Homme d'Asselar

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Homme d'Asselar
Coordonnées 18° 46′ nord, 1° 11′ est
Pays Drapeau du Mali Mali
Région Kidal
Cercle Kidal
Massif Adrar des Ifoghas
Localité voisine Essouk
Daté de 9 500 à 7 500 ans AP
Période géologique Holocène
Époque géologique Mésolithique
Découvert le 1927
Découvreur(s) Théodore Monod
et Vladimir Besnard
Identifié à Homo sapiens

Géolocalisation sur la carte : Afrique

(Voir situation sur carte : Afrique)
Homme d'Asselar

Géolocalisation sur la carte : Mali

(Voir situation sur carte : Mali)
Homme d'Asselar

L'Homme d'Asselar est le nom donné à un squelette fossile quasi-complet d'Homo sapiens du Mésolithique, découvert en 1927 au Mali par Théodore Monod, Vladimir Besnard, et Ernest Marcel Augiéras. Il est conservé à l'Institut de paléontologie humaine (IPH), à Paris.

Historique[modifier | modifier le code]

Théodore Monod et Vladimir Besnard découvrent le squelette fossile le aux environs d'Essouk, à quelques heures de marche du poste militaire français d'Asselar, sur indication du sous-officier commandant, dans le massif de l'Adrar des Ifoghas, au nord-est du Mali. La découverte a lieu lors de la mission Augiéras-Draper menée de 1927 à 1928 entre Alger et Dakar à la demande de la Société de géographie[1],[2].

Le fossile est initialement daté entre 6 900 et 6 500 ans avant le présent (AP). Étudié dans les années 1930, il est alors considéré comme le premier squelette d'homme préhistorique du Sahara à présenter des caractères « négroïdes » similaires à ceux de l'Homme de Grimaldi[3].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Après une redécouverte du squelette, qui était resté oublié durant plusieurs décennies dans les collections de l'Institut de paléontologie humaine[2], des études récentes nuancent cette analyse : il est difficile de rapprocher ce fossile de l'une ou l'autre des populations africaines actuelles à partir de l'étude de ses seuls ossements et les résultats antérieurs ont sans doute été influencés par des préjugés raciaux qui prévalaient avant la Seconde Guerre mondiale[4].

Le sexe du spécimen restait indéterminé en 2013.

Datation[modifier | modifier le code]

La datation directe du fossile est impossible en raison d'un excès de minéralisation du squelette, mais les études stratigraphiques indiquent une période correspondant au début de l'Holocène, entre 9 500 et 7 500 ans AP[2].

Une sépulture[modifier | modifier le code]

Alors que depuis 1927 il était admis que le squelette quasi-complet (dont il manque une partie des membres inférieurs, entre les fémurs et les tibias) était issu d'un corps tombé, sur le dos, dans un lac et recouvert de vase[1], des études plus récentes d'archéo-anthropologie, menées au début des années 2010, tendent à montrer que le squelette se trouvait probablement dans un contexte de sépulture[5],[2] :

  • Tous les os, même les plus petits (mains et pieds), sont regroupés et non dispersés.
  • Position d'inhumation cohérente avec les nécropoles préhistoriques (plus récentes) de la région.
  • Les genoux fléchis (qui auraient dû être étendus, par gravité) et absents supposeraient une contention par une paroi de fosse.
  • La taphonomie indique que la décomposition s'est très probablement faite en milieu fermé.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Théodore Monod, Terre et Ciel entretien avec Sylvain Estibal, Actes Sud, coll. « Babel », 1997 (ISBN 2-7427-2070-7), pp. 169-170.
  2. a b c et d Faut-il réhabiliter l’homme fossile d’Asselar ? dans l'émission Le Salon noir sur France Culture le 1er octobre 2013
  3. Marcellin Boule et Henri Victor Vallois, L'Homme fossile d'Asselar (Sahara), Archives de l'IPH, 9., 1932
  4. Olivier Dutour, « Palimpseste paléoanthropologique sur l'« Homme fossile d'Asselar » (Sahara) », Travaux du Laboratoire d'Anthropologie et de Préhistoire des Pays de la Méditerranée Occidentale, 1992, vol. 1, pp. 73-83.
  5. Amélie Vialet, Lucile André et Louiza Aoudi, L’Homme fossile d’Asselar (actuel Mali). Étude critique, mise en perspective historique et nouvelles interprétations, L'Anthropologie, vol. 117, no 3, juin-août 2013, pp. 345–361.