Goguette des Bergers de Syracuse

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Illustration de la fête de la fondation des Bergers de Syracuse[1].

La Goguette des Bergers de Syracuse est une goguette fondée le 11 Thermidor an XII (30 juillet 1804) à Ménilmontant dans la banlieue de Paris[2]. Elle accepte autant l'adhésion des hommes que des femmes à condition qu'elles soient Poètes ou Musiciennes[3].

Son fondateur est le poète Pierre Colau dit : le berger Sylvandre[4]. Il en est le premier Grand Pasteur, c'est-à-dire président, et l'est encore en 1823[5].

Cette goguette a existé durant au moins plus de 40 ans. À ses débuts, elle comptait au maximum 20 membres[6]. Par la suite ce nombre a augmenté.

À propos de la goguette des Bergers de Syracuse[modifier | modifier le code]

La Musette du Hameau, chansonnier de la Société lyrique des Bergers de Syracuse[1].

À l'ouverture de chaque séance des Bergers de Syracuse était chanté La Ronde des Bergers de Syracuse, œuvre de Pierre Colau, dont le texte est accessible sur Internet[7]. Deux autres œuvres de Pierre Colau : La Nymphe Aréthuse aux bergers et Les bocages de Belleville paraissent par leur texte avoir été visiblement utilisées aux Bergers de Syracuse[8].

Gérard de Nerval fit partie de cette goguette. Il en parle dans une description de sa visite à une goguette de Saint-Germain-en-Laye :

... En passant dans la rue de l'Église, j'entendis chanter au fond d'un petit café. J'y voyais entrer beaucoup de monde et surtout des femmes. En traversant la boutique, je me trouvai dans une grande salle toute pavoisée de drapeaux et de guirlandes avec les insignes maçonniques et les inscriptions d'usage. J'ai fait partie autrefois des Joyeux et des Bergers de Syracuse ; je n'étais donc pas embarrassé de me présenter.
Le bureau était majestueusement établi sous un dais orné de draperies tricolores, et le président me fit le salut cordial qui se doit à un visiteur. Je me rappellerai toujours qu'aux Bergers de Syracuse, on ouvrait généralement la séance par ce toast : « Aux Polonais !... et à ces dames ! » Aujourd'hui, les Polonais sont un peu oubliés[9].

Auguste Giraud, président de la Société du Caveau écrit à propos des Bergers de Syracuse :

Chaque membre de cette société portait un nom de berger de la mythologie antique. Le Président était aussi appelé Grand Pasteur et le lieu de réunion Le Hameau[2].

Louis-Agathe Berthaud écrit en 1841[10] :

L’affilié de goguette ne possède pas d’autres droits que ceux du simple visiteur, seulement, lorsqu’on l’appelle pour chanter, on fait précéder son nom de celui de la goguette à laquelle il appartient, tandis que celui du visiteur est précédé du mot ami. Ainsi on appellera le Grognard Pierre, le Braillard Jacques, et l’on dira l’ami Jean, l’ami Paul. Il n’y a pas d’autre distinction entre les affiliés et les visiteurs. Deux goguettes seulement, celle des Bergers de Syracuse et celle des Infernaux, imposent à leur affiliés des noms en rapport avec le patronage sous lequel elles sont placées ; les Bergers empruntent ces noms aux églogues et aux bucoliques ; les Infernaux à l’enfer.

Des fragments du procès-verbal de la fête de fondation[11] ont été publiés par Georges de Dubor dans un article paru dans la Revue Bleue en 1907. Il nous apprend aussi que l'article 34 du règlement de la goguette précise que « Tout berger qui oublie son flageolet aux séances paie vingt-cinq centimes d'amende. » Il s'agit d'un petit flageolet que les membres arborent comme signe distinctif pendu à leur boutonnière[12].

Duverny, dit le Troubadour aveugle fit partie des Bergers de Syracuse[13].

Émile Debraux a publié une chansonnette intitulée Les bergers de Syracuse[14].

La BNF a mis en ligne la brochure souvenir de la Fête des Bergers de Syracuse, Treizième Apolloniade, Quatrième Olympiade où les œuvres des goguettiers figurent avec les noms des auteurs suivis de leur nom de berger : Ricard (Berger Lycidas), Cadot (Berger Daphnis), De Conclois (Berger Mélibée), Grand Pasteur, P. Marteau (Berger Endymion), Z. (Berger Linus), Pierre Colau (Berger Sylvandre), Bailli, ex-Grand-Pasteur[15].

Présentation de la goguette des Bergers de Syracuse[modifier | modifier le code]

En 1825, cet Avis de l'Éditeur présentant les Bergers de Syracuse ouvre l'édition de La Musette du hameau Chansonnier de la société lyrique des bergers de Syracuse :

La Société Lyrique des Bergers de Syracuse, fondée le 30 juillet 1804, se compose d'Amateurs de Poésie et de Musique ; son Président a le titre de Grand Pasteur ; elle a un Calendrier Pastoral et Mythologique ; les Mois y sont consacrés aux Muses et aux Nymphes, et les Saisons aux Fleurs, aux Amours, aux Jeux et aux Plaisirs. Elle se réunit le premier Mercredi de chaque mois, dans un lieu nommé, par fiction, le Hameau, et célèbre tous les ans à la campagne l'anniversaire de sa fondation par une fête pastorale dont les dames font l'ornement et reçoivent de la part des Administrateurs du Hameau, des compliments, des fleurs et des chansons : elles doivent être vêtues de blanc et décorées de rubans aux couleurs de leurs Bergers.
Une petite fontaine située dans un vallon, parmi les bocages de Belleville et de Menil-Montant, au bout du chemin des Noyers, a été nommée Aréthuse, en mémoire de la Nymphe de ce nom, qui, selon la Fable, fut aimée du fleuve Alphée, et changée en fontaine dans les campagnes de Syracuse. Les Bergers et leurs compagnes s'y rendent, le jour de l'anniversaire, pour y chanter une ronde. La Nymphe est représentée par une jeune bergère couronnée de fleurs.

