Homme d'Asselar

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L'homme d'Asselar[1] est le nom donné à un squelette complet du Néolithique, découvert le par Théodore Monod et Vladimir Besnard aux environs d'Essouk — à quelques heures de marche du poste militaire français d'Asselar, sur indication du sous-officier commandant —, dans le massif de l'Adrar des Ifoghas au nord-est du Mali, lors de la mission Augiéras-Draper menée de 1927 à 1928 entre Alger et Dakar à la demande de la Société de géographie[2],[3]. Il est conservé à l'Institut de paléontologie humaine à Paris.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

L'âge des éléments retrouvés du squelette fut initialement estimé à environ 6 900 et 6 500 ans BP. Étudié dans les années 1930, il était considéré comme le premier squelette d'homme préhistorique du Sahara à présenter des caractères « négroïdes » similaires à ceux de l'homme de Grimaldi[4]. Après une redécouverte du squelette — qui était resté oublié durant plusieurs décennies dans les collections de l'Institut de paléontologie humaine[3] — des études récentes nuancent cette analyse : il est difficile de rapprocher ce fossile de l'une ou l'autre des populations africaines actuelles à partir de l'étude de ses seuls ossements et les résultats antérieurs ont sans doute été influencés par des préjugés raciaux qui prévalaient avant la Seconde Guerre mondiale[5]. La datation exacte directe est impossible en raison d'un excès de minéralisation du squelette, mais les études stratigraphiques indiquent une période correspondant au tout début de l'Holocène entre -10 000 et -7 500 ans BP[3].

Alors que depuis 1927 il était admis que le squelette quasi complet (dont il manque les parties des membres inférieurs entre les fémurs et les chevilles) était issu d'un corps tombé, sur le dos, dans un lac et recouvert de vase[2], des études plus récentes d'archéo-anthropologie, menées au début des années 2010, tendraient à montrer que le squelette se trouvait possiblement dans un contexte de sépulture[6],[3] :

  • Tous les os, même les plus petits (mains et pieds), sont regroupés et non dispersés.
  • Position d'inhumation cohérente avec les nécropoles préhistoriques (plus récentes) de la région.
  • Les genoux fléchis (qui auraient dû être étendus, par gravité) et absents supposeraient une contention par une paroi de fosse.
  • La taphonomie indique que la décomposition s'est très probablement faite en milieu fermé.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Son sexe est toujours en 2013 inconnu.
  2. a et b Théodore Monod, Terre et Ciel entretien avec Sylvain Estibal, Actes Sud, coll. « Babel », 1997 (ISBN 2-7427-2070-7), p. 169-170.
  3. a, b, c et d Faut-il réhabiliter l’homme fossile d’Asselar ? dans l'émission Le Salon noir sur France Culture le 1er octobre 2013
  4. Boule, M. et Vallois, H.V. (1932) - L'Homme fossile d'Asselar (Sahara), Archives de l'IPH, 9.
  5. Dutour, O. (1992) - « Palimpseste paléoanthropologique sur l'« Homme fossile d'Asselar » (Sahara) », Travaux du Laboratoire d'Anthropologie et de Préhistoire des Pays de la Méditerranée Occidentale, vol. 1, p. 73-83.
  6. L’Homme fossile d’Asselar (actuel Mali). Étude critique, mise en perspective historique et nouvelles interprétations, Amélie Vialet, Lucile André et Louiza Aoudi, L'Anthropologie, vol.117, no 3, juin-août 2013, p. 345–361.