Henri-Joseph Redouté

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Henri-Joseph Redouté
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Fratrie

Henri-Joseph Redouté, né à Saint-Hubert (Belgique) le et mort à Paris le , est un dessinateur français membre de la Commission des sciences et des arts lors de la campagne d'Égypte (1798–1799).

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans les Ardennes belges, fils du peintre Charles-Joseph Redouté, frère du peintre Antoine-Ferdinand Redouté et du célèbre Pierre-Joseph Redouté, il rejoint en 1785 ses frères à Paris où il s'initie au dessin d'histoire naturelle, puis il est nommé peintre des félins au Museum d'histoire naturelle[1],[2], tandis que son frère y est nommé pour les plantes.

Il manque une place dans l'expédition d'Entrecasteaux.

En 1798, il est invité à se joindre au corps expéditionnaire d'Égypte en qualité de dessinateur : son talent lui vaut d'être engagé pour faire partie de la Commission des sciences et des arts. Il compte donc parmi les 167 savants, ingénieurs, botanistes et artistes qui accompagnent Bonaparte dans sa campagne en Égypte. Le naturaliste Étienne Geoffroy Saint-Hilaire en fait son peintre personnel et lui permet d'entrer à l'Institut d'Égypte fondé le .

Vue du débarquement de l'armée française à Alexandrie.

« Il quitte Paris le 23 avril 1798, arrive à Alexandrie le 6 juillet, explore en août-septembre le Delta. Le 22 août 1798, il est nommé membre de la section des Arts de l'Institut d'Égypte et gagne Le Caire le 22 septembre. Il y fera une seule communication, sur la peinture des poissons du Nil, le 4 juillet 1799. Il sera des principales expéditions : du 17 au 29 janvier 1799, il accompagne l'expédition aux lacs de natron ; du 26 août au 4 novembre, il est d'une des deux commissions qui explore la Haute Égypte ; le 15 décembre, il participe à l'excursion aux pyramides de Giseh.

En janvier 1801, il tente avec beaucoup d'autres de regagner la France à bord du brick L'Oiseau. En fait, il ne quittera l'Égypte qu'après la capitulation du général Menou (2 septembre 1801). Rentré à Paris le 8 janvier 1802 , il reprend sa place au Muséum et sera un des collaborateurs de la Description de l'Égypte, mais on ne parle plus guère de lui »[3]. Lors du retour de la commission en France en 1801, ses membres s’attellent à la tâche de rassembler et publier les nombreux documents (notes, croquis, dessins...) réalisés en Égypte, bien souvent dans des conditions extrêmement difficiles.

Le résultat de leurs travaux donnera la Description de l'Égypte ou Recueil des observations et des recherches qui ont été faites pendant l'expédition de l'armée française. Redouté, qui a travaillé sur tous les grands sites de Haute-Égypte, fournit onze planches et cent figures.

Il rédigea un « Journal historique d'observations et de recherches pendant l'expédition d'Égypte » qui ne fut jamais publié. Le récit de son voyage ne nous parvient que sous forme romancée.

En 1822, en même temps que son frère Pierre-Joseph, il est admis à la Société libre d'émulation (Liège). Il meurt le 12 janvier 1852 à 86 ans.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Palmier Doum et détails de fructification
Palmier dattier (Phoenix dactylifera). 1. Détail de la feuille et de la grappe; 2.3. Détail de la fructification.

Les carnets de Redouté ont été consultés et achetés par Jean-Édouard Goby : ils ont fait l'objet d'une note en 1954 et sont entrés le 18 mai 1993, après sa mort, à la Bibliothèque de l'Arsenal où ils ont été inventoriés par Danielle Muzerelle[4].

Le journal historique d'observations et de recherches faites en Égypte à la suite de l'expédition de l'armée française par H. J. Redouté membre de l'Institut d'Égyte comporte[5] :

  • les carnets 1 à 8, du 13 mai 1798 au 4 novembre 1799, texte calligraphié prêt à l'impression mais constamment enrichi de notes ;
  • les carnets 9 à 13, du 18 novembre 1799 au 26 novembre 1801.
  • le carnet 14 : planches et descriptions.
  • le tableau historique des membres de la Commission des sciences et des arts.

Aucun de ces ouvrages n'a été publié de son vivant.

« De longs passages révèlent ses intérêts de naturaliste et d'abord pour les plantes industrielles, leur récolte et leur traitement (le séné, l'indigo, la canne à sucre, le sorgho), les jardins avec le figuier, le pêcher, l'arbre de nebka, le sébestier, le dattier, la vigne qui n'est pas utilisée pour le vin, le palmier doum, le nénuphar ; la liste des plantes recueillies aux environs d'Alexandrie (106 plantes), aux environs de Rosette (26 plantes), dans le Delta (23 plantes), des animaux : le scorpion, la gerboise, les serpents et les supercheries des psylles. Il s'intéresse aussi à l'irrigation (citernes et machines à arroser) et à diverses techniques : la fabrication du natron et la frappe des monnaies au Caire, les nasses à prendre les poissons et les couveuses à poulets. Il se distingue de ses contemporains par une attention soutenue à la vie quotidienne : les coutumes religieuses, les santons et les derviches, les cris de la rue, les légumes qui se vendent au marché, le prix de la viande, les banquets, les caractères respectifs des Français et des Turcs, les almées que les Français font boire pour les faire danser. Sans grande culture archéologique, il rapporte toutefois des fouilles dans des grottes, l'analyse de céramiques égyptiennes par Thenard, les crocodiles embaumés, etc., ou encore la mesure de la colonne de Pompée à l'aide d'un cerf-volant. »

Galerie : Poissons du Nil[modifier | modifier le code]

Galerie : Alexandrie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bénézit, Dictionnaire des Peintres, Sculpteurs, Dessinateurs et Graveurs, Paris, Gründ, 1999, t. XI, p. 508
  2. Gérard Schurr, Les Petits Maîtres de la peinture 1820-1920, valeur de demain, Les Éditions de l'Amateur, t. V, Paris, 1981
  3. Carmelia Opsomer, « L'Expédition d'Egypte, une entreprise des Lumières », orbi.ulg.ac.be,‎ , p. 53-80 (lire en ligne).
  4. Carmelia Opsomer, L'Expédition d'Égypte, une entreprise des Lumières, 1999, p. 55-56
  5. Carmelia Opsomer, L'Expédition d'Egypte, une entreprise des Lumières, 1999, p. 56-59