Statuts en chansons de la goguette des Bergers de Syracuse[modifier | modifier le code]

Statuts de la Société lyrique des Bergers de Syracuse,
Fondée le Onze Thermidor an Douze (30 juillet 1804[1]).
Air ; Du verre.
Pour mieux célébrer la Beauté,
Un jour s'unirent sous la treille,
Quelques rimeurs sans vanité 
Ceci paraît une merveille !
Sans vanité, quel est l'auteur
Qui voudrait se mêler d'écrire ?
L'un croit que je suis un menteur,
Et l'autre dit que je veux rire.
Air : Nos bons aïeux aimaient à boire.
Qu'importe, il faut faire connaître
La fameuse Société
Que feu Thermidor a vu naître :
Ici tout doit être cité :
C'est une joyeuse assemblée
Qui se réunit au Hameau,
A l'effet de saisir d'emblée
La gaîté sortant du tonneau.
Air : Veut-on connaître de l'Amour.
Chaque membre doit être auteur
De Poésie ou de Musique ;
Elle a pour chef un Grand-Pasteur ;
Sans cela faut-il qu'on s'explique ?
Chez nous on s'appelle Berger,
Nous chantons les fleurs, les prairies,
Car c'est dans un riant verger
Qu'on fait de douces rêveries.
Air : A la nymphe Aréthuse.
Quand la nymphe chérie
Excite un doux transport,
Une vigne fleurie
Nous fait dire d'abord :
« Aux filles de mémoire,
» Offrons nos chants joyeux
» Mais commençons par boire (bis),
» Et nous chanterons mieux. »
Air : Du pas redoublé.
Dans nos bosquets on trouve Pan,
Le Faune et la Dryade,
Et les Bergers appellent l'an
Une Apolloniade :
Le plaisir, pour filer nos jours,
Se lève avec l'Aurore :
Chez nous la saison des Amours
Vaut bien celle de Flore.
Air : Un jour dans un joli boudoir.
Comme le Boursier[16], le Bailli
Est chez nous un grand personnage ;
On y voit, sans être ébahi,
Un Magister comme au village :
Or, faites bien attention
Que c'est Phébus qui les inspire ;
Chez nous on trouve l'Union[17],
Et c'est aux accords de la Lyre.
Air : L'Amour avait perdu ses armes.
En admettant le Satirique
On fâcherait les doctes Sœurs,
Mais la Société Lyrique
Nomme chez elle trois Censeurs[18] ;
Ils connaissent la Poétique,
Et c'est avec réflexion
Que doit s'exercer leur critique,
Sans orgueil et sans passion.
Air : Où s'en vont ces gais Bergers.
Les Conseillers[19] du Hameau
N'ont pas grand'chose à dire,
Mais dans un petit caveau,
Quand ils ont de quoi frire,
Accordant leur petit chalumeau,
Ils vont chanter et rire.
Air : Si Pauline est dans l'indigence.
L'Apolloniade nouvelle[20]
Ramène les élections ;
Aux Statuts le Berger fidèle
Quitte ou reprend ses fonctions :
Au Hameau jamais on n'intrigue,
Et c'est par un refrain joyeux
Que le candidat fait sa brigue,
En sablant un coup de vin vieux.
Air : Souffle de l'être qu'on adore !
D'une brillante allégorie
Le Poète est toujours frappé ;
Des travaux de la Bergerie
Chacun de nous est occupé :
Pour un Pasteur la politique
N'est point un sujet d'entretien,
Et dans sa cabane rustique
Chanter est le suprême bien.
Air : de la Catacoua[21].
Au Hameau la plus grande affaire
Est de bien tourner trois couplets ;
Du Candidat qui sait le faire
Ils rendent les succès complets :
Sur un mot que le hasard donne
Il faut aussi que l'aspirant,
Petit ou grand,
Délibérant,
Fasse un Quatrain pour se mettre au courant[22] ;
Si sa manière paraît bonne,
Des Bergers il est mis au rang[23].
Air : Oh ! Ma mère est-c' que j' sais ça.
Pour ne point perdre la piste
De chaque production,
Nous avons un Archiviste
Qu'on nomme Tabellion ;
Puis des Amateurs bons drilles[24]
Avec nous faisant Chorus,
Lorsque des neufs doctes filles
Nous chantons les Oremus.
Air : Avec le travail, la gaîté.
Pour les Dames, de nos vergers
Si parfois la barrière est close[3]
Elles pourront de leurs Bergers
En apprendre en secret la cause.
Beau sexe que j'aimai toujours,
Daignez agréer nos excuses ;
Vous savez bien que les Amours
Feraient tourner la tête aux Muses.
Air : Sylvie, à l'âge de quinze ans[25].
Nous invoquons le dieu Bacchus
Afin d'arriver au Permesse ;
Pour mieux chanter, boire son jus[26]
Est notre première promesse :
Ensuite du sacré Vallon
Prenant la tortueuse route,
Nous courons après Apollon,
Qui souvent nous fait banqueroute.
Air : De la petite Cendrillon.
Pour fêter l'anniversaire[27],
Il faut comme de raison,
Avec Chloris ou Glycère[28],
Danser sur le vert gazon ;
Puis sous de riants ombrages
Évitant le Dieu du jour[29],
Au fond de sombres bocages
Nous invoquerons l'Amour.
Air : Chantons Bacchus, chantons l'Amour.
Mais j'oubliais de vous parler
De la nymphe Aréthuse ;
Près de son onde il faut aller
Consulter notre muse[30] ;
C'est la qu'Erato
Vint incognito
M'offrir les lois d'Evandre[31] :
Tout bien désigné,
Au bas j'ai signé,
Le Grand-Pasteur Sylvandre (P. Colau.)

