens du Rolling Thunder Revue sont encore à sa disposition. Dylan les rappelle en studio, et une nouvelle version plus rapide de Hurricane est mélangée à deux nouvelles prises, avec Ronee Blakley aux chœurs. Bien que des paroles offensantes aient été réécrites, la chanson est poursuivie en justice par le témoin oculaire Patricia « Patty » Valentine.

Même avec ces paroles révisées, la controverse continue de croître autour de Hurricane. Les critiques de l’époque lui reprochent de ne raconter qu’une version des faits, le passé judiciaire de Carter étant ignoré dans l’histoire que Dylan raconte, et de manquer d'objectivité.

Il y a d'autres inexactitudes, par exemple la description de Carter comme prétendant no 1 au titre de champion des poids moyens ("Number one contender for the middleweight crown") alors que le classement de mai 1966 de Ring Magazine ne le situait qu'au neuvième rang à l'époque de son arrestation. Mike Cleveland du Herald-News, Robert Christgau, et de nombreux autres critiques mettent en question l'objectivité de Bob Dylan au moment de la sortie de la chanson. Cal Deal, journaliste au Herald-News qui couvre l'affaire Carter entre 1975 et 1976, interviewant Carter en août et décembre 1975, accuse plus tard Dylan d'avoir un fort parti pris pour Carter tout en utilisant énormément d'effets artistiques[3].

Pendant la tournée précédant la sortie de Desire, Dylan et le Rolling Thunder Revue participent à La Nuit de l'Ouragan I[4] en l'honneur de Carter au Madison Square Garden de New York, le 12 août 1975. De nombreuses vedettes, dont Mohamed Ali, sont présentes à ce concert caritatif où un exposé de 20 minutes explique la situation du boxeur emprisonné[5].

L'année suivante, ils mettent sur pied la Nuit de l'Ouragan II, cette fois-ci à l'Astrodome de Houston. Ce super-concert, organisé le 25 janvier 1976 est néanmoins un échec malgré la présence de Stevie Wonder, Stephen Stills, Ringo Starr ou encore Santana. Trente mille personnes assistent au spectacle mais l'organisation prévoyait plus du double[6].

En fin de compte, Hurricane rapporte assez de fonds et de publicité pour aider Carter à lancer un recours. En novembre 75 d'abord, la Cour Suprême annonce qu'elle compte réviser l'appel. Un mois plus tard, Carter et Artis retirent leur demande de pardon, souhaitant une réhabilitation complète. En mars 1976, ils sont même libérés sous caution et gagnent le droit à un nouveau procès. Mais Carter est de nouveau condamné à deux peines de prison à vie successives en décembre 1976. Ni Dylan, ni aucun autre défenseur célèbre n'assiste au procès[7]. En 1985 la justice américaine reconnaît que Carter et Artis n'ont pas bénéficié d'un procès juste et équitable. Carter est remis en liberté.

Dylan n’a plus interprété cette chanson depuis le à Houston, Texas[8].

Certifications[modifier | modifier le code]

Région Certification
Drapeau de l'Australie Australie (ARIA)[9] Disque d'or Or
Drapeau de l'Italie Italie (FIMI)[10] Disque d'or Or

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. "because of his prior commitment to the civil rights struggle" [1]
  2. "wasn't sure that he could write a song...he was just filled with all these feelings about Hurricane. He couldn't make the first step. I think the first step was putting the song in a total storytelling mode. I don't remember whose idea it was to do that. But really, the beginning of the song is like stage directions, like what you would read in a script: "Pistol shots ring out in a barroom night...Here comes the story of the Hurricane." Boom! Titles. You know, Bob loves movies, and he can write these movies that take place in eight to ten minutes, yet seem as full or fuller than regular movies."
  3. (en) Analyse critique des paroles de la chanson
  4. (en) The Night Of The Hurricane 1, dont le bootleg fut plusieurs fois édité
  5. Bob Dylan - sa vie et sa musique par Robert Shelton, éditions Albin Michel, 1987 (ISBN 2-226-02885-4) - p. 471
  6. Bob Dylan - sa vie et sa musique par Robert Shelton, éditions Albin Michel, 1987 (ISBN 2-226-02885-4) - p. 472
  7. (en) Coupure de presse sur l'absence de célébrités au procès Carter (graphicwitness.com)
  8. (en) Hurricane (Bob Dylan and Jacques Levy) (bobdylan.com)
  9. « ARIA Charts – Accreditations – 2014 Singles », Australian Recording Industry Association
  10. (it) « Italie single certifications – Bob Dylan », Federazione Industria Musicale Italiana, sélectionnez Online dans le champ Scegli la sezione, puis sélectionnez la semaine et l'année. Entrez Bob Dylan dans le champ artistea, puis cliquez ensuite sur Avvia la ricerca.

Puis il meurt en prison vers 1990

Lien externe[modifier | modifier le code]