Grotte d'Héloïse

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Grotte d'Héloïse
Grotte d'Héloïse P1010120mod.jpg
La grotte d'Héloïse.
Localisation
Coordonnées
Pays
Région française|Région
Département
Massif
Localité voisine
Caractéristiques
Type
Altitude de l'entrée
25 m
Longueur connue
6 m
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La grotte d'Héloïse est une grotte artificielle du parc de la Garenne-Lemot dans la commune de Gétigné, près de Clisson en Loire-Atlantique, région Pays de la Loire.

Spéléométrie[modifier | modifier le code]

Le développement[N 1] de la grotte est de 6 m.

Géologie[modifier | modifier le code]

Topographie de la grotte d'Héloïse.

La grotte s'ouvre dans un chaos de blocs de granite qui bordent les rives de la Sèvre nantaise. Il s'agit d'une grotte en partie artificielle.

Histoire[modifier | modifier le code]

L’histoire d’Héloïse et Abélard eut un grand retentissement dans l’Europe du XIIe siècle. Sa notoriété est due au sort funeste réservé au philosophe de la Sorbonne, Pierre Abélard, émasculé par les hommes de main de Fulbert, chanoine de Notre-Dame de Paris. Fulbert est l’oncle d’Héloïse et n’a pas supporté de voir la jeune femme enceinte des œuvres de son amant.

À Clisson, l’histoire d’Héloïse et de la grotte est le résultat d’une interprétation personnelle du baron François-Frédéric Lemot. À le croire, la grotte aurait été découverte par hasard en 1805 lors de sa première visite à Clisson[1]. Or, Lemot, sculpteur de renom, a acheté le domaine de la Garenne et a surtout embelli l’histoire, car il n’a aucune peine à imaginer Héloïse dans le bois de la Garenne de Clisson. En 1813, François-Frédéric Lemot fait graver sur le rocher les vers de son ami Antoine Peccot[2]. Force est de constater que la grotte d’Héloïse est une cavité en grande partie artificielle entièrement due à l’intervention de François-Frédéric Lemot, qui a fait édifier un mur au fond de la grotte et fait poser quelques dalles de pierres afin de faire régner l’obscurité dans un antre qui semble à première vue naturel.

En 1817, le peintre Claude Thiénon fait éditer, en noir et blanc, des dessins gravés dont un représenté la grotte d’Héloïse[3].

La même année, un visiteur anglais, William Dorset Fellowes, se rend à la grotte où il est séduit par le lieu et l’histoire d’Héloïse et Abélard. Les gravures publiées par Fellowes sont pratiquement des copies de celles du peintre Claude Thiénon, parmi elles figure la « grotte of Héloise at Clisson »[4].

L’histoire d’Héloïse se déroule en grande partie à Paris, mais elle se retire au Pallet pour accoucher, une localité de Loire-Atlantique qui a donné l’idée à Lemot de créer la grotte et d’y faire graver en 1813 les vers d’Antoine Peccot (1766-1814), Commissaire impérial près de l'administration des Monnaies à Nantes :

« Héloïse peut-être erra sur ce rivage,
Quand, aux yeux des jaloux dérobant son séjour,
Dans les murs du Pallet elle vint mettre au jour
Un fils, cher et malheureux gage
De ses plaisirs furtifs et de son tendre amour.
Peut-être en ce réduit sauvage,
Seule, plus d’une fois, elle vint soupirer,
Et goûter librement la douceur de pleurer ;
Peut-être, sur ce roc assise
Elle rêvait à son malheur.
J’y veux rêver aussi ; j’y veux remplir mon cœur
Du doux souvenir d’Héloïse. »

— Antoine Peccot

Entrée de la grotte d'Héloïse.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lemot François Frédéric (1812) - Notice historique sur la ville et le château de Clisson. Hocquet édit., Paris, p. 96.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En spéléologie, le développement correspond à la longueur cumulée des galeries interconnectées qui composent un réseau souterrain.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Lemot François Frédéric (1812) - Notice historique sur la ville et le château de Clisson. Hocquet édit., Paris, p. 96.
  2. Allemand-Cosneau Claude (1990) -- Clisson ou le retour d'Italie. Cahiers de l'inventaire, Paris, imprimerie nationale, p. 181.
  3. Thiénon Claude (1817) - Voyage pittoresque dans le bocage de la Vendée ou vues de Clisson et de ses environs. Paris Didot.
  4. Fellowes W.D. (1820) - A visit to the monastery of La Trappe in 1817, with notes, illustrated with numerous coloured engravings, from drawings made on the spot. London, third edition, page 80 et sq.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]