Règlement de la goguette des Bergers de Syracuse[modifier | modifier le code]

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Ce règlement comporte 40 articles :

Société lyrique des Bergers de Syracuse, fondée le 30 juillet 1804, par M. P. Colau.
Union. Gaité.
Règlement.
Article premier.

La Société se compose de vingt auteurs, qui se nomment Bergers, et prennent chacun un nom pastoral. Ils sont tous décorés d'un petit flageolet suspendu à a boutonnière. Leur nombre ne peut être augmenté.

Art. 2. — La Société est dirigée et administrée par les fonctionnaires ci-après, composant le bureau :

1° Un président, nommé Grand-Pasteur.
2° Un secrétaire, Bailli.
3° Un archiviste, Tabellion.
4° Un trésorier, Boursier.
5° Un censeur et maître
     des cérémonies, Magister.

Art. 3. — Le Grand-Pasteur est le chef de la Société, dont il a la surveillance générale. Il ouvre les séances, chante la ronde d'ouverture, reçoit les nouveaux Bergers, et prend ou fait prendre toutes les mesures d'ordre que des circonstances urgentes peuvent exiger pour la conservation ou la prospérité de la Société. Il peut, à cet effet, convoquer des séances extraordinaires. Il est en outre spécialement chargé de faire exécuter le règlement, et d'appliquer les amendes.

Art. 4. — Le Bailli rédige les procès-verbaux des séances, écrit et fait parvenir les lettres de convocation, tient la plume pendant les séances, et fait en général toutes les autres écritures de la Société.

Art. 5. — Le Tabellion est le conservateur des archives de la Société. Toutes les productions des Bergers lui sont confiées. Il doit les numéroter, et en tenir une liste exacte et régulière. Il ne peut, sous aucun prétexte, communiquer à qui que ce soit, même à l'auteur, une ou plusieurs des pièces qu'il a en dépôt, sans une permission écrite du Grand-Pasteur, contresignée par le Bailli.

Art. 6. — Le Boursier opère toutes les recettes et dépenses de la Société. Il tient à cet effet un registre où sont inscrites toutes ses opérations, de quelque nature qu'elles soient, de manière à pouvoir rendre compte, à toute réquisition, de la situation des fonds de la Société, et à justifier de leur emploi. Son registre est visé et paraphé par le Grand-Pasteur.

Art. 7. — Le Magister, comme censeur et maître des cérémonies, est chargé du maintien de l'ordre et de la tranquillité dans les séances. Il reçoit les visiteurs et leur assigne des places. Il fait disposer chaque fois, et comme il convient, le lieu des séances. Il tient la feuille de présence, reçoit le droit de séance, qu'il remet au Boursier, et est enfin chargé spécialement de la composition du programme de la fête de la Société et des cérémonies de cette fête, programme qu'il doit soumettre à l'avis du Conseil pastoral, dont il est question ci-après.

Art. 8. — La durée des fonctions des membres du bureau est fixé à un an. Ils peuvent être réélus. Leur nomination se fait au scrutin secret, et à la majorité absolue des voix.

Art. 9. — Pour être admis dans la Société comme Berger, il faut d'abord être présenté par deux membres, qui doivent répondre de la moralité du candidat, lequel doit en outre remettre au bureau deux chansons ou pièces de vers de sa composition, et entièrement inédites.

Art. 10. — Dans la séance du mois qui suit la présentation du candidat, il peut être reçu Berger, s'il y a lieu ; il doit toutefois, séance tenante, et avant sa réception, faire un quatrain sur un mot donné que lui adjugera le sort.

Art. 11. — Le candidat reçu Berger paie un droit d'admission de Trois francs, et cela au plus tard dans la séance qui suit sa réception. Cependant son diplôme ne lui est délivré qu'après six mois révolu[32].

Art. 12. — Aucun Berger ne peut être nommé membre du bureau s'il n'est pourvu de son diplôme[33].

Art. 13. — Les séances de la Société se tiennent ordinairement le premier mercredi de chaque mois. Le lieu de la réunion est appelé le Hameau.

Art. 14. — Les séances s'ouvrent à huit heures précises du soir, et sont terminées à onze heures.

Art. 15. — Tous les Bergers, à moins d'un motif grave, doivent y assister.

Art. 16. — Tout visiteur doit être présenté par un Berger, ou, en son absence, doit être muni d'une lettre d'invitation.

Art. 17. — Tous les Bergers et visiteurs ne sont admis aux séances qu'avec une tenue convenable et décente.

Art. 18. — Les séances commencent par la lecture du procès-verbal, les communications à faire à la Société, s'il y en a : puis la ronde d'ouverture est immédiatement chantée.

Art. 19. — Tout Berger est tenu d'apporter, à chaque séance, une chanson nouvelle de trois couplets au moins, ou une pièce de vers équivalente, le tout inédit et de sa composition.

Art. 20. — Toute chanson portant atteinte à la religion, aux mœurs, ou contenant des offenses au Roi ou à la Famille royale, est sévèrement interdite[34].

Art. 21. — Tout Berger doit remettre, séance tenante, une copie de sa chanson nouvelle au Tabellion, qui l'inscrit de suite sur sa liste, en présence de l'auteur.

Art. 22. — Les visiteurs-auteurs peuvent, s'ils le désirent, déposer dans les archives de la Société copie de leurs chansons. Il en est tenu note particulière par le Tabellion.

Art. 23. — Les intérêts généraux de l'administration de la Société sont confiés aux membres du bureau, constitués en conseil pastoral.

Art. 24. — Ce conseil, présidé par le Grand-Pasteur, s'assemble tous les derniers mercredis de chaque mois.

Art. 25. — Aucun Berger n'est admis au conseil sans une lettre de convocation ad hoc. En cas d'absence ou de maladie d'un de ses membres, il est pourvu à son remplacement par un des membres de l'Union pastorale, dont il est parlé ci-après.

Art. 26. — Les Bergers peuvent adresser par écrit au conseil toutes propositions ou réclamations quelconques ; elles y sont accueillies et discutées, et le conseil fait connaître dans la plus prochaine séance sa décision sur ces propositions ou réclamations.

Art. 27. — Le conseil pastoral s'occupe en général de tout ce qui intéresse ou concerne la Société, dont il est le protecteur ; il statue sur toutes les parties de son administration, et fait toujours exactement connaître aux séances le résultat de ses délibérations.

Art. 28. — Chaque année, le jour de la fête de la Société, une lyre d'honneur est décernée au Berger qui s'est le plus distingué par son talent ou son zèle.

Art. 29. — Les Bergers qui ont obtenu la lyre d'honneur composent le conseil de l'union pastorale. C'est ce conseil qui accorde la lyre.

Art. 30. — Dans le cas où la Société publie un recueil de ses chansons, le conseil de l'union est adjoint au conseil pastoral pour examiner les productions conservées aux archives, et faire un choix des meilleures.

Art. 31. — La fête de la Société a lieu le 30 juillet, jour anniversaire de sa fondation. Elle est d'obligation pour tous les Bergers, et nul d'entre eux ne peut se dispenser d'y assister, sans de graves motifs. Dans tous les cas, les Bergers absents doivent entrer dans les frais extraordinaires qu'elle nécessite, autres que ceux du banquet. Les dames y sont admises.

Art. 32. — La séance du mois de mai se tient à la campagne. On y admet également les dames.

Art. 33. — Les cérémonies de la fête sont réglées en conseil pastoral, et annoncées en séance générale.

Art. 34. — Tout Berger qui oublie son flageolet aux séances paie 25 centimes d'amende.

Art. 35. — Tout membre du bureau qui, dans la durée de ses fonctions, a commis quelque négligence ou quelque inexactitude, est averti pour la première fois, rappelé à l'ordre pour la seconde, et remplacé pour la troisième. Ces diverses censures sont inscrites au procès-verbal.

Art. 36. — Tout Berger qui arrive à la séance après la ronde chantée paie une amende de 25 centimes pour le retard.

Art. 37. — L'absence non suffisamment motivée est punie d'une amende de 1 franc ; celle dont l'excuse est reconnue fausse, d'une amende de 2 francs.

Art. 38. — Tout Berger qui n'a pas apporté la chanson exigée par l'art. 19 est puni d'une amende de 75 centimes.

Art. 39. — Tout Berger qui cause le moindre trouble dans les séances, soit par gestes, propos, ou tout autre moyen quelconque, doit payer une amende de 50 centimes à 2 francs, selon la gravité du cas. Les membres du bureau qui se trouvent dans le même cas paient le maximum de l'amende ; et, pour la récidive, ils sont remplacés.

Art. 40. — Tout Berger qui refuse de payer l'amende prononcée contre lui est exclu de la Société.

ARTICLE TRANSITOIRE.

Tous les cas omis ou non prévus par le présent Règlement, et les changements ou additions que l'expérience aura démontrés indispensables, doivent être discutés et adoptés par le conseil pastoral, qui en rendra compte à la Société en séance générale.

Fait au Hameau de Syracuse, le 1er novembre 1829, et du calendrier pastoral le 29 du signe d'Hippocrène, saison des Plaisirs, 26e appoloniade, 7e olympiade.

Par le Grand-Pasteur,

PHILIDOR[35].

Par le Bailli,

TYRTÉE[36].

Ronde d'ouverture des Bergers de Syracuse[modifier | modifier le code]

Cette ronde dont les paroles sont de Pierre Colau est chantée à l'ouverture de chaque nouvelle séance des Bergers de Syracuse[7] :

RONDE DES BERGERS DE SYRACUSE.
Air : Si vous aimez la danse.
1
À la nymphe Aréthuse
Confiant nos moutons,
Quittons de Syracuse
Un instant les vallons ;
Refrain :
Aux Filles de Mémoire
Offrons nos chants joyeux !
Mais commençons par boire, (bis.)
Et nous chanterons mieux. (bis.)
2
Guidés par sa lumière,
Vous qui suivez Phœbus ,
Venez à la chaumière
Des enfants de Linus.
Refrain
3
Du berger qui d'Admète
A gardé les troupeaux ,
Puisse ici le poète
Retrouver les pipeaux.
Refrain
4
Celui qu'Euterpe enflamme
Ici vient se ranger ;
Nous n'avons tous qu'une âme,
Celle du dieu berger.
Refrain
5
L'Envie avec la Haine
En vain est de moitié,
Les bergers ont pour reine
Reconnu l'Amitié.
Refrain

La fête annuelle des Bergers de Syracuse en 1808[modifier | modifier le code]

Les Bergers de Syracuse commémorait leur fondation par une fête annuelle. La description de celle de 1808 a été publiée par Pierre Colau en 1823[37] :

5e Apolloniade.(1) 2e Olympiade.
PROCÈS VERBAL
De la Fête de la fondation de la Société
lyrique des BERGERS DE SYRACUSE.


AIR : Où s'en vont ces gais bergers ?
Où s'en vont ces gais bergers
Que précède leur Muse ?
Ils s'en vont dans les vergers
Baignés par ARÉTHUSE,
Célébrer sur leurs pipeaux légers,
Les dieux de SYRACUSE.
Sous le signe de l'Hélicon, 49e jours de la saison des jeux, 5e Apolloniade, 2e Olympiade (17 septembre 1808.)
Les bergers de Syracuse, réunis sous la houlette du Grand Pasteur, à l'effet de célébrer, par une fête, l'anniversaire de leur fondation, partirent à cinq heures du soir du hameau de Mesnil-Montant, au son des instruments de musique, pour se rendre dans les fertiles campagnes que l'amante d'Alphée (2) arrose de ses eaux.
AIR : à la nymphe Aréthuse.
Là, tout offre l'asile
De ces nymphes des bois,
Qu'un berger de Sicile,
Célébrait autrefois ;
On croit voir le bocage
Où dansaient les Sylvains ;
Enfin c'est une image
Des champs syracusains.
Cette marche fut précédée d'une distribution de fleurs, du baiser pastoral donné par Sylvandre à toutes les bergères, et du couronnement de la nymphe Aréthuse, représentée par la jeune pastourelle Louisette, fille du pasteur Lycidas, boursier du hameau. Les feuilles frémissantes des arbres étaient animées de cette belle teinte que Phébus leur donne à son couchant ; les bergères vêtues en blanc, paraissent toutes belles ; elles étaient réellement toutes charmantes.
AIR : Joseph est bien marié.
L'amour était marié (bis.)
Avec la tendre amitié : (bis.)
Le plaisir suivait leurs traces ;
Ah ! quel attrait pour les grâces.
De contentement, gaîté
Conçut amabilité.
Arrivé dans ces vallons fleuris que parfumait une odeur balsamique, les bergers qu'accompagnaient dans cette promenade, les ris, les jeux et les plaisirs, se livrèrent à cet enthousiasme délicieux qu'inspiraient et la beauté du site, et le chant mélodieux de mille oiseaux qui célébrant le moment où Thémis va recevoir dans son sein le dieu de la lumière, semblaient prendre une part active à cette fête champêtre.


AIR : Voici le mois des fleurs.
Ici de Daphnis les accens
Enflammaient la froide Nayade ;
Théocrite offrait son encens
À l'amoureuse Amadryade.
Ombres des deux bergers
Dont Syracuse
Chérit la Muse ;
Ombres des deux bergers,
Guidez-nous dans ces beaux vergers.


Déjà se découvraient les bords de la grotte obscure où la nymphe solitaire cachée dans ses roseaux, gémit de l'absence de son amant.
D'après l'invitation du Magister, (3) chacun prit place sur le gazon émaillé de fleurs qui tapisse les rives du bassin, et la jeune nymphe que semblait entourer un essaim de filles de Flore, parut sur l'éminence, belle comme un soleil levant ! Chaque berger lui présenta le salut ; ensuite le GRAND PASTEUR, Sylvandre (M. P. Colau), ayant distribué des chansons à toutes les bergères ainsi qu'aux bergers, invita Colinet à chanter une ronde faite par lui, en l'honneur de la nymphe ; ce qu'il exécuta aux accompagnements de la musique, et à la grande satisfaction de tous les assistants qui firent chorus à chaque couplet, arrêtant qu'elle serait dansée au hameau, l'emplacement de la fontaine ne se trouvant pas entièrement libre.
AIR : En revenant de Bâle en Suisse[38].
Lorsque l'amante de Narcisse ,
Répète le joyeux refrain,
Et semble par cet exercice,
Donner le change à son chagrin ;
Déjà tout le monde
Revole au hameau,
Pour danser la ronde,
Au son du chalumeau.
Le chant achevé, le grand Pasteur embrassa la nymphe, et chacun, à son exemple, alla lui rendre son hommage ; ce qui, par contre-coup, se communiqua à toutes les bergères. On y fit alors les libations ordinaires, ensuite les bergers et les bergères burent tour-à-tour de l'eau de la fontaine dans une coupe d'argent. Cette cérémonie achevée, on se remit en marche pour le hameau, dans le même ordre que l'on était parti.
Les coursiers du soleil touchaient déjà de leurs pieds agiles, les confins de l'autre hémisphère, quand les bergers se mirent a table ; il était trop tard pour chanter leur réveil, et la faim qui les pressait ne leur donna pas le temps de dire leur bénédicité[39]. Seulement la ronde d'ouverture[7] fut chantée, et l'on passa de suite à la distribution des vivres, cérémonie vraiment attrayante, et que chacun, en ce moment, trouvait la plus essentielle.
AIR : du zig zag don don.
C 'est là que laissant la chanson
Au fond de la bouteille,
Des dents, chacun à l'unisson,
S'escrime et fait merveille :
Quand l'un invoque Bacchus
En célébrant son doux jus ,
L'autre à la bonne chère (4)
Offre le premier de ses vœux ;
Un tiers à sa bergère,
Tout bas vante ses feux.


Le repas était splendide eu égard à la circonstance ; car malgré notre amour pour l'antiquité, la table n'offrait pas tout-à-fait la simplicité de celle de Philémon et de Baucis. Le Magister Guillot, puissamment secondé par le boursier Lycidas, firent faire tous les services avec la plus grande exactitude.
Enfin, quand le nectar de Bacchus, pétillant dans les coupes de cristal, eut coulé avec abondance ; quand les divers toasts furent portés, Erato, qui tournait sans cesse autour de la table, dit un mot à l'oreille de Syvandre, et le grand Pasteur chanta le Réveil des Bergers, par Daphnis, à l'heure où plus d'un conducteur de troupeaux va se coucher quand il n'est pas retenu par le plaisir, dans les riants bocages de Syracuse.
L'heure des Grâces[40] devint aussi celle du Bénédicité[39], et ces deux productions n'en furent pas moins bien accueillies. Guillot dans l'embarras, (5) s'en tira avec le plus grand succès, et la ronde de Palémon, chantée agréablement par Lycidas, eut l'avantage de provoquer l'ouverture de la danse.
Toutes les rondes chantées à table et à la fontaine, furent alors dansées ; puis aux rondes succédèrent le menuet, les rigaudons et les entrechats.
Pendant les intervalles de la danse, le berger Paris égaya la société par une scène comique qui fit beaucoup rire. Le berger Lycidas et un autre fils d'Apollon, son collègue, exécutèrent sur le violon un duo qui fut joué avec tant de justesse et de précision, que l'enthousiasme fut porté au comble. Pendant une autre lacune, quatre jolies chansons furent chantées en cercle avec beaucoup de grâces et de goût, par quatre jeunes bergères. On y distingua la comparaison des fleurs par la bergère Louisette (nymphe Aréthuse), et la Rose d'Amour, par la bergère Alphonsine, fille du GRAND PASTEUR. Le berger Lycidas chanta ensuite l'Hymne à la Rose dont la musique est l'une des œuvres qui honorent son talent, et le berger Sylvandre, une chanson intitulée l'Amour en Gage.
Déjà des rayons d'or éclataient du côté de l'Orient ; déjà les bergers dans le ravissement contemplaient l'amante de Céphale, levant avec ses doigts de rose un coin du voile d'azur qui couvrait le char de son père, quand le pasteur Magister donna le signal pour se remettre à table : elle était de nouveau couverte de mets succulents qui, pour cette fois, convoitaient presque en vain l'appétit des convives. La main invisible de Cornus semblait avoir présidé à l'arrangement du dessert ; chacun y fit honneur de son mieux ; mais les bergers voulant rendre un dernier hommage à Therpsicore, se hâtèrent de quitter la table pour retourner à la danse.
AIR : Gai, gai.
Gai, gai, disait un tendron,
Pour Therpsicore,
Encore ;
Gai, gai, disait un tendron,
Encore un rigaudon.
Ah ! faut-il vers le gîte,
Sitôt s'en retourner ?
Le plaisir fuit trop vite,
On devrait l'enchaîner.
Gai, gai, etc.
Enfin, à huit heures du matin, cette belle séance fut levée ; les convives charmés les uns des autres, n'éprouvaient d'autre regret que celui d'être obligés de se séparer pour obéir à la voix de Morphée qui les invitait au repos. À la barrière de Mesnil-Montant, en plein champ et sous les ormeaux, on dansa les adieux, on forma des vœux pour que l'Apolloniade s'écoulât promptement ; puis après les baisers d'usage, chaque berger, accompagné de sa bergère et de ses pastoureaux, reprit le chemin de sa chaumière.


AIR : Je suis modeste et soumise.
Notre fête est terminée ;
Mais son joyeux souvenir,
Pendant le cours de l'année,
Chaque jour doit revenir ;
Ce souvenir de l'hommage
Qu'on y rend à la beauté,
Offre encore la douce image
De notre félicité
SYLVANDRE,
GRAND PASTEUR.
FIN.
(1) Dans le calendrier des bergers de Syracuse, l'Apolloniade désigne une année, et l'Olympiade quatre.
(2) La fontaine que les bergers de Syracuse ont consacrée à leur Nymphe, se trouve dans les bocages de Belleville, au bout du chemin des Noyers, et près du Petit Hermitage.
(3) Berger qui remplit les fonctions d'ordonnateur.
(4) Refrain du Bénédicité des bergers[39].
(5) Titre d'une jolie chanson du berger Guillot.

Une réunion de la goguette des Bergers de Syracuse vers 1839[modifier | modifier le code]

Louis-Agathe Berthaud écrit en 1841[10] :

Il y a environ deux ans que l’auteur de cet article fut introduit pour la première fois dans une goguette, aux Bergers de Syracuse. Il s’y trouvait, ce jour-là, une centaine de bergers et quinze à vingt bergères. Pas un geste, pas un mot mal à propos ne s’y fit remarquer, et la soirée s’écoula aussi paisiblement que dans le monde le plus élégant. C’étaient pourtant des ouvriers, pauvres braves gens que l’on dit si turbulents, si barbares encore. Ils avaient achevé leur pénible journée, et ils s’en étaient venus chanter à la goguette pour se reposer un peu. Ils buvaient en chantant, et l’ordre le plus riant régnait parmi eux. C’étaient des hommes en blouses, en vestes, aux mains dures, aux visages noircis par le travail et la sueur ; c’était la richesse et la force de Paris, les bras qui construisent, pétrissent le pain, travaillent l’or et la soie, bâtissent les églises, et qui, un jour de soleil, renversent les croix et font des révolutions ! Les bergères, comme on le pense bien, étaient aussi des ouvrières, laborieuses abeilles, se levant à l’aube du jour pour composer un miel qui ne leur appartiendra pas ; c’étaient des femmes habillées d’indienne et coiffées de bonnets ou de madras à dix-neuf sous ; pauvres femmes, jolies sans le savoir, bonnes et honnêtes par habitude ; charmantes créatures prédestinées comme les fleurs des champs, et condamnées à naître et à mourir pour le plaisir du riche, dans les buissons ; et tout cela, en vérité, ces hommes et ces femmes, avaient gardé entre eux, et malgré le vin et les chansons, une admirable réserve et une retenue vraiment décente !...
L’assemblée se sépara à onze heures et demie.
« Eh bien ! me demanda le berger Némorin, qui m’avait introduit, que pensez-vous de notre société ?
- Je pense, lui dis-je, que c’est ici que l’on devrait étudier le peuple ; on le connaîtrait mieux bientôt, et ceux qui ont peur de lui finiraient par l’aimer.

La goguette des Bergers de Syracuse en 1844[modifier | modifier le code]

Louis Couailhac écrit[41] :

Lecteur, parfume ta chevelure, ceins ton front de bandelettes, couronne-toi de roses, laisse flotter au vent les plis gracieux de ta blanche tunique de lin... je vais te faire pénétrer dans l'enceinte mystérieuse où les Bergers de Syracuse se livrent à leurs plaisirs lyriques et champêtres. Entrons !
« Mais quoi ! cette salle noire et enfumée, c'est donc l'arène poétique où vont lutter Corydon et Alexis ? Et ces bergers dont tu me promettais les doux chants, faut-il donc les reconnaître dans ces honnêtes bourgeois à l'épaisse encolure, aux bras nus, à la figure enluminée, qui entrechoquent leurs verres pleins, et font retentir l'air de cris discordants ? Où sont les bandelettes ? où sont les couronnes de roses ? où sont les blanches tuniques de lin ? où sont les cithares aux cordes retentissantes ? où sont les flûtes harmonieuses qu'inventa le dieu Pan ? »
Pardonne-moi, cher lecteur, pardonne-moi. Je me suis laissé prendre aux mots, et en te trompant, j'étais trompé moi-même. Syracuse n'est qu'un bouchon, et les bergers de bons Parisiens en goguette, et qui sont faits connue tout le monde. Remettons notre redingote d'alpaga, coiffons-nous de notre chapeau Gibus, et prenons notre physionomie du XIXe siècle.
En se faisant recevoir dans cette société, tout membre devait, d'après les règlements, prendre le nom gracieux d'un berger des idylles grecques et latines. Ainsi, Larfouillard devenait Myrtil, Lopinot Licidas, Berlingouin Damis.
Les bergers de Syracuse avaient mis un soin très plaisant à faire concorder le vocabulaire de leurs cérémonies avec la phraséologie de l'idylle antique. Ainsi, pour donner le signal des chants, le président disait : Enflez vos pipeaux !
Le contraste qui existait entre le nom d'emprunt des sociétaires et leur physionomie, ainsi que leur position réelle, offrait quelquefois des scènes très curieuses.
« Le berger Daphnis peut entrer dans la lice. » Et l'on voyait se lever le père Jacquemard, tripier au carré des Innocents, gaillard aux joues énormes, au nez rouge, au ventre proéminent, qui après avoir ôté son bonnet de soie noire et essuyé sa bouche sur la manche de son gilet de flanelle, entonnait avec une basse-taille infernale :
Si j'étais t'hirondelle
Que j'aie pusse voler,
Sur lé sein dé ma belle
J'irè mé réposer.

Les Bergers de Syracuse vus par la Revue des deux Mondes en 1846[modifier | modifier le code]

En 1846, Charles Louandre écrit dans la Revue des deux Mondes[42] :

Parmi les sociétés purement littéraires, celles qui nous rapprochent le plus du passé ont une sorte de privilège d 'âge, et doivent nous occuper d'abord. La Société lyrique des Bergers de Syracuse est une églogue vivante qui, sans aucun doute, eût attendri jusqu'aux larmes M. de Florian. Cette société, fondée en 1804, a pour emblème une houlette ; ses poètes n'y parlent jamais de leur lyre, mais de leur musette et de leurs pipeaux, et, quand la séance est ouverte, les qualifications prosaïques de la politesse moderne sont remplacées par les appellations quasi-virgilliennes d'aimable berger et d'aimable bergère. Estelle et Némorin auraient pu, on le voit, réclamer la présidence de cette académie pastorale, qui, à défaut d'autre mérite, a du moins l'avantage de prouver que les traditions naïves ne sont point complètement effacées parmi nous.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Extrait de : Pierre Colau La Musette du hameau Chansonnier de la société lyrique des bergers de Syracuse, Chez E. Buissot Libraire-Éditeur, Paris 1825.
  2. a et b Lettre d'introduction d'Auguste Giraud Président de la Société du Caveau Le Caveau, Société lyrique et littéraire, Table générale des chansons et poésies diverses, publiées en 26 volumes, par la Société du Caveau, de 1834 à 1860, ...
  3. a et b Les Dames ne se trouvant à la Société que le jour de l'anniversaire, à moins qu'elles ne soient Poètes ou Musiciennes. (Note de Pierre Colau indiquant que la Société lyrique des Bergers de Syracuse acceptait l'adhésion des femmes)
  4. Il est né à Paris en 1763 et mort après 1831. On peut lire un certain nombre de ses œuvres sur Internet, par exemple : Les muses en goguettes, choix de chansons et rondes de table, par Pierre Colau, président de la société lyrique des Bergers de Syracuse. Il signe Napoléon au Panthéon de l'Histoire, Résumé de tout ce grand homme a fait de Merveilleux., édité Chez J. L. Bellemain, Paris 1830 : « Pierre Colau, Fondateur de la société lyrique des Bergers de Syracuse. » Notice sur Pierre Colau.
  5. Ce qui apparaît sur la couverture d'un recueil publié en 1823
  6. Article premier du règlement imprimé en 1829 :
    La Société se compose de vingt auteurs, qui se nomment Bergers, et prennent chacun un nom pastoral. Ils sont tous décorés d'un petit flageolet suspendu à a boutonnière. Leur nombre ne peut être augmenté.
    Voir l'intégralité du règlement de 1829 en version pdf.
  7. a b et c Voir le texte de la Ronde des Bergers de Syracuse. Ou bien une autre édition de la Ronde des Bergers de Syracuse.
  8. Voir le texte de : La Nymphe Aréthuse aux bergers et celui de : Les bocages de Belleville.
  9. Extrait de Promenades et souvenirs, paru dans l'Illustration des 30 décembre 1854, 6 janvier et 3 février 1855, chapitre III Une société chantante
  10. a et b Extrait du texte de Louis-Agathe Berthaud, Le goguettier, illustré par Paul Gavarni, paru dans le tome 4 de l'ouvrage Les Français peints par eux-mêmes, Encyclopédie morale du dix-neuvième siècle. Louis Curmer éditeur, Paris 1841, pages 313-321, avec deux illustrations pleine page non numérotée hors texte.
  11. Notice bibliographique de ce document à la BNF : Statuts de la société lyrique des Bergers de Syracuse, fondée le 11 thermidor an 12 (30 juillet 1804.), signés : le grand Pasteur Sylvandre (P. Colau). - Suivi d'un procès-verbal en prose de la fête de fondation, Paris, imprimerie de Nouzou, s. d., In-8°.
  12. Georges de Dubor écrit sur Les Bergers de Syracuse en 1907, longtemps après la disparition de cette société. Ses propos sont à prendre avec beaucoup de réserve. Ils se terminent par une totale contre-vérité : la goguette des Bergers de Syracuse a disparu en 1830, car il n'a rien trouvé d'édité par celle-ci postérieur à 1829.
  13. Il le précise sur la couverture de son recueil L'Apollon du Pont-Neuf.
  14. Cette chansonnette peut être lue sur Internet [1].
  15. Fête des Bergers de Syracuse
  16. Le Boursier fait les fonctions de Trésorier, le Bailli celle de Secrétaire, et le Magister celles d'Ordonnateur. (Note de Pierre Colau)
  17. L'Union pastorale se forme de Bergers qui ont la lyre accordée, chaque année, au talent et au zèle. (Note de Pierre Colau)
  18. Les trois Censeurs n'apparaissent pas dans le règlement des Bergers de Syracuse adopté en 1829.
  19. Il y a un Conseil pastoral composé de sept membres, présidé par le Grand-Pasteur qui le convoque toutes les fois qu'il le juge nécessaire aux intérêts de la Société. (Note de Pierre Colau)
  20. « L'Apolloniade nouvelle » : c'est-à-dire dans le jargon des Bergers de Syracuse : l'année nouvelle.
  21. Cet air est le n°674 de la clé du Caveau.
  22. Il s'agit ici du jeu du mot donné. Sur un mot donné il faut écrire ici un quatrain, ailleurs ce pouvait être une chanson entière.
  23. En payant un droit de réception. (Note de Pierre Colau)
  24. Les Bergers amateurs sont aussi admis en payant le droit de réception, et ne deviennent Bergers initiés, que par rang d'ancienneté ou après avoir subi les épreuves. (Note de Pierre Colau)
  25. Cet air est le n°551 de la clé du Caveau.
  26. Le « jus » de Bacchus : c'est-à-dire le vin.
  27. L'anniversaire de la création de la Société lyrique des Bergers de Syracuse, c'est-à-dire chaque année le 30 juillet.
  28. Surnoms poétiques donnés aux compagnes des membres de la Société lyrique des Bergers de Syracuse.
  29. « Évitant le Dieu du jour, » : c'est-à-dire évitant le soleil.
  30. Allusion à une source proche du lieu habituel de réunion des Bergers de Syracuse, rebaptisée poétiquement par eux du nom de la nymphe Aréthuse.
  31. Roi pasteur d'Arcadie. (Note de Pierre Colau)
  32. Donc il existait des diplômes d'entrée à la Société lyrique des Bergers de Syracuse.
  33. Disposition signifiant qu'il faut avoir passé six mois d'ancienneté dans la Société pour prétendre entrer dans son bureau.
  34. Cet article reprend simplement le contenu des dispositions légales de la censure de l'époque.
  35. Nom de Berger de Renard.
  36. Nom de Berger de Alexandre Saint-Ange Genty.
  37. La Lyre française, choix de chansons... par Pierre Colau,..., Delavigne éditeur, Paris 1823, pages 228-237.
  38. Cet air est le n°150 de la clé du Caveau.
  39. a b et c Le Bénédicité des Bergers de Syracuse.
  40. Les Grâces des Bergers de Syracuse.
  41. La grande ville : nouveau tableau de Paris, comique, critique et philosophique, par MM. Paul de Kock, Balzac, Dumas, etc. ; illustrations de Gavarni, Victor Adam, Daumier... etc., Marescq éditeur, Paris 1844, page 253.
  42. Charles Louandre De l'association littéraire et scientifique en France, I – Les sociétés savantes et littéraires de Paris, Revue des deux Mondes, 1846, p. 198.

Sources[